Creation’Workshop : <br>Création Produit, Le Reset IA...

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Creation’Decoding : Picasso, Ses Icônes, Son Processus Créatif…

  • Durée : 1h30
  • Format : En ligne & présentiel
  • Intervenant : Sébastien Girard - Fondateur Icon-Icon (@iconicon.institute @iconicon.media @icon-icon.gallery)

Dates et horaires

11/07/2026
  • 10H30 - 12H00

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Programme

J’ai mis uniquement les titres en gras, sans modifier le texte.

À La Rencontre Des Créations De Pablo Picasso…

« Je ne cherche pas, je trouve », déclarait Pablo Picasso. Avec ses visages fragmentés, ses corps recomposés, ses perspectives simultanées, ses collages, ses sculptures, ses céramiques et ses réinterprétations des maîtres anciens, l’artiste espagnol a profondément transformé notre manière de représenter le réel.

Peintre, dessinateur, graveur, sculpteur et céramiste, Picasso n’a jamais accepté de se laisser enfermer dans un style unique. Son œuvre se construit au contraire par ruptures, reprises et métamorphoses successives. Chaque période devient un nouveau laboratoire, tandis que chaque technique ouvre une autre manière de regarder, de décomposer et de reconstruire le monde.

Creation’Decoding…

Une immersion d’une heure trente, à l’Icon-Icon Gallery, dans l’univers créatif de Pablo Picasso, afin de comprendre comment cet artiste majeur du XXe siècle a construit une œuvre immédiatement reconnaissable tout en renouvelant constamment son langage.

À travers ses œuvres emblématiques, son processus créatif et ses constantes plastiques, ce workshop explore la manière dont Picasso a fait dialoguer tradition et invention, figuration et abstraction, peinture et sculpture, histoire de l’art et expérience personnelle.

Une Formation Académique Rapidement Dépassée…

Né à Málaga en 1881, Pablo Ruiz Picasso grandit dans un environnement artistique. Son père, José Ruiz Blasco, est peintre et professeur de dessin. Très tôt, Picasso apprend les règles de la représentation académique, de l’anatomie, de la perspective et de la composition.

Après des séjours à La Corogne et à Barcelone, il poursuit sa formation à l’École des beaux-arts de La Llotja, où il est admis à un âge exceptionnellement jeune. Il fréquente ensuite brièvement l’Académie royale des beaux-arts de San Fernando, à Madrid.

Cette formation lui donne une maîtrise technique très solide. Ses premières peintures démontrent sa capacité à représenter les corps, les visages, les volumes et les scènes narratives selon les conventions de la peinture occidentale.

Picasso ne rejette donc pas les règles académiques parce qu’il serait incapable de les appliquer. Il les dépasse précisément parce qu’il les connaît. Tout au long de sa carrière, cette maîtrise restera sous-jacente à ses transformations les plus radicales.

À Barcelone, il fréquente le cabaret Els Quatre Gats, lieu de rencontre des artistes et intellectuels modernistes. Il y découvre une scène culturelle ouverte sur Paris, les avant-gardes européennes et les nouvelles formes de vie artistique.

De Barcelone À Paris…

Au tournant du XXe siècle, Picasso effectue plusieurs séjours à Paris avant de s’y installer durablement en 1904. La capitale française devient alors le centre de son activité artistique.

Il découvre les œuvres de Toulouse-Lautrec, Van Gogh, Gauguin, Cézanne et des peintres symbolistes. Les cafés, les cabarets, les cirques, les rues et les quartiers populaires nourrissent ses premières recherches.

Paris lui permet également de rencontrer des marchands, des collectionneurs, des écrivains et d’autres artistes. Il s’installe au Bateau-Lavoir, à Montmartre, où il développe progressivement un réseau essentiel à sa carrière.

Picasso ne se contente cependant pas d’adopter les styles qu’il observe. Il absorbe les influences, les déplace et les combine. Une œuvre peut conserver la structure d’un maître ancien tout en intégrant les tensions visuelles d’une peinture moderne.

Cette capacité d’assimilation et de transformation deviendra l’un des moteurs fondamentaux de son processus créatif.

De La Période Bleue À La Période Rose…

Le workshop reviendra sur les périodes bleue et rose, qui marquent les premières grandes étapes de la construction de son identité artistique.

