Creation’Workshop : <br>Création Produit, Le Reset IA...

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Creation’Decoding : Jean-Michel Basquiat, Ses Icônes, Son Processus Créatif…

  • Durée : 1h30
  • Format : En ligne & présentiel
  • Intervenant : Sébastien Girard - Fondateur Icon-Icon (@iconicon.institute @iconicon.media @icon-icon.gallery)

Dates et horaires

11/07/2026
  • 10H30 - 12H00

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Programme

À La Rencontre Des Créations De Jean-Michel Basquiat…

« Je ne pense pas à l’art quand je travaille. J’essaie de penser à la vie », déclarait Jean-Michel Basquiat. Avec ses couronnes, ses silhouettes nerveuses, ses crânes ouverts, ses mots barrés, ses références au jazz, à la boxe, à l’anatomie, au racisme et à l’histoire coloniale, l’artiste américain a construit l’un des langages visuels les plus puissants de la seconde moitié du XXe siècle.

Chez Basquiat, la peinture ne cherche jamais à être décorative, stable ou silencieuse. Elle fonctionne comme une surface de collision : entre image et texte, corps et histoire, rue et musée, violence sociale et mémoire culturelle. Son œuvre donne à voir un esprit en train de penser, de citer, de raturer, de dénoncer et de transformer la peinture en champ de bataille symbolique.

Creation’Decoding…

Une immersion d’une heure trente, à l’Icon-Icon Gallery, dans l’univers créatif de Jean-Michel Basquiat, afin de comprendre comment cet artiste majeur des années 1980 a construit un langage visuel immédiatement reconnaissable, tout en imposant une voix radicalement nouvelle dans l’histoire de l’art contemporain.

À travers ses œuvres emblématiques, son processus créatif et ses constantes plastiques, ce workshop explore la manière dont Basquiat a fait dialoguer peinture, dessin, graffiti, musique, poésie, anatomie, culture afro-américaine, critique sociale et marché de l’art.

Une Approche Instinctive De L’Image Et Du Langage…

Né à Brooklyn en 1960, Jean-Michel Basquiat grandit dans une famille d’origine haïtienne par son père et portoricaine par sa mère. Cette double appartenance culturelle nourrit très tôt son rapport aux langues, aux signes, aux images et aux identités multiples.

Enfant, il fréquente les musées new-yorkais avec sa mère, Matilde Andrades, qui encourage son intérêt pour le dessin et l’art. Après un accident de voiture survenu dans son enfance, il reçoit un exemplaire de Gray’s Anatomy, manuel d’anatomie médicale qui deviendra une source fondamentale de son imaginaire visuel.

Les os, les crânes, les organes, les systèmes nerveux et les silhouettes disséquées traverseront ensuite toute son œuvre. Chez Basquiat, le corps n’est jamais une surface lisse. Il est ouvert, annoté, vulnérable, traversé par la violence, la mémoire et la connaissance.

Très jeune, il se détourne des parcours institutionnels classiques. Il quitte le foyer familial, vit dans le downtown new-yorkais, fréquente les milieux artistiques, musicaux et nocturnes, et développe une pratique à la fois visuelle, verbale et performative.

New York devient son laboratoire. Les murs, les rues, les clubs, les galeries, les émissions de télévision, les disques, les livres et les conversations forment une seule matière mentale.

De SAMO À La Scène Downtown…

Le workshop reviendra sur les débuts de Basquiat sous le pseudonyme SAMO, contraction ironique de « Same Old Shit ». À la fin des années 1970, avec Al Diaz, il inscrit dans les rues de Lower Manhattan des phrases énigmatiques, poétiques et satiriques.

Ces interventions ne relèvent pas du graffiti traditionnel fondé sur le nom, la signature ou le territoire. SAMO fonctionne plutôt comme une voix conceptuelle. Les phrases sont brèves, mordantes, parfois absurdes, parfois philosophiques. Elles attaquent le conformisme, l’argent, la religion, l’art, la consommation et les postures intellectuelles.

