Un vent de renouveau souffle sur la Via Montenapoleone. Trois mois seulement après son arrivée à la direction artistique de Gucci, Demna signe ses premières silhouettes pour la Maison florentine, dévoilées à travers une série de 38 clichés baptisés « La Famiglia ». Une entrée en matière qui sonne comme une déclaration : faire de Gucci non pas une énième griffe en quête de tendance, mais un univers vivant, peuplé de figures et de récits.
Demna Pour Gucci : la Famiglia
Exit le quiet luxury minimaliste, qui avait marqué l’ère de transition après Alessandro Michele. Demna choisit l’opulence italienne, celle qui respire l’excès et l’audace, mais travaillée à sa manière : silhouettes noires sculptées, volumes affirmés, galbes maîtrisés — autant de signatures qui l’ont imposé chez Balenciaga. Ici, elles s’entrelacent aux codes maison : monogramme GG, bande Web, motif Flora, sac Bamboo ou mocassin Horsebit.

L’ensemble compose une fresque stylistique où les références se télescopent. L’ère Tom Ford, avec ses smokings sensuels, bustiers dévoilés et lunettes Pilote, s’invite pour séduire la génération Y2K. L’héritage baroque de Michele, lui, réapparaît par touches, comme un écho discret au maximalisme récent. Ce patchwork créatif compose une « Gucciness » repensée : hybride, spectaculaire et profondément ancrée dans le présent.
Photographiées par Catherine Opie, les silhouettes s’incarnent en portraits : princesse, star, it-girl, galeriste, nerd, mécène, influenceuse… autant de visages qui composent la mosaïque Gucci. « La Famiglia » traduit cette idée que Gucci n’appartient pas à un archétype mais à une constellation de personnalités. L’esthétique n’est plus seulement affaire de vêtements : elle devient un écosystème de vies, un récit où chaque individu incarne une facette du mythe Gucci.
Ce lancement, pensé comme une opération de séduction globale, s’accompagne d’une mise en vente immédiate : du 25 septembre au 12 octobre 2025, la collection sera disponible dans une sélection de dix boutiques phares, de Paris à Milan, en passant par Londres, Tokyo, Séoul ou New York. Une stratégie qui illustre la volonté de Kering d’accélérer le redressement de Gucci, et de repositionner la griffe au centre du jeu mondial.
Avec « La Famiglia », Demna ne signe pas seulement un premier chapitre : il ouvre un nouveau récit pour Gucci. Celui d’une maison qui assume son héritage, le détourne, le superpose, pour mieux en faire une expérience collective, spectaculaire et désirable. Un pari risqué, mais déjà terriblement Gucci.

Laissez une réponse