Entre 1901 et 1904, la période bleue se caractérise par une palette dominée par le bleu, le vert et des tonalités froides. Picasso représente des figures marginalisées : mendiants, prisonniers, aveugles, femmes isolées, mères pauvres et personnages enfermés dans leur solitude.

Les corps sont allongés, les gestes ralentis et les espaces volontairement dépouillés. La couleur ne cherche pas à reproduire fidèlement la réalité. Elle devient un instrument psychologique capable d’unifier l’image et d’en intensifier la mélancolie.

La Vie, peinte en 1903, constitue l’une des œuvres majeures de cette période. Les personnages semblent réunis dans un même espace tout en restant séparés par leurs gestes, leurs regards et leur silence.

À partir de 1904, la palette de Picasso s’éclaircit progressivement. Les roses, les ocres et les rouges remplacent les tonalités bleues. Saltimbanques, arlequins, acrobates et artistes de cirque deviennent les principales figures de la période rose.

Ces personnages vivent eux aussi à la marge de la société. Mais ils introduisent une nouvelle douceur, une forme de théâtralité et une attention plus affirmée aux relations entre les corps.

L’arlequin devient notamment une figure essentielle de son imaginaire. Personnage masqué, mobile et ambigu, il peut être considéré comme un double symbolique de l’artiste, à la fois acteur, spectateur et créateur de sa propre identité.

Des Demoiselles D’Avignon À La Rupture Moderne…

Le workshop analysera ensuite Les Demoiselles d’Avignon, peintes en 1907, œuvre charnière dans le parcours de Picasso et dans l’histoire de l’art moderne.

La composition représente cinq figures féminines dans un espace brutalement fragmenté. Les corps ne sont plus construits selon une anatomie naturelle. Les visages, les bras, les torses et les jambes sont simplifiés, déplacés et montrés sous plusieurs angles.

L’espace ne se déploie plus progressivement en profondeur. Il semble se briser en surfaces tranchantes qui avancent vers le spectateur. Les figures et le fond participent d’une même tension géométrique.

Picasso réalise de nombreux dessins et études préparatoires avant d’aboutir à cette composition. Le tableau n’est donc pas le produit d’une destruction improvisée, mais celui d’une longue recherche sur la forme, le corps et l’espace.

Les influences de Paul Cézanne, de l’art ibérique et des objets africains jouent un rôle important dans cette transformation. Picasso ne les copie pas littéralement. Il s’en sert pour remettre en question les conventions occidentales de ressemblance, de beauté et de perspective.

Les Demoiselles d’Avignon ne proposent pas encore un cubisme entièrement constitué. Mais elles rendent visible la rupture qui permettra son développement.

Picasso Et Braque : L’Invention Du Cubisme…

À partir de 1908, Picasso travaille étroitement avec Georges Braque. Les deux artistes développent ensemble les principes du cubisme analytique.

Ils ne cherchent plus à représenter un objet depuis un seul point de vue fixe. Une guitare, un visage, une bouteille ou une table sont observés, décomposés puis reconstruits à partir de plusieurs angles simultanés.

Les volumes sont fragmentés en facettes, tandis que les couleurs deviennent plus sobres : bruns, gris, ocres et verts dominent les compositions. L’objet semble parfois presque disparaître dans la structure picturale.

Le cubisme ne consiste donc pas simplement à transformer le monde en formes géométriques. Il remet en question le fonctionnement même de la représentation.

Depuis la Renaissance, la perspective construisait l’image autour d’un spectateur immobile placé face à une scène organisée selon un point de fuite. Picasso et Braque remplacent cette vision fixe par une expérience mobile et temporelle.

Le regard circule autour de l’objet, en retient plusieurs aspects et les rassemble dans une seule image. La peinture ne montre plus seulement ce que l’œil voit à un instant précis. Elle cherche à représenter ce que l’esprit connaît et recompose.

Du Cubisme Analytique Au Collage…

À partir de 1912, Picasso et Braque développent le cubisme synthétique. Les formes deviennent plus larges, les couleurs réapparaissent et des éléments prélevés dans la réalité sont introduits directement dans les œuvres.

Dans Nature morte à la chaise cannée, Picasso colle sur la toile un morceau de toile cirée imprimée imitant le cannage d’une chaise. Il entoure ensuite la composition d’une corde véritable.