La rue devient alors un espace d’écriture critique. Basquiat comprend très tôt que quelques mots placés au bon endroit peuvent produire un choc, une interruption, une forme de pensée instantanée.

Cette période lui permet également d’entrer dans la scène artistique du downtown new-yorkais. Il fréquente les clubs, les lieux alternatifs, les musiciens, les artistes, les cinéastes et les écrivains qui inventent une culture hybride entre punk, hip-hop, performance, graffiti, peinture et mode.

Il apparaît dans l’émission TV Party de Glenn O’Brien, joue dans le film Downtown 81 et participe au groupe de noise music Gray. Avant même d’être reconnu comme peintre, Basquiat construit une présence dans un écosystème culturel où les frontières entre disciplines sont volontairement poreuses.

De La Rue À La Peinture…

Le passage de Basquiat vers la toile ne constitue pas une rupture avec la rue. Il transporte dans la peinture l’énergie, la vitesse et la fragmentation de l’espace urbain.

Au début des années 1980, il peint sur des matériaux trouvés : portes, fenêtres, planches, palettes, morceaux de bois, objets récupérés et supports improvisés. La surface n’est pas neutre. Elle conserve la mémoire de la ville, de l’usure et du déplacement.

Son entrée dans les galeries s’effectue rapidement, notamment après sa participation à des expositions collectives importantes comme The Times Square Show en 1980 et New York/New Wave en 1981.

Basquiat n’abandonne pas pour autant la logique de l’inscription. Ses tableaux restent traversés par des mots, des listes, des chiffres, des noms, des flèches, des signes anatomiques et des fragments d’histoire.

La toile devient un mur mental. Tout peut y entrer : une information lue dans un livre, une chanson de jazz, un nom de boxeur, une marque commerciale, une blessure historique, un souvenir personnel ou un symbole religieux.

De Ses Figures Emblématiques À Sa Grammaire Visuelle…

À travers l’analyse de ses œuvres majeures, ce workshop décryptera les grands codes visuels de Jean-Michel Basquiat : la couronne, le crâne, le squelette, les dents, les yeux, les mots barrés, les listes, les flèches, les halos, les héros noirs, les références médicales et les surfaces volontairement saturées.

La couronne est sans doute l’un de ses signes les plus célèbres. Elle peut désigner la royauté, la reconnaissance, le pouvoir symbolique ou la canonisation d’une figure oubliée. Basquiat couronne souvent des musiciens, des athlètes, des martyrs ou des personnages noirs que l’histoire dominante a minorés, exploités ou effacés.

Le crâne, quant à lui, n’est jamais un simple motif macabre. Il expose simultanément le visage, la pensée, la mort et la structure interne du corps. Il donne l’impression de voir un être humain à la fois de l’extérieur et de l’intérieur.

Les dents, souvent très visibles, introduisent une forme de tension presque animale. Les figures semblent crier, grincer, résister ou survivre.

Les mots barrés constituent une autre signature essentielle. Basquiat expliquait qu’il barrait certains mots pour qu’on les voie davantage. La rature ne supprime donc pas le sens. Elle attire l’attention, intensifie la lecture et transforme l’effacement en stratégie de visibilité.

Chez lui, le texte n’explique pas l’image. Il la contamine, la complique et la charge d’informations. Le spectateur ne lit jamais tout de manière linéaire. Il prélève, associe, revient, manque quelque chose, puis découvre un autre fragment.

Un Processus Créatif Fondé Sur L’Accumulation Et La Collision…

Nous explorerons également le processus créatif de Basquiat et la manière dont il organise une apparente urgence en système visuel complexe.

Basquiat travaille vite, mais sa vitesse ne signifie pas absence de pensée. Elle repose sur une capacité exceptionnelle à absorber des images, des lectures, des sons et des références, puis à les faire surgir simultanément sur la surface.

Il peint souvent au sol, entoure son espace de livres ouverts, de musiques, de photographies, de notes et d’objets. L’atelier fonctionne comme une chambre d’échos. Les informations circulent, se superposent et se transforment.

