Creation’Workshop : <br>Création Produit, Le Reset IA...

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Creation’Decoding : Murakami Ses Icônes, Son Processus Créatif…

  • Durée : 1h30
  • Format : En ligne & présentiel
  • Intervenant : Sébastien Girard - Fondateur Icon-Icon (@iconicon.institute @iconicon.media @icon-icon.gallery)

Dates et horaires

11/07/2026
  • 10H30 - 12H00

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Programme

À La Rencontre Des Créations De Takashi Murakami…

« L’art est une lutte », affirme Takashi Murakami. Avec ses fleurs souriantes, ses personnages hybrides, ses champignons colorés, ses crânes, ses créatures inspirées du manga et ses surfaces d’une perfection presque numérique, l’artiste japonais a construit l’un des langages visuels les plus immédiatement reconnaissables de l’art contemporain.

Derrière l’apparente innocence de cet univers se déploie pourtant une œuvre complexe, traversée par la guerre, le traumatisme nucléaire, la consommation, la sexualité, la religion, la marchandisation et les contradictions de la société japonaise contemporaine.

Murakami brouille volontairement les frontières entre peinture savante, animation, manga, jouet, mode, produit dérivé et publicité. Chez lui, une œuvre peut simultanément apparaître dans un musée, sur un sac, dans un clip, sur une carte à collectionner ou dans un espace numérique.

Creation’Decoding…

Une immersion d’une heure trente, à l’Icon-Icon Gallery, dans l’univers créatif de Takashi Murakami, afin de comprendre comment cet artiste majeur de l’art contemporain a construit un langage visuel mondial à partir de l’histoire de l’art japonais, de la culture otaku, du manga, de l’anime et des mécanismes de la société de consommation.

À travers ses œuvres emblématiques, son processus créatif et ses constantes plastiques, ce workshop explore la manière dont Murakami a fait dialoguer nihonga, culture kawaii, peinture monumentale, sculpture, animation, luxe, entrepreneuriat, nouvelles technologies et traumatisme historique.

Une Formation Académique Rapidement Détournée…

Né à Tokyo en 1962, Takashi Murakami grandit dans le Japon de l’après-guerre, profondément transformé par l’influence américaine, la reconstruction économique, la télévision, les mangas et l’essor d’une culture populaire de masse.

Il souhaite d’abord travailler dans l’animation. Pour acquérir les compétences graphiques nécessaires, il intègre la Tokyo University of the Arts, où il étudie le nihonga, forme de peinture japonaise moderne fondée sur des techniques, des matériaux et des références traditionnelles.

Murakami poursuit cette formation jusqu’au doctorat. Il maîtrise ainsi une pratique exigeante reposant sur le dessin, les pigments minéraux, la précision de la surface et la continuité avec l’histoire picturale japonaise.

Mais il se montre rapidement critique à l’égard du milieu académique du nihonga, qu’il considère parfois comme figé, conventionnel et déconnecté de la culture contemporaine.

Il ne rejette pourtant pas cet apprentissage. Il le détourne. La précision des contours, la planéité de l’image, le sens du détail, la répétition des motifs et l’absence de perspective occidentale deviennent les fondations de son propre langage.

Murakami ne quitte donc jamais réellement la tradition. Il la fait muter au contact du manga, de la publicité, de l’animation et de la consommation.

Du Nihonga À La Culture Otaku…

Le workshop reviendra sur le passage de Murakami depuis la peinture traditionnelle vers l’univers du manga, de l’anime et de la culture otaku.

Le terme otaku désigne notamment les amateurs passionnés de mangas, de jeux vidéo, d’animation, de figurines et d’univers fictionnels. Longtemps considérée avec méfiance ou condescendance au Japon, cette culture devient pour Murakami une matière artistique essentielle.

L’artiste observe que les personnages de manga, les jouets, les mascottes et les images publicitaires façonnent profondément l’imaginaire collectif japonais.

Plutôt que d’opposer cette production populaire à l’art savant, il cherche à comprendre les liens qui les unissent.

