Le Blé Chez Chanel

Le blé fut un des symboles chers à Mademoiselle — un symbole qui, lorsqu’il est travaillé dans les matériaux les plus fous, devient un véritable objet du désir.

Le Blé Et Coco Chanel

Si l’enfance de Gabrielle Chanel n’est pas faite que de beaux souvenirs, le blé, lui, a toujours eu une place particulière dans sa mémoire. Sa date de naissance par exemple. Née le 19 août, c’est à cette période que prend place la fête des moissons. Une célébration de fin d’été, symbole d’abondance et de richesse renouvelée…

“L’orpheline“ Gabrielle se souvient encore de son père pour qui le blé était synonyme de bon, de bien… Combien de fois, lorsqu’elle était enfant, elle entendait évoquer: « Le bon blé. » Comme le lionou le camélia, le blé devient l’un de ses talismans. Mais chez Chanel, un talisman est aussi vecteur d’identité.

L’appartement de la rue Cambon ou la Suite du Ritz en étaient recouverts: naturel, en bois, en bronze ou peint par son ami Dalí, le blé est présent sous toutes ses formes ! Oui car, un jour que Dalí lui offre de lui peindre une toile, elle lui dit: « Fais-moi des épis de blé. »

Un simple coup de pinceau sur fond noir. La toile trône encore sur une étagère de son appartement rue Cambon. Au pied de la cheminée, repose aussi un bouquet de blé séché… Le blé conte ses racines, ses origines qu’elle n’a eu de cesse de réinventer. Mais le blé demeure, là, immortel et bienveillant.

Le Blé Dans La Mode Chanel

Lorsqu’une symbolique rencontre un savoir-faire sans égal, cela conduit souvent à une création d’une beauté extraordinaire. En Haute Joaillerie et en Haute Couture.

La collection de Haute Joaillerie ‘Les Blés de Chanel’ célèbre le blé, chaque année. Signe d’abondance, de résistance, de chance et de prospérité, le blé chez Chanel prend des allures d’atours par excellence. Souples, les 62 pièces de Haute Joaillerie s’intègrent ainsi dans une inspiration conduite comme une ode à la nature. Tel un champ de blé, les pièces semblent bouger au gré du vent, embrassant les pas de celle les portent…

Les parures “Premiers Brins“, “Brins de Printemps“ et “Brins de Diamants“ rendent hommage au blé en herbe pour évoquer le début du printemps. Diamants, péridots cristallins et aigues marines jouent ainsi avec les transparences comme autant de jeunes épis. Sur la peau, la pièce chatoie comme le blé aux premiers rayons de l’été ! Les moissons, elles, sont évoquées à travers la série de parures “Moisson Ensoleillée“, “Bouquet de Moisson“ et “Moisson de Perles“.

En couture, Karl Lagerfeld aimait les distiller ça et là. Il en sème surtout pour la collection Printemps-Été 2010. Des broderies épis de blé venaient ainsi parsemées sur les tailleurs iconiques… Ce même épis qui vient aussi ponctuer quelques unes des créations de Virginie Viard pour sa collection Métiers d’Art 2019/2020. Un symbole toute en filiation.

Les Perles Et La Croix Byzantine, Codes Iconiques Des Bijoux Chanel

Si les perles et les manchettes croix de Malte sont indissociables de l’allure de Coco Chanel, elles sont aussi devenues des incontournables de la joaillerie de la maison.

Les Perles Chanel, Indémodable Élégance

C’est en découvrant la peinture de la Renaissance Italienne, et particulièrement un portrait de cour peint par Véronèse que Gabrielle Chanel tombe en émoi devant le pouvoir des perles blanches. Aujourd’hui devenus indissociable de son image, les rangs de perles furent à Coco ce que les lunettes et le col haut sont à Karl Lagerfeld. Ce portrait de Man Ray est entré dans l’imaginaire collectif comme le portrait de Mademoiselle.

« Je ne pouvais porter mes propres perles sans que l’on m’apostrophe dans la rue, alors j’ai lancé la tendance en portant des fausses. » Avec la formulation qu’on lui connait, Coco Chanel explique ainsi comment elle a choisi de mêler vraies et fausses perles dans son sautoir devenu légendaire. Et il faut dire que ses perles, Gabrielle Chanel en a fait plus qu’un accessoire.

« Ma peau noire de bohémienne où mes dents et mes perles mettent leur double blancheur. » Paul Morand, dans L’allure de Chanel, révèle la citation — si Chanel arbore ses perles jours et nuits, c’est qu’elle y voit un accessoire efficace pour souligner son sourire.

Composées en très long sautoir, les perles à la Chanel soulignaient aussi la silhouette longiligne des années folles… Mais composées en sages rangs de perles, plus courts, elles habillent dans les années cinquante le raffinement de Jacky Kennedy ou Grace Kelly.

Mais dans l’allure à la Chanel, les perles sont surtout là pour servir la composition des silhouettes. Coco Chanel aimait les contraires et à cela, juxtaposer les perles à des lignes strictes et graphiques, souvent teintes en noir, relevait du chic absolu.