Cette intervention transforme profondément la définition de la peinture. L’artiste ne se contente plus d’imiter un objet ou une matière : il introduit dans l’œuvre un fragment du monde quotidien.

Les journaux, papiers peints, étiquettes, partitions et morceaux de carton deviennent des matériaux artistiques. Leur apparence, leur texture et les mots qu’ils portent participent directement à la composition.

Le collage brouille ainsi les frontières entre représentation et réalité. Un morceau de journal peut être lu comme un objet véritable, mais aussi comme la surface d’une table, l’ombre d’une bouteille ou une forme abstraite.

Picasso invente une image construite par association, déplacement et montage. Cette logique influencera profondément le surréalisme, le dadaïsme, le pop art, l’assemblage et une grande partie de l’art du XXe siècle.

De Ses Œuvres Majeures À Sa Grammaire Visuelle…

À travers l’analyse de ses œuvres majeures, ce workshop décryptera les grands codes visuels de Pablo Picasso : la fragmentation des formes, la simultanéité des points de vue, la simplification anatomique, le déplacement des traits du visage, la transformation des objets et le dialogue constant entre figuration et abstraction.

Chez Picasso, un visage peut être présenté simultanément de face et de profil. Un œil peut être déplacé, agrandi ou tourné dans une direction différente de l’autre. Un nez peut devenir une ligne verticale, tandis qu’une bouche peut apparaître sur le côté du visage.

Ces transformations ne détruisent pas nécessairement la ressemblance. Elles cherchent parfois à produire une représentation plus complète, capable de montrer plusieurs perceptions, plusieurs émotions ou plusieurs moments à la fois.

Picasso travaille également par signes. Quelques lignes peuvent suffire à évoquer un taureau, une colombe, une guitare ou un visage. Il identifie les éléments essentiels d’une forme, puis les amplifie, les déplace ou les combine.

Sa grammaire visuelle repose sur un équilibre permanent entre reconnaissance et déformation. Le spectateur doit identifier quelque chose, puis accepter que cette chose soit transformée sous ses yeux.

Un Processus Créatif Fondé Sur La Métamorphose…

Nous explorerons également le processus créatif de Picasso et son extraordinaire capacité à produire, reprendre et transformer les images.

Picasso dessine quotidiennement. Le dessin constitue à la fois un exercice, une recherche et un moyen de tester rapidement une forme ou une composition.

Il réalise souvent de nombreuses variations autour d’un même sujet. Un visage, un nu, un taureau ou un peintre dans son atelier peut être repris plusieurs fois, parfois au cours d’une même journée.

Chaque version ne remplace pas nécessairement la précédente. Elles enregistrent différentes étapes du regard et du geste. Le sujet devient le terrain d’une transformation continue.

Picasso travaille également très rapidement, mais cette vitesse repose sur des décennies d’observation et de pratique. Une ligne qui semble spontanée peut résumer une connaissance approfondie de l’anatomie, de l’équilibre et de l’histoire du dessin.

Son atelier est rempli d’objets, de sculptures, de papiers, de photographies, de matériaux et d’œuvres anciennes. Picasso conserve énormément. Une création abandonnée peut réapparaître plusieurs années plus tard sous une forme différente.

Chez lui, rien n’est définitivement terminé. Une peinture peut appeler une sculpture, un dessin devenir une gravure et un objet trouvé se transformer en animal ou en corps humain.

De La Peinture À La Sculpture Et À L’Assemblage…

Le workshop abordera la place essentielle de la sculpture dans l’œuvre de Picasso.

Dès le début du XXe siècle, il expérimente le modelage et la sculpture en volume. Mais le cubisme l’amène à repenser entièrement la relation entre la surface et l’espace.

Sa Guitare, construite en carton puis en tôle, ne cherche pas à reproduire un instrument par un volume plein. Elle est composée de plans découpés, assemblés et ouverts sur le vide.

Cette construction transpose les recherches cubistes de la peinture vers l’espace réel. Le vide n’est plus ce qui entoure la sculpture : il devient une partie de l’œuvre.

Picasso utilise également des objets trouvés. Dans Tête de taureau, réalisée en 1942, une selle de vélo devient le crâne de l’animal, tandis qu’un guidon forme ses cornes.

