L’Impeccable Robe Fluide Ivoire Valentino pour l’Automne/Hiver 2018

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Le style Valentino a, dès ses débuts, signé une ode au raffinement antique – jamais chargées, encore moins mièvres ou ampoulées, ses toilettes allient pureté, équilibre et simplicité. Ainsi, lorsque dans les années 60, Jacqueline Kennedy, l’une des femmes les plus médiatisées de l’époque après l’assassinat de son mari, fait appel à lui pour imaginer une garde-robe complète pour marquer la fin de son deuil, cela ne pouvait qu’aboutir à la naissance d’une signature iconique. La collection sobrement baptisée « White », défile ainsi à Florence. « Pour moi, le blanc est une couleur ! Le blanc est un de mes porte-bonheurs. Je me souviens de la collection de 1967 dédiée à Jackie Kennedy pour laquelle j’avais créé douze robes blanches. Cela a été un tel succès. J’aime le blanc, parce que c’est la légèreté de l’été, la pureté. Le blanc peut être utilisé de façons tellement différentes. Je me souviens encore d’une vieille boîte de dentelles blanches qui avait été donnée par la comtesse Asti à l’une de mes tantes : ce fut le ravissement. »

            Ainsi, lorsque Pierpaolo Piccioli signe la pièce-phare de l’Automne/Hiver 2018/19, c’est une robe impeccablement fluide qui défile à Paris. Teintée du blanc iconique de la maison, elle loue en réalité toute la virtuosité des ateliers – l’épure ici forge toute l’allure de la pièce portée par la mannequin Giselle Norman. Audacieuse, forte et d’une exquise beauté, la robe ivoire délivre en même temps une ode au romantisme. Là encore loin des mièvreries, Pierpaolo Piccioli pense ce raffinement comme « une approche individuelle, personnelle, passionnée de la vie. Je pense que c’est une vraie force aujourd’hui, d’être capable d’être féroce, d’être fort et doux en même temps, de ne pas être agressif mais d’être autoritaire. J’ai commencé cette collection avec cette idée du romantisme comme une force et non comme une fragilité. »

            Le blanc Valentino, véritable symbole universel de poésie, précise ici une robe festonnée et graphique laissant le mouvement de la femme s’exprimer sans renverser sa sensualité. La silhouette est longue et, l’impeccable robe fluide teinte ivoire de de l’Automne/Hiver 2018/19 démontre de l’ADN même de la maison florentine. Valentino, c’est la flamboyance sophistiquée. Voilà tout.

La Chemise Blanche

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 Une « chemise blanche (…) révèle des milliers d’identités »1, et, lorsque les formes, de même que la teinte, lèguent l’infini au vêtement, il semble que seule l’identité de celle qui s’y glisse s’y révèle.

Polymorphe jamais stéréotypée, candide non ingénue, son autonomie esthétique lui permet de voguer à travers les tendances, et l’histoire. Cette chemise est devenue un objet culturel quand, au XXe siècle, elle fonde l’égalité entre employé et patron, formellement réunis autour du « col blanc ». Présente en toutes luttes, au cœur de toutes agitations oculaires ou, plus largement, sensorielles, la chemise blanche est une pause féminine, méditative à travers l’innocence, la pureté et la rigueur qu’elle impose, en même temps que l’assurance émanant de la stricte et perpétuelle coupe.

Qu’elle soit associée à un style classique, telle une Grace Kelly, révoltée anarchique comme Patti Smith, androgyne façon Uma Thurman dans Pulp Fiction ; boutonnée jusqu’au sommet ou déboutonnée sur le décolleté, elle assure à n’importe quelle féminité cette dose de sensualité, sans ne jamais aguicher. Et, lorsque l’on se prend à se lover dans la chemise d’un homme, ce n’est que pour mieux manifester le détachement, l’appropriation du deuxième sexe.

1. Fashion Box