Un chic que capture l’anecdote de son ami Georges Auric : « Chanel s’est mise tout à coup à danser le charleston sur un rythme frénétique. Son fabuleux collier tournoyait autour d’elle, elle était toute à la danse, et soudain… crac ! Le collier s’est cassé ! Il y eut un moment de silence, d’arrêt total, puis tout le monde s’est jeté à terre pour chercher les perles de Coco… C’était extraordinaire de voir tous ces messieurs très élégants se traîner sur les genoux pour regarder sous les meubles et sous les tapis. Je me suis d’ailleurs toujours demandé si personne n’avait mis une ou deux perles dans sa poche… Seule Coco est restée sereine, calme, comme si rien de ce qui se passait ne la concernait… »

Et c’est bien ce panache que distille aujourd’hui encore l’utilisation des perles dans les collections joaillières de la maison. Chanel, c’est une attitude — une attitude qui se comprend mieux dans ces paroles de Chanel: « Allez chercher toutes mes perles, je ne monterai aux ateliers que lorsque le les aurai au cou, car je tiens à faire honneur à mes ouvrières. » A la fin de sa vie, dans sa chambre du Ritz, Gabrielle ne garde avec elle que trois tailleurs beiges, et ses perles.

Ainsi donc, les collections joaillières célèbrent les perles pour revisiter l’ADN de la maison. Depuis son lancement en 1993, Chanel Joaillerie a présenté nombre de visions aussi éclairées qu’épatantes — les perles tantôt associées à l’or et au diamant, déploient les grands motifs d’inspiration de Chanel.

Perles Akoya avec leur teintes nuancées, perles de Tahiti et leur noir profond — la palette noire et blanche a de quoi séduire la maison Cambon. Et c’est en cela que la collection Les Perles de Chanel vise à magnifier cet héritage.

Un héritage grandiose mais élégant qui se distille aussi dans l’utilisation des perles comme élément clé du design des vitrines et magasins Chanel à travers le monde. Dernier haut lieu en date, celui de Courchevel et son sautoir de perles monumental.

La Croix De Malte, Byzance Et Chanel

Autre bijou devenu synonyme de l’allure Chanel, la croix de malte est l’épitomé du style Coco Chanel. Un bracelet manchette signé d’une croix byzantine, chargé de pierres précieuses et colorées, il est l’oeuvre du joaillier Falco Di Verdura pour Coco, à la fin des années 20.

Peu de temps après, lors de sa visite à Venise dans les années 1930 en compagnie du couple José-Maria et Misia Sert, Chanel comprend le lien esthétique qui la lie à l’Orient… « Pourquoi est-ce que tout ce que je fais devient byzantin? »

Devenu un motif iconique des créations joaillières, la croix Byzantine est, dès 1953, entrée dans le répertoire de la maison Goossens. C’est à cette époque que Chanel, subjuguée par son savoir-faire inspiré de l’Antiquité, de Byzance et de l’Egypte, confie à Robert Goossens le rôle de fournisseur attitré de la maison Chanel.

Appartenant depuis 2005 aux Métiers d’Art Chanel, la maison Goossens assure ainsi la continuité de l’inspiration première de la couturière. Des pièces exceptionnelles, tout simplement.

Choisir Une Bague De Fiançailles: La Trinity, Par Cartier

Et si la symbolique de l’engagement amoureux était poussée à son paroxysme? C’est ce que Louis Cartier a fait en invitant Jean Cocteau à dessiner l’icône ‘Trois Anneaux’, en 1924.

La Bague Iconique de Cartier

A l’aube du XXe siècle, le ‘joaillier des rois et roi des joailliers’ tient en Louis Cartier le représentant de la troisième génération des Cartiers… Cette lignée d’illustres artisans joailliers a depuis longtemps conquis ses galons mais, cette fois, c’est un bijou aussi poétique que symbolique qui s’apprête à sortir de ses ateliers.

Place Vendôme, Cartier est sur le point de composer un chef-d’œuvre d’orfèvrerie… Un bijou qui traversera les âges et les époques aux doigts des hommes comme des femmes — une bague à offrir tant pour l’amour que l’amitié.

La Symbolique Est Signée Cocteau

Franc camarade de Jean Cocteau, dessinateur, cinéaste, écrivain et peintre, Louis Cartier imagine avec l’aide de son ami une bague à l’allure inattendue. En 1924, Jean Cocteau suggère d’y combiner des formes « saturniennes ». Avec pour point de départ l’imaginaire de l’artiste Français, Louis Cartier conçoit une bague réalisé de trois métaux précieux : la bague aux trois anneaux de Cartier est née.

Les deux esthètes ont pioché dans l’impensable une icône — une nouvelle fois, Cartier joue des codes et des usages joailliers pour dérider l’art de l’excellence. A l’adage qui assure qu’il ne faut mélanger les ors, voici Cartier qui réplique avec une bague faite de trois alliages précieux; agencés les uns dans les autres: l’or gris, l’or jaune et l’or rose.

Et chacun porte en lui une signification bien particulière. L’or rose traduit l’amour, l’or jaune est un rappel à la fidélité quant à l’or gris, il symbolise l’amitié.

Une Bague à Offrir Sans Délai de Prescription

A ceux qui se demandent quand le moment est propice à offrir une bague, Cartier répond: A tout moment!

