Le Matelassé Chanel

L’histoire même de Coco Chanel est empreinte de mystères et de non-dits, des secrets qui, n’entraînant que suppositions, ont forgé la légende de la Dame aux Camélias. Il en est de même pour le matelassé. Elle l’utilise pour la première fois lors de la conception de son sac emblématique, le 2.55 – rien n’est dit sur sa véritable inspiration. Une fois de plus, c’est de Chanel dont on doit faire l’éloge, puisque Gabrielle a fait de l’un des codes de la maison de la rue Cambon, un sceau intemporel de la garde-robe féminine. Certains disent que le matelassé en losange surpiqué lui a été inspiré par les vestes des lads et des jockeys qu’elle croisait sur les champs de courses. D’autres diront que ce sont les tapis des chevaux qui attirèrent son attention. D’aucuns s’entendent à dire qu’elle n’a pas eu à franchir la porte de son appartement, puisque les coussins de son sofa auraient suffi à faire émerger l’idée. On a aussi avancé l’hypothèse que les losanges faisaient référence aux vitraux de l’abbaye d’Aubazine dans laquelle Gabrielle Chanel fut élevée. Aucune de ces idées n’a été confirmée ; mais aucune n’en est pour autant absurde. On peut imaginer qu’un élément marquant de sa vie l’ait mis sur ce chemin, mais lequel ? Il n’y a que Mademoiselle qui le sait.

S’il a fait son entrée dans la maison de la rue Cambon sur le 2.55, le matelassé ne s’est pas contenté d’orner cette unique pièce, aussi emblématique soit elle. Non, le motif fut en effet décliné dans d’autres domaines dans lesquels s’est diversifiée la maison. On le retrouve en cuir sur les bottes et souliers, ou embellissant les branches des lunettes de certaines collections solaires. Les losanges se rétrécissent et se parent des métaux les plus précieux lorsqu’ils sont appliqués sur les pièces de joaillerie, et de haute horlogerie. Le domaine des cosmétiques n’y échappe pas : ce sont les palettes d’ombres à paupières qui se capitonnent, pour un rendu esthétique qui respecte à la perfection l’élégance et les codes de la maison. Et le monde de la mode n’a pas trop attendu avant de copier le matelassé, s’appropriant une nouvelle fois l’une des signatures de Chanel : « Il n’y a pas de succès sans copie ou sans imitation » disait-elle. Chanel a puisé dans le vestiaire des hommes pour garnir celui des femmes. Elle a à nouveau mis en lumière une icône intemporelle de la mode, un indispensable, le matelassé : à croire que la mode contemporaine n’aurait jamais été la même sans Gabrielle.

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