Les mangas et les estampes japonaises partagent notamment une attention portée au contour, au rythme de la surface, à la narration séquentielle et à la stylisation des corps.

Murakami considère également que la distinction occidentale entre beaux-arts, artisanat, illustration et produit commercial ne correspond pas entièrement à l’histoire culturelle japonaise.

Son travail naît ainsi d’une question fondamentale : pourquoi une peinture exposée dans une galerie serait-elle considérée comme plus légitime qu’un personnage imprimé sur un jouet ou un emballage ?

Superflat : Une Théorie De La Surface…

À la fin des années 1990 et au début des années 2000, Takashi Murakami développe le concept de Superflat.

Le terme décrit d’abord une caractéristique formelle : l’aplatissement de l’espace. Dans ses œuvres, les personnages, les motifs et les couleurs semblent souvent placés sur une même surface, sans profondeur réaliste ni perspective traditionnelle.

Cette planéité renvoie à l’histoire de l’art japonais, des rouleaux peints aux estampes ukiyo-e, mais aussi au manga, à l’anime, aux écrans et à l’image numérique.

Le Superflat ne désigne toutefois pas seulement un style. Il constitue également une théorie culturelle.

Murakami utilise cette notion pour décrire l’effacement des hiérarchies entre art savant et culture populaire, original et produit dérivé, musée et boutique, artiste et entrepreneur.

La société de consommation elle-même devient « plate » : les images, les personnages, les marchandises et les références historiques circulent sur un même plan.

Cette surface brillante peut sembler joyeuse et accessible. Mais elle dissimule aussi une forme de vide, de répétition et d’instabilité identitaire.

Chez Murakami, le Superflat est donc simultanément esthétique, économique, historique et politique.

De Mr. DOB À La Naissance D’Une Icône…

Le workshop analysera la création de Mr. DOB, l’un des premiers personnages emblématiques de Murakami.

Apparu dans les années 1990, Mr. DOB est une créature aux grandes oreilles rondes, à la bouche immense et au visage capable de se transformer.

Son nom provient notamment d’un jeu autour de l’expression japonaise « dobodobo », ainsi que d’une question répétitive évoquant l’absurdité : « pourquoi ? ».

Le personnage fait référence aux mascottes commerciales, aux héros de manga et à certaines icônes mondiales de l’industrie du divertissement.

Mais Mr. DOB n’est pas une simple figure mignonne. Son apparence change constamment. Il peut sembler joyeux, monstrueux, agressif, fondu, décomposé ou envahi par des yeux et des dents.

Cette instabilité en fait une sorte d’autoportrait indirect de Murakami et une incarnation des contradictions de la culture contemporaine.

Mr. DOB peut devenir peinture, sculpture, jouet, logo ou produit. Il se déplace facilement entre les univers artistiques et commerciaux.

Murakami construit ainsi un personnage capable de fonctionner comme une œuvre, une signature et une marque.

De Ses Œuvres Majeures À Sa Grammaire Visuelle…

À travers l’analyse de ses œuvres majeures, ce workshop décryptera les grands codes visuels de Takashi Murakami : les fleurs souriantes, les crânes, les champignons, les grands yeux, les personnages hybrides, les surfaces parfaitement lisses, les couleurs saturées, les contours noirs et la répétition presque industrielle des motifs.

Les fleurs constituent l’un de ses symboles les plus célèbres. Elles possèdent généralement douze pétales colorés entourant un visage souriant.

À première vue, elles évoquent la joie, l’enfance, l’optimisme et la culture kawaii. Pourtant, leur sourire parfaitement répété peut aussi sembler artificiel, mécanique ou inquiétant.

Murakami explique que ces fleurs trouvent notamment leur origine dans ses exercices de dessin académique. En étudiant longuement les fleurs, il transforme progressivement ce motif traditionnel en personnage commercial et émotionnel.