Ses tableaux peuvent donner l’impression d’une improvisation immédiate. Pourtant, ils sont construits par couches, reprises, ajouts et effacements. La composition repose sur des tensions entre zones pleines et vides, mots et figures, couleur brute et signes noirs.

Basquiat ne cherche pas à produire une image parfaitement équilibrée au sens classique. Il construit plutôt une énergie de surface. Les éléments semblent lutter pour apparaître, se recouvrir ou se contredire.

Cette logique de collision correspond à son rapport à l’histoire. Le passé n’est pas un récit ordonné. Il revient par fragments, par noms, par blessures, par archives et par symboles déplacés.

Du Dessin À La Peinture Comme Écriture…

Le dessin occupe une place centrale dans l’œuvre de Basquiat. Il ne constitue pas seulement une préparation à la peinture. Il est une pratique autonome, rapide, intellectuelle et incisive.

Ses dessins associent souvent mots, figures, listes, diagrammes et structures anatomiques. Ils ressemblent à des pages de cahier, à des partitions, à des plans de pensée ou à des graffitis intérieurs.

La ligne est nerveuse, irrégulière, parfois enfantine en apparence, mais extrêmement contrôlée dans son intensité. Basquiat refuse la finition académique. Il privilégie la force du signe, la vitesse de l’apparition et la puissance de la notation.

Cette écriture visuelle prolonge l’héritage de SAMO. Même sur toile, Basquiat reste un artiste de l’inscription. Il écrit pour troubler l’image et dessine pour rendre le langage physique.

Les mots ne sont pas seulement lus. Ils sont vus comme des formes. Certaines lettres deviennent des masses, des rythmes, des attaques graphiques. La peinture devient une langue qui refuse de choisir entre voir et lire.

Du Corps Anatomique Au Corps Social…

Le corps chez Basquiat est souvent ouvert, radiographié, disséqué ou réduit à un assemblage d’os, de nerfs et d’organes. Cette obsession vient en partie de Gray’s Anatomy, mais elle dépasse largement la référence médicale.

L’anatomie devient une métaphore du dévoilement. Montrer l’intérieur du corps, c’est montrer ce que la surface sociale cache : la fragilité, la violence, la douleur, l’histoire et la mortalité.

Les personnages de Basquiat sont souvent frontaux. Ils regardent le spectateur, ou semblent pris dans une tension intérieure. Certains apparaissent comme des saints, des boxeurs, des guerriers, des musiciens ou des victimes sacrificielles.

Le corps noir occupe une place essentielle dans cette œuvre. Basquiat représente des figures puissantes, vulnérables, héroïques ou martyrisées, dans un monde où l’histoire de l’art occidental a souvent exclu ou déformé les présences noires.

Il transforme ainsi la peinture en espace de réparation symbolique, mais aussi de confrontation. Ses figures ne demandent pas simplement à être reconnues. Elles imposent leur présence.

De La Couronne Aux Héros Noirs…

Le workshop abordera la manière dont Basquiat construit un panthéon personnel de héros noirs.

Musiciens de jazz, boxeurs, sportifs, artistes, figures historiques et martyrs apparaissent dans ses œuvres sous forme de noms, de portraits ou de références cryptées. Charlie Parker, Dizzy Gillespie, Miles Davis, Sugar Ray Robinson, Joe Louis, Hank Aaron ou encore Jesse Owens traversent son imaginaire.

Ces figures représentent des formes d’excellence, de résistance et de puissance créative. Mais elles rappellent aussi la manière dont la société américaine a célébré certains corps noirs tout en maintenant des structures de domination raciale.

Le sportif noir, par exemple, peut être admiré, exploité, consommé et réduit à sa performance physique. Le musicien de jazz peut être transformé en icône tout en restant marginalisé par les institutions.

La couronne permet à Basquiat de rendre à ces figures une souveraineté symbolique. Elle dit : voici les rois que l’histoire officielle n’a pas assez regardés.

