Untitled de Jean-Michel Basquiat, un Travail à 110 Millions De Dollars.

Avant d’être peintre, Basquiat est graffeur – sa signature est simple : « SAMO » ou « Same Old Shit ». De cette époque, l’artiste gardera un certain style : tout comme les graffitis se superposent, s’évincent et se piétinent, ses toiles sont composées comme un patchwork. Mais le succès tarde à arriver – il est banni du domicile familial et, pour assurer sa survie, il vend cartes postales et t-shirts sur les trottoirs de sa ville natale, New York. Le soir, il fréquente le Mudd Clud et le Club 57. Là, il rencontre Madonna, Bowie mais c’est le télescopage avec Andy Warhol, auquel il vend l’une de ses cartes postales, qui renverse à jamais son univers. Ses toiles sont alors la rhétorique de son optique : son âme vibre et matérialise la rue et ses éléments; pauvreté, voitures, enfants, tout est samplé, mêlé aux cultures éteintes qui le hantent. Influencé par Dali, Picasso, Warhol ou Goya, Jean Michel Basquiat travaille un désordre qui ne l’est que faussement, superposant écritures, collages, peintures; chargeant le tout d’une allégresse indispensable à ce qu’il vise : la dénonciation du racisme et de l’hyper-consommation.

En 1989, un an après la mort du peintre, Andam Clayton, bassiste de U2, incite le groupe à acquérir Untitled (Pecho/oreja) un imaginaire qui ravit l’homme. Acquise collectivement, la toile accompagne de son aura les séances d’enregistrement au studio de Dublin, trônant aux murs de celui-ci. En 2008, ils s’en séparent, créant un premier événement de plus de 5 millions de livres sterling. Mais voilà qu’en juin dernier, une peinture à l’expressionnisme tardif est devenu l’oeuvre la plus chère jamais vendue aux enchères d’un artiste Américain, atteignant près de 110,5 millions de dollars.  

« Et puis, en plus de cela, le facteur cool et la mythologie » a déclaré Franklin Sirmans, le directeur du Pérez Art Museum Miami, un expert sur Basquiat. « C’est une excellente histoire de réussite qui vient aussi avec beaucoup de tragédies auxquelles les gens peuvent se rapporter et ce que nous cherchons à voir dans nos artistes – nos Kurt Cobains et nos Janis Joplin. » Alchimiste de l’imprévisible, remarquable, fulgurante… Les qualificatifs ne manquent pas quand il s’agit de définir l’œuvre du génie Basquiat. Une œuvre aimant mettre en exergue la culture noire à travers des tableaux où il est question de ségrégation et d’esclavage… Et une chose est certaine, le travail de Basquiat est d’une telle sincérité qu’il transcende à présent la valeur monétaire attribuée à quelconques définitions de l’art.

Avec ses nombreux records , Basquiat règne aujourd’hui sur l’art contemporain . L’oeuvre laissée sans titre talonne de loin White Canoe de Peter Doig par exemple . En 2015  la fondation Louis Vuitton a exposée  » Grillo  » une oeuvre de l’artiste  qui traite de l’héritage culturel africain, thème éminemment politique. 

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