Les champignons constituent un autre élément important de son vocabulaire. Ils peuvent évoquer les dessins animés, les jeux vidéo et les formes organiques, mais aussi les nuages produits par les explosions atomiques.

Les crânes, souvent dissimulés sous des couleurs séduisantes, introduisent quant à eux la mort, la vanité et la catastrophe au cœur d’un univers apparemment joyeux.

Chez Murakami, le mignon et le tragique ne s’opposent jamais totalement. Ils occupent la même surface.

Un Processus Créatif Fondé Sur La Précision Collective…

Nous explorerons également le processus créatif de Takashi Murakami et l’organisation de son atelier.

Murakami travaille avec des équipes importantes réunies au sein de Kaikai Kiki, structure de production artistique qu’il a fondée et développée au Japon et aux États-Unis.

Il produit les idées, les dessins, les personnages et les compositions, puis supervise leur réalisation à travers un processus extrêmement précis.

Les projets passent par différentes étapes : dessins préparatoires, fichiers numériques, séparation des couleurs, projection, transfert, peinture, corrections et finitions.

Les assistants participent à l’exécution des œuvres, parfois monumentales, mais Murakami contrôle chaque détail, chaque teinte, chaque ligne et chaque relation entre les motifs.

Cette organisation rapproche son atelier d’un studio d’animation, d’une entreprise créative et d’une manufacture.

La délégation ne signifie pas pour autant l’abandon de l’auteur. Elle permet à Murakami de produire un univers cohérent à travers de nombreux formats : peintures, sculptures, films, objets, éditions, produits et environnements immersifs.

Chez lui, la création est collective dans son exécution, mais centralisée dans sa vision.

727 : Tradition Japonaise Et Monstre Pop…

Le workshop reviendra sur 727, œuvre monumentale réalisée en 1996 et devenue l’une des pièces essentielles de Murakami.

Mr. DOB y apparaît sous la forme d’une créature gigantesque évoluant au-dessus d’une vague stylisée.

La composition évoque directement l’histoire de la peinture japonaise et les célèbres représentations de vagues, tout en intégrant un personnage proche de l’univers des mangas et des mascottes.

La surface est longue, horizontale et volontairement plane. Les éléments historiques et contemporains coexistent sans hiérarchie.

L’œuvre montre comment Murakami ne se contente pas d’ajouter un personnage pop à une image traditionnelle. Il fusionne les deux systèmes.

Mr. DOB semble simultanément flotter, fondre et menacer de disparaître dans la vague. Son visage souriant devient instable, presque monstrueux.

727 annonce pleinement le Superflat : histoire de l’art, culture populaire, marchandisation et peinture contemporaine sont réunies sur une seule surface.

Des Fleurs Souriante À La Fabrication Du Kawaii…

Le workshop abordera la place du kawaii dans l’œuvre de Murakami.

Le terme japonais kawaii renvoie au mignon, à l’adorable, à l’innocence et à une esthétique faite de formes arrondies, de grands yeux et de couleurs séduisantes.

Murakami utilise ces codes parce qu’ils produisent une attraction immédiate. Ses fleurs, ses personnages et ses créatures peuvent être compris sans connaissance préalable de l’art contemporain.

Mais cette accessibilité est volontairement ambiguë.

Le sourire des fleurs est si parfait qu’il en devient presque vide. Leur multiplication peut rappeler une chaîne de production, une marchandise ou une émotion fabriquée.

Le kawaii fonctionne alors comme un masque. Il dissimule la violence, la sexualité, la mort et les traumatismes historiques.

Murakami montre ainsi que l’innocence apparente de la culture populaire japonaise n’est pas nécessairement séparée de l’histoire de l’après-guerre.

Le monde coloré et enfantin peut être lu comme un refuge, une stratégie d’évitement ou une réponse à une réalité impossible à affronter directement.

De Hiropon À My Lonesome Cowboy…

À la fin des années 1990, Murakami réalise plusieurs sculptures inspirées des figurines de la culture otaku et de l’imagerie sexuelle des mangas.

