Les Collaborations De La Maison Louboutin

Christian Louboutin ne recule jamais devant l’idée de collaborer — surprenantes et réussies, ces collaborations ont fait entrer les icônes Louboutin dans l’esprit du monde entier. Du Crazy Horse à Star Wars, Louboutin résonne tel une icône tantôt pop tantôt sophistiquée !

Les Collaborations Louboutin

Christian Louboutin a compris très tôt l’importance de la ligne juste. Et il apprend cela auprès de son mentor. Celui que l’on a surnommé le Fragonard de la chaussure; celui qui chaussa la Reine Elizabeth pour son couronnement en 1953 — Roger Vivier donc, a marqué le savoir-faire de la maison Louboutin d’une empreinte d’excellence.

Comme lui, d’aileurs, Louboutin ne va tarder à collaborer avec les grandes maisons Parisiennes. Dès 1995, il chausse les silhouettes de Jean Paul Gaultier, Lanvin ou encore Yves Saint Laurent. On se souvient que déjà, Roger Vivier avait accompagné la maison Saint Laurent à de nombreuses reprises — imaginant notamment les Belles de Vivier, soulier devenu mythique aux pieds de Catherine Deneuve dans le film de Luis Buñuel, ‘Belle de Jour’.

Héritières de ce savoir-faire hors norme, mais bien ancrées dans sa propre imagination, les créations de Christian Louboutin signent notamment le dernier défilé Haute Couture Yves Saint Laurent. C’était en Janvier 2002, les adieux du couturier s’étaient tenus au centre Georges-Pompidou.

Mais de collaborations il est proprement question dès 2006. Christian Louboutin retrouve David Lynch pour une série de créations explorant le fétichisme. Pour l’exposition « Fetish » à la Galerie du Passage, à Paris, Lynch articule des photos tandis que Louboutin signent des souliers uniques et complètement fous — là encore, c’est l’imagination et le dessin qui précèdent l’objet. Et la possibilité de l’enfiler !

En 2012, c’est avec le Crazy Horse qu’il signe sa collaboration la pus iconique. Devenant ainsi le premier premier Guest Créateur du mythique cabaret Parisien. Depuis longtemps inspiré par le music-hall, cette collaboration a un goût de consécration !

« Christian Louboutin et le Crazy Horse sont des symboles de la vie parisienne dont les univers voyagent au-delà des frontières. Symboles du monde de la création, de l’étonnement et de la modernité, ils partagent les mêmes sources d’inspiration – la Femme bien sûr, mais aussi le monde qui les entoure – et détiennent un savoir-faire d’exception pour proposer des créations inédites et surprenantes. C’est donc tout naturellement que nous avons sollicité Christian Louboutin » précisait Andrée Deissenberg, la directrice du Crazy Horse.

L’idée? Repenser la revue du Crazy, de fait rebaptisée ‘Feu’, autour d’une vision onirique et très Louboutin de la Femme. Pour la femme !

Louboutin Dans La Culture Populaire

Si l’on ne compte plus le nombre d’apparitions des iconiques Pigalle dans les films, clips et séries, Christian Louboutin a cependant été appelé pour une collaboration plus surprenante encore.

En 2012 toujours, c’est Disney qui le contacte pour créer une vision moderne du mythique soulier de verre de Cendrillon. Pour accompagner la sortie du film Cendrillon, la maison Louboutin a ainsi imaginé une pantoufle de verre, piquée d’un papillon. Symbole de transformation…

Plus tard encore, Disney le rappelle — cette fois, pour Stars Wars, réalisé par les studios Walt Disney et Lucasfilms.

« J’ai été très surpris quand les équipes de Disney m’ont contacté à propos du prochain épisode de la Saga, c’était totalement inattendu. Mais j’aime les surprises et celle-ci m’a particulièrement intrigué. A première vue, nos univers sont assez distincts, mais quand ils m’ont montré les images de Crait, la planète rouge, j’ai compris pourquoi ils avaient pensé à moi. Immédiatement me sont apparues les premières images et idées. »

Le résultat? Quatre chaussures à la hauteur des personnalités des quatre héroïnes… La capitaine Phasma, aux commandes des Stormtroopers du Premier Ordre; Rey, la pilleuse d’épaves Jakku; la vice-amirale Amilyn Holdo; et Rose Tico, une mécanicienne de la résistance.