Les trois ors combinés dans l’oeuvre de Cocteau pour Cartier en font en fait une pièce unique et élégante. Mieux, elle est la traduction des différents stades d’une relation… La passion suivie du sentiment amoureux, puis l’amitié et enfin la fidélité.

Cette bague, dont les courbes signent la collaboration entre artisanat et imaginaire ne peut qu’être le symbole de l’éternel. En alliant une allure sobre, sophistiquée et intemporelle, la bague Trois Anneaux de Cartier ne répond à aucun genre.

Dans les années 70, elle devient le bijou le plus porté de Cartier. Cocteau lui-même en possédait deux — qu’il arborait à l’auriculaire. Il en fit aussi cadeau à son ami et amant, Raymond Radiguet. A son amante aussi, la Princesse Russe Natalia Paley.

En 1998, la bague adopte le nom qu’on lui connait aujourd’hui; Trinity, comme pour souligner une référence quasi théologique dans l’engagement que suggère ce bijou.

Et depuis ses débuts, la création de Cartier a beaucoup évolué. En 2009, la maison décide de créer une collection en hommage à cet anneau à nul autre pareil.

L’idée? En faire une parure. Colliers, bracelets, et boucles d’oreilles reprenant le principe des trois anneaux en les agrémentant de pierres et de joyaux tels que l’émeraude, le saphir ou encore le diamant. La bague Trinity de Cartier est le symbole d’un engagement profond… Un bague qui continue de ravir fiancés, amants et amis. Mais ceux avides de références classiques et d’éclats artistiques !

Chanel Va A La Conquête De La Lune

Une nouvelle campagne très inspirée met en scène les derniers nés de la collection Haute Joaillerie — ou, quand le Camélia s’envole pour la rêverie céleste.

Les Bijoux De Coco Sur La Lune

Après avoir fait littéralement décoller une fusée lors du défilé Automne/hiver 2017 sous la nef du Grand Palais, Chanel renoue avec ses envies d’évasion céleste. Cette nouvelle collection de Haute Joaillerie est aussi une collection hautement inspirée — l’iconique Camélia en vedette, la ligne distille la distinction Chanel autour d’un jeu inédit avec les atours.

« Mes (bijoux) sont souples et démontables. […] On peut démonter la parure et l’employer par motifs au chapeau ou à la fourrure. Ainsi une parure n’est plus une chose immuable. La vie la transforme, et la soumet à ses nécessités. » Les mots de Coco résonnent tout particulièrement avec cette nouvelle collection car, pour la seconde fois, Chanel compose avec l’idée de bijoux changeant.

Après avoir imaginé l’an passé une collection où le camélia passait allègrement d’un sautoir à une broche jusqu’à constituer l’accessoire cheveux le plus chic de la galaxie… Voilà que cette collection-ci imagine la fleurs préférée de Chanel en bijoux transformables.

La Double Bague Chanel

La bague aux trois boutons de camélia, coulée en or rose et diamants, se transforme ainsi… Elle se porte sur un doigt ou deux, tant il suffit de la replier sur elle-même. Véritable innovation à la Chanel, c’est à dire discrète et infiniment chic, les nouveaux atours Haute Joaillerie offrent une lecture très poétique des icônes Chanel.

En parlant d’icône, la montre Première Rock est ici introduite en Pink Blossom — un intemporel qui flirte avec l’imaginaire. D’ailleurs, le court métrage qui introduit cette nouvelle collection est lui-même une narration bien ciselée.

Dans un ascenseur en partance pour la Lune, quatre inconnus se rencontrent, se plaisent et finalement, s’amusent du voyage; un brin ralenti. Et puisque le voyage compte plus que la destination, autant le passer dans une ambiance chaude mais chic — éminemment Chanel, en somme. A découvrir ici.


Les Ventes Prestige Art Curial En Janvier A Monte-Carlo

La mise à l’encan des icônes les plus rares du luxe et de la mode aura lieu les 14, 15 et 16 janvier, à Monaco. Objets du désir en vue !

« Un bijoux rarissime bijoux de Lalique symbolisera l’exigence et la qualité qui ont présidé à la sélection des 600 , 700 pièces de joaillerie proposées dans cette nouvelle cession de vente » déclare François Tajan, président délégué d’Artcurial. Et il est vrai que ces nouvelles ventes de prestige organisées par la célèbre maison ont de quoi affoler les compteurs d’icônes. Non seulement les ventes de prestige Art Curial attirent bien souvent les collectionneurs les plus vifs, mais elles jouissent surtout d’une réputation à toute épreuve. Nombre des pièces mythiques de la mode et du luxe y ont souvent été mises à l’encan.

Ces ventes de janvier rassembleront ainsi les créations fortes des joailliers et horlogers de la Place Vendôme, aux côtés des versions folles et funky des mythiques Kelly et Birkin — Hermès Winter Collection. Parmi les montres proposées, on retient tout particulièrement une Rolex Padellone, réf 8171 — la première montre équipée d’un calendrier, imaginée dans les années 50.

« Une sélection de garde-temps du 18ème siècle à nos jours, dont un important ensemble de montres émaillées et techniques pour le marché chinois, issu d’une collection privée, saura attirer les plus grands connaisseurs, sans oublier la dynamique des montres vintage dont Patek Philippe, Rolex et Audemars Piguet » précise Marie Sanna-Legrand, la directrice horlogerie de collection.

