La Robe Imprimée Pucci – Pre-Fall 2016

pucci.jpg

Massimo Giorgetti est-il en train d’amener la maison d’Emilio Pucci vers l’allure d’une garde urbaine, renégate mais raffinée ? C’est une collection à l’esthétique lourde et au tissu imposant qui défila à Milan, en janvier dernier, avec pour mantra de « nouvelles règles pour rompre le diktat. » Il faut dire que l’allure n’est plus au glamour léger d’Emilio Pucci, ni l’époque d’ailleurs. Les codes historiques de Pucci, Giorgetti préfère les ranimer au contact de contenus originaux fait pour une nouvelle génération en quête de beauté.

A l’heure où le goût des autres devient le goût des uns, Massimo Giorgetti parvient à composer une collection où le vêtement couture rencontre l’esprit underground et, avec la même envie d’enfreindre les règles, puise une dégaine cool à la nonchalance luxe plus qu’assumée. C’est ainsi que deux motifs puisés dans les archives – le graphique Monreale, et El Borracho – s’acoquinent d’une silhouette pointue et oversized, sans ne jamais flirter avec l’influence rétro. Le résultat résonne dans l’espièglerie de pièces piquantes, remaniées en macramé ou plumes brodées sur denim et sur une cape en cachemire. Embrassant ainsi la fantaisie racée de la maison, la robe imprimée Pucci se teinte de noir et, dans un jeu de collage, se pare d’imprimés au faux air 70’s piqué d’une attitude cool car facile… La collection est un triomphe et la pièce un must plus désirable que jamais !

Retour sur Le Tod’s Band Masculin : Leo Mania

t.jpg

Dans la Tod’s band : Hugo Sauzay architecte et designer, Fey Wang le top model chinois, Eric Underwood le danseur, Tara Ferry le musicien ou encore Alessandro Borghi, le féru de cinéma. Les 11 « apollons » qui forment la Tod’s band furent ainsi capturés, à Londres, par l’objectif du photographe italien Luca Carrozzini. Centrée autour du mocassin phare de la collection Printemps/ Eté 2016.

A l’instar du Gommino, le Leo Clamp est produit en suivant les techniques traditionnelles de travail des ateliers – découpage et assemblage des peaux précieuses, et couture sur peaux fines avec l’expertise et l’artisanat qui caractérise le luxe Tod’s… Une nouvelle orientation pour l’homme donc, et un complément indispensable à sa garde-robe, made in Italy.

Le Duffle-Coat Burberry Automne-Hiver 2016

burberry_menswear_january_2016_collection_-_look_6.jpg

Si Christopher Bailey a, lundi, présenté sa vision de l’homme pour la saison Automne/Hiver 2016, c’est bel et bien le mélange des genres qui orchestrait la nouvelle collection Burberry. En signant un style dans l’équilibre parfait entre casual, sportswear et inspiration militaire, le directeur artistique de la maison a ici mis en lumière un homme d’une élégance folle, dans un tailoring à la simplicité mesurée.

Christopher Bailey revisite ainsi la gimmick Burberry le long d’un duffle-coat vert kaki – englobant, un tombé nonchalant sublimant à merveille la silhouette de l’homme, la pièce révèle une longueur peu habituelle mais ô combien rêvée. Subtilement feutrée, teint dans un vert forêt, le duffle-coat conserve toutefois l’éternel cordage beige… Avec cette collection, Burberry signe ainsi l’allure d’un homme profondément dans l’air du temps, élégant, l’air de rien.

Le « Trench Par-Dessus » Automne-Hiver 2016 par Burberry

burberry_menswear_january_2016_collection_-_look_31.jpg

Christopher Bailey a cette année fait plus que rechercher dans les archives de la maison une grammaire parfaite pour l’époque – depuis quelques saisons déjà, à force de réinventer les codes de la maison, Bailey parvient aujourd’hui à mettre en mode le millésime du trench imaginé par Thomas Burberry il y a plus d’un siècle.

Et c’est ainsi que la pièce centrale du défilé se fait parfois demi-zippée, parfois sans, tantôt utilisée comme par-dessus, tantôt enfilée comme un trench. Zippée blanc, et avec un long col léger tout à la fois esthétique et protecteur, la nouvelle variation autour du trench Burberry sent bon la fin des seventies. Allurant sans hésitation l’homme qui le fait sien, le trench par-dessus, dans sa nouvelle équation, s’impose comme le must-have de l’hiver prochain.

Le Trench-Coat Burberry Printemps-Été 2016

trench2.jpg

L’héritage de Burberry est vieux de plus d’un siècle, et pourtant, la maison de Thomas Burberry est sans doute celle la plus à même de dialoguer avec les nouvelles générations. Le directeur artistique de la maison, Christopher Bailey, cherche sans relâche à se frotter à l’avant-garde. Pour la saison prochaine, il n’hésite pas à multiplier les références aux attributs de la monarchie britannique, mais dans une veine sombre et très rock. C’est ainsi une atmosphère tout en romantisme noir qui s’échappe de ce défilé ; une atmosphère générée là au travers d’une inspiration délicatement vintage.