Ce geste est fondamental. Basquiat ne peint pas seulement des individus. Il réécrit une hiérarchie culturelle.

Du Jazz À La Peinture Comme Improvisation…

La musique occupe une place essentielle dans l’univers de Jean-Michel Basquiat. Le jazz, en particulier, nourrit son rythme pictural, son rapport à l’improvisation et son système de références.

Basquiat écoute Charlie Parker, Dizzy Gillespie, Miles Davis, Max Roach et de nombreux autres musiciens. Il collectionne les disques, cite des titres, inscrit des noms et construit certaines compositions comme des partitions visuelles.

Le jazz lui offre un modèle de création fondé sur la maîtrise, la vitesse, la variation et la rupture. Improviser ne signifie pas jouer n’importe quoi. Cela suppose une connaissance profonde des structures, des motifs et des possibilités de transformation.

La peinture de Basquiat fonctionne souvent de cette manière. Un signe revient, se modifie, disparaît, réapparaît ailleurs. Une couleur répond à un mot. Une figure surgit comme un solo, puis se trouve recouverte par une autre information.

Le groupe Gray, qu’il fonde avec plusieurs amis à la fin des années 1970, témoigne également de son intérêt pour les sons expérimentaux, la dissonance et l’atmosphère urbaine.

Chez Basquiat, peindre revient à organiser du bruit. Non pas à le calmer, mais à lui donner une forme.

Du Racisme À La Critique Du Pouvoir…

L’œuvre de Basquiat est profondément traversée par la critique des systèmes de domination : racisme, colonialisme, capitalisme, violences policières, exploitation du corps noir et hiérarchies culturelles.

Dans plusieurs œuvres, il fait apparaître des références à l’esclavage, à la traite, aux plantations, aux figures coloniales, aux marques commerciales et à l’économie de l’exploitation.

Il associe parfois des corps, des marchandises, des chiffres et des mots qui renvoient à la transformation des êtres humains en valeur économique.

Cette critique n’est pas toujours formulée de manière explicite. Elle surgit par fragments, par inscriptions et par rapprochements. Basquiat force le spectateur à faire les connexions.

Les mots « cotton », « tobacco », « sugar », « negroes », « slave », « tariff » ou « royalty » peuvent apparaître dans des contextes qui évoquent la circulation des marchandises, des corps et du pouvoir.

La violence historique n’est donc pas représentée comme un événement passé. Elle demeure active dans les systèmes économiques, les images, les musées et le marché.

Basquiat transforme la toile en archive explosive. Il met côte à côte ce que l’histoire préfère souvent séparer.

Hollywood Africans Et La Représentation Des Stéréotypes…

Le workshop reviendra sur Hollywood Africans, peint en 1983, l’une des œuvres majeures de Basquiat consacrées à la représentation des Noirs dans la culture populaire américaine.

L’œuvre réunit les figures de Basquiat, Rammellzee et Toxic, lors d’un séjour à Los Angeles. Autour d’eux apparaissent des mots évoquant le cinéma, les stéréotypes raciaux, les rôles imposés et les images fabriquées par Hollywood.

Le tableau examine la manière dont l’industrie culturelle a réduit les personnages noirs à des fonctions caricaturales : domestique, musicien, criminel, amuseur ou figure exotique.

Basquiat ne se place pas en observateur extérieur. Il s’inclut dans l’image, comme pour montrer qu’il appartient lui-même à cette histoire de représentation et de projection.

Le tableau est à la fois autoportrait, critique médiatique et cartographie des stéréotypes.

La couleur jaune du fond, les figures noires et les inscriptions produisent une image vive, presque publicitaire, mais profondément critique. La surface attire le regard avant de révéler son contenu corrosif.

Defacement : Violence Policière Et Mémoire…

En 1983, Basquiat réalise Defacement, également connu sous le titre The Death of Michael Stewart, après la mort de Michael Stewart, jeune artiste noir arrêté par la police dans le métro de New York et mort quelques jours plus tard.