Quelques souliers d’exception donc, à découvrir au Palais de la Porte Dorée jusqu’au 26 juillet 2020.

Quand L’Art Concourt à L’Histoire Du Luxe Et De La Mode

Les incursions de l’art dans le story-telling des icônes du luxe et de la mode ont tout de la prophétie d’Andy Warhol… D’Alessandro Michele à David Lynch en passant par Cindy Sherman pour Comme Des Garçons — passage en revue des histoires les plus abouties!

En 1977, dans The Philosophy of Andy Warhol (From A to B  and  Back Again), Warhol prophétisait: « Tous les musées deviendront des grands magasins et tous les grands magasins deviendront des musées. » Si la fusion n’a pas encore tout à fait eu lieu, il n’en reste pas moins que les directeurs artistiques des grandes maisons en appellent de plus en plus à l’art pour conter efficacement l’histoire de leur icône. Et celui qui tient aujourd’hui le haut du panier n’est autre qu’Alessandro Michele, pour la maison Gucci. En poste depuis 2015, l’Italien n’a eu de cesse de pousser la fusion de l’art et de la mode. Il a guccifié l’art tout en faisant de Gucci une maison bien plus arty. Son oeuvre la plus récente? Les Gucci Art Wall. Des fresques à tendance street art réparties dans les plus grandes capitales du monde. L’idée? Faire sortir les campagnes publicitaires des magazines, de la même façon que le street art est parvenu à extraire l’art des seules galleries!

En 2018 toujours, il injecte un nouveau sens à l’imaginaire de la maison Romaine — l’idée? Extraire des plus grands tableaux de l’histoire la composition des campagnes Gucci. En vedette, toujours, les codes et pièces iconiques de la maison. Jérôme Bosch, John Everett Millais ou encore Jan Van Eyck servent désormais la vison loufoque mais géniale de Michele pour Gucci. La web vert-rouge-vert, le sac bambou. Il ne manque rien! Avant lui déjà, en 2013, Dior reprenait le Déjeuner Sur L’Herbe de Manet pour mettre en vedette l’icône Lady Dior dans une veine un brin plus mystique. Ce même Déjeuner Sur L’Herbe qui, en 1998, inspirait le plus artiste des couturiers: Yves Saint Laurent. Une campagne capturée par Mario Sorrenti où Kate Moss, vêtue du mythique smoking, renverse l’équilibre de Manet. Elle est habillée, ses prétendants, eux, complètement dévêtus! Une façon inspirée et subtile d’attester de l’esprit féministe et libérateur de l’icône Yves Saint Laurent!

En 2007, lorsque David Lynch et Christian Louboutin collaborent à une campagne, c’est aussi pour mieux souligner l’aspect reliquaire et fétichiste de la semelle rouge! Une chaussure iconique, certes, mais surtout une chaussure qui déclenche toutes sortes de désirs! Possession ou fantasme, la vison de Lynch et Louboutin se développait ensuite autour d’une exposition. De quoi renforcer l’image sacro-sainte d’une icône bien de notre temps.

Dans une veine un brin plus révolutionnaire, Comme Des Garçons s’associait en 1994 à Cindy Sherman. Combinant, là encore, l’ADN anti-déjà vu de Rei Kawakubo à l’imagerie anti-mass media de Cindy Sherman. Une rencontre au sommet pour une campagne non moins iconique! Autre campagne venue défier les normes de la mode — celle de Kenzo qui, en 2013, invitait Maurizio Cattelan à combiner sa vision espiègle à l’esprit funky et empreint de surréalisme de la maison Kenzo…

Enfin, c’est en 2016 qu’Hermès aboutit à l’une des incursions artistiques les plus explicites. Dans son magasin de Tokyo, la maison conviait l’artiste Tokujin Yoshioka à réaliser une installation des plus poétiques. De chaque côté de l’iconique carré Hermès, la vidéo d’une femme qui, en soufflant, fait s’envoler le carré avec une légèreté ahurissante. Une façon de renforcer l‘image aérienne, légère et multiple du mythique bout de soie! Et puisque le sujet est d’actualité, le Musée des Arts Décoratifs de Paris inaugurera, le 4 Mai 2020, une exposition baptisée: L’Art Dans La Pub. De quoi faire réfléchir!