Côté joyaux, les gemmes sont mises à l’honneur cette saison… Diamants bleu-vert, vert- jaune, rose, rubis, saphirs, émeraudes, spinelle… Ce sont les noms les plus iconiques de la Place Vendôme qui se retrouveront sous le marteau. Cartier, Boucheron, Van Cleef & Arpels mais aussi des bijoux d’artistes signés César ou Arman ! La pièce la plus recherchée demeure cependant cette plaque de cou Lalique, sertie d’opale — estimation? Entre 150 000 – 200 000€.

Les 14, 15 et 16 janvier, les versions loufoques mais exquises des Birkin et Kelly d’Hermès attireront aussi la foule. Il faut dire que les audaces magnifient terriblement ces icônes de la maroquinerie. Le Kelly retourné 32 en Taurillon Clémence Bleu Thalassa, Indigo, Bleu Jean et Étoupe… Ou le Birkin 35 en crocodile d’estuaire Braise… Autant de pièces à acquérir, sinon visiter lors des expositions Art Curial. A Paris, celle-ci se tiendra les 19 et 20 Décembre. Puis les pièces s’envoleront pour les salons de l’Hôtel Hermitage Monte-Carlo, pour être exposées du 12 au 14 janvier, avant leur mise en vente très attendue.

Le Bleu Tiffany, Couleur de l’Amour

Alors que LVMH vient d’acquérir la mythique maison Tiffany’s pour 14,7 milliard d’euros, retour sur la couleur lapsus évocatrice de la galaxie: le bleu Tiffany’s, ou la teinte adorée.

Depuis sa fondation en 1845, Tiffany & Co. a défini les canons de l’élégance, célébré les plus belles romances, scellé les amours les plus sincères au gré d’atours éminemment sophistiqués. Et c’est au cœur d’une boîte d’un bleu devenu mythique que viennent se nicher ces bijoux hautement désirables. Partout dans le monde, la boîte bleue Tiffany est devenue une référence – un signe qui fait, littéralement, chavirer le cœur. « Je crois qu’il y avait d’abord la volonté de symboliser cette idée d’optimisme, d’énergie et de l’amour new-yorkais. Il a été prouvé d’ailleurs, par des études scientifiques et tout à fait sérieuses, que quand vous exposiez des femmes et des hommes à cette boîte bleue, le cœur battait plus vite de 20%. Ce qui est stupéfiant ! » soulignait l’ancien directeur général de la maison, Frédéric Cumenal, en 2014.

Sélectionnée par le fondateur Charles Lewis Tiffany pour la couverture du tout premier Blue Book – l’exquise collection de bijoux artisanaux de la maison – la couleur s’est ainsi mue en signe universel de luxe et de volupté… Une teinte qui évoque l’évasion, le calme et la fraîcheur du milieu aquatique ; le bleu Tiffany est bien tout cela à la fois. En 1906 déjà, le New York Sun rapportait : « Tiffany possède, dans son magasin, une chose qu’il refusera de vous vendre, qu’importe la somme d’argent que vous pourrez lui proposer. Cette chose, et il insistera pour vous l’offrir, est une de ses boîtes. »

Aujourd’hui encore, la simple vue d’une de ces boîtes éveillent en tout un chacun l’émotion d’un grand cadeau. A travers ce bleu éminemment compliqué à obtenir, Tiffany & Co. capture en réalité les rêves ambitieux d’un monde désireux de légendes. Un monde où la parure et les atours comblent de merveilles les clients avides de charme et de magie. Oui, la boîte bleue Tiffany renferme bien plus qu’un trésor – elle signe l’excellence des maîtres-artisans de la maison, en même temps que l’amour éternel de l’homme pour le beau !

Le Tiffany Blue, Quelques Dates Clés

Les années passent mais la maison Tiffany’s continue d’être porteuse de promesses et de rêves à travers son légendaire Tiffany Blue.

2018 : Pour sa campagne de printemps, la maison Tiffany’s présente le modèle Elle Fanning sortant d’un monde en noir et blanc pour plonger dans un monde couvert de bleu.

2018 : Une nouvelle montre au fond bleu, The Tiffany Micro Watch, est mise en vente. 

2018 : A l’occasion du Greenhouse Project, Marilyn Minter réalise une maison remplie de bijoux en argent Tiffany’s sur lesquels reflète la couleur bleue.

2017 : La campagne de Noël, A Tiffany Christmas, met de nouveau en avant la petite boîte bleue.

2017 : Lors de la passation présidentielle, Mélania Trump offre à Michelle Obama un produit Tiffany, reconnaissable par cette boîte bleue.

2017 : Au quatrième étage de son flagship newyorkais, Tiffany’s offre son Blue Box Cafe.

2017 : Tiffany’s édite un nouveau Blue Book.

2016 : Après édition du Blue Book annuel, un Blue Book Gala est organisé. 

2015 : Le nouveau Blue Book est remarquable de par le spectaculaire Turquoise Necklace.

2015 : La campagne de Noël Joy comes out from the Blue met en avant la boîte bleue.