L’œuvre montre une figure noire frappée par deux policiers blancs. Le style est volontairement frontal, direct et presque schématique.

Basquiat ne cherche pas ici la complexité symbolique maximale. Il produit une image de violence nue, presque insoutenable par sa simplicité.

Le sujet le touche personnellement. Michael Stewart appartient au même monde downtown que lui. L’événement révèle brutalement que la reconnaissance artistique, la créativité ou la proximité avec les milieux culturels ne protègent pas nécessairement un corps noir de la violence policière.

Defacement reste l’une des œuvres les plus explicites de Basquiat sur le racisme institutionnel.

Elle montre que son travail ne peut pas être séparé de la réalité politique des années 1980. La rue, la police, le métro, le corps et la mort ne sont pas des thèmes abstraits. Ils forment l’environnement concret dans lequel son œuvre apparaît.

Basquiat Et L’Histoire De L’Art…

Basquiat entretient un rapport complexe à l’histoire de l’art. Il connaît les musées, les maîtres anciens, l’art moderne et les avant-gardes. Mais il ne cherche pas simplement à s’y intégrer. Il les attaque, les cite, les détourne et y inscrit ce qui en a été exclu.

Il admire Cy Twombly, Jean Dubuffet, Pablo Picasso, Leonardo da Vinci, Robert Rauschenberg et Andy Warhol, entre autres. Il retient chez eux la force du signe, la liberté du dessin, la fragmentation, l’assemblage et la possibilité de faire entrer des matériaux hétérogènes dans l’œuvre.

Mais Basquiat ne se contente pas d’hériter. Il déplace l’histoire de l’art depuis une position noire, urbaine, américaine, caribéenne et contemporaine.

Ses références à l’art occidental cohabitent avec l’anatomie, le jazz, la boxe, les cultures africaines, les publicités, les marques, les insultes raciales, les héros oubliés et les fragments d’encyclopédie.

Cette collision produit une forme de contre-histoire. La peinture devient un lieu où les hiérarchies sont renversées.

Basquiat ne demande pas la permission d’entrer dans le musée. Il y entre avec ses propres rois, ses propres morts, ses propres archives et ses propres cris.

De L’Expressionnisme À La Surface Urbaine…

Basquiat a souvent été associé au néo-expressionnisme des années 1980, mouvement marqué par le retour à la peinture, au geste, à la figure et à une expressivité intense.

Mais cette catégorie ne suffit pas à comprendre son œuvre. Là où certains artistes néo-expressionnistes réactivent le mythe du peintre héroïque, Basquiat introduit dans la peinture des enjeux liés à la race, à la rue, aux médias et à l’économie culturelle.

Son geste n’est pas seulement expressif. Il est informé, codé, référencé et critique.

La surface urbaine reste présente dans ses tableaux : affiches arrachées, murs couverts d’inscriptions, panneaux, publicités, marques, graffitis et bruits de la ville. Ses toiles ressemblent parfois à des murs intérieurs sur lesquels plusieurs histoires auraient été écrites en même temps.

Cette densité visuelle correspond à l’expérience new-yorkaise des années 1980 : accélération, argent, pauvreté, clubs, drogues, marché de l’art, musique, tensions raciales, sida, publicité et spéculation.

Basquiat ne peint pas New York comme un paysage. Il peint son système nerveux.

Basquiat Et Warhol…

La relation entre Jean-Michel Basquiat et Andy Warhol occupe une place importante dans son parcours artistique et médiatique.

Les deux artistes se rencontrent au début des années 1980. Warhol représente alors une figure centrale du pop art, déjà devenue une icône culturelle. Basquiat, plus jeune, est en pleine ascension.

Leur relation est à la fois amicale, artistique, commerciale et symbolique. Warhol voit en Basquiat une énergie nouvelle, une puissance de dessin et une intensité que son propre travail avait parfois refroidies par la répétition mécanique.