 Le Retour de la Longue Robe du Soir Tachetée Léopard Saint Laurent pour le Printemps/Eté 2019

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À Paris, face à la Tour Eiffel, la maison Saint Laurent présentait une collection Printemps/Eté 2019 comme une ode à la part glamour et déjantée du fondateur. Jouant depuis trois saisons déjà sur la corde ambigüe d’un Yves Saint Laurent génial et fasciné par les possibles de la nuit, Anthony Vaccarello distillait ainsi cette énergie très nocturnale dans les pièces d’un vestiaire iconique. En vedette, le motif phare de la maison réintroduit, la robe longue tachetée ravive un modèle de la griffe ! 

 

Il faut dire que durant ses années d’activité, de 1957 à 2002, Yves Saint Laurent a largement contribué à définir les nouvelles habitudes stylistiques des femmes modernes — le smoking, la saharienne ou encore l’imprimé léopard ! Apparu pour la première fois en 1968 sur une robe en soie, l’imprimé est tout à la fois symbole de puissance, de pouvoir, de luxe, de sensualité et d’extravagance ! Et pour le Printemps/Eté 2019, Anthony Vaccarello a puisé une fois encore dans les gimmicks d’une muse de Saint Laurent. C’est la façon dont « Paloma Picasso a inspiré Saint Laurent dans les années 70, la façon dont elle prenait les vêtements des années 40 et les faisait siens » qui a guidé l’actuel directeur artistique de la maison. 

 

Ainsi inspiré, il livre une version contemporaine de l’icône tachetée — une longue robe du soir léopard, vaporeuse dans un chiffon de soie. Symbole d’exotisme et de séduction, le léopard habille ainsi la femme Saint Laurent de la prochaine saison dans un esprit d’évasion et d’exotisme très envoûtant… 

La Saharienne Grand Soir Saint Laurent du Printemps/Eté 2019

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Anthony Vaccarello n’en finit pas de proposer des sets à la hauteur de la grandeur de la maison Saint Laurent — cette fois, en face de la Tour Eiffel, c’est la fontaine du Trocadéro qui fut réquisitionnée pour servir de podium à son défilé Printemps/Eté 2019. 

Un podium profond de 8 millimètres d’eau qui donnait ainsi l’impression d’une femme Saint Laurent marchant sur l’eau. Divine et glamour au possible, la femme de la prochaine saison adapte ainsi les pièces iconiques du vestiaire du génie de la couture dans une fantaisie grand soir. 

 

Symbole éternel de la mode Saint Laurent, la saharienne se réinvente donc dans un cuir noir, ceinturon métal, le tout couplé à un pantalon sequins et plumes ! Et la version du Printemps/Eté 2019 s’éloigne quelque peu de la fantaisie primitive qui lui donna vie au tournant des années 1970. Sur les épaules de l’amazone Veruschka, née Comtesse Vera Gottlieb von Lehndorff, la saharienne devenait une icône sur papier glacé ! La mise en scène du photographe Rubartelli pour Vogue Paris est à l’époque une histoire de jungle, de brousse Africaine et de profond décolleté. « Je voulais que les chasseurs puissent dire de moi : elle a suivi les pistes avec nous, elle a dormi sous la moustiquaire au campement du Bout du Monde » confiait alors Veruschka. 