Hiropon représente une jeune femme aux proportions exagérées, dont le lait maternel forme un mouvement circulaire autour du corps.

My Lonesome Cowboy représente quant à lui une figure masculine nue, également dotée de proportions volontairement irréalistes, entourée d’un jet corporel transformé en lasso.

Ces œuvres reproduisent à grande échelle et avec une perfection industrielle l’apparence des figurines destinées aux collectionneurs.

Murakami expose ainsi la sexualisation extrême de certains personnages de manga et la manière dont le désir peut être transformé en objet commercial.

Les sculptures sont à la fois séduisantes, grotesques, humoristiques et profondément inconfortables.

Elles interrogent la frontière entre fantasme, innocence, consommation et fétichisme.

Le passage de la petite figurine à la sculpture monumentale modifie également le rapport du spectateur. L’objet privé et collectionnable devient une présence publique presque écrasante.

Du Traumatisme Nucléaire Aux Champignons…

L’histoire du Japon après 1945 occupe une place essentielle dans l’œuvre de Murakami.

Les bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki, l’occupation américaine, la reconstruction et la transformation culturelle du pays forment l’arrière-plan de sa réflexion sur la culture populaire.

Les champignons présents dans ses œuvres peuvent ainsi être lus simultanément comme des formes mignonnes, des références aux jeux vidéo et des évocations du champignon atomique.

Cette ambiguïté montre comment une catastrophe historique peut être absorbée, transformée et parfois dissimulée par les images populaires.

Murakami s’intéresse à la manière dont la culture japonaise d’après-guerre a développé des formes de fiction, de monstres, de robots et de mondes imaginaires pour exprimer indirectement la peur nucléaire et la destruction.

Godzilla, les mangas de science-fiction, les mutations et les créatures géantes constituent autant de réponses culturelles à un traumatisme difficilement représentable.

Murakami ne sépare donc jamais complètement la fantaisie de la catastrophe. Le sourire et l’explosion appartiennent au même paysage mental.

Little Boy : Art, Guerre Et Culture Japonaise…

En 2005, Murakami organise l’exposition Little Boy à la Japan Society de New York.

Le titre reprend le nom de la bombe atomique larguée sur Hiroshima en 1945.

L’exposition rassemble des œuvres, des objets, des mangas, des jouets et des références à la culture populaire japonaise d’après-guerre.

Murakami y analyse la relation entre traumatisme historique, infantilisation culturelle, dépendance envers les États-Unis et développement de l’imaginaire otaku.

Le terme « little boy » prend alors plusieurs significations. Il désigne la bombe, mais aussi une société représentée comme enfantine, passive ou enfermée dans une culture de l’évasion.

Cette exposition est fondamentale pour comprendre que le Superflat ne se réduit pas à une esthétique colorée.

Il constitue une tentative de relire l’histoire culturelle et politique du Japon à travers ses images les plus populaires.

Murakami agit ici comme artiste, théoricien, commissaire d’exposition et historien critique de sa propre culture.

Des Crânes Aux Catastrophes Contemporaines…

La catastrophe réapparaît avec une force nouvelle dans l’œuvre de Murakami après le séisme et le tsunami du Tōhoku en 2011, suivis de l’accident nucléaire de Fukushima.

Face à cette tragédie, l’artiste développe des œuvres monumentales réunissant arhats, dragons, divinités, crânes, vagues et créatures issues de la tradition bouddhique.

Les arhats sont des disciples du Bouddha associés à la sagesse, à la protection et à la transmission spirituelle.

Murakami les représente dans des compositions immenses, complexes et fortement colorées, comme s’il cherchait dans la peinture religieuse une réponse à l’échelle de la catastrophe.

L’œuvre devient alors un espace de deuil, de protection et de reconstruction symbolique.

Le langage kawaii n’est pas abandonné, mais il s’assombrit. Les fleurs sourient au milieu des crânes. Les couleurs brillantes entourent des scènes de destruction.