2014 : La maison Tiffany & Co dépose un brevet sur la célèbre boîte bleue. 

2014 : Une nouvelle boutique Tiffany & Co aux devantures bleues ouvre sur les Champs Elysées.

2014 Valeria Garcia réalise la campagne de Noël mettant de nouveau le Blue Tiffany en valeur.

2013 : Une troisième édition du Blue Book est éditée, présente plusieurs pièces de couleur du Tiffany Blue et est l’occasion d’un Gala.

2013 : A l’occasion de sa campagne de Noël, A Very Tiffany Holiday, la maison met une nouvelle fois en valeur la boîte bleue, mais cette fois si revisitée par un ruban rouge.

2013 : Le Rockafellar Center s’éclaire en bleu pour le Blue Book Ball et une boîte bleue Tiffany géante est explosée devant.

2013 : A l’occasion de son 175ème anniversaire, la maison réalise une bague sertie d’un diamant bleu-vert de 2,51 carats.

2011 : Dans sa campagne de Noël, Blue is the color of dream, Tiffany’s met uniquement en avant sa jolie boîte bleue.

2010 : La campagne de Noël,  Have yourself a Merry little Christmas, Tiffany’s met tout particulièrement en avant sa jolie boîte bleue. 

2009 : La campagne de Noël, Give voice to your heart, valorise la célèbre boîte bleue.

2002 : Dans le film Sweet Home Alabama, Patrick Demsey fait la plus romantique des demandes en mariage à Reese Witherspoon dans une boutique Tiffany’s au milieu de boîtes bleues. 

1961 : Tiffany & Co sort un guide sur l’étiquette arborant sur sa couverture le fameux bleu.

1906 : Charles Lewis Tiffany déclare que tout produit Tiffany ne peut être vendu sans sa boîte bleue et que réciproquement toute boîte bleue Tiffany ne peut être obtenue qu’avec l’achat d’un bijou Tiffany.

1897 : Une deuxième édition du Blue Book est éditée. 

1889 : Lors de l’exposition universelle à Paris, un pavillon Tiffany paré de bleu est monté.

1845 : Un étui, un sac, une pochette vient compléter le packaging.

1845 : Charles Lewis Tiffany choisit de déposer le Blue Tiffany auprès de Pantone

1845 Une première édition du Blue Book est publiée.

1837 : Les premiers bijoux Tiffany étaient d’ores et déjà vendue dans une petite boîte bleue.

Charles Lewis Tiffany, le Setting et l’Icône Romantique

Alors que LVMH vient d’acquérir la mythique maison Tiffany’s pour 14,7 milliard d’euros, retour sur l’icône absolu du joaillier le plus populaire au monde !

L’histoire du joaillier Tiffany’s & Co s’écrit au milieu du XIXe siècle ; lorsque Charles Lewis Tiffany emprunte 1000 $ à son père pour ouvrir une petite papeterie et un magasin de fantaisie dans le centre de Manhattan. Très vite, la boutique devient le passage obligé des élégantes à la recherche d’atours un brin plus discrets. Il faut dire que la mode est alors à l’opulence victorienne et, sur les bijoux, cela se traduit par des pierres immenses montées sur des bagues encore un peu plus dimensionnées. 

L’attrait de la boutique Tiffany se niche dans l’approche différente de Charles Lewis – l’homme aime utiliser du métal pur à 92%, en même temps qu’il sillonne le monde et les expositions à la recherche des pierres les plus précieuses. Le joaillier qu’il est coupe ainsi les diamants et autres rubis selon leur brillance plutôt que le poids des carats. C’est ainsi qu’en 1867, il reçut une reconnaissance internationale en remportant le grand prix de l’artisanat d’argent à l’Exposition Universelle de Paris. Mais l’histoire du Setting, icône absolue du répertoire Tiffany’s & Co, apparaît une vingtaine d’années plus tard.

En 1886 donc, la mode des bijoux est encore et toujours celle de l’époque victorienne – lourdes décorations et gravures viennent presque étouffer l’éclat des pierres. Charles Lewis Tiffany aimerait justement changer l’équation. Ce qu’il recherche, c’est un moyen discret de laisser ses trésors briller sans faille – Charles Lewis Tiffany veut que la pierre et la seule pierre émerveille le monde ! Il imagine alors le Setting ; un anneau qui élève la pierre ; six broches qui viennent la soulever pour en maximiser le feu et l’éclat. Avec le minimum de métal possible, le fondateur de Tiffany’s & Co parvient à mettre en valeur la pierre. Mieux, le diamant ici s’élève comme s’il flottait au-dessus du métal… Le Setting est né, et sa légende ne tarde à s’ancrer dans l’imaginaire collectif.

Le Setting devient l’atour idéal pour être offert comme alliance, tant le bijou révèle et capture tout l’éclat du diamant pur. L’innovation de Charles Lewis Tiffany tient ainsi en ce qu’il parvient à concevoir une bague de fiançailles devenue le symbole absolu de l’amour et de l’engagement – une bague simple qui ne cache rien, ne laissant apparaître et briller que la nature sublime de la pierre. Et en 2016, la pièce n’a rien perdu de sa grandeur. L’occasion de son 130e anniversaire est pour Tiffany celle d’honorer toute sa pertinence. Tout au long de son histoire, le Tiffany Setting a en effet su maintenir et embellir son design original : un diamant taille brillant piqué et relevé par six griffes en platine. Rien de plus, rien de moins pour une bague érigée en figure de l’amour immuable.