Le geste paraît d’une simplicité presque enfantine. Pourtant, il repose sur une capacité exceptionnelle à voir une forme potentielle à l’intérieur d’un objet existant.

L’objet n’est ni totalement supprimé ni entièrement conservé. Le spectateur voit simultanément la selle, le guidon et la tête du taureau. L’œuvre naît précisément de cette double perception.

Du Théâtre Aux Ballets Russes…

La carrière de Picasso se développe également au contact du théâtre, de la danse et du spectacle.

En 1917, il participe à la création du ballet Parade, produit par les Ballets russes de Serge de Diaghilev. Le projet réunit notamment Jean Cocteau, Erik Satie et le chorégraphe Léonide Massine.

Picasso conçoit les décors et les costumes. Certains personnages portent des constructions volumineuses inspirées du cubisme, transformant les danseurs en architectures mobiles.

Cette expérience lui permet de travailler à grande échelle et d’intégrer ses recherches visuelles à un espace vivant. La peinture dialogue alors avec le mouvement, la musique et le corps des interprètes.

Le théâtre nourrit également son intérêt pour les masques, les rôles, les métamorphoses et les identités multiples.

Arlequins, acrobates, minotaures et artistes continueront à traverser son œuvre comme des figures capables d’incarner simultanément la création, la représentation, le désir et la violence.

Du Retour À L’Ordre Aux Corps Monumentaux…

Après la Première Guerre mondiale, Picasso développe parallèlement à ses recherches cubistes un langage plus classique.

Ses figures deviennent monumentales, sculpturales et parfois inspirées de l’Antiquité. Les corps occupent l’espace avec une solidité presque architecturale.

Cette évolution ne signifie pas qu’il abandonne le cubisme. Picasso refuse précisément la logique selon laquelle un artiste devrait progresser d’un style vers un autre de manière linéaire.

Il peut peindre une figure classique, puis revenir à une construction cubiste. Il peut associer dans une même période des œuvres radicalement différentes.

Cette liberté stylistique devient l’une de ses signatures. Picasso considère les styles comme des outils qu’il peut reprendre selon les nécessités de chaque œuvre.

Le retour à la figure lui permet également d’explorer de nouvelles proportions. Les mains, les pieds et les membres sont amplifiés, tandis que les corps acquièrent une présence massive.

La déformation n’est plus seulement liée à la fragmentation cubiste. Elle peut exprimer la puissance, la sensualité, la pesanteur ou la monumentalité.

Du Surréalisme Au Minotaure…

Dans les années 1920 et 1930, l’œuvre de Picasso se rapproche de certaines préoccupations surréalistes, même s’il ne rejoint jamais officiellement le mouvement.

Les corps deviennent plus instables, les visages plus violents et les formes plus organiques. Les figures semblent parfois se transformer en créatures hybrides.

Le Minotaure occupe alors une place centrale dans son imaginaire. Mi-homme, mi-taureau, il représente une force à la fois créatrice et destructrice.

Cette figure mythologique peut incarner l’artiste, le désir, la brutalité, la puissance sexuelle, l’aveuglement ou la vulnérabilité.

Dans la Minotauromachie, gravée en 1935, Picasso rassemble plusieurs éléments de son vocabulaire : le Minotaure, le cheval blessé, la jeune fille portant une lumière, le marin et les figures observant la scène depuis une fenêtre.

L’espace semble théâtral, mais la narration reste volontairement ouverte. Les symboles ne délivrent pas un message unique. Ils construisent un monde intérieur traversé par la violence et la contradiction.

Le taureau et le cheval réapparaîtront ensuite dans Guernica, où leur présence prendra une dimension politique et historique nouvelle.

Guernica : De La Peinture À L’Histoire…

Le workshop consacrera une place essentielle à Guernica, réalisée en 1937 pour le pavillon de la République espagnole à l’Exposition internationale de Paris.

L’œuvre répond au bombardement de la ville basque de Guernica, attaquée le 26 avril 1937 pendant la guerre civile espagnole.

Picasso choisit une composition monumentale en noir, blanc et gris. La couleur disparaît presque entièrement, renforçant la violence graphique de la scène et évoquant les photographies de presse.

