La Salopette, de l’Habit d’Ouvrier aux Podiums des Fashion Weeks

Inventée au milieu du XIXè siècle par un Français, Adolphe Lafont, pour son beau-père charpentier, la salopette sera perfectionnée par la marque américaine Levi’s jusqu’à devenir le vêtement phare de la révolution industrielle. Elle est ainsi immortalisée par Charlie Chaplin lui-même dans le légendaire Modern Times, qui dénonce le fordisme américain. Elle devient également le symbole des agriculteurs touchés par la Grande Dépression dans Les raisins de la colère, film adapté au cinéma par John Ford.

À partir des années 50, la salopette se démocratise et quitte les champs et l’usine pour s’afficher dans la rue : le monde de la mode va alors l’adopter et la réinterpréter. On voit apparaitre dans les années 70 une salopette revue et corrigée version hippie, à la coupe plus moderne, plus sexy et qui se teinte alors de couleurs vives et bariolées. En 1986, Béatrice Dalle sublime la salopette, qu’elle porte en coton bleu, ceinturée et éclaboussée de peinture dans son tout premier film, 37°2 le matin et finit d’en faire une icône moderne. Les années 90 et le mouvement hip hop la consacre, elle devient le symbole du cool et de l’anticonformisme mais l’arrivée des années 2000, de sa pop acidulée et de ses combinaisons moulantes l’affaiblira.

Elle revient pourtant régulièrement, sur les podiums ou dans la rue : en 2013, elle sera en cuir, ou fuchsia chez 3.1 Phillip Lim ; en jean avec un soupçon d’attitude BCBG chez Margaret Howell ; version sportwear futuriste chez Ruffian ou tout en python pour la rock’n’roll Rebecca Minkoff. Les collections Printemps-Été 2014 s’accordent avec la mouvance, à l’instar de Rag & Bone qui simplifie à outrance la salopette dans un minimalisme épuré. La collection Balmain suit ces traces mais fidèle à l’esprit de la maison, l’habille de cuir avec un twist marin de par ses six boutons cousus en rangée. À la fois classique et impertinente, elle est incontournable cette année encore, où elle se pare d’audace, de lignes graphiques, de détails intriqués ou d’embellissements luxueux.

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