Ambre Sultan par Serge Lutens

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Son Ambre sultan, «arabe et non pas oriental» pour reprendre les termes de son créateur, marque ce baptême. Iconoclaste et rêveur, c’est en marge de tout et à travers son parfum que Lutens se positionne : «Vous sentiez un parfum, c’était une soupe. On sentait la femme sexy ou bien la femme qui tient des dossiers. Pour l’homme, c’était la panoplie de Zorro. Avec Ambre sultan, je voulais sortir des Adam et Ève du marketing». Une nouvelle genèse de l’humanité, incarnée par un sillage envoûtant, où l’antiquité et la sensualité s’entremêlent, exacerbées. 

L’ambre classique s’enrichit des notes poudrées et vanillées du benjoin des petits arbres de Siam. Le ciste apporte une chaleur sensuelle. La coriandre, l’origan et la myrte s’arrondissent autour d’une note de patchouli et de bois de santal. Autant d’ingrédients qui s’accordent parfaitement, telle une symphonie odoriférante et maîtrisée. Mais la sophistication n’est qu’une évidence, une simple immanence pour Serge Lutens. Il ne cherche rien, si ce n’est qu’à s’exprimer. Selon lui, Ambre sultan unit «le goudron épais, austère, mystérieux du ciste qui colle les doigts, et le goudron accueillant, réconfortant de la vanille, elle aussi adhérente et que sa mémoire retenait». Le parfum reflète une certaine dichotomie, une sensible ambivalence humaine et personnelle, perçue avec justesse par cet homme d’une extrême finesse. Une émotion saisissante nous frappe alors, issue de la force d’un récit et d’un mythe personnel. Le voyage est fantasmé, la spontanéité sublimée et le sentiment témoigné par cette fragrance princière.

C’est ainsi que, luxueux et intime à la fois, Ambre sultan règne sur le Palais-Royal, à Paris. La boutique est singulière et préservée de tout, un bel escalier forgé s’érige au centre de la pièce mystérieuse. Au somptueux décor XIXe, celle-ci est habillée de marbre et de marqueterie. Les joyaux fugaces et éphémères, parfums de l’instant, sont exposés sobrement et sans caprice. Ils sont contenus dans des flacons aux lignes claires et cristallines. S’opère alors une magie des sens chez Serge Lutens, cet alchimiste baudelairien qui transforme les sentiments et les souvenirs en sensations olfactives, et inversement. 

Le Collier en Perles d’Akoya de Mikimoto

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Si Gabrielle Chanel a su porter avec distinction des colliers de fausses perles, Kichiki Mikimoto nous dédie depuis 1893 les plus précieuses et exceptionnelles gemmes sorties des mers et océans. Entre tradition et design, cette maison de joaillerie propose des bijoux uniques tels de véritables écrins magnifiant la perle. 

Le plus réputé d’entre eux est évidemment le collier que Joe DiMaggio avait offert à son épouse Marylin Monroe. Ce chocker d’une longueur d’environ 40cm révèle un style simple et brut. Les perles, quant à elles, sont produites par les huitres d’Akoya au Japon. Ce sont les perles les plus célèbres, réputées pour leur lustre intense et leur luminosité opaline. Le fermoir, détachable, reste le seul élément fantaisiste: une forme de plume en or blanc et une boule pavée de diamants. Alliance de raffinement et de douce séduction, ce sautoir sait révéler avec sobriété et délicatesse la beauté de toute femme.

Figure de la parisienne par excellence, la perle est ainsi mise à l’honneur, aussi bien pour la grâce qu’elle incarne que celle qu’elle reflète. Symbole de bonheur, de pureté et d’amour, elle captive et enchante hommes et femmes. 