Un cheval blessé occupe le centre. Un taureau se tient sur la gauche. Des femmes crient, fuient ou portent un enfant mort. Un soldat gît au sol, le corps brisé.

L’espace est fragmenté comme dans une composition cubiste, mais cette fragmentation devient ici l’expression physique d’un monde détruit.

Picasso ne représente pas le bombardement de manière documentaire. Il ne peint ni avions, ni bâtiments identifiables, ni uniformes précis. Il construit une image plus générale de la souffrance provoquée par la guerre.

La puissance de Guernica repose sur cette tension entre événement historique et langage symbolique. L’œuvre naît d’un contexte précis, mais elle devient progressivement une image universelle de la violence faite aux populations civiles.

Picasso, La Guerre Et L’Engagement Politique…

Picasso demeure en France pendant l’Occupation allemande. Son art est considéré avec méfiance par le régime nazi, qui condamne les avant-gardes modernes.

Durant cette période, il continue pourtant à travailler dans son atelier de la rue des Grands-Augustins à Paris.

Ses œuvres deviennent plus sombres. Les crânes, les corps déformés, les intérieurs fermés et les natures mortes traduisent une atmosphère de violence et d’enfermement.

En 1944, Picasso adhère au Parti communiste français. Son engagement s’exprime ensuite dans plusieurs œuvres, affiches et prises de position publiques.

La Colombe, devenue un symbole international de paix, est notamment utilisée pour l’affiche du Congrès mondial des partisans de la paix de 1949.

Picasso réalise également Massacre en Corée en 1951, œuvre qui reprend la structure de scènes historiques de fusillade pour dénoncer la violence exercée contre des civils.

Son engagement politique reste toutefois inséparable des contradictions de son époque et de sa propre position d’artiste célèbre. Le workshop permettra d’aborder cette dimension sans réduire son œuvre à une illustration idéologique.

De Vallauris À La Céramique…

À partir de la fin des années 1940, Picasso développe une importante production céramique à Vallauris, dans le sud de la France.

Il travaille avec l’atelier Madoura, dirigé par Suzanne et Georges Ramié. Plats, pichets, vases, assiettes et carreaux deviennent les supports d’un nouveau vocabulaire.

Picasso ne considère pas la céramique comme une pratique décorative secondaire. Il exploite les propriétés spécifiques de chaque objet : sa forme, son ouverture, sa courbure et sa fonction.

Un pichet peut devenir une chouette, une tête ou une figure féminine. Les anses se transforment en bras ou en cornes. La surface d’une assiette devient un visage, une arène ou un espace narratif.

La forme préexistante de l’objet guide donc l’invention. Picasso ne dépose pas simplement une image sur un support. Il transforme le support lui-même en personnage.

La céramique lui permet également de retrouver une relation directe avec la matière, le feu, les techniques artisanales et la possibilité de produire des éditions.

Elle prolonge ainsi son désir de faire circuler les images au-delà de la toile unique et du marché traditionnel de la peinture.

L’Atelier Comme Autoportrait…

L’atelier occupe une place fondamentale dans l’œuvre de Picasso. Il n’est pas seulement le lieu où les tableaux sont produits. Il devient lui-même un sujet.

Peintre, modèle, chevalet, sculpture, fenêtre, palette et œuvres en cours composent un théâtre de la création.

Picasso revient régulièrement au thème du peintre et de son modèle. Cette relation lui permet d’interroger le regard, le désir, le pouvoir et la transformation du corps en image.

Le peintre est parfois représenté comme un observateur, un voyeur, un artisan, un monstre ou une figure vieillissante confrontée à la beauté de son modèle.

L’atelier devient alors une forme d’autoportrait indirect. Les objets accumulés, les œuvres anciennes, les sculptures et les figures féminines racontent la manière dont Picasso construit sa propre mythologie.

Dans les ateliers de La Californie à Cannes, puis de Notre-Dame-de-Vie à Mougins, l’espace de travail envahit progressivement l’espace domestique.

L’artiste vit au milieu de ses œuvres, de ses matériaux et de ses images. La création n’est pas séparée de la vie quotidienne : elle l’absorbe entièrement.

De Velázquez À Delacroix : Réinventer Les Maîtres…

Dans les années 1950 et 1960, Picasso développe de vastes séries inspirées de chefs-d’œuvre de l’histoire de l’art.