Cette coexistence rend visible l’une des idées centrales de Murakami : l’espoir n’efface pas la catastrophe, et la catastrophe n’empêche pas le désir de beauté.

The 500 Arhats Et La Peinture Monumentale…

The 500 Arhats constitue l’un des projets les plus ambitieux de Takashi Murakami.

Cette œuvre monumentale, réalisée en réponse au séisme et au tsunami de 2011, s’étend sur une longueur considérable et réunit des centaines de figures, de créatures, d’animaux et de paysages fantastiques.

Elle s’inspire de la tradition bouddhique japonaise tout en mobilisant le vocabulaire graphique propre à Murakami.

La composition fonctionne presque comme un film déroulé sur une surface continue. Le regard traverse des scènes de chaos, de spiritualité, d’humour et de transformation.

Murakami retrouve ici l’échelle des grands rouleaux et des peintures narratives japonaises, mais il les combine avec les méthodes de production de son atelier contemporain.

The 500 Arhats révèle la profondeur historique de son œuvre. Derrière les personnages pop se trouve une connaissance précise des traditions religieuses, picturales et narratives japonaises.

L’œuvre montre également que Murakami ne se limite pas à la production de motifs commerciaux. Il peut mobiliser son système visuel pour aborder la mort collective, la foi et la reconstruction.

Kaikai Et Kiki : Le Mignon Et L’Étrange…

Kaikai et Kiki sont deux autres personnages emblématiques de Murakami.

Leurs noms renvoient à l’expression japonaise kaikai kiki, utilisée pour évoquer quelque chose de simultanément étrange, élégant, puissant et surnaturel.

Les deux créatures possèdent de grandes oreilles, des yeux expressifs et des sourires révélant parfois des dents pointues.

Kaikai semble généralement plus doux, tandis que Kiki possède une apparence plus inquiétante.

Cette dualité résume l’univers de Murakami : innocence et menace, douceur et agressivité, beauté et étrangeté.

Kaikai Kiki devient également le nom de sa société de production et de représentation artistique.

Le passage du personnage à l’entreprise montre une nouvelle fois comment Murakami brouille les frontières entre image, œuvre, logo et structure économique.

Kaikai Kiki : L’Atelier Comme Entreprise Culturelle…

Le workshop analysera le rôle de Kaikai Kiki dans le parcours de Murakami.

Cette structure lui permet de produire ses propres œuvres, d’organiser des expositions, de gérer des galeries, de développer des objets, de produire des animations et d’accompagner d’autres artistes.

Murakami ne se conçoit donc pas seulement comme un peintre. Il agit comme producteur, entrepreneur, commissaire, éditeur et directeur artistique.

Kaikai Kiki s’inspire en partie des studios d’animation, des entreprises de divertissement et des ateliers historiques où plusieurs artisans participaient à la réalisation des œuvres.

La société accompagne notamment des artistes issus de la culture contemporaine japonaise et contribue à leur visibilité internationale.

Cette structure permet aussi à Murakami de contrôler plus largement la circulation de son univers.

Les produits dérivés, les expositions, les films, les boutiques, les cafés et les projets numériques participent d’un même écosystème créatif.

Chez Murakami, l’entreprise ne se situe pas en dehors de l’art. Elle en devient l’un des médiums.

De La Galerie À GEISAI…

Murakami développe également GEISAI, événement destiné à permettre à de jeunes artistes de présenter directement leur travail.

Le projet cherche à offrir une plateforme alternative aux circuits traditionnels des galeries et des institutions japonaises.

Artistes, illustrateurs, créateurs de personnages et producteurs d’images peuvent y exposer leurs œuvres devant des professionnels et un large public.

Murakami cherche ainsi à construire un environnement capable de révéler une nouvelle génération.

Cette démarche traduit sa critique du monde artistique japonais, qu’il juge parfois trop fermé, trop académique ou insuffisamment structuré pour soutenir les jeunes créateurs.

GEISAI prolonge donc son rôle d’entrepreneur culturel. Il ne cherche pas seulement à développer sa propre carrière, mais à créer les conditions d’une scène.

