Le Rouge de l’Amour

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Escarpins, bracelet, sacs à main : une sélection d’objets de désir pour célébrer Cupidon. Du maquillage pour habiller votre peau jusqu’aux accessoires qui habillent vos tenues, tout notre look se pare de rouge pour la Saint-Valentin. La fête des amoureux s’annonce bien.

Le Duffle Bag Saint Laurent

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Hedi Slimane rappelle le mythe de l’androgyne. A l’aube des temps anciens, l’homme et la femme ne faisaient qu’un. Le courroux des Dieux divisa Androgyne, et depuis, l’un comme l’autre quêtent leur moitié. Si le couturier n’est en mesure d’offrir l’homme pouvant sublimer la belle – comme Yves Saint Laurent le disait – il les unit autour d’un même sac. Le lien : un carry over unisexe nommé Duffle. 

Cet essentiel de la maison Yves Saint-Laurent se porte aussi bien à l’épaule qu’à la main – porté de la saison. S’il se décline en cuir de veau, occultant une doublure en suède, le sac présente une forme classique bien qu’atypique. Le minimalisme de ses courbes, l’allure rigide de son ossature ne trompent que la justesse de sa silhouette : une version chic, sobre et moderne du doctor bag. 

Trois tailles pour femme ; deux tailles pour homme, le Duffle se décline en sept coloris, d’où le rouge constitue sans doute la pièce la plus hypnotisante. Comme sur les autres, la signature discrètement est apposée sur le devant, en lettres d’or. Déjà adopté par l’icône Kate Moss, il est issu de la première ligne Hedi Slimane… Un futur collector.

La Première Campagne Raf Simons : Un Passé-Présent

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Les premières photos de la campagne printemps-été 2013 Raf Simons pour Dior circulent déjà sur papier ou tablette. Sur un décor blanc, épuré, les petits nuages surréalistes de Magritte parsèment une aura immaculée, minimaliste et follement poétique.

Puis, se greffe le style du créateur belge : un chic géométrique plein de discrétion et de délicatesse ; comme pour darder le grandiloquent de John Galliano. Cassant la faculté du britannique à contraindre les femmes sous une fantaisie qui n’appartient plus à cette ère, Raf Simons cherche à mettre en exergue la sensibilité à fleur de peau du « bel animal » qu’est la femme.

Sous l’objectif de son ami et photographe Willy Vanderperre, Raf Simons fait poser de vivantes poupées, drapées dans un vestiaire masculin-féminin, que l’architecture corolle corrèle à l’imaginaire. Les pièces phares y sont divulguées. Micro-jupes noires en soie irisée, tops aux tons pastels en jersey de soie qu’un énorme nœud noue dans le dos… Le smocking reste néanmoins la grande réussite de cette première. Alors que chez Saint-Laurent on actualise les codes, c’est ici un tailleur-pantalon dont la veste fleure bon le tailleur-bar époque Christian Dior qui témoigne d’un retour à l’authentique. Pourtant, si le nouveau directeur artistique joue du passé c’est pour mieux s’imprégner du présent. Et, l’unité se crée.

Vernis De Fête

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La féerie des fêtes de fin d’année habille vos ongles d’une pluie de mille paillettes. Laissez-vous enchanter par ces vernis. Plus classique, marié au noir ou excentrique version neige ou péridot, peu seront ceux qui pourront résister à ce charme ensorcelant.

L’Atemporelle Grammaire Saint-Laurent d’Hedi Slimane

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C’est dans une boîte noire qu’Hedi Slimane signe son retour. Simplicité, naturel, souplesse ; une paraphe « saint-laurentienne » purement seventies. D’elle, s’échappent d’androgynes silhouettes indubitablement épelées « Saint-Laurent » ; l’atemporelle grammaire d’Yves, enrichie du rock à la Hedi, tout y est, souvent teint de noir : les immenses capelines structurent l’allure ligne que confère les petites vestes ajustées aux transparentes blouses de soie liquide parées de jabots qui, à leur tour, aèrent la coupe stricte de pantalons cigarettes ou slims en cuir…

La saharienne s’allonge et, pour la saison 2013, se pare de daim ou de cuir. Puis de longues robes vert d’eau, bleu opalin, faites de mousseline de soie, sagement transparentes, glissent sur le catwalk. Avec grâce, M. Slimane lègue à ces pièces l’ultra-sophistication, la nonchalance et le mystère des filles qui, à la manière de Kate Moss, allient le temps présent à la douce désinvolture de la tradition rock.