Le trench-coat, pièce iconique de la maison, après moult évolution romanesque et poétique, s’incarne cette année dans une veine d’inspiration militaire. Noire ébène, contourée de fils d’or, la pièce a été fabriquée par une manufacture spécialisée dans la confection d’uniformes de l’armée depuis le XVIIIe siècle… Réalisée par les mêmes brodeuses que celles de la Garde de la Reine. Raffiné, travaillé minutieusement et de plus en plus envoutantes, le trench Burberry se réinvente au contact d’une inspiration très Sgt. Pepper–style. De quoi ravir les nouvelles générations en quête d’une nonchalance stylisée !

La Minaudière en Coquillage de Red Valentino Printemps/Été 2016

redvalentino.jpg

Le duo de créatifs à la direction de Valentino reste fidèle à leur muse Marie-Antoinette pour la prochaine saison. Inspirés du style XVIIIe siècle, mais dans une essence bien plus subtile et aérienne, Chiuri et Piccioli ont aussi pris le pari de décalquer sur leurs pièces, le style et la préciosité des décors du célèbre Petit Trianon, château “rural“ utilisé par Marie-Antoinette pour souffler un peu de Versailles.

C’est ainsi que les motifs de papier peint devinrent imprimés prêt-à-porter. Les deux desginers ont ainsi livré un résultat doux et ô combien adorable. Le must ? Un accessoire minaudière en forme d’éventail au charme insouciant. Et pour promouvoir la veine arty de leur collection, au bout du Corso Como à Milan, ils lancent lance une collection capsule ornée des dessins du street artiste ZAP qui, pour l’occasion, réalisera aussi des performances live. Un espace baptisé « Pop Up REDValentino » à visiter du 17 septembre au 12 octobre prochain.

La Jupe Crayon : un Corset Moderne

ch.jpg

De toute évidence, plusieurs types de jupes sont identifiables. La spécificité de la jupe crayon a pourtant une histoire bien à elle. Les premières mentions de jupes étroites n’apparaissent que dans les années 1880, mais c’est surtout l’influence orientale des années 1910 qui répand largement le sujet dans la société occidentale. La jupe entravée, prédécesseur de la jupe crayon, est née sous l’impulsion de Paul Poiret. Toutes deux ont cette même caractéristique d’être munies d’un ourlet étroit en bas, gênant de fait la marche de la femme occidentale en miroir des geishas asiatiques bridées par leur kimono qui par ses contraintes les forcent à une démarche en pointillé. Avant la Première Guerre Mondiale, la jupe raccourcit ; des pieds, la longueur passe maintenant à mi-mollet. Pourtant reconnu comme le libérateur du corps de la femme, Poiret va par cette mode mettre ses muses à l’épreuve. Finalement le créateur enlève le corset à la femme pour l’emprisonner une fois de plus dans un nouveau carcan d’étoffes. Dénoncée par le pape, la jupe entravée sera aussi tournée en dérision par les satiristes.

Le temps filant, la Seconde Guerre Mondiale éclate et dicte sa fureur noire. Au rythme des rationnements, le gouvernement anglais demande à l’Incorporated Society of London Fashion Designers de créer des modèles nécessitant peu de tissus, la jupe droite de coupe simple est imposée à la femme. La politique n’est pas à l’extravagance ou la coquetterie. C’est en réaction à cette censure de la liberté créatrice que Christian Dior triomphe en 1947 avec le New Look, ces grandes jupes nécessitant plusieurs mètres de tissus. Copié de tous, il s’en détourne au défilé d’Automne 1954, présenté comme la collection H que le Time nomma le « Second look », pour créer son contraire : la véritable jupe crayon. Pour Christian Dior, celle-ci est « une architecture éphémère destinée à exalter les proportions du corps féminin », il souhaitait qu’elle soit « construite, moulée sur les courbes du corps féminin ». Ainsi véritable sculpteur, il manie le tissu comme la glaise pour envelopper la femme au plus près, allongeant le torse, amplifiant et galbant les courbes féminines jusqu’au genou dans un équilibre parfait entre les épaules et les hanches. Par ce travail anatomique, le créateur dévoile le corps sans le montrer.

Au fur et à mesure, la jupe crayon s’impose dans le dressing des femmes de tous horizons et de tous styles. Elle habille autant la femme d’affaire qui l’adopte comme uniforme dans un esprit chic minimaliste que les glaçantes blondes hitchcockiennes ou encore l’apparence bourgeoise de la femme au foyer parisienne. Pourtant, si la jupe contraint en partie le corps, elle fait l’objet d’une certaine sensualité dans l’ondulation exercée par le corps, danse d’autant plus accentuée si elle est portée avec des talons hauts. Dita Von Teese use et abuse de ce pouvoir dans ses mises en scène érotico-burlesque. Autre actrice à faire de ce vêtement un objet iconique, Angelina Jolie, élue « the queen of the pencil skirt » à l’issue du film «mr and mrs smith ».