La Chemise Blanche

 Une « chemise blanche (…) révèle des milliers d’identités »1, et, lorsque les formes, de même que la teinte, lèguent l’infini au vêtement, il semble que seule l’identité de celle qui s’y glisse s’y révèle.

Polymorphe jamais stéréotypée, candide non ingénue, son autonomie esthétique lui permet de voguer à travers les tendances, et l’histoire. Cette chemise est devenue un objet culturel quand, au XXe siècle, elle fonde l’égalité entre employé et patron, formellement réunis autour du « col blanc ». Présente en toutes luttes, au cœur de toutes agitations oculaires ou, plus largement, sensorielles, la chemise blanche est une pause féminine, méditative à travers l’innocence, la pureté et la rigueur qu’elle impose, en même temps que l’assurance émanant de la stricte et perpétuelle coupe.

Qu’elle soit associée à un style classique, telle une Grace Kelly, révoltée anarchique comme Patti Smith, androgyne façon Uma Thurman dans Pulp Fiction ; boutonnée jusqu’au sommet ou déboutonnée sur le décolleté, elle assure à n’importe quelle féminité cette dose de sensualité, sans ne jamais aguicher. Et, lorsque l’on se prend à se lover dans la chemise d’un homme, ce n’est que pour mieux manifester le détachement, l’appropriation du deuxième sexe.

1. Fashion Box

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