Les Daft Punk en Smoking Saint Laurent

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Sous le pavillon Saint Laurent, Hedi Slimane ravive la relation du rock à la mode à travers les clichés de la dernière campagne. Ce n’est pas tout. Cette année, il drape aussi les Daft Punk.

Mai 1971, Yves Saint Laurent habille Bianca et Mick Jagger pour leur mariage à Saint Tropez. 2013, Hedi Slimane pare d’étoiles les nouvelles icônes de la musique. En tête, les Daft Punk. Le groupe précurseur de la “french touch“ n’en est pas à sa première collaboration avec le couturier. C’était déjà Hedi Slimane qui avait signé leurs costumes pour Human After All –  des combinaisons de biker en cuir. Puis, les Daft Punk ont à leur tour habillé de riffs le défilé 2012 par la reprise blues de I Gotta Try You Girl, du compositeur américain Junior Kimbrough. Le retour de bâton ne s’est pas fait attendre puisque les français l’ont choisi pour l’esthétique mode groovy du clip Get Lucky. Dans le teaser diffusé aux festivaliers de Coachella apparaissent les deux androïdes en vestes de smoking brodées de sequins, dont le col est en satin : les scintillements accompagnent alors le fredonnement de Pharell Williams et l’heureux jeu de guitare de l’ancien du groupe Chic. Sans rien perdre de la fascination et de l’exaltation de la voûte nocturne, Hedi Slimane la transfigure dans le vêtement. La coupe est évidemment skinny, venant rappeler le style glitter rock des seventies. Il dessinera aussi les tenues de scène de la prochaine tournée du duo électro, assurément aussi enivrantes et captivantes de justesse que ce premier essai. Aucun doute, la patte Slimane est un classique, quelque peu mystique.

Durant près de dix ans, celle-ci fut travaillée au contact de la relève d’un mode de vie. Emprisonnée par l’objectif du récent directeur artistique de la maison Saint Laurent, elle accompagne aujourd’hui sa collection : les égéries de la marque sont Marilyn Manson posant dans la L01 motorcycle jacket, Kim Gordon, le jeune rockeur californien Ariel Pink et la déesse Courtney Love… et maintenant les Daft Punk. Lors de ses shootings réalisés à Los Angeles, il met en avant des portraits, de véritables portraits : les icônes dissidentes d’un siècle muet s’y vêtissent de pièces Saint Laurent, mais de celles qu’elles ont choisies. Ainsi Courtney Love a enfilé, dans sa maison de New-York, une robe du soir drapée, issue de la Pré-collection Automne-hiver 2013-2014. Bref, ces pièces atemporelles suspendent les mortels dans une grâce infiniment irrévérencieuse. Capturées, ces idoles le sont par la griffe d’Hedi Slimane, qui joue du noir et du blanc, ses couleurs fétiches.

La See-Through Dress d’Yves Saint-Laurent

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1968, l’année de toutes les audaces. Alors que la rue s’éveille et brise à coup de pavés le carcan d’une société qui ne lui correspond plus, Yves Saint Laurent devance la tendance minimaliste des années 60-70 et prône un retour à la nature, amorçant une des tendances majeures des années 70. Là où les courbes féminines s’effacent au profit d’une robe qui se fait simplement signe, la See-Through Dress, toute de mousseline tombe sur le corps, accentue la taille auréolée de plumes d’autruche et sublime ce qu’il fallait jusqu’à présent cacher, les seins. L’image fait le tour du monde. Scandale est fait, la presse américaine, sans doute trop frileuse à l’époque, ne pourra même pas publier ces photos. Conçue sur le corps de sa muse Danielle Luquet de Saint-Germain, la robe transparente témoigne de cette époque mouvante où les femmes deviennent de plus en plus actrices de leur vie, maîtresses de leur corps et par là-même de leur sexualité.

Quarante ans plus tard, Laetitia Casta rendit hommage à Yves Saint-Laurent en portant sa robe mythique lors de la cérémonie des Césars en 2010. Venue remettre le prix du meilleur second rôle masculin, l’ancienne muse du créateur, suscita l’émoi du public et de la sphère médiatique en dévoilant ses courbes nimbées d’une sombre mousseline. Même l’acteur Harrison Ford à qui l’on décerna le César d’Honneur déclara qu’il y a « des robes que l’on ne pourrait porter à la télévision chez nous. »

Pierre Bergé avait déclaré à propos du smoking « J’aime Le Smoking parce qu’il représente l’instant où Yves a donné le pouvoir aux femmes. » À travers la See-Through Dress, le créateur prouve que les femmes peuvent ainsi avoir le pouvoir sans pour autant renier leur féminité.