Pied-De-Poule Et Tailleur Bar: La Vision Sustainable Dior Pour Le Printemps/Eté 2020

Maria Grazia Chuiri a voulu une collection où créativité et sustainable fusionnent — Miss Dior et la coupe bar en têtes de condole!

De Christian Dior on connait la femme-fleur, son amour pour la rose et la délicatesse du parfum Miss Dior. Ce que l’on sait moins c’est que Catherine Dior, sa soeur, en plus d’être une résistante décorée après la Seconde Guerre Mondiale, a trouvé sa réminiscence dans la botanique et le jardinage… La nature et la beauté des fleurs ont en effet une résonance toute particulière pour cette femme exceptionnelle. Et c’est bien cela que Maria Grazia Chuiri a voulu souligner pour le Printemps/Eté 2020.

Le résultat? Une pléthore de silhouettes inspirée de cette jardinière, mais aussi et surtout les codes iconiques de la maison Dior injectés ça et là. Le motif pied-de-poule, présent dès les premières collections de Monsieur, fait plus qu’une apparition — mêlé à la ligne H, resserrée façon coupe Bar, il donne un cachet inattendu à la silhouette du Printemps/Eté 2020! Mieux, c’est coiffée d’un bob reprenant le mythique cannage du 30 Avenue Montaigne que la vision de Maria Grazia Chuiri gagne en pertinence!

Réalisé par Stephen Jones, « Les chapeaux pour Dior cette saison sont fabriqués à partir d’herbe récoltée en Suisse, en Italie aux Philippines et en France. Ce sont les Nations Unies, rassemblées en un chapeau de paille » plaisante le célèbre chapelier. Une ode à la nature certes, cette collection Dior Printemps/Eté 2020 sort aussi du cadre du désirable pour donner aux femmes d’aujourd’hui des pièces éternelles. Une sorte de fusion entre héritage et avenir, qui, sous couvert de Dame Nature, porte haut les revendications environnementalistes. Nul besoin de faire une mode fonctionnelle pour respecter la planète!

Le Tailleur Bar Dior se Teinte d’Or pour la Haute Couture Hiver 2018- 2019

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Rien ne sert de conter une nouvelle fois l’histoire du New Look et la révolution que Christian Dior initia en 1947. La maison qui porte son nom, ses ateliers et son savoir-faire sont là pour en témoigner. Et la semaine passée à Paris, au cœur des jardins du Musée Rodin, l’actuelle directrice artistique de la maison Dior a cherché à distiller l’essence, la nature même de la Haute Couture. Activité particulière et éminemment traditionnelle, la Haute Couture résonne tout particulièrement avec la grammaire Dior – il faut dire que Dior le couturier est parvenu à imposer une nouvelle vision de l’exercice sans en chercher la flamboyance.

Les ateliers, gardiens de la pensée Dior, ont ainsi assisté Maria Grazia Chiuri lorsque celle-ci a voulu revenir aux fondamentaux de l’Avenue Montaigne. Des fondamentaux qui passent inévitablement par l’interprétation de l’icône absolu de la maison – le tailleur-bar, pièce vedette de cette collection Haute Couture 2018-2019. Et la pièce cultive l’audace de ses débuts. Taillé dans sa forme originelle, le tailleur-bar s’accompagne ici d’un pantalon mais, façon or Dior. Oui, c’est bel et bien coulé dans cette teinte, dont Cocteau disait qu’elle faisait partie intégrante de l’univers Dior, que Maria Grazia Chuiri initie la combinaison la plus désirable de sa collection couture.

Cela, puisque le tailleur-bar a la force des intemporels – une pièce qui, fidèle aux gestes codifiés, se permet l’audace d’une telle teinte ! Ainsi twistée, l’icône Dior flirte avec le statut de pièce sacré ; une pièce comme hommage au passé de la maison, qui ouvre les nouvelles générations à la merveille qu’est l’exercice de la couture. Une élégance qui se murmure dans les détails plutôt qu’elle n’hurle sa singularité.

Doria Arkoun

La Robe Shiny Du Défilé Croisière Dior 2017

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Un train historique de la compagnie Pullman dépêché pour amener les 600 invités vers le château de Blenheim, tel fut le début de la Croisière 2017 signée de la maison Dior. Installés dans l’enceinte de mythique château de Blenheim, les invités ont ainsi pu découvrir une collection somptueuse, faite de pièces mixant l’essence fleurie du style British aux courbes iconiques du tailleur-Bar et autres essentiels de la maison Christian Dior. Parmi les silhouettes ayant défilé, une robe-trench ceinturée et cirée dans un noir tirant vers le vert foncé qui ne cesse de captiver. Poches zippées et col rond, c’est aux sources d’un style fonctionnel tant aimé de Christian Dior que le duo Serge Ruffieux et Lucie Meier fait référence.