Il réinterprète notamment Les Femmes d’Alger d’Eugène Delacroix, Les Ménines de Diego Velázquez et Le Déjeuner sur l’herbe d’Édouard Manet.

Picasso ne réalise pas de simples copies. Il démonte la composition originale, modifie les proportions, déplace les personnages et transforme les couleurs.

Chaque série comprend de nombreuses variations. L’œuvre historique devient une structure ouverte, susceptible d’être rejouée selon différents rythmes et différents langages.

Cette démarche révèle sa relation profondément active au passé. Picasso ne considère pas l’histoire de l’art comme un musée immobile. Il la traite comme une réserve de formes avec lesquelles il peut engager un dialogue.

En reprenant Velázquez, Delacroix ou Manet, il interroge également sa propre place dans cette histoire. L’artiste moderne se confronte aux maîtres tout en affirmant son droit à les transformer.

Les Femmes D’Alger : Variation Et Désir…

La série des Femmes d’Alger, réalisée entre décembre 1954 et février 1955, occupe une place particulière dans cette logique de réinterprétation.

Picasso produit quinze peintures, désignées par les lettres A à O, ainsi que de nombreux dessins préparatoires.

La série rend hommage à Delacroix, mais également à Henri Matisse, mort en novembre 1954. Les odalisques, les couleurs et les intérieurs orientalisants permettent à Picasso de dialoguer avec les deux artistes.

D’une version à l’autre, les corps sont déplacés, fragmentés, agrandis ou simplifiés. La pièce change de profondeur, tandis que les couleurs modifient l’atmosphère de la scène.

La version O rassemble les recherches précédentes dans une composition particulièrement dense. Les figures féminines et l’espace intérieur semblent fusionner dans un réseau de lignes, de plans et de couleurs.

La série montre comment Picasso travaille par accumulation. Chaque tableau constitue une proposition autonome, mais prend également son sens à l’intérieur d’un processus plus large.

Le chef-d’œuvre n’est donc pas nécessairement une image apparue immédiatement sous sa forme définitive. Il peut être le résultat d’une suite de transformations, d’essais et de décisions visibles.

Une Œuvre Tardive Sans Retrait…

Les dernières années de Picasso sont marquées par une production particulièrement intense.

Alors qu’il est déjà mondialement reconnu, il continue à peindre, dessiner et graver avec une grande énergie.

Les figures deviennent souvent plus libres, les couleurs plus directes et le geste plus visible. Mousquetaires, peintres, modèles, couples et personnages inspirés du Siècle d’or espagnol envahissent ses compositions.

Ces œuvres tardives ont parfois été jugées excessives, répétitives ou négligées par rapport aux périodes historiques du cubisme.

Elles sont aujourd’hui davantage considérées comme une partie essentielle de son travail. Picasso y expose la matière de la peinture, la vitesse du geste et sa confrontation avec le vieillissement, le désir et la mort.

Les mousquetaires fonctionnent notamment comme des personnages de théâtre et comme des doubles de l’artiste. Ils portent costumes, barbes et chapeaux, tout en affichant une présence comique, sexuelle et parfois inquiétante.

Dans la Suite 347, réalisée en 1968, Picasso produit plusieurs centaines de gravures en quelques mois. L’artiste, le modèle, le voyeur, le cirque, la mythologie et l’histoire de l’art s’y croisent dans une immense autobiographie visuelle.

Picasso, Des Grandes Institutions Internationales Aux Ventes Records Chez Christie’s…

Le workshop abordera également la présence exceptionnelle de Pablo Picasso dans les plus grandes institutions internationales, du Musée national Picasso-Paris au Museu Picasso de Barcelone, du Museum of Modern Art de New York au Metropolitan Museum of Art, de la Tate au Centre Pompidou, sans oublier le Museo Reina Sofía de Madrid, qui conserve Guernica.

Son œuvre traverse une grande partie de l’histoire de l’art du XXe siècle. Picasso a participé au développement du cubisme, renouvelé le collage et l’assemblage, transformé la sculpture et la céramique, tout en maintenant un dialogue constant avec les maîtres anciens.