Le Réjane de la Maison Moynat

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Pauline Moynat fonde la maison éponyme en 1849, et choisit de s’installer à deux pas de la Comédie Française. Cela tombe juste, le théâtre la passionne. Son talent faisant, elle devient rapidement fournisseur officiel des théâtres parisiens ; dans les années 1880, à force de coulisses et de représentations, Pauline découvre une actrice très prometteuse dans les années 1880 – son surnom : Réjane. Quelques années plus tard, elle lui dédie un sac. A l’image de la liberté et de l’éclectisme dont fait preuve par la comédienne, le Réjane se fait polyvalent et polymorphe ; à tout moment de la journée, toute femme peut l’arborer comme un sac à main classique ou à l’épaule, grâce à sa bandoulière amovible. Coupé dans diverses matières, teint dans des tons classiques (bleu, noir, ou taupe), le Réjane se fait chic et versatile. « Son fermoir, petit bijou scellé, délicat et féminin, est l’un des fermoirs brevetés pour les tout premiers sac-valises de la maison, à la fin du XIXe siècle. Un précurseur du mouvement Art Déco », confie Guillaume Davin, président de Moynat. Après un passage dans l’oubli, il est aujourd’hui comme exhumé, plutôt magnifié, par le directeur artistique de Moynat, Ramesh Nair.

Transfuge de chez Hermès, diplômé de l’Institut Français de la Mode, il est « un passionné d’archives, courant les puces, surfant la toile pour mieux encore s’imprégner de l’histoire de la maison et perpétuer les formes… » d’après les dires du président de Moynat. Hier comme aujourd’hui, le Réjane se pense comme une œuvre d’art : « une fois que les cuirs et doublures ont été choisis, les panneaux du corps sont découpés dans les zones principales de la peau afin que le grain corresponde. Ensuite, les pièces métalliques sont montées ; puis la doublure est cousue à l’extérieur. De cette façon, les composants métalliques ne sont pas exposés à l’intérieur du sac, assurant une finition lisse. Ce savoir-faire est ce qui définit la maison pour Ramesh Nair : « Chaque sac est fait du début à la fin par un seul artisan. Chaque pièce est unique et porte la touche personnelle de la personne qui l’a fait ». Une singularité et une signature emblématique de la maison donc.

Le Réjane est ainsi l’expression de l’âme de l’actrice, considérée par le New-York Times de l’époque « la plus élégante de Paris. » La nouvelle boutique Moynat au Bon Marché Rive Gauche sert d’écrin à ce bijoux au chic intemporel. Un écrin Rive Gauche couleur havane pensé comme une galerie d’art, façonné d’après les courbes de la célèbre malle Limousine. C’est à l’architecte Gwenael Nicolas, directeur du studio japonais Curiosity, que fut confiée l’élaboration de ce cabinet de curiosités chaleureux, sublimé par un travail minutieux du bois et du cuir, rappelant l’ambiance de l’Orient-Express. » 

L’Imprimé Flora par Gucci

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Chaque produit iconique est accompagné de sa petite histoire, tel un héritage transmis de mère en fille. Le Flora en est l’exemple parfait, offrant un récit intergénérationnel et emprunt de merveilleux. Frida Giannini, la directrice artistique de Gucci, en témoigne : « Ce motif me tient particulièrement à coeur car c’est dans les années 70, lorsque j’étais enfant, que j’ai vu pour la première fois ma mère et ma grand-mère porter le foulard Flora ». Une transmission familiale à travers les âges qui est symbolisée aujourd’hui par Charlotte Casiraghi, petite-fille de Grace de Monaco, pour qui le Flora a été créé en 1966 par Rodolfo Gucci, le fils du fondateur de la maison. Il s’agissait d’un cadeau sur mesure, proposé suite à l’achat du non moins mythique sac bamboo vert dans sa boutique à Milan. « Mes propres collections s’inspirant de ce motif de floraison éternelle, je suis particulièrement ravie de célébrer cette icône en collaborant avec Charlotte, qui est elle-même personnellement liée à l’histoire du Flora », poursuit Frida Giannini, directrice artistique de la marque avant la nomination récente de Alessandro Michele. La nouvelle égérie couronne ainsi une collaboration parfaite, symbolisant la femme Gucci à l’esthétique équestre, entre tradition, modernité, force, luxe et glamour.