 

Cette fois, Anthony Vaccarello la pense pour la femme prédatrice du soir — la femme audacieuse qui part à la conquête de glamour et de sex appeal. Pensée plus courte et plus saillante que l’esquisse originale, la saharienne du Printemps/Eté 2019 gagne en portée universelle… Une pièce grand soir venant marquer la silhouette d’une versatilité essentielle aujourd’hui ! Une icône pour l’époque en somme.

La Neo Robe See-Through de Saint Laurent pour le Printemps/Eté 2019

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Cela fait trois saisons qu’Anthony Vaccarello présente ses collections pour Saint Laurent face à la Tour Eiffel — la Dame de Fer servant ainsi de métonymie à l’univers très parisien de la maison, elle accompagnait cette semaine la présentation du Printemps/Eté 2019. Et c’est sur un podium conçu sur la fontaine même du Trocadéro que les femmes Saint Laurent ont défilé ; un podium stylisé de 10 palmiers… « Une touche d’Afrique du Nord » comme indiquait Vaccarello. Mais au coeur de la collection, les références à l’épopée marocaine du fondateur n’étaient que peu présentes. À la place, une vison franche d’un vestiaire sexy à la française — poétique et raffiné ! 

 

La malicieuse blouse see-through est ainsi devenue une robe pour le Printemps/Eté 2019 — une robe qui joue de la transparence dans une association inédite de plumes ! Un des emblèmes de la maison d’Yves Saint Laurent distille ici une sensualité aérienne plaçant l’érotisme laurentien à son paroxysme… À l’heure d’un retour certain des conservatismes, Anthony Vaccarrello poursuit la grammaire du génie de la mode et, d’un coup de couture ingénieux, orne la poitrine comme n’importe quelle autre partie du corps de la femme… 

 

Déjà en 1966, Yves Saint Laurent donnait le pouvoir aux femmes en leur permettant d’assumer leur corps, leurs audaces  — une certaine irrévérence, légère et franchement géniale ! Si à l’époque le scandale est certain, aujourd’hui ne reste que la grâce d’un geste d’indépendance. Cela, Anthony Vaccarrello l’a bien compris ! Il pense la néo robe see-through pour cette femme Saint Laurent qui ne cherche pas la provocation. « Une femme Saint Laurent est une personne indépendante, confiante, insouciante, libérée, audacieuse qui aime s’amuser et s’exprimer. » Une femme affranchie, s’autorisant surtout à afficher son corps comme elle l’entend ! 

La Belle de Roger Vivier, un Soulier Emblématique

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C’est en 1937 que Roger Vivier fonde, à Paris, sa maison de chaussures. Et très vite, le style Vivier fait école — virtuose de la forme et de la matière, l’artiste parvient à élever le soulier au rang d’oeuvre d’art. Plastique, bois, dentelle de Bruges, corde tressée, satin, ou drapé… Roger Vivier conçoit, coupe et crée des souliers follement exquis. Les femmes ne s’y trompent guère – les artistes aussi : féru de music-hall, il signe ses premières pièces sur mesure pour Joséphine Baker.  Ornées de paillettes et de pampilles. La signature Vivier se reconnaît entre milles. Son savoir-faire aussi. Pour sa cérémonie de couronnement, Elizabeth II s’adresse à Roger Vivier. Pour la Reine d’Angleterre, il signe des souliers en chevreau or brodés de grenats assortis à la couronne. 

Mais le Youthquake des années 1960 entraîne avec lui un changement radical dans les silhouettes — moderne et épuré, le style Vivier s’adapte ou, plutôt, capture l’époque. Déjà associé à la maison de Christian Dior, Roger Vivier est appelé par Yves Saint Laurent afin d’imaginer les souliers qui ponctueront sa nouvelle ligne : la silhouette Mondrian. En 1965, le voilà qui signe les escarpins vernis noir à boucle métal de la collection — la Belle Vivier, une chaussure habillée, éperdument en phase avec la jeunesse. Bout rond et talon bas, la pièce est photographiée sur Jackie Kennedy dans l’édition de décembre 1966 du Women’s Wear Daily. Un an plus tard, c’est sur Catherine Deneuve que les souliers Roger Vivier entrent définitivement dans l’imaginaire populaire ! 