De Louis Vuitton Au Luxe Superflat…

En 2003, Takashi Murakami entame une collaboration majeure avec Louis Vuitton sous la direction artistique de Marc Jacobs.

L’artiste transforme le Monogram historique de la maison en introduisant une palette de couleurs vives sur des fonds blancs ou noirs.

La collaboration donne naissance au Monogram Multicolore, mais aussi à des motifs intégrant des fleurs, des cerises et des personnages issus de son univers.

Ce projet marque un tournant dans les relations entre art contemporain et luxe.

Murakami ne se contente pas de décorer un produit existant. Il transforme l’identité visuelle de l’une des maisons les plus connues au monde.

Le sac devient alors simultanément produit de luxe, support artistique, objet médiatique et pièce de collection.

Cette collaboration illustre parfaitement le Superflat : l’œuvre de galerie et la marchandise occupent le même plan, sans que l’une soit nécessairement considérée comme inférieure à l’autre.

Murakami assume pleinement cette circulation. Il refuse l’idée selon laquelle l’art perdrait automatiquement sa valeur en entrant dans le commerce.

Du Sac À L’Œuvre : La Boutique Dans Le Musée…

La collaboration avec Louis Vuitton prend une dimension particulièrement significative lorsqu’une boutique est intégrée à certaines expositions consacrées à Murakami.

Le visiteur peut regarder une peinture, observer une sculpture, puis acheter un sac ou un objet dérivé dans le même parcours.

Cette proximité provoque des débats sur la marchandisation de l’art et la transformation des musées en espaces commerciaux.

Mais elle correspond précisément au projet de Murakami.

L’artiste ne cherche pas à protéger une frontière pure entre art et commerce. Il veut montrer que cette frontière est déjà devenue instable.

Le musée, la boutique, le studio et la marque participent tous à la production de valeur, de désir et de légitimité.

Murakami rend simplement cette mécanique visible.

De Kanye West À La Culture Musicale…

Murakami développe également de nombreuses collaborations avec des artistes issus de la musique et de la culture populaire.

Il réalise notamment l’univers visuel de Graduation de Kanye West, en créant une pochette et des animations inspirées de son vocabulaire.

Le personnage de l’ours associé au musicien traverse alors un monde coloré peuplé de formes, de fleurs et d’éléments fantastiques.

Murakami travaille également avec Pharrell Williams, Billie Eilish et d’autres personnalités internationales.

Ces collaborations lui permettent de déplacer ses personnages vers les pochettes d’albums, les clips, les concerts, la mode et les objets.

La musique devient un nouveau système de diffusion.

Comme Warhol avant lui, Murakami comprend que l’artiste contemporain peut intervenir dans plusieurs industries culturelles sans perdre la cohérence de son univers.

Murakami À Versailles…

En 2010, Takashi Murakami est invité à exposer au château de Versailles.

Ses sculptures et peintures sont installées dans les Grands Appartements et les espaces historiques du château.

Le contraste est spectaculaire : fleurs multicolores, personnages kawaii et sculptures brillantes apparaissent au milieu des dorures, des miroirs, des décors royaux et de l’architecture baroque.

Cette confrontation provoque de nombreuses réactions. Certains visiteurs considèrent que l’univers de Murakami perturbe la lecture du lieu, tandis que d’autres voient dans cette rencontre un dialogue fécond entre deux cultures de l’excès visuel.

Versailles et Murakami partagent en effet plusieurs caractéristiques : goût de la surface, accumulation décorative, mise en scène du pouvoir, perfection artisanale et construction d’un univers total.

L’exposition montre que son travail ne constitue pas simplement l’opposé de l’art historique européen. Il peut aussi en révéler la théâtralité, la richesse et les mécanismes de représentation.

De L’Ensō À L’Histoire De L’Art Japonais…

Murakami revient régulièrement aux grandes traditions de l’art japonais.

