« Une Femme Sans Parfum Est Une Femme Sans Avenir. » Coco Chanel

1921, après avoir initié la coupe garçonne, donné ses lettres de noblesse au Jersey, alors que son style est devenu une pierre angulaire de la mode parisienne, Miss Coco Chanel complète l’inventaire de la femme Chanel en y apposant l’ultime touche d’élégance : la fragrance.

A l’époque, Coco s’est éprise du Grand-duc Dimitri Pavlovitch, exilé à Paris. Par son entremise elle fait la connaissance d’Ernest Beaux, ancien parfumeur à la cour des tsars russes ; elle ne tarde pas à lui confier la confection de son premier parfum. Ce nez lui confectionne deux séries de senteurs : numérotées de 1 à 5 et de 20 à 24. Chanel choisit la n°5. Pour autant, Ernest Beaux ne pouvait être pleinement satisfait de sa création : l’odeur, trop pesante, restait au fond du flacon, et risquait de peser sur la peau, oubliant alors de se répandre à leur passage. Son génie le guida vers l’aldéhyde (des molécules de synthèse capturant une vague odeur d’alcool) : une fois injectée à la substance première, le parfum prend son envol. C’est cela qui apporte la touche de sophistication, cette pénétrante odeur qui surpique l’olfactive odeur de sainteté.

Si la femme était définie par son odeur, par ce qu’elle dégageait, si le parfum était l’aura de la féminité? Chanel semble avoir imaginé, à sa façon, la fragile dichotomie féminine : passion ou raison, qui doit décider? Aussi, l’aura des deux amants enferme la fragilité de l’essence féminine sous une robuste fiole aux allures de flasque dessinée par le Duc. Quand il a fallu donner un nom à la postérité, Chanel a laissé la vie décider pour elle : « je présente ma collection de robes le 5 du mois de mai, le cinquième de l’année, nous lui laisserons donc le numéro qu’il porte et ce numéro 5 lui portera bonheur ». Le mythe est construit.

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