Le Tiffany Setting en quelques dates clés :

Incontournable bague de fiançailles, le Tiffany Setting est devenu le témoin d’un amour éternel.

2017 : Jennifer Lawrence portait une version revisitée du classique Tiffany setting lors de l’événement Mostra à Venise.

2017 : Ophélie Guillermand pose pour la campagne “Will you ?” de Tiffany & Co avec le Tiffany Setting.

2017 : Le Tiffany Setting est au cœur d’une nouvelle campagne publicitaire, « Believe in Love« .

2016 : La campagne « I will » met en avant le savoir-faire des artisans en plein travail de montage sur le Tiffany Setting, sous la caméra du directeur artistique Keith Ehrlich.

2016 : La maison fête ses 130 ans en créant une édition limitée du Tiffany Setting disponible en 130 exemplaires et différentes déclinaisons.

2016 : Pour son mariage, Bridget Jones choisit le Tiffany Setting.

2015 : Sur le tapis rouge des Golden Globes, Amy Adams porte le Tiffany Setting.      

Printemps 2015 : Cora Emmanuel pose pour la campagne « Will you ? » de la maison avec un Tiffany Setting.

2015 : Afin de célébrer leur amour, Ashton Kutcher offre le Tiffany Setting à Mila Kunis comme bague de fiançailles.

2014 : La campagne vidéo “This is a Tiffany ring” met en avant le Tiffany Setting.

2013 : Tiffany & Co lance une collection de bijoux pour Gatsby le Magnifique qui inclut une bague de fiançailles “vintage”, considérée comme le Tiffany Setting que Carey Mulligan porte dans le film.

2013 : La bague de fiançailles de Kim Kardashian est un Tiffany Setting, qu’elle porte notamment sur le tapis rouge du “Tao Nightclub” pour son 34ème anniversaire.

2011 : Lee Pace joue le rôle du parfait fiancé et offre un magnifique Tiffany Setting à Laetitia Casta dans la nouvelle campagne de la maison.

Février 2011 : Pour le tapis rouge des Academy Awards à Hollywood, Anne Hathaway était parée d’un Tiffany setting.

2009 : Le Tiffany Setting fait son apparition dans le film Bride Wars.

2007 : Le diamant Tiffany Novo fait son apparition en hommage au diamant Tiffany Setting.

2000 : Charlotte de Sex and the City se fait offrir un Tiffany Setting par Trey dans la troisième saison.

1999 : La maison Tiffany lance une nouvelle taille de diamant sous le nom de Tucida.

1926 : Les États-Unis adoptent la norme de pureté de Tiffany (95 pourcent) en guise de norme nationale officielle applicable au platine.

1887 : Charles Lewis Tiffany achète les joyaux de la couronne de France pour réaliser ses Tiffany Setting.

1886 : Charles Lewis Tiffany créa le magnifique Tiffany Setting.

La Collection Rose Céleste De Dior, Arcanes et Art Divinatoire

La nouvelle collection éblouissante imaginée par Victoire de Castellane met en vedette l’art divinatoire, et le mysticisme de Christian Dior.

Réalisée en parfaite harmonie avec les collections de Maria Grazia Chuiri, la nouvelle collection Rose Céleste de Dior fait le pont entre la passion de Christian Dior pour l’art divinatoire… et les créations inspirées de l’actuelle directrice artistique de la maison. C’est que, Christian Dior avait pour le tarot et l’art divinatoire un attrait bien particulier. Il avait pour habitude de coudre un brin de muguet dans ses pièces couture. Dans ses mémoires, iconiques à elles seules, il notait : « Je serais bien ingrat, surtout bien inexact, si je n’inscrivais en capitales le mot ‘hasard’ au début de mon aventure. Celle-ci ayant été heureuse dans sa conclusion m’amène, par devoir de reconnaissance, à proclamer ma fidélité aux diseuses de ‘bonne aventure’. »

Il est vrai qu’à chaque moment décisif de sa vie, Christian Dior a su compter sur ces signes que le hasard de la vie mettait devant lui, pour prendre la bonne décision.  Un soir d’avril 1946, Dior hésite encore à créer une maison à son nom; réalisant ainsi un rêve d’enfant. Ce même soir donc, il croise, par trois fois, à l’angle de la rue Saint-Honoré et de la rue Saint-Florentin, un ami qui souhaite lui présenter Marcel Boussac – l’investisseur de sa maison. Cette troisième rencontre aboutit lorsque le regard de Christian Dior se pose sur une étoile à cinq branches en métal, sur le trottoir.

Cette étoile, prise pour un signe, devient une précieuse amulette pour Dior. De puissants symboles de la maison auxquels il faut ajouter la rose des vents – aujourd’hui mise au coeur d’une collection joaillière reprenant tout des arcanes propres à la maison Dior. « J’ai été inspirée par un sol à Granville, la maison des parents de Christian Dior dans laquelle il  avait grandi, c’est la rose mais sous une autre forme, la rose des vents. C’est aussi l’idée du voyage de Christian Dior qui a longtemps fait voyager ses collections à l’étranger » précise Victoire de Castellane.

