La Robe Corolle Haute Couture Dior Automne/Hiver 2016

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Afin de réaliser sa collection haute couture 2016, Raf Simons est parti de quelques concepts : la pureté, l’innocence, l’opulence, mais aussi la décadence. Dans un temps coincé entre deux, la saison couture de Dior s’écrit à l’aune des maîtres primitifs flamands. Nous parlons de ceux d’Anvers, cette ancienne région des Pays-unis, aujourd’hui nommés Pays-Bas. En les faisant rencontrer les maîtres artisans de la haute couture française, Raf Simons réussit la synthèse difficile entre techniques plastiques et art majeur. Le résultat lui-même détonne : entre réserve ecclésiastique, envolée champêtre et décadence d’Ibiza, l’artiste met au jour une nouvelle femme Dior, libre, et encore plus stylisée.

            Ouvert, fermé, exposé, le corps appairait plus vivant que jamais. Dans cette robe corolle, les femmes fleurs de Christian Dior prennent vie dans un sens inédit. Eclairée à la lumière du Jardin des Délices du peintre Jérôme Bosch, la modernité de la féminité de Raf Simons se cache là. Dans ces références artistiques allant jusqu’au pointillisme qui vient griffer, pour l’embellir, la robe corolle de la collection couture 2016. Comme les fleurs habituelles de Dior, il brouille ici la tradition de manière impressionniste, sur des robes aux proportions follement XIXe. Une pièce hautement désirable. Oui, Raf Simons parvient ici à transformer le passé pour donner sens à aujourd’hui.

Le Polo Ralph Lauren

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Alors que rien d’autre que le talent n’appelait Ralph Lauren au succès, la marque du jeune homme, initialement vendeur de cravates dans le Bronx, connait la gloire dès 1970. Se faisant connaître par les costumes preppy et bon ton qu’il réalise pour le film The Great Gatsby, c’est grâce à son logo que la marque acquerra son côté iconique. En 1971 paraît le symbole de son enseigne américaine, le joueur de polo monté sur un cheval, inspiré de ce sport bourgeois tant admiré par Ralph Lauren. Entrant avec résonnance dans l’histoire des self-made men, il connait un succès retentissant au travers du polo en 1972. Désigné dans son magasin de Beverly Hills indiscernable d’un authentique manoir anglais, le vêtement phare se décline en vingt-quatre couleurs différentes. A manches courtes, léger mais habillé, le polo est la quintessence même du style Ralph Lauren, à l’effigie des Hamptons families.

Le polo est l’incarnation d’un chic populaire et d’une nonchalance « made in USA » : il donne au créateur une place méritée parmi les plus grands, comme le rappelle Calvin Klein, voisin de Ralph Lauren à ses débuts : « Il s’habillait toujours de manière originale. Moi, j’étais plus marginal, plus provoc. […] Ralph, lui, avait l’air de venir d’ailleurs. ». La « Laurenisation de l’Amérique » se poursuit alors au travers du polo et de sa mixité, faisant des années 1980 la décade estampillée Ralph Lauren. En effet, la version féminine, empruntée au vestiaire masculin, vient s’ajouter à la collection de prêt-à-porter un an après la sortie du modèle pour hommes. C’est en réalité à la demande de sa femme, Ricky Lauren, qui avait pour habitude de se composer des tenues avec des habits masculins, qu’il crée sa première gamme de vêtements pour dames.

Représentation classique d’une Amérique accomplie et distinguée, le polo Ralph Lauren s’exporte et se mondialise, comme égérie d’un chic intemporel et décontracté. Après avoir pris part à la réalisation des costumes de l’équipe nationale olympique des Etats-Unis en 2012, le créateur réaffirme le rayonnement international de sa pièce maîtresse par un succès indubitable. Substantif d’un vêtement qui s’était vu initialement donner d’autres noms, comme le « tennis shirt » de Lacoste, le polo est à lui seul le pionner d’un genre. Devenu l’image universelle des élites et classes moyennes aisées à travers le monde, le polo est plébiscité pour sa qualité, préoccupation première du créateur. Rêve accompