La Veste Flamboyante Marc Jacobs de l’Automne/Hiver 2018

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Le style Marc Jacobs aime à combiner couture et streetwear, l’exercice de style et la portabilité au quotidien. Et alors que l’on dit sa maison en proie à quelques écueils, voici que le new-yorkais livre une collection prônant la mode dans sa forme la plus théâtrale. De fait, la plus radicale. En s’inspirant des grands noms de la couture des années 1980 — Yves Saint Laurent, Thierry Mugler et Claude Montana en tête — la maison a fait défiler la semaine passée à New York une myriade de silhouettes mystérieuses aux lignes très assumées. Comme un clin d’œil de connaisseur au passé flamboyant du vêtement, Marc Jacobs signe ici une collection déjà historique en ce qu’elle démontre une nouvelle fois tout le talent du designer. 

Marc Jacobs a toujours été à l’opposé des mouvements du secteur et, aujourd’hui, le voici qui accentue le caractère opulent de sa griffe à coup de « matières riches et magnifiques ». On retrouve le cachemire ou la faille, le cuir ou la fourrure. L’Automne/Hiver 2018 sera ainsi une saison faite de mystère. Chez Marc Jacobs, on centre le propos sur la silhouette — les lignes sont graphiques et souples mais toujours piquées de streetwear. Il ne faut pas oublier tout l’attachement de Marc Jacobs pour le cool et la Pop. Bleu nuit, vert pomme, bleu cyan, rose fuchsia, et violet… Il signe là une collection dans des couleurs percutantes, et des volumes déstructurés. 

Dans sa note d’intention, le designer parle « d’ornements énormes, des gestes, de larges traits et des silhouettes exprimées dans des tissus riches et magnifiques … » Et la veste flamboyante coche tous les codes : lignes coutures empruntées aux grands maîtres, jaune captivant et silhouette 80’s avec son pantalon ample — elle est l’une des pièces à retenir de cette collection. Une collection radicale au glamour proche d’une couture prêt à être portée. Enfin, la saison prochaine. 

Marc Jacobs et son Iconique Pardessus XXL

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À 54 ans Marc Jacobs entre dans sa 25e année d’activité modesque, et, ce n’est pas pour rien qu’il célèbre l’évènement à travers une collection medley. Pour le Printemps/Été 2018 , le designer propose une rêverie, une envolée loin de New York et sa région. Quelque Part, ou Somewhere, c’est ainsi qu’il baptise cette collection annoncée comme « une ré-imagination des saisons passées. » Mais il ne faut guère s’y méprendre : Marc Jacobs signe là une pléthore de silhouettes fantasmées, comme extraite d’un été passé dans un monde rêvé situé dans des tropiques paradisiaques. Dans ce contexte mirifique, les archives, ou plutôt les codes de Marc Jacobs épousent donc la légèreté, les imprimés et finalement , l’audace des antipodes. Et d’antipodes, il en a toujours été question dans la création de l’Américain.

La collection Printemps/Été 2018 de Marc Jacobs ne se contente pas de citer ses icônes ; plutôt de les distordre, les exagérer au prisme d’un exotisme décadent. Dans l’enceinte gargantuesque du Park Avenue Armory, ses mannequins avancent pourtant dans le silence le plus total. Aucune musique n’habille leurs pas, et dans cette atmosphère quasi religieuse, les regards se centrent sur l’essentiel : le vêtement. Justement, lorsque le glamour des sequins épouse admirablement l’adoration et les pièces streetwear du designer, il n’y a plus aucun doute : Marc Jacobs renoue avec ses premiers hauts faits. Le défilé trouve son point d’orgue dans ce pardessus XXL à carreaux savamment rattaché et ajusté par un système de cordes. Le turban orange, porté ici par Gigi Hadid, est un clin d’oeil au fameux turban argenté porté par Kate Moss lors du Bal du Met – une édition co-organisée par le duo  en 2009.

En total contraste avec la mise en scène, le défilé est une explosion de couleurs et de coupes oversized exagérées, estampes florales hallucinantes, couleurs vives, nombre de références se dessinent ici. On reconnaît les filles du Studio 54 introduites pour la collection Printemps 2012, les filles Jamiroquai de l’Automne 2012, les anges hivernaux de l’Automne 2014 ! Tant d’éléments iconiques du vestiaire Marc Jacobs retravaillés dans une exagération de circonstance.

Dot de Marc Jacobs

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Marc Jacobs, Sayuri Shoji, Annie Buzantian et Ann Gottlieb : respectivement le créateur, le designer et les parfumeurs. Une escouade de choc à l’origine du Dot, le parfum qui tombe à point nommé. Quand la coccinelle et les papillons se mêlent, c’est tout un monde qui embarque pour la plus belle des ballades printanières.

Pour son troisième parfum, le créateur de la souris nous présente un flacon ovni. Un rond pour la forme, des ailes pour l’envol, Marc Jacobs dote son nouvel élixir d’un flacon féerique.

Notes de tête, de cœur et de fond se joignent à l’or et aux perles pour un voyage olfactif exceptionnel. Comme un parfum d’enfance ou diverses effluves nous font découvrir un patchwork d’innocence passée.

Les baies rouges des jardins de notre enfance, le parfum vanillé d’un amour de jeunesse, ou encore le jasmin de nos premières vacances au soleil.

Marc Jacobs adore raconter des histoires, et nous conte ici celle « d’un papillon ou d’une coccinelle qui atterrissait sur une feuille. »

Il repousse ici encore une fois les limites de son métier. Celui qu’on appelle l’Andy Warhol de la mode, continue à faire ce qu’il fait de mieux : « prendre des choses du quotidien […] et en faire les choses les plus luxueuses du monde. »