Et Londres ne fut pas choisi par hasard. En effet, la collection, mise en boutique fin novembre, marque aussi l’ouverture d’une nouvelle boutique Dior, inauguré le 3 juin dernier sur New Bond Street. Au numéro 160-162, Peter Marino a ainsi imaginé la plus grande boutique du Royaume-Uni ; mieux, « pour la première fois, le monde de Dior est intégralement présenté en un seul lieu. De Baby Dior à la ligne maison, de l’homme à la haute joaillerie » assure l’architecte. Pour les clientes, il a aussi imaginé des cabines plus grandes, et un éclairage plus doux pour, affirme-t-il, offrir une expérience artistique authentique !

 

Journées Particulières : A La Découverte Des Icônes LVMH

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Outrepasser les murs et pénétrer au cœur de ses ateliers : le groupe recrée l’événement pour une troisième édition, par une visite unique de 53 lieux d’exception en France et en Europe. Comme une invitation au voyage. Le grand public est convié à notamment, découvrir aux ateliers d’Asnières-sur-Seine, comment sont fabriquées les robustes malles de voyage et sacs en toile Monogram qui ont fait tout le succès de Louis Vuitton.

Aux Salons Haute Couture de Givenchy, une visite de 30 minutes est prévue en présence d’une conférencière afin de comprendre le processus de création haute couture de la Maison. Chez Christian Dior, par exemple les visiteurs pourront certainement apprécier l’intemporel et raffiné tailleur bar. Pour Antoine Arnault, directeur général de Berluti et président de Loro Piana, à l’initiative de l’événement, « les journées particulières sont une nouvelle fois l’occasion de mettre en lumière la diversité des métiers et des savoir-faire qui font la richesse de nos maisons ».

Chaque visite est unique et permettra de découvrir des maisons aux savoir-faire ancestraux, qui perpétuent le geste des valeurs et du luxe à la française. Trois jours de rêve, où les visiteurs auront également l’occasion de découvrir d’autres emblématiques, en horlogerie et parfumerie par exemple, comme le légendaire flacon Shalimar, imaginé par Guerlain en 1925.

Le Tailleur Bar Dior Printemps-été 2016

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Une maison sans directeur artistique n’est jamais chose inconséquente. Le duo Serge Ruffieux et Lucie Meier, qui en assure l’intérim, a ainsi plongé au cœur des archives de Monsieur, pour donner à Dior l’allure couture post-moderne, déjà initiée et sublimée par Raf Simons. Et c’est la cour du musée Rodin qui avait servi de théâtre à la collection placée sous les signes de la chance et des superstitions.

Comme un hommage au goût de Christian Dior pour l’innovation et la recherche de formes nouvelles, le travail de Ruffieux et Meier tournait autour des broderies, des coupes et de décolletés travaillés avec la plus grande virtuosité par les ateliers. Épaules dénudées, décolletés décalés, l’amour de la nature partagé par Monsieur Dior s’incarnait aussi dans les fleurs, les insectes et autres volatiles qui, au détour d’une veste drapée ou tombant nette, surgissaient dans un mouvement très néo-couture.

Et c’est dans cet esprit que le Tailleur Bar fut complètement réinventé. « Repenser l’architecture particulière de la veste Bar, pour dénuder son dos tout en marquant sa taille, ou pour dégager les épaules tout en assurant de la tenue aux manches et au buste » pouvait-on lire dans le communiqué presse. Il est vrai que la veste gagne en désirabilité lorsque les manches extra-longues se font creuser pour démultiplier la sensualité du geste. En laine écrue, brodée de brins de muguet, l’une des fleurs fétiches de Christian Dior, la veste Bar s’impose donc sous nos yeux dans une attitude douce et libre, mais nuancée.

Le muguet de Dior en Quelques Dates

Les années 1940 : Ainsi que sa rose bien-aimée, Dior a une passion pour le Muguet. Il le porte comme ornement sur ses vêtements et depuis le début le muguet devient un des traits distinctifs de la maison Dior.

1954 : Christian Dior célèbre le muguet en nommant la collection Printemps/été exactement comment sa fleur bien-aimée.

1956 : Avec le maître parfumeur Edmond Roudnitska, il crée «Diorissimo», un parfum avec une intense note de muguet

1956 : Christian Dior crée une robe finement brodée avec muguets et faux diamants. La robe apparaîtra dans le film «Paris Palace Hotel».