En 1967, Catherine Deneuve immortalise la Belle Vivier dans le film Belle de Jour du réalisateur Luis Buñuel. Un petit bijou aussi pratique qu’élégant, le soulier Vivier est si reconnaissable qu’il devient la signature maison. Et aujourd’hui encore, l’impact d’un tel design demeure intact. Acquise par Diego Della Valle, la maison Roger Vivier peut désormais poursuivre l’oeuvre du Fragonard de la chaussure. Bruno Frisoni, directeur artistique jusqu’en 2018, transcrit le style de la Belle Vivier au présent. « Lorsque je les ai redessinés, je n’avais jamais eu les originaux entre les mains. La boucle actuelle est plus rectangulaire que carrée et a des angles arrondis. Le talon est plus plat. C’est la même image, mais pas la même silhouette. » L’icône absolue de la maison fait brûler de désir les belles du jour.

 

La Belle de Roger Vivier, Quelques Dates Clés

2018 : Collection « Mystery Kiss » Automne/Hiver 2018/2019, dernière collection du directeur artistique Bruno Frisoni

2018 : Collection Printemps/Eté 2018 sortie de la collection VERTIGO inspirée du classique de Roger Vivier avec Ana Girardot comme nouvelle égérie 

2017 : Automne-Hiver 2017/1018 installation de Jean-Paul Goude pour la nouvelle collection

2017 : Brigitte Macron porte une paire de Belle Vivier Trompette lors de la réception à l’Elysée du Premier ministre libanais Saad Harir 

2016 : Automne-Hiver 2016/1017 sortie de la nouvelle collection Belle de Nuit avec Louise Follain comme égérie

2016 : Nouvelle réinterprétation de la boucle Belle Vivier dans la collection Flower Strass

2015  : Lancement d’une édition spéciale limitée de la Belle Vivier, 8 paires disponibles exclusivement dans la boutique de Genève

2015 : Jeanne Damas visage de la campagne Automne/Hiver 2015-2016

2014 : « Le Bazar » Collection Automne/Hiver 2014/2015 avec la nouvelle Belle de Nuit et autres interprétations de la fameuse boucleivier

2013 : Kerry Washington porte une paire de Belle de Nuit au MTV Movie Awards

2012 : Belle Vivier déclinée en couleurs pop dans collection Gommette Printemps-Été 2012

2012 Mars : la maison Roger Vivier propose ses célèbres ballerines « Gommette » en modèle enfant. Une micro capsule baptisée « Roger Vivier – Jeune Fille » qui se décline en cinq coloris (bleu, noir, blanc, rouge et rose) du 27 au 34, ornés d’une boucle amovible. Une partie des ventes est reversée à une association différente selon les pays. En France il s’agit de Mécénat Chirurgie Cardiaque

2011 : Les chiquettes de Roger Vivier à l’affiche des « Bien-Aimés » de Christophe Honoré

2011 : Victoria de Suède réitère au Polar Music Prize

2011 : Inès de la Fressange porte une paire de Belle Vivier au festival de Cannes

2011 : Anne Hathaway porte une paire de ballerine « Gomma » à Santa Monica

2010 : Katie Holmes porte les chaussures Belle Vivier lors de la première du film Extra Man

2010 : Freida Pinto porte une paire de Belle de Nuit au Hamptons International Film Festival

2010 : Catherine Deneuve porte des escarpins Belle de Nuit dans le film « Potiche » de François Ozon

2010 : Victoria de Suède se marie avec une paire de Belle de Nuit 

2009 : Jessica Alba porte une paire de Roger Vivier lors de l’avant-première de « My Bloody Valentine 3D » à Los Angeles

2008 : Catherine Deneuve porte une paire de Belle Vivier aux funérailles d’Yves Saint Laurent

2003 : Inès de la Fressange devient ambassadrice Roger Vivier

2003 : Arrivée de Bruno Frisoni comme directeur artistique de la maison Roger Vivier, il redessine la fameuse boucle, la rend plus actuelle, plus rectangulaire que carré avec des angles arrondis 