Basquiat voit en Warhol une figure historique, un artiste capable de comprendre les relations entre image, célébrité, argent et pouvoir.

Ils réalisent ensemble plusieurs œuvres collaboratives. Warhol commence souvent par introduire des logos, des titres, des images commerciales ou des symboles sérigraphiés. Basquiat intervient ensuite par la peinture, le dessin, les mots et les figures.

La collaboration met en tension deux langages : la surface froide du pop art et l’urgence physique de la peinture basquiatienne.

Le résultat est parfois inégal, parfois fascinant, mais toujours révélateur de leur époque. Logos, corps, marques, gestes, argent et célébrité se confrontent directement sur la toile.

De La Célébrité À La Pression Du Marché…

Basquiat connaît une ascension extrêmement rapide. En quelques années, il passe de la scène alternative du downtown new-yorkais aux grandes galeries, aux collectionneurs internationaux et aux musées.

Cette reconnaissance précoce est accompagnée d’une pression intense. Il devient l’un des très rares artistes noirs à atteindre une visibilité majeure dans un monde de l’art encore largement dominé par des institutions, des marchands et des collectionneurs blancs.

Cette position produit une tension permanente. Basquiat est célébré pour son génie, mais aussi exotisé, surveillé, consommé et parfois réduit à son image.

Il comprend très bien les mécanismes du marché, mais il en subit également la violence. Son corps, son style, son origine sociale et sa trajectoire deviennent parfois des éléments de récit que d’autres utilisent pour vendre ou expliquer son œuvre.

Le workshop permettra d’aborder cette question essentielle : comment un artiste peut-il entrer dans un système qui le reconnaît tout en le déformant ?

Chez Basquiat, la réussite n’efface pas la critique. Elle en devient parfois le sujet le plus brûlant.

Une Œuvre Courte, Dense Et Fulgurante…

Jean-Michel Basquiat meurt en 1988 à l’âge de vingt-sept ans. Sa carrière artistique réellement reconnue n’aura duré qu’une dizaine d’années, et sa période de production la plus intense se concentre principalement au début et au milieu des années 1980.

Cette brièveté contribue à la puissance de son mythe, mais elle ne doit pas réduire son œuvre à une trajectoire romantique de génie disparu.

Basquiat produit énormément : peintures, dessins, assemblages, carnets, collages, objets, cartes postales, interventions et collaborations. Son œuvre est brève, mais d’une densité exceptionnelle.

Elle condense des questions qui restent centrales aujourd’hui : qui a le droit d’être visible ? Qui est couronné par l’histoire ? Quels corps sont exposés, exploités ou effacés ? Comment les images fabriquent-elles du pouvoir ? Comment la culture populaire peut-elle devenir un lieu de critique historique ?

Basquiat n’a pas seulement produit un style. Il a ouvert une manière de penser la peinture comme une archive vivante, blessée et indisciplinée.

Jean-Michel Basquiat, Des Grandes Institutions Internationales Aux Ventes Records Chez Sotheby’s…

Le workshop abordera également la présence de Jean-Michel Basquiat dans les plus grandes institutions internationales, du Museum of Modern Art et du Whitney Museum of American Art à New York au Broad de Los Angeles, de la Fondation Louis Vuitton au Barbican Centre de Londres, du Brooklyn Museum à la Brant Foundation.

Son œuvre a fait l’objet de nombreuses expositions majeures qui ont contribué à reconsidérer sa place dans l’histoire de l’art, au-delà de la seule mythologie de l’artiste prodige du downtown new-yorkais.

La reconnaissance institutionnelle de Basquiat confirme l’importance de sa contribution à l’art contemporain. Il a renouvelé le rapport entre texte et image, réintroduit la question du corps noir dans la peinture occidentale, transformé l’héritage du graffiti et construit une œuvre capable de dialoguer avec l’anatomie, la musique, l’histoire coloniale, l’économie et la culture populaire.

