La Villa Noailles

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La mère de Charles, la princesse de Poix, lui a offert en cadeau de mariage un bout de colline dans le Var, à Hyères. Plein sud, dans le coin le plus ensoleillé de France, avec vue sur les îles de Port-Cros et du Levant. Ils sont un couple de collectionneurs et de mécènes, qui ont notamment financé des projets de Dali, Buñuel ou Cocteau. En 1925, ils font construire cette villa sur les hauteurs de la ville, qui représente l’une des premières constructions de style moderne en France. Son concept « infiniment pratique et simple où chaque chose serait combinée au seul point de vue de l’utilité ». L’architecte, applique alors les préceptes fondateurs du mouvement rationaliste : épuration des éléments décoratifs, toits, terrasses, lumière.

L’une de sa singularité. « La manière dont elle se construit qui met en doute toutes les certitudes du mouvement moderne. Des extensions imprévues apparaissent, et, si l’expérience est concluante, on continue. Successivement agrandie jusqu’en 1933, pour atteindre 2 000 m2 et 60 pièces avec piscine, squash et gymnase privé. Décorés par les plus grands tels Francis Jourdain, Constantin Brancusi, Alberto Giacometti. Le monument qu’ils appelleront Saint-bernard, sera l’un des premiers bâtiments modernistes d’Europe. Par ailleurs il faudra bâtir en maçonnerie traditionnelle, car aucun entrepreneur à Hyères ne maîtrise le béton armé.

Entourant l’édifice un grand jardin méditerranéen planté par le vicomte de Noailles, complété par un jardin cubiste de Gabriel Guevrekian. Rebaptisé « jardin triangulaire » sublimé par une sculpture en bronze de Jacques Lipchitz. Dans le respect des vœux de Charles de Noailles, qui a vendu la propriété en 1973 à la ville de Hyères afin qu’elle ouvre le parc au public et fasse du bâtiment un lieu culturel. Inscrite en 1987 aux monuments historiques, après une longue période d’abandon elle a été restaurée en plusieurs étapes pour devenir un centre d’art et d’architecture en 1996. Promesse tenue car s’y tient notamment le fameux festival international de mode et de photographie.

La Robe Trapèze De Courrèges

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Apparaît alors la petite robe blanche trapèze qui dynamite le vestiaire bourgeois en prennant le contre-pied des silhouettes traditionnelles et apprêtées de la précédente décennie. Sa particularité ? Une coupe trapèze structurée qui libère les hanches et dévoile les jambes au-dessus du genou. La forme géométrique et plate de la robe insuffle l’allure futuriste d’une femme des temps modernes. Le blanc immaculé accentue cette impression de tenue venue tout droit du cosmos. Elle signe le renouveau de la mode des années 60, prémisse des années 70, qui deviendra plus libérée et audacieuse. De par sa formation d’ingénieur, les créations d’André Courrèges sont extrêmement construites et architecturées. L’utilisation de matériaux nouveaux en est la preuve. Regardant vers l’avenir tout en restant en phase avec son époque, il provoqua la révolution chahutant le monde du design, de l’art et de l’industrie. La robe trapèze pose les bases du style Courrèges, devenant du même coup une référence absolue de la mode française.

Elle accompagne le mouvement de libération des femmes, habille des corps en mouvement qui s’attaquent au marché du travail. Par ailleurs, les adolescentes y trouvent une forme d’expression de libération et d’affirmation de leur féminité. Au sommet de sa gloire, Twiggy portera la robe minimaliste dans un style « Classic with a twist », ou « mod dress » d’où le terme même de la tendance « mod », désignant un modernisme peu conventionnel. Toutes les icônes chics l’adoptent, Catherine Deneuve, Brigitte Bardot, Romy Schneider ou encore Françoise Hardy. Créateur de génie, André Courrèges a marqué lui aussi durablement la mode. Yves Saint-Laurent salue le talent novateur pour affirmer que la mode ne sera plus jamais la même suite à « l’explosion Courrèges ».