Une figure géométrique à trente-deux divisions utilisée par les marins, désormais magnifiée par celle qui depuis 1998, n’a cessé de faire jaillir la poésie, le merveilleux, la fantaisie, la couleur des créations joaillières!

D’où vient la fulgurance de Victoire de Castellane? « J’ai tout appris avec Karl Lagerfeld pendant mes quatorze années passées chez Chanel. Ce fut une véritable éducation. Comment revisiter les codes d’une maison ? Comment jouer avec et les moderniser ? Avec ce côté ludique et spontané qui est très important pour moi, tout comme l’est la liberté de créer, l’envie, le plaisir de la beauté et celui d’observer ce que la nature fabrique et comment on peut la transformer. »

Aujourd’hui donc, le grigri de Monsieur se décline à l’envie dans la collection Rose Céleste — une nouvelle rencontre hautement réussie entre l’esprit franchement facétieux de Victoire De Castellane, et l’esprit de la maison ! Côté recto, les atours dévoilent une lune en nacre, constellée d’étoiles en or blanc sur un ciel d’onyx. Coté verso, un majestueux soleil fait briller ses neuf rayons en or jaune ciselé. Rose Céleste se complète de trois précieux fétiches inédits – boucles d’oreilles, bague et bracelet – réinventant ces motifs porte-bonheur. Une parure à découvrir en images, sublimée par l’égérie Cara Delevingne.

Emilienne d’Alençon, La Cocotte Est Une Icône De Mode

On cantonne, à tort, les cocottes de la Belle Epoque au statut de filles de joie. Emilienne d’Alençon tient pourtant lieu de figure de mode, à une époque où les femmes se cantonnent à la rigueur du ‘bon ton’.

Elle prend goût aux fanfreluches dans la blanchisserie de sa tante, à Montmartre. Comme nombre des grandes horizontales de la Belle Epoque, Emilienne d’Alençon grandit dans un milieu défavorisé. Quelles perspectives existent pour les femmes comme elles? Peu. Très peu. Elle fait ainsi son entrée dans le demi-monde à 15 ans — d’où lui vient ce nom? De Laure de Chiffreville. Un soir qu’elle fréquenta la table d’un chroniqueur du Gil Blas, Émilienne Marie André arbore un corsage en dentelle, déniché dans la blanchisserie de sa tante. La dentelle faite à Alençon, la prostitué qu’est déjà Laure de Chiffreville la baptise de ce nom… En même temps qu’elle lui promet un avenir brillant.

Elle ne s’était pas trompée! Poussée sur la scène par ce même chroniqueur mondain, Charles Desteuque, Emilienne se produit une première fois au Cirque d’Eté. Là, elle attire l’oeil de l’héritier des champagnes Veuve Clicquot. Un certain Jacques d’Uzès. Il est prêt à tout pour l’épouser. A commencer par faire son éducation — et ce n’était vraiment pas gagné. On raconte qu’un jour, assistant à une représentation de Racine, la belle s’est endormie; se réveillant en sursaut, elle annonça à l’assemblée :  « Ne dites rien à l’auteur, il pourrait être vexé. »

Soit. Jacques d’Uzès l’installe dans un hôtel particulier sur les Champs-Elysées. Il meubla le palace des grandes stars de l’époque. Qui? Gaudi et Majorelle. Mais sa famille ne voulant rien entendre, elle envoie Jacques d’Uzès au Congo. L’idylle s’arrête ici. La vie de courtisane d’Emilienne d’Alençon ne fait, elle, que commencer.

Parmi ses conquêtes?  Edouard VII, le Kaiser Guillaume, Jacques Hennessy… Elle compris son époque comme personne ; elle qui aimait à déclarer:  « Quand tu couches avec un bourgeois, tu es une putain. Quand tu couches avec un prince, tu es une favorite. » Emilienne, elle, ne jura que par des hommes à la hauteur de Leopold II. D’ailleurs, l’ancien Roi des Belges quitta la Belle Otero, pour elle. Elle qui, bien plus tard, écrivit dans ses mémoires : « Il n’avait qu’un désir, passer inaperçu. Cuire lui-même un oeuf sur le plat lui paraissait le comble du bonheur. » Emilienne avait une vision bien plus clinquante, du bonheur!

Les diamants de la Rue de La Paix. Boucheron, Cartier… Les toilettes les plus rares confectionnées spécialement pour elle par Jacques Doucet… En 1897, le magazine La Mode relève: « Nous avons rencontré Emilienne d’Alençon, colombe roucouleuse avec pour plumage une robe gris tourterelle garnie de chinchilla tout à fait exquise. » C’en était fait, Emilienne comptait parmi les muses de son temps.

On la retrouve en effet dans les toiles de Toulouse Lautrec! Mieux, la ville de Cabourg fait la promotion des bains de mer avec une réclame montrant Emilienne d’Alençon poursuivie par une horde de courtisans. Nadar la photographie. Plus qu’une célébrité, elle est même caricaturée par le mythique Sem, à Trouville; preuve de sa position très particulière dans la société Parisienne d’alors. Au Casino de Monte-Carlo, sa personne trône sur la salle des jeux au milieu d’une murale représentant les Trois Grâces de la Belle Epoque : elle, Liane de Pougy et la Belle Otero!