1968 : Grace Kelly porte une paire de Belle Vivier lors de sa visite à Fred Astaire sur le tournage de « La Vallée du bonheur » de Francis Ford Coppola

1967 : Jackie Kennedy porte une paire de Belle Vivier

1967 : Modèle immortalisé par Catherine Deneuve dans « Belle de Jour » de Luis Buñuel

1966 : Sophia Loren porte une paire du classique Roger Vivier

1965 : Roger Vivier signe les escarpins vernis à boucle métal de la collection Mondrian d’Yves Saint Laurent (les Chiquettes)

La Blouse See Through Habille l’Homme Saint Laurent du Printemps/Eté 2019

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A l’heure où l’on interroge les codes même de la masculinité, Anthony Vaccarello envoyait sur le podium la semaine passée une vision éminemment révolutionnaire de l’homme façon Printemps/Eté 2019 — un homme qui assume sa ‘virilité’ au contact d’une pièce venue tout droit de la grammaire iconique de la maison Saint Laurent. Et si en 1968, Yves Saint Laurent donnait aux femmes la pièce clé d’un vestiaire puissant et sexy, libéré et sophistiqué, l’actuel directeur artistique de la maison se glisse dans les pas mêmes du fondateur. 

La blouse See Through habille en effet l’Homme Saint Laurent du Printemps/Eté 2019 — une pièce rock mais classique, sensuelle mais stricte. Pièce vedette d’un défilé s’étant tenu sur les berges de l’Hudson River en périphérie de New York, la blouse See Through gagne en pertinence dans une version finalement très contemporaine. Donner une vision différente de l’homme; ouvrir de nouvelles possibilités d’appréciation de la décadence; le luxe chez Saint Laurent se réfère cette année à un New York fantasmé. 

« C’est pourquoi quand je conçois le prêt-à-porter masculin Saint Laurent, je m’imagine Saint Laurent lui-même. Il portait des pantalons taille haute, des chaussures pointues; sans être trop littéral, nous ne sommes plus dans les années 1970. J’aime être entouré de toutes ces images de Saint Laurent en partant de rien chaque saison » confiait Anthony Vaccarello aux abords de son défilé. Et il est vrai que Monsieur Saint Laurent a aujourd’hui de quoi inspirer plus d’une révolution! 

 

Doria Arkoun

La Saharienne de l’Homme Saint Laurent pour le Printemps/Eté 2019

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Délaissant Paris pour New York le temps d’une collection, l’Homme Saint Laurent du Printemps/Eté 2019 se pense en miroir du fondateur — période 1970. Ne pouvant puiser dans les codes de la maison la ligne directrice de la silhouette masculine – Yves Saint Laurent n’ayant jamais pensé aux pièces pour hommes – Anthony Vaccarello a préféré jouer de l’allure même du plus bohème des couturiers. « Quand je conçois le prêt-à-porter masculin Saint Laurent, je m’imagine Saint Laurent lui-même. Il portait des pantalons taille haute, des chaussures pointues; sans être trop littéral, nous ne sommes plus dans les années 1970. J’aime être entouré de toutes ces images de Saint Laurent en partant de rien chaque saison » a t-il confié aux abords de son défilé. 

Et il est certain que la silhouette vedette de la collection Printemps/Eté 2019 a quelque chose du chic éminemment bohème d’Yves Saint Laurent. Un brin de Rive Gauche mêlé aux inspirations safari — l’homme Saint Laurent 2019 se glisse volontiers dans une saharienne en cuir ultra-désirable. Une pièce sans genre qui, lacée et ceinturée, signe une masculinité sensuelle et affirmée. Clin d’oeil appuyé à la mythique saharienne imaginée en 1968, le défilé mettait aussi à l’honneur l’une des soirées les plus mémorables du Studio 54 — le lancement d’Opium, en 1978, un jus charnel au parfum de scandale. 