1957 : Christian Dior dessine la robe emblématique «Le muguet», dans le cadre de sa nouvelle collection «Libre».

1959 : Grâce à Roger Vivier, les muguets entrent en scène sur les chaussures Dior.

1957 – 2000 : Même après la mort de Dior, le muguet devient un symbole emblématique de la maison. Pendant trois décennies Yves Saint Laurent, Marc Bohan et Gianfranco Ferrè, maintiendront la fleur bien-aimée du créateur au centre de ses collections.

Les années 2000 : L’intérêt de Dior pour le muguet trouve expression dans plusieurs secteurs du luxe. De la décoration d’intérieur aux arts de la table, jusqu’aux accessoires pour hommes et au design des vitrines. Baby Dior fait une grande utilisation des muguets ainsi que le cristal Dior en baccarat.

2000s : Pendant son histoire Dior a célébré plusieurs fois les muguets à travers les joyaux. Mais Victoire de Castellane va en fait plus loin, en dédiant certains uniques et précieux chefs-d’oeuvre à cette fleur.

2007 : Pour la collection Automne/Hiver John Galliano rend hommage au muguet Dior, en renouvelant à travers son style une emblématique robe Dior noire. Gisele Bundchen porte une emblématique broche Dior des années 1950 inspirée des muguets.

2012 : A l’occasion du 1er Mai, la maison Dior rend hommage au model «Muguet», avec un événement virtuel dédié à la célèbre robe de soirée de la collection Haute Couture 1957 Printemps/été.

2014 : Pour la collection Automne/Hiver Raf Simons transforme les muguets en un motif pour homme, au point que manteaux, pulls et costumes sont recouverts de fleurs. L’événement porte totalement sur la fleur: les invités sont accueillis avec un bouquet de muguets et une brève brochure qui explique son importance pour la maison.

2016 : Maria Grazia Chiuri célèbre le muguet avec une robe cousue main et finement brodée avec des perles et  autres matériaux précieux.

Le Tailleur Bar De Christian Dior

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 Cet amoureux de l’élégance présente sa première collection en février 1947, au lendemain de la seconde guerre mondiale. L’image de la femme-soldat d’usine est alors à occulter. Pour se faire, Dior mise sur la superposition des carrures ; tailles fines, métamorphosant la femme en une liane, juxtaposées à des jupes si larges qu’elles achèvent la transformation : une corolle, comme symbole des multiples facettes d’une féminité nouvellement libérée. Le tailleur est né. Emerveillée, nombreuses sont les élégantes à s’être précipitée vers cette nouvelle signature en T que Dior a enfantée. Une conception radicalement avant-gardiste qui a inspiré à Carmel Snow, rédactrice en chef de Harper’s Bazaar, le terme de « New look » pour qualifier ces nouvelles jupes de 40 mètres de tissus qui découvrent les jambes jusqu’à 30cm au-dessus du sol.

Tandis que la sphère mode s’incline devant ce talent déjà confirmé, l’opinion s’insurge, en pleine période de restriction : les ménagères de la rue Lepic entrent en furie quand elles voient les premières robes New look, allant jusqu’à empoigner les corsages et atomiser les toilettes. Jamais une mode n’avait déclenché un pareil mouvement, entre scandale et envie. Pourtant, le style luxueux et ostentatoire du tailleur-bar n’est lié qu’au savoir faire si singulier de Christian Dior qui se servit de tissu de toile de parachute, alors en soie. L’originalité du style Dior est donc totale : les silhouettes qu’ils proposent diffusent un nouveau volume, symbole d’opulence et de liberté quand l’uniforme de la parisienne d’après-guerre voue un culte à la poitrine plate et aux jupes courtes.

 

Le Tailleur Bar en Quelques Dates Clés :

Fin 2017 : la maison Dior présente sa collection Croisière 2018 en Californie, où nous retrouvons une veste de tailleur Bar revisitée dans une version frangée.

2017 : rétrospective d’exception pour les 70 ans de la maison Dior aux Arts Décoratifs de Paris avec focus sur le New Look.

23 Janvier 2017 : pour son premier défilé Haute Couture, Maria Grazia Chiuri présente un néo-tailleur Bar fluide, dans sa couleur originale.

Croisière Décembre 2017 : Maria Grazia Chiuri affiche un tailleur Bar dont elle a remonté la taille et adouci les lignes

2016 : présentation lors du dernier défilé Haute Couture Automne-Hiver 2016-2017 de la version revisitée du tailleur Bar.

2016 : présentation de la collection Croisière à Londres.