Devenu un motif incontournable, le Flora est aujourd’hui décliné sur robe, chemisier, sac ou mocassin à mors, selon les goûts de chacune. Hymne somptueux dédié à l’art de la fleur, il incarne, selon Charlotte Casiraghi, « la nature dans toute sa beauté ». Pour un hiver des plus pastoraux, empli harmonieusement de simplicité et de splendeur. Pour une symbiose de la nature féminine, entre tradition et contemporanéité. Pour l’éternel Flora.

 

Le foulard Flora de Gucci en Quelques Dates

1960 : Grace Kelly est photographiée aux jeux olympiques de Rome avec un foulard floral: sa passion pour les fleurs et les foulards est bien connue.

1966 : La Princesse Grace de Monaco achète un sac Bambou vert dans le magasin phare Gucci de Milan et Rodolfo Gucci demande à l’artiste Vittorio Accornero de créer un cadeau pour accompagner l’accessoire. Accornero s’inspire desfleurs peintes par Sandro Botticelli sur la robe de l’allégorie de la Flore de sa peinture “Le Printemps” afin d’élaborer le légendaire foulard et motif Flora.

1960s : La création de Vittorio Accornero sur soie devient virale. Tout le monde veut son foulard et le monde de Flora s’étend à travers des nouveaux modèles, de chaussures et des robes conformes aux tendances des années 1960.

Les années 1960-1970 :  Des Célébrités comme Sophia Loren et Audrey Hepburn sont passionnées par les foulards et robes Flora.

1973 : Caroline de Monaco, fille de Grace Kelly, est photographiée en portant une blouse Flora.

1975 : Richard Ginori crée une collection unique de vaisselle en porcelaine inspirée par Gucci Flora qui deviendra un must des productions Gucci.

Les années 1970 – 1980 : Nouveaux modèles de chaussures et sacs, et nouvelle publicités, qui montrent le légendaire motif Flora, font leur apparition dans les collections Gucci.

2005 : Gucci lance les sacs Flora en toile pour la collection Croisière.

2009 : Gucci lance le parfum Flora et l’édition limitée Flora 1966.

2010s : Célébrités comme Jared Leto, Anna Wintour, les soeurs Kardashian, Emma Stone, Anne Hathaway et plusieurs autres raffolent du motif Flora.

2012 : Gucci lance l’exclusive collection de parfums Flora Garden.

2013 : L’amour de trois différentes générations pour Flora est célébré quand Charlotte Casiraghi est choisie comme égérie pour la campagne “Forever now”, qui célébre le motif Flora entre les codes principaux de la maison.

2013 : Gucci lance l’innovante Hobo Diana Flora Bambou pour la collection Printemps/été.

2013 : Frida Giannini réinvente le motif emblématique Flora sur les robes de la collection Croisière. 

2013 : Gucci lance la collection de joaillerie Flora.

2014 : L’artiste Kris Knight revisite le motif Gucci Flora de manière plus contemporaine.

2014 : La collection Printemps/été est une célébration de Flora pour homme.

2015 : L’exposition “Gardens of silk”, “Jardins de soie”, rend hommage à demi-siècle de créativité de Accornero pour Gucci Flora.

2015 : La collection Gucci Croisière est une célébration du nouveau motif Flora Knight.

2017 : Alessandro Michele revisite le légendaire code Flora pour la collection Printemps/été.

2017 : Flora est encore protagoniste dans la collection Automne/Hiver.

2018 :  dès l’ouverture du défilé Automne/Hiver 2018/2019, on retrouve une blouse délicate et fluide reprenant le motif Flora.