En 1919, sa position dans la vie mondaine et dans la mode lui permet d’écrire ce qu’on dit avoir été un bestseller: son livre, Secrets De Beauté Pour Etre Belle…Elle fut en effet une véritable icône de mode. Elle qui devança les interdits de son temps pour se baigner en tenue de bain. Une sorte de blasphème au ‘bon ton’ que son amie, une certaine Coco Chanel, trouva absolument admirable. D’ailleurs, elle fut l’une des premières à porter fièrement les créations de Chanel. Contribuant largement à faire de ce style simplifié, dépouillé; ce style de femmes actives et libres, un summum du chic! Le lien est tel qu’en 2017 la maison qui survit à Coco édita une merveille de joaillerie. Une montre-bijoux baptisée ‘Emilienne’: sertie de 80 diamants, pour un total de 9,31 carats. Une pièces mêlant splendeur et simplicité — une pièce très Emilienne d’Alençon, c’est vrai!

Sarah Bernhardt, Actrice, Cocotte et Icône De Mode


On cantonne, à tort, les actrices de la Belle Epoque au statut de filles de joie. Elles sont, avant tout, celles qui, par leur extravagance, ont permis l’envolée du luxe et de la mode. Et Sarah Bernhardt tient lieu d’icône absolue !

A 15 ans, le Duc de Morny l’introduit au monde du théâtre. L’homme derrière la fondation de Deauville met le pied à l’étrier à Sarah Bernhardt — première grande actrice internationale. A son compte? Plus de 120 rôles. On dit d’elle qu’elle inventa le star système; qu’elle initia nombre d’extravagances vestimentaires, entrées, aujourd’hui, dans les habitudes des femmes. Elle fut une véritable icône de mode. De celles qui inspirent autre chose aux femmes; de son époque, et celle d’après.

Il faut dire qu’à la Belle Epoque, l’actrice, tantôt cocotte, tantôt grande horizontale, figure tout ce qui est impossible aux femmes de la bonne société. Si bien que les représentation de théâtre ou d’opéra donnent à lieu à la distribution de feuillets décrivant avec une précision folle les tenues arboraient par les artistes stars. Parmi elles, Sarah Bernhardt tient lieu d’icône absolue!

Cocteau dirait « un monstre sacré ! » C’est pour elle que le plus mondain des académiciens pensa le terme… Que trouve-t-on dans ces feuillets? La description exacte des pionniers de la couture qui, par amour de l’art et du beau, confectionnaient aussi les costumes de théâtre. C’est, avant Chanel et Nijinsky, Dior et Grace Kelly, Deneuve et Yves Saint Laurent… C’est Sarah Bernhardt et Charles Worth et Jacques Doucet. Robes, chapeaux, parfums, maquillage — tout y est décrit de façon à ce que la bourgeoisie copie et achète un bout de la vie libre et bohème de Sarah Bernhardt.

Elle contribua a lancé la mode de la ligne S, en 1898. Bientôt, la robe Delphos de Fortuny devient un it. Mieux, célébrée dans le monde entier pour la façon si splendide qu’elle a de mourir sur scène, dans un déshabillé — elle fait de cette tenue un basique de la vie domestique. Et ce, chez les femmes du monde entier!

Ayant fait dix fois le tour du monde; s’étant rendue jusque dans les tribus amérindiennes; se produisant dans toute l’Amérique… Sarah Bernhardt a largement contribué à la réputation de ces couturiers, et joailliers exerçant à Paris. La rue de la Paix et la Place Vendôme lui doivent beaucoup ! Boucheron, notamment. Avec elle, et pour elle, il réalise des bijoux à couper le souffle… Quand il ne conçoit pas, en 1882, la pièce la plus iconique des tenues de Sarah Bernhardt: un plastron comme une guirlande de fleurs, serti de 317 diamants.

René Lalique fut aussi un grand collaborateur. Il peaufine, avec le goût et l’audace de Sarah Bernhardt, un style qui, bientôt, le place au panthéon des artistes Art Deco. A l’exposition universelle de 1905, il est celui qui attire louanges et exaltation. C’est que Sarah Bernhardt avait l’oeil, et le bon, pour remarquer les talents qui aujourd’hui encore provoquent une émotion sans pareille. Alphonse Mucha, par exemple. C’est elle qui le repère et lui offre de réaliser les réclames de ses spectacles. Etalées sur les colonnes Morris, les affiches inaugurent la publicité, et le style Art Nouveau!

De la poudre de riz en passant par les apéritifs, Sarah Bernhardt incarne l’aspiration des femmes de son temps. Et c’est Marcel Proust qui capture à merveille le personnage dans son chef d’oeuvre A La Recherche Du Temps Perdu. Elle est ‘La Berma’… Celle qui, d’ailleurs, lance en 1905 la vogue pour le cinéma. Elle qui achève sa carrière en tournant dans l’un des premiers films de l’histoire. Mais ça, justement, en est une autre!