C’est ainsi qu’Anthony Vaccarello a fait de New York la toile de fond de son défilé; et l’atmosphère fleurait bon la décadence sophistiquée du Studio. En 1978, on comptait parmi les invités Cher, Truman Capote et Diana Vreeland. Andy Warhol, absent, s’en serait mordu les doigts, tant l’évènement est devenu légendaire! Au premier rang cette fois, on remarquait Kate Moss, Charlotte Gainsbourg, Ezra Miller, Lauryn Hill, Selah Marley, et Travis Scott. Un décor époustouflant car ouvert sur Manhattan — pour son premier défilé homme, Vaccarello recréait une version contemporaine de l’évènement ! 

Doria Arkoun

Le Défilé Yves Saint Laurent de 1998

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L’année 1998 est pour la France celle de sa victoire en coupe du monde – mais quelques instants avant le coup d’envoi, c’est surtout les 40 ans de carrière du plus grand couturier du XXe siècle qui se célèbrent sur la pelouse du Stade de France. L’un des premiers défilés-grandiose est signé Yves Saint Laurent. Ce 12 Juillet 1998, l’artiste-couturier fait ainsi défiler 300 modèles comme autant de rappels d’une mode éminemment inspirée – 300 pièces iconiques qui rappellent combien le talent de Saint Laurent émerveille.

La blouse see-through, la robe Mondrian, les sahariennes, le smoking et la chemise jabot – 1 milliard 700 000 téléspectateurs devant leur poste de télévision goûtent à l’un des premiers méga-défilés de l’histoire de la mode. Et le maître de la haute couture a pris soin de regrouper les silhouettes mythiques de ses 174 collections passées. Inspirations Russes, Asiatiques ou Africaines, Yves Saint Laurent est depuis longtemps passé maître dans le dialogue entre les cultures – ici, 300 mannequins défilent arborant les pièces signatures du style Saint Laurent depuis 1958. Parmi elles Katoucha, Laetitia Casta, Carla Bruni, Noémie Lenoir… « Ce sera l’entrée de l’éternel féminin dans le temple de l’homme » prophétise Pierre Bergé à quelques minutes de l’entrée des filles sur le terrain alors changé en podium. Iconique !

 

La Silhouette Altière Saint Laurent Automne/Hiver 2018 En Campagne

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Mystérieuse, fiercy et éminemment cérébrale — la femme Saint Laurent de l’Automne/Hiver 2018 joue les noctambules sur des notes très rock’n’roll. La maison Parisienne révèle un peu plus chaque jour son approche de la prochaine saison et, côté campagne, Anthony Vaccarello joue sur l’intemporel. L’allure Saint Laurent de l’Automne/Hiver 2018 reprend beaucoup du travail du fondateur — un Yves Saint Laurent oiseau de nuit, avide de mystère et de raffinement encanaillé. 

Réalisée par David Sims, la campagne met ainsi en scène la petit-fille de Grace Kelly — Charlotte Casiraghi. L’approche est chic; la musique Venus in Furs des Velvet Underground se fait entêtante et, ainsi se fige en noir et blanc l’allure Saint Laurent de la prochaine saison. Une ligne festive et ultimement sensuelle inspirée des Saisons russes de Serge Diaghilev, interprété par le maître Saint Laurent en 1976!

Autre muse éternelle du couturier, c’est Betty Catroux qui, sur le même tempo, prête son allure androgyne à la campagne publicitaire de l’Automne/Hiver 2018. ‘Ma sœur jumelle’, comme Yves Saint Laurent aimait à l’appeler — Betty Catroux, qu’il rencontra chez Régine un soir de 1967, incarne ainsi à merveille la femme Saint Laurent par Anthony Vaccarello. Une femme qui, dans la nuit Parisienne, embrasse une silhouette altière, bohème et savamment taillée. Une femme qui s’incarne aussi dans les traits de la jeune Kaia Gerber arborant la silhouette phare de la saison prochaine – chapeautée d’une capeline et habillée d’une superbe veste brandebourg ! Une campagne éminemment hypnotique, à voir dès à présent.