Le Prieuré Baumanière : Charme Monastique Et Luxe Intérieur

Le Prieuré Baumanière : Charme Monastique Et Luxe Intérieur

Aux portes d’Avignon, à Villeneuve-lès-Avignon, se cache un lieu où le silence a de la tenue, où les murs racontent les siècles sans faire de bruit, et où l’art de vivre se cultive comme une liturgie : Le Prieuré Baumanière. Ancien couvent médiéval devenu relais de sérénité, ce lieu rare conjugue patrimoine et hospitalité contemporaine avec une précision quasi spirituelle.

Le Prieuré Baumanière : Une Renaissance

En 2007, Jean-André et Geneviève Charial, héritiers de l’illustre maison Baumanière aux Baux-de-Provence, tombent sous le charme de cet ancien monastère du XIVe siècle. Bâti à l’origine pour le cardinal Arnaud de Via, neveu du pape Jean XXII, le prieuré avait été tour à tour livrée papale, collège, hôtel… avant de s’assoupir dans l’oubli.

Les Charial lui redonnent vie sans en trahir l’âme. Les travaux restaurent les voûtes, révèlent les pierres, replantent les jardins. L’intérieur, lui, s’épure : mobilier d’auteur, matières naturelles, couleurs feutrées. Le passé est là, mais jamais figé. Il flotte comme un parfum discret — ni solennel, ni folklorique.

Rien d’ostentatoire ici. Juste 38 chambres et suites réparties entre le bâtiment principal, le cloître et une bastide attenante. À l’intérieur : bois blond, lumière du sud, salles de bain claires, textiles nobles. L’élégance est silencieuse, jamais démonstrative. Chaque chambre devient une alcôve de calme, avec le jardin en ligne d’horizon.

À l’extérieur, un jardin de curé ombragé de platanes centenaires, un petit cloître, une piscine discrète, et des treilles où s’enroulent les glycines. L’ensemble compose une toile provençale à l’équilibre parfait : chaleur du soleil, fraîcheur de la pierre, rythme apaisé. Ici, on ne vient pas pour “faire” mais pour être.

La table : une étoile au service de la saison

C’est le cœur vibrant du lieu : la table gastronomique du Prieuré, portée par le chef Christophe Chiavola. Une cuisine méditerranéenne de sens, où chaque plat raconte le climat, le terroir, et les saisons en finesse. Loin des effets de manche, le chef travaille en précision, avec une ligne claire : des goûts francs, des textures maîtrisées, des alliances instinctives.

Un souvenir fondateur l’anime encore :

« Au côté de votre maman, vous avez douze ans dans les cuisines ? Ouais, c’est un peu ça. C’est un jour de l’an. Vous savez, les traditions à l’époque, quand je dis à l’époque, ça vieillit un peu, mais… Un peu ça à l’époque, les traditions, c’était au jour de l’an, on faisait la soupe à l’oignon. Cette fameuse soupe à l’oignon. La fameuse. Et voilà. Et donc, ma mère faisait cette soupe à l’oignon, et je me suis retrouvé… Comme on n’avait pas de réseaux sociaux, à l’époque, on n’avait rien, donc le seul contact qu’on avait, c’était les parents, la pêche, les promenades, etc. Donc en fait, ce contact qu’on avait, qu’on n’a plus maintenant, c’était exactement ça. Donc j’étais collé à ma mère, je regardais un peu ce qu’elle fait, et puis ma mère m’a dit, tiens, vas-y, occupe-toi de cette soupe à l’oignon. Donc je commence à l’assaisonner, à la remuer, à m’en occuper. Pour l’anecdote, je l’ai trop poivrée, donc en fait, elle était très très très très forte. Mais j’ai trouvé que le fait d’avoir fait quelque chose qui a été récompensé par des mots m’avait beaucoup touché. J’avais que 12 ans, et je me suis dit, waouh, c’est ce métier-là que je veux faire. Créer pour faire plaisir. Une émotion aussi. Exactement. Et je suis resté là-dessus, j’ai regardé ma mère droit dans les yeux, j’ai dit, maman, je serai cuisinier. J’avais 12 ans, et puis voilà, maintenant j’en ai 52, et je le suis encore. »

Ce fil d’émotion se retrouve dans l’assiette. Langoustine rôtie au condiment de clémentine corse, agneau de Sisteron au fenouil, figue de Solliès en dessert nu : une cuisine sensorielle, sobre, qui laisse parler le produit.

Ce que l’on vient chercher au Prieuré, ce n’est pas une chambre, ni un dîner — c’est un état. Celui d’un luxe sans bruit, d’un temps qui s’étire, d’une attention portée à ce qui ne se voit pas. L’héritage de Raymond Thuilier, fondateur visionnaire de Baumanière, se ressent partout : dans le goût du vrai, du produit, de la saison ; dans l’élégance sobre du service ; dans le respect de la nature, du rythme, de l’hôte.

Situé à quelques pas du Fort Saint-André, de la Chartreuse du Val de Bénédiction et à dix minutes d’Avignon, Le Prieuré devient aussi un refuge culturel. Festival, théâtre, expositions : il offre une base paisible pour savourer l’effervescence alentour.

L’avis d’ICON ICON

Le Prieuré Baumanière est de ces lieux que l’on garde pour soi — et que l’on partage pourtant, comme un secret trop précieux pour rester tu. Il incarne une forme d’élégance monacale, rare dans l’hôtellerie de luxe : l’art d’accueillir sans envahir, de sublimer sans montrer, d’enchanter sans bavarder.

Un endroit parfait pour ceux qui cherchent une expérience vraie, entre histoire, silence, cuisine de haut vol et beauté non spectaculaire. Le luxe tel qu’on l’aime : habité, discret, essentiel.

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