Dans ses séries consacrées à l’ensō, cercle tracé dans la peinture et la calligraphie zen, il réinterprète un motif associé à la méditation, au vide, à l’accomplissement et à l’imperfection.

Mais ses cercles ne sont pas nécessairement tracés dans un geste unique et spontané. Ils sont produits avec la précision et les méthodes collectives de son atelier.

Murakami confronte ainsi une forme traditionnellement associée à l’expression immédiate à un système de fabrication extrêmement contrôlé.

Il revisite également des maîtres japonais comme Ogata Kōrin, Utagawa Hiroshige ou Soga Shōhaku.

Ces références montrent qu’il ne cherche pas seulement à représenter la culture pop japonaise à destination de l’Occident.

Il souhaite réécrire l’histoire de l’art japonais depuis une perspective contemporaine, capable d’intégrer le manga, le luxe, le numérique et l’industrie culturelle.

Des Films À Jellyfish Eyes…

Murakami étend également son univers au cinéma et à l’animation.

Avec Jellyfish Eyes, il réalise un film mêlant prises de vues réelles, effets numériques, créatures fantastiques et références aux catastrophes contemporaines.

L’histoire met en scène des enfants confrontés à des monstres et à des forces qu’ils ne maîtrisent pas.

Sous l’apparence d’un divertissement fantastique, le film aborde la peur, la manipulation, la catastrophe nucléaire et le besoin de reconstruire un imaginaire après le traumatisme.

Le cinéma permet à Murakami de donner du mouvement, une voix et une histoire aux personnages qu’il avait développés dans ses peintures et ses sculptures.

Il rapproche ainsi davantage son atelier du fonctionnement d’un studio de divertissement global.

Du Physique Au Numérique…

Murakami explore également les NFT, les avatars, les cartes à collectionner et les projets numériques.

Avec Murakami.Flowers, il transpose ses célèbres fleurs dans un univers graphique évoquant les pixels et les jeux vidéo anciens.

Le projet montre comment un motif peut passer de la peinture à l’objet, puis de l’objet à l’image numérique.

Murakami ne traite pas le numérique comme une rupture absolue. Il y voit un nouveau territoire de circulation, de collection et de marchandisation.

Les cartes, NFT, jeux et personnages prolongent une logique déjà présente dans son œuvre : produire des images capables de voyager entre plusieurs supports.

Mais ces projets interrogent aussi la spéculation, la rareté numérique et la transformation de l’art en actif échangeable.

Une nouvelle fois, Murakami entre directement dans les systèmes économiques qu’il observe.

Takashi Murakami, Des Grandes Institutions Internationales Aux Ventes Records Chez Sotheby’s…

Le workshop abordera également la présence de Takashi Murakami dans les plus grandes institutions internationales, du Museum of Modern Art de New York au Museum of Contemporary Art de Los Angeles, du Guggenheim Bilbao au château de Versailles, de la Fondation Cartier au Broad et au Cleveland Museum of Art.

En 2025, le Cleveland Museum of Art a présenté Takashi Murakami: Stepping on the Tail of a Rainbow, exposition réunissant peintures, sculptures et installations autour des relations entre histoire japonaise, catastrophe, guérison et culture contemporaine.

Le projet associait notamment l’univers de Murakami aux collections historiques du musée et comprenait une reconstitution du Yumedono, ou Pavillon des Rêves, inspiré du temple Hōryūji de Nara.

À la fin de l’année 2025 et au début de 2026, Gagosian a également présenté The Omnipotence of Dreams à Gstaad, prolongeant ses recherches autour du rêve, de la peinture, de l’histoire japonaise et de ses personnages emblématiques.

La reconnaissance de Murakami se mesure également sur le marché de l’art. En mai 2008, My Lonesome Cowboy, sculpture réalisée en 1998, a été adjugée 15,16 millions de dollars chez Sotheby’s à New York, établissant son record public aux enchères.