Son influence se mesure également sur le marché de l’art. En mai 2017, Untitled, peint en 1982, a été adjugé 110,5 millions de dollars chez Sotheby’s à New York. L’œuvre, représentant un crâne monumental sur fond bleu, a alors établi un record pour Basquiat et l’a fait entrer dans le cercle extrêmement restreint des artistes dépassant les 100 millions de dollars aux enchères.

Cette vente a également confirmé la place particulière de l’année 1982 dans son marché, souvent considérée comme l’une des plus recherchées de sa carrière.

Mais réduire Basquiat à ses records serait trahir la complexité de son œuvre. Ses tableaux ne sont pas seulement devenus des objets de prestige. Ils restent des surfaces de tension, de savoir, de mémoire et de contestation.

Ce workshop propose ainsi de comprendre pourquoi Jean-Michel Basquiat demeure une figure essentielle de l’art moderne et contemporain. Son œuvre rappelle qu’une peinture peut être à la fois une image, une phrase, une archive, une accusation, une musique et un corps ouvert.

Chez Basquiat, créer signifie refuser le silence, couronner les oubliés et faire de la surface peinte le lieu où l’histoire revient avec les dents serrées.

Localisation…

À L’Icon-Icon Institute

11 Boulevard Malesherbes
75008 Paris

Code A6183 / Interphone Icon-Icon

Métro Madeleine ou Concorde
À proximité de la Madeleine, du Faubourg Saint-Honoré, de l’avenue Matignon, de la place de la Concorde et de l’Opéra.

En présentiel, les places sont limitées à 15 participants, pour un format volontairement resserré, une expérience dense et interactive, ainsi que des échanges de qualité.

En ligne : si vous êtes hors de Paris ou si votre agenda ne vous permet pas de vous déplacer, le workshop est également accessible à distance, avec les mêmes contenus et supports.

Réservation :
sebastien.girard@icon-icon.com
06 85 30 25 35

Public Concerné…

Cette formation s’adresse aux artistes, aux investisseurs du second marché, aux collectionneurs, aux communicants, aux passionnés d’art contemporain et à toutes les personnes curieuses de comprendre la création et le processus créatif d’un artiste.

De ses inspirations à ses influences, de SAMO à la peinture, du graffiti aux grandes institutions, de la couronne à l’anatomie, du jazz à la critique sociale, le workshop propose de décrypter la construction de l’univers de Jean-Michel Basquiat et les raisons pour lesquelles son œuvre occupe une place majeure dans l’histoire de l’art et dans la culture visuelle contemporaine.

Intervenant Et Organisateur De La Formation…

SÉBASTIEN GIRARD est diplômé d’un MBA de l’ESSEC Business School et d’un MBA de l’Institut Français de la Mode. Il est titulaire d’un Postgraduate Certificate in Higher Education et d’une certification Master Black Belt Six Sigma.

Passionné par la création, il développe Icon-Icon autour de trois entités complémentaires : l’Icon-Icon Gallery, l’Icon-Icon Institute et l’Icon-Icon Media. Dans une logique de décryptage de la création, Monsieur Icon-Icon interviewe celles et ceux qui incarnent l’acte créatif : artistes peintres, directeurs artistiques, designers, sculpteurs, parfumeurs, chefs, chefs pâtissiers, chefs de cave et maîtres assembleurs, mais aussi PDG, vice-présidents, directeurs et porte-paroles intervenant sur des sujets liés à la création.

Ces interviews abordent notamment l’identité et la grammaire d’un artiste ou d’une maison, la construction de leurs icônes et les différentes manières dont celles-ci peuvent être réinterprétées et réinventées.

Après quelques années chez Ernst & Young à des postes de Strategy Planning, Sébastien Girard a occupé les fonctions de Directeur Marketing France, puis Europe Middle East and Africa de Motorola, ainsi que de Directeur Marketing Europe pour le Prada Phone.

Il est également l’auteur de « #Instagramming, L’Art De Développer Une Marque De Luxe Sur Instagram ».

Numéro de déclaration d’activité de formateur et organisme de formation : 11 75 71442 75