Le MoMA rappelle que son œuvre résiste à une lecture strictement linéaire. Picasso pouvait utiliser simultanément le cubisme, le classicisme et des formes proches du surréalisme, refusant ainsi de faire du style une identité fixe.

Sa reconnaissance se mesure également sur le marché de l’art. En mai 2015, Les Femmes d’Alger (Version O), peinte en 1955, a été adjugée 179,365 millions de dollars chez Christie’s à New York.

Cette vente a établi le record mondial de Picasso aux enchères et constituait alors le prix le plus élevé jamais atteint par une œuvre d’art lors d’une vente publique.

En novembre 2023, Femme à la montre, portrait de Marie-Thérèse Walter peint en 1932, a été vendu 139,363 millions de dollars chez Sotheby’s à New York, confirmant la position exceptionnelle de Picasso sur le marché international.

Mais réduire Picasso à ses records serait oublier la véritable ampleur de son héritage. Son influence se retrouve dans la peinture, la sculpture, le design, la photographie, la mode, la publicité et la culture visuelle contemporaine.

Ce workshop propose ainsi de comprendre pourquoi Pablo Picasso demeure une figure essentielle de l’art moderne. Son œuvre rappelle que créer ne consiste pas nécessairement à trouver un style définitif.

Créer peut aussi signifier refuser de se répéter, transformer ce que l’on maîtrise et considérer chaque image comme le point de départ d’une nouvelle invention.

Localisation…

À L’Icon-Icon Institute

11 Boulevard Malesherbes
75008 Paris

Code A6183 / Interphone Icon-Icon

Métro Madeleine ou Concorde
À proximité de la Madeleine, du Faubourg Saint-Honoré, de l’avenue Matignon, de la place de la Concorde et de l’Opéra.

En présentiel, les places sont limitées à 15 participants, pour un format volontairement resserré, une expérience dense et interactive, ainsi que des échanges de qualité.

En ligne : si vous êtes hors de Paris ou si votre agenda ne vous permet pas de vous déplacer, le workshop est également accessible à distance, avec les mêmes contenus et supports.

Réservation :
sebastien.girard@icon-icon.com
06 85 30 25 35

Public Concerné…

Cette formation s’adresse aux artistes, aux investisseurs du second marché, aux collectionneurs, aux communicants, aux passionnés d’art et à toutes les personnes curieuses de comprendre la création et le processus créatif d’un artiste.

De ses inspirations à ses influences, de sa formation académique à l’invention du cubisme, de la peinture à la sculpture, de la céramique à la gravure, de ses œuvres emblématiques à ses dialogues avec les maîtres anciens, le workshop propose de décrypter la construction de l’univers de Pablo Picasso et les raisons pour lesquelles son œuvre occupe une place centrale dans l’histoire de l’art moderne.

Intervenant Et Organisateur De La Formation…

SÉBASTIEN GIRARD est diplômé d’un MBA de l’ESSEC Business School et d’un MBA de l’Institut Français de la Mode. Il est titulaire d’un Postgraduate Certificate in Higher Education et d’une certification Master Black Belt Six Sigma.

Passionné par la création, il développe Icon-Icon autour de trois entités complémentaires : l’Icon-Icon Gallery, l’Icon-Icon Institute et l’Icon-Icon Media. Dans une logique de décryptage de la création, Monsieur Icon-Icon interviewe celles et ceux qui incarnent l’acte créatif : artistes peintres, directeurs artistiques, designers, sculpteurs, parfumeurs, chefs, chefs pâtissiers, chefs de cave et maîtres assembleurs, mais aussi PDG, vice-présidents, directeurs et porte-paroles intervenant sur des sujets liés à la création.

Ces interviews abordent notamment l’identité et la grammaire d’un artiste ou d’une maison, la construction de leurs icônes et les différentes manières dont celles-ci peuvent être réinterprétées et réinventées.

Après quelques années chez Ernst & Young à des postes de Strategy Planning, Sébastien Girard a occupé les fonctions de Directeur Marketing France, puis Europe Middle East and Africa de Motorola, ainsi que de Directeur Marketing Europe pour le Prada Phone.

Il est également l’auteur de « #Instagramming, L’Art De Développer Une Marque De Luxe Sur Instagram ».

Numéro de déclaration d’activité de formateur et organisme de formation : 11 75 71442 75