Ce résultat confirme la position paradoxale de Murakami : celle d’un artiste qui analyse la marchandisation des images tout en construisant l’un des systèmes commerciaux les plus efficaces de l’art contemporain.

Mais réduire son œuvre à ses collaborations, à ses produits ou à ses résultats de vente serait manquer la profondeur de son projet.

Murakami utilise les fleurs, les personnages, les mangas et le kawaii pour interroger la mémoire du Japon, la violence de l’histoire, l’identité culturelle et la manière dont les sociétés transforment leurs traumatismes en divertissement.

Ce workshop propose ainsi de comprendre pourquoi Takashi Murakami demeure une figure essentielle de l’art contemporain.

Son œuvre rappelle qu’une image séduisante peut contenir une catastrophe, qu’un sourire peut servir de masque et qu’un produit commercial peut aussi devenir un outil de réflexion historique.

Chez Takashi Murakami, créer signifie aplatir les hiérarchies, faire entrer le musée dans la boutique, cacher les crânes sous les fleurs et transformer la culture populaire en miroir brillant de ses propres blessures.

Localisation…

À L’Icon-Icon Institute

11 Boulevard Malesherbes
75008 Paris

Code A6183 / Interphone Icon-Icon

Métro Madeleine ou Concorde
À proximité de la Madeleine, du Faubourg Saint-Honoré, de l’avenue Matignon, de la place de la Concorde et de l’Opéra.

En présentiel, les places sont limitées à 15 participants, pour un format volontairement resserré, une expérience dense et interactive, ainsi que des échanges de qualité.

En ligne : si vous êtes hors de Paris ou si votre agenda ne vous permet pas de vous déplacer, le workshop est également accessible à distance, avec les mêmes contenus et supports.

Réservation :
sebastien.girard@icon-icon.com
06 85 30 25 35

Public Concerné…

Cette formation s’adresse aux artistes, aux designers, aux investisseurs du second marché, aux collectionneurs, aux communicants, aux professionnels du luxe et des industries créatives, aux passionnés d’art contemporain et à toutes les personnes curieuses de comprendre la création et le processus créatif d’un artiste.

De ses inspirations à ses influences, du nihonga au Superflat, de Mr. DOB aux fleurs souriantes, du manga à l’histoire de l’art japonais, des collaborations avec le luxe aux grandes installations muséales, le workshop propose de décrypter la construction de l’univers de Takashi Murakami et les raisons pour lesquelles son œuvre occupe une place majeure dans l’art et la culture visuelle contemporaine.

Intervenant Et Organisateur De La Formation…

SÉBASTIEN GIRARD est diplômé d’un MBA de l’ESSEC Business School et d’un MBA de l’Institut Français de la Mode. Il est titulaire d’un Postgraduate Certificate in Higher Education et d’une certification Master Black Belt Six Sigma.

Passionné par la création, il développe Icon-Icon autour de trois entités complémentaires : l’Icon-Icon Gallery, l’Icon-Icon Institute et l’Icon-Icon Media. Dans une logique de décryptage de la création, Monsieur Icon-Icon interviewe celles et ceux qui incarnent l’acte créatif : artistes peintres, directeurs artistiques, designers, sculpteurs, parfumeurs, chefs, chefs pâtissiers, chefs de cave et maîtres assembleurs, mais aussi PDG, vice-présidents, directeurs et porte-paroles intervenant sur des sujets liés à la création.

Ces interviews abordent notamment l’identité et la grammaire d’un artiste ou d’une maison, la construction de leurs icônes et les différentes manières dont celles-ci peuvent être réinterprétées et réinventées.

Après quelques années chez Ernst & Young à des postes de Strategy Planning, Sébastien Girard a occupé les fonctions de Directeur Marketing France, puis Europe Middle East and Africa de Motorola, ainsi que de Directeur Marketing Europe pour le Prada Phone.

Il est également l’auteur de « #Instagramming, L’Art De Développer Une Marque De Luxe Sur Instagram ».

Numéro de déclaration d’activité de formateur et organisme de formation : 11 75 71442 75