L’Egg Chair : une Icône Danoise

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Le design scandinave rayonne par son style confortable et son esthétique épuré, à l’instar de la Beetle Chair engendrée par le duo progressiste Italo-danois GamFratesi, la Egg Chair est elle aussi un icône de la créativité danoise lorsqu’il s’agit de pièces design.

C’est tout en rondeur qu’Arne Jacobsen imagine le fauteuil Egg. Présentée dans une forme enveloppante et ergonomique, la pièce fut fabriquée en 1958 dans le but de meubler la réception et le lobby du Royal Hôtel de Copenhague. Le designer voulait alors créer un fauteuil contrastant avec les lignes très droites de la bâtisse. Forcé de répondre à ses propres exigences de confort, d’esthétique et de simplicité des lignes, l’artiste trouve le parfait équilibre dans ce fauteuil aux courbes simples et irréprochables. Pour se faire, Jacobsen s’est mis dans la peau d’un sculpteur : son fauteuil intimiste s’inspire d’un œuf, un œuf dont la coque se construit autour d’une ossature composée d’une mousse très dure, rembourrée, et recouverte de tissu ou de cuir. Un dossier de 107 cm achève de léguer à la pièce une allure atypique et révolutionnaire.

La Egg Chair se fixe sur une base en aluminium poli ; inclinable et pivotable, elle reste la même. Enfin. Le chef d’œuvre du design moderne se décline en nombre de matières et coloris. Si la première Egg Chair était revêtue d’un cuir brun, le modèle le plus répandu est le rouge. Pour son cinquantième anniversaire, l’icône fut déclinée en une série de patchworks colorés qui revisitent cette anthologie du design autour de pièces uniques et non conventionnelles. 50 pièce exactement. 50 Egg Chair imaginées par l’artiste-peintre Tal R au travers de ses pérégrinations visuelles. Des villes aux tissus puisés dans des endroits insolites, des friperies danoises aux Kibboutz israéliens, Tal R a su lui rendre toute sa modernité : « A travers cet habillage, je voulais raconter une multitude d’histoires. Pour cela il me fallait des étoffes empreintes de vies. »

Prada : Slippers, l’Elégance Stupéfiante à L’Italienne !

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Le « style Prada » est unique et original par les formes, couleurs et matières choisies. Sous l’impulsion de Miuccia Prada, la marque continue de nous surprendre à travers une originalité faite de perfection et d’élégance, dont elle seule a le secret.

Visant une clientèle aimant sortir des sentiers battus, et jouer avec la mode, chaque collection présentée est ponctuée de surprises et de pièces incontournables. Miuccia et Patrizio Bertelli (son mari) continuent ensemble de nous insuffler le chic à l’italienne, à travers cette nouvelle collection pétillante et inattendue, les Slippers du soir. Grande tendance de cette saison, qui constituent un bon compromis chic et original à la ballerine et à l’escarpin.  

Miuccia fidèle à une thématique kitch et baroque, nous propose des ornements précieux et de sublimes mélanges de matières. De quoi donner un coup de folie à son allure, et d’allier le psychédélique au raffiné. La créatrice se montre comme elle aime l’être, indomptable et imprévisible. « Tout le monde (ndlr : les créateurs) a une théorie sur ses propres collections de nos jours, j’en ai marre des théories. Cette collection parle du plaisir de la mode ».

Et ce génie de la mode nous fait plaisir en nous offrant l’occasion d’être chic et décalé, par un style déjà bien affiné du raffinement à l’italienne. On remarque le détails et la finesse des pièces, au lieu de simples chaussons de ville, elle nous présente les véritables souliers d’une cendrillon moderne, frappés par la ferveur italienne et l’extravagance juvénile. Impétueuse et ingénieuse elle se démarque, encore une fois là ou on ne l’attendait pas. La collection des chaussures Prada déjà vaste et variée vient d’accueillir une nouvelle collection appelée à devenir incontournable. Chaque pièce ornée de velours, écussons, paillettes, pierres ou bijoux, s’adoptera comme un accessoire  précieux, légèrement impétueux mais terriblement chic. 

Le style Prada avec ses contradictions, Miuccia a encore subvertit les codes et nous a séduit.