Le Boxer Bag de Krakoff

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Encore peu connu en France, Reed Krakoff est l’incarnation de l’americain dream : parcours sans faute pour ce new yorkais de 48 ans qui a su se faire une place de choix dans l’univers très exigeant de la mode US. Aucun superlatif ne semble assez fort pour qualifier l’ascension fulgurante d’un des créateurs les plus in du moment.

Après avoir fait succomber Julianne Moore, Rachel Zoé, Katie Holmes ou encore Anna Wintour et Michelle Obama, il part à la conquête de la planète fashion outre-Atlantique en s’associant à des  grands noms de la mode française : Sarah Lerfel pour Colette, Maria Luisa pour le Printemps ou encore Valérie Hermann, ex-présidente d’Yves Saint-Laurent.

Minimalisme sobre ou acidulé, formes épurées, élégance et sophistication sont les maîtres mots du style krakoffien qu’il définit lui-même comme étant – antagonisme exquis – du « confident  luxury », du luxe tranquille. Plusieurs de ses créations sont déjà des must-have : la jupe portefeuille, les bottines en python, le sweater inspiré des maillots de base-ball ou la robe oiseau figurent désormais au Panthéon de la mode.

Lancé en 2010 par la marque éponyme, le Boxer Bag de Krakoff est l’incarnation du luxe absolu. Sorte d’ovni fashion fait de « juxtapositions de palette, de texture et de détail », le sac boxer, hybride et chimérique, tient à la fois du cartable, du handbag et du sac de voyage. Le sac Krakoff est « boxer », référence visuelle aux poignets des boxers brutalement enveloppés de sparadrap avant un combat qui rejaillit sur le sac sous la forme d’une ceinture médiane assimilée à une sangle. Le choc visuel et esthétique, les associations parfois paradoxales marquent l’obsession de Krakoff pour les matériaux et les détails.

« It’s about design » s’évertue-t-il à dire : la griffe « RK » est luxueuse mais non tapageuse, architecturale mais non formaliste. Objet onirique, objet de possession, objet de désir, le boxer bag est juste comme son nom l’indique : un violent coup de cœur.

Les Geishas Modernes de Prada

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Le mot d’ordre est lancé ! Le terme de « Geisha moderne » ne trompe personne en découvrant la collection Printemps-été 2013 de la maison Prada. C’est Steven Meisel, photographe de mode, connu et reconnu pour son esprit sombre et provocateur, qui a immortalisé les tops les plus en vue du moment comme Irina Kravchenko, Eva Herzigova, Saskia de Brauw. Choix audacieux de Prada qui, pour immortaliser sa collection, est en parfaite harmonie avec l’univers du photographe.

Entre modernité et tradition, la collection regorge de surprises « japonisantes » : Kimonos revisités, sandales semblables aux tongs japonaises, vestes structurées inspirées des hakamas (pantalons à sept plis portés par les nobles du Japon médiéval). L’inspiration japonaise dans la coupe, la prédominance de la soie sous toutes ses formes, et dans le choix des couleurs sombres et rose nacré, est marqué par une touche de féminité par la présence de fleurs qui apporte un aspect poétique à la collection.

En effet, cet aspect poétique est relevé par Miucca Prada qui affirme qu’ « il est interdit de rêver, la nostalgie est interdite, être douce n’est plus bien vu. Les vêtements de cette collection sont l’illustration de ce rêve impossible : celui de retrouver ces sentiments que nous n’avons plus le droit d’aimer aujourd’hui. »

Cette collection est complémentaire car elle est à la fois représentative de la douceur et un appel à la rêverie féminine, mais également, par ses couleurs sombres et ses coupes asymétriques, une forme d’audace et un avant-gardisme certain. De la soie, de l’asymétrie, des fleurs…Voilà ce qu’on retrouvera au Printemps 2013. Comble du luxe, Prada préconise la fourrure pour l’Eté ! Miucca Prada revisite la Geisha au teint nude et à la bouche rouge explosive de façon moderne et chic, propre à la Femme fatale de Prada.