Le Palais Galliera dévoilera à partir du 18 juin 2025 une exposition inédite consacrée à Rick Owens, l’un des créateurs les plus radicaux de sa génération. Intitulée “Temple of Love”, cette rétrospective s’annonce comme une plongée immersive dans l’univers brut, onirique et profondément politique du designer californien. Plus de 100 silhouettes, des vidéos, des archives personnelles et des installations monumentales composeront ce parcours exceptionnel, visible jusqu’au 4 janvier 2026.
Rick Owens exposition Palais Galliera : Ode A La Différence
Une scénographie audacieuse a même transformé la façade du musée : les statues extérieures seront habillées de tissu brodé de paillettes, tandis qu’une trentaine de sculptures en ciment viendront dialoguer avec les pièces exposées. Et au cœur du dispositif, une reconstitution de la chambre californienne de Rick Owens et Michèle Lamy, sa muse éternelle et son double artistique.
Avec Temple of Love, le Palais Galliera poursuit sa mission d’inscrire la mode comme art à part entière. Après Azzedine Alaïa, Alber Elbaz ou encore Stephen Jones, c’est au tour de Rick Owens, né en 1961 à Porterville, Californie, de voir son œuvre honorée dans l’un des temples du patrimoine vestimentaire. Et pour cause : depuis la création de sa marque en 1992, Owens a redéfini les contours de l’élégance contemporaine.

Célèbre pour ses looks sculpturaux, ses drapés architecturaux, ses teintes sombres et son gris signature “dust”, Rick Owens a construit un langage visuel à la croisée de la couture, du gothique, de la mythologie et de la science-fiction. Sa mode ne se contente pas d’habiller — elle provoque, interroge, manifeste. D’un défilé dans un parking souterrain à des silhouettes androgynes traversant le catwalk comme des entités mystiques, chaque geste du créateur est un manifeste.
L’exposition s’enrichit de multiples références à ses sources d’inspiration : Gustave Moreau, Joseph Beuys, Steven Parrino, et bien sûr, Michèle Lamy. Plus qu’un simple accrochage, Temple of Love devient un espace de réflexion sur l’amour, la beauté, la différence — trois piliers qui structurent depuis toujours la vision de Rick Owens.
En pleine époque d’uniformisation et de retour des codes classiques, cette exposition s’annonce comme un rappel salutaire : la mode peut encore déranger, questionner, éblouir. Rick Owens, en maître de cérémonie du bizarre sublime, y déploiera sa liturgie de cuir, de béton, de paillettes et de poésie noire.

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