Printemps-été 2016 : Serge Ruffieux et Lucie Meier présente un tailleur Bar réinventé : broderies et manches extra-longues.

Fashion Week 2016  à Paris : Raf Simons impose ses codes chez Dior et revisite le tailleur Bar.

À l’occasion des journées particulières du 20 au 22 Mai 2016, le groupe LVMH présente les secrets de confection des objets les plus emblématiques de ses marques, comme le tailleur Bar de la maison Dior.

23 octobre 2015 : l’évolution du tailleur Bar à travers les différents directeurs artistiques de la maison Dior.

Août 2015 : Marion Cotillard porte l’iconique tailleur Bar.

Le 10 août 2015 : présentation à Granville, épicentre normand de l’enfance du créateur, du fameux New Look et de l’iconique tailleur Bar qui ont bouleversé l’histoire de la mode en 1947.

Le 6 juin 2015 : la révolution du tailleur Bar est présentée à l’ouverture de l’exposition Dior.

Printemps-été 2015 : la robe bustier Haute Couture présente une fusion hallucinogène du tailleur Bar et de la fleur : deux signes forts de la maison Dior.

Mai 2015 : présentation de la collection Croisière dans les Alpes Maritimes et du tailleur « Bar » revisité.

2014 : naissance du sac Dior Bar, faisant évidemment révérence à l’iconique tailleur Bar, qui lui date de 1947.

Août 2014 : la collection de joaillerie Dior fait écho aux iconiques robes et tailleurs de la Maison, comme la bague Bar qui rend hommage au célèbre tailleur à la ligne géométrisée.

21 mai 2014 : la maison Dior dévoilait le tailleur Bar de sa collection Croisière lors d’un défilé à Brooklyn.

2013 : Pour sa collection Printemps-été 2014, Raf Simons propose un tailleur Bar aux lignes inédites.

Printemps-été 2013 : Raf Simons réinvestit le tailleur Bar : il le simplifie et en inverse les codes.

9 Novembre 2012 : les pièces iconiques de Dior, dont le fameux tailleur Bar, s’invitent au Printemps Haussmann.

Printemps-été 1997 : John Galliano actualise le tailleur Bar dans sa collection Diorosa.

1992 : Linda Evangelista porte le tailleur Bar.

1957 : Marlene Dietrich porte le tailleur Bar.

1947 : Dior associe l’escarpin à son tailleur Bar.

12 février 1947 : Christian Dior présente sa première collection avec l’iconique tailleur Bar.

Le Tailleur Bar Collection Croisière de Dior

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« New-York m’est devenu presque aussi familier que Paris », écrivait Christian Dior en 1957 dans son autobiographie Christian Dior & moi. Il faut dire que le couturier a entretenu une relation de longue date avec les Etats-Unis. Aujourd’hui, sous les doigts de Raf Simons, le New-Look qui fit sa renommée Outre-Manche se profile sous un nouveau jour. Les volumes se resserrent et la silhouette s’affûte pour offrir cette saison une allure graphique et impertinente. Dans une démonstration de coupe virtuose, la veste Bar voit sa taille remonter d’un cran tandis que s’adoucissent ses lignes : la veste s’achève dans une pointe foulard. Le New Look se redessine ainsi dans des matières diaphanes et des coupes plissées.

L’ampleur de la jupe taille haute est maîtrisée ; les matières sont inédites. Pour ­restructurer la ligne près du corps, Raf Simons décline le Tailleur Bar dans une laine technique japonaise, proche du Néoprène, couleur noir charbon. « Les plis plats donnent une allure urbaine des plus sophistiquées » explique-t-il. Au final, Raf Simons architecture pour Dior l’allure d’une femme moderne et respectée. Une veste Bar profilée qui, quand elle s’ancre dans une mode sensuelle et déstructurée, devient le plus bel hommage à l’esprit résolument contemporain de Christian Dior.

Le Sac DiorBar

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Depuis cette première collection, Christian Dior n’a eu de cesse de créer un univers printanier de façon à sublimer la femme trop longtemps enfermée par les restrictions dues à la guerre. Le tissu se déploie, embrasse le galbe des hanches pour le faire jaillir sous ces formes de corolles, épouse la taille et structure les épaules pour une silhouette chic et élégante, féminine et amoureuse. À l’heure où Raf Simons entame sa conversion Dioresque, il offre au monde les plus belles références de la maison dans des détournements inattendus et emplis d’une nostalgique passion historique.

La révérence se fait évidemment devant un Tailleur Bar, souvenir de ces fins d’après-midi où cocktail rimait avec le luxe des bars de grands hôtels. De celle-ci naît le sac DiorBar reprenant méticuleusement les caractéristiques principales d’un mastodonte de l’histoire de la mode. Les lignes arrondies ne tardent pas à répondre à la forme simple et à la fois stricte d’un sac sensuel clos par deux fermoirs bijoux aux initiales du maître-couturier. Les courbes féminines dialoguent avec une palette de couleurs variées et des matières riches déclinées en veau gainé, cuir d’autruche ou crocodile. Ultime rappel, le profil du DiorBar évoque le « 8 » de la silhouette imaginée par Dior et inscrit cette création dans l’infini d’un passé réinventé.

La Montre Dior VIII

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Ne disait-il pas « Le noir et le blanc pourrait suffire mais pourquoi se priver de la couleur ? ». De fait, ancrées dans l’univers du créateur, la Dior VIII est faite de symboles toute entière, à commencer par son nom. Le huit, chiffre récurrent, rappelle la date de création de la maison, le 8 Octobre 1946 ; le nom de la première collection baptisée « En Huit », ainsi que le VIIIè arrondissement de Paris, adresse de la maison Dior avenue Montaigne. Enfin, il s’inscrit dans un cercle infini lorsque s’inverse le chiffre étendard, signe d’un garde-temps absolu de la femme Dior.
Le design s’emploie aussi à se remémorer les années fastes de la maison de Haute Couture avec le motif pyramidal des maillons en souvenir du tailleur « Bar », silhouette si emblématique du New Look et révolution des années d’après guerre. De plus, c’est dans l’optique d’aborder une harmonie des créations d’hier et d’aujourd’hui que se déploie ce duo de montres aux couleurs vitaminées en hommage à la garde-robe féminine de Raf Simons. Dès lors, son envers se traite avec autant d’exigence que la doublure d’une robe. D’un cuir bleu métallisé associé au rose des saphirs, la seconde tient dans l’opposition des teintes, quand le cadran en céramique noire renforcé en acier inoxydable vient assagir l’explosion vibrante, pour ne pas se départir de cette élégance si chère à l’esprit Dior. Disponibles en seulement 188 exemplaires chacune, l’audace de la création couplée à l’élégance passée reste donc une fleur rare.

Le Tailleur Bar Printemps 2013 de Dior

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Le 12 février 1947, Christian Dior expose sa toute première collection Printemps-Eté, ligne Corolle et En huit, dans sa maison de couture, avenue Montaigne. Immédiat et éclatant, le succès est tel que Carmel Snow, la rédactrice en chef de Harper’s Bazaar, s’exclame : « Dear Christian, your dresses have such a new look ! ». Une expression éponyme devenant aussi iconique que le style qu’elle décrit.

Suivant la graphie du chiffre 8, la silhouette se présente tel un calligramme composé de nouveaux codes et dessinant la femme Christian Dior. La taille est étranglée, les épaules s’arrondissent et s’adoucissent, créant une sereine harmonie. La jupe, déployant la forme d’une corolle, est plissée et allongée jusqu’à mi-mollet : un volume, une technique et une longueur qui exigent un métrage considérable pour sa confection. Les basques sont rembourrées et se décollent des hanches, renforçant la délicatesse de la taille. Le couturier explique sa démarche créative : « Nous sortions à peine d’une époque démunie, parcimonieuse, obsédée par les tickets et les points-textile. Mon rêve prenait donc naturellement la forme d’une réaction contre cette pauvreté. […] Nous sortions d’une époque de guerre, d’uniformes, de femmes-soldats aux carrures de boxeurs. Je dessinais des femmes-fleurs, épaules douces, bustes épanouis, tailles fines comme lianes et jupes larges comme corolles ».

Une apostrophe à l’efflorescence et à la floraison que Raf Simons réinvestit cette année. Dans sa dernière collection Printemps-été 2013, le tailleur-bar est retrouvé. La veste au col croisé se décolle éternellement des hanches, la jupe arbore toujours le plissé. Le jeu sur les longueurs est frappant. La basque est géométrisée et allongée, métamorphosant la veste en une courte « robe-manteau » : des poches à rabat peuvent ainsi être rajoutées. La jupe quant à elle est raccourcie, simulant presque le fond de robe, à peine visible sous la veste-tailleur. Minimalisme et inversion des codes cassent ainsi l’élégance traditionnelle afin d’en dessiner une nouvelle. Les formes sont simplifiées, fluides, et habillées de noir. Un noeud souple et imposant, paraphe de Dior, parfait le dos de la tenue. Epure et composition chimérique s’allient savamment pour nous offrir la nouvelle fraîcheur florale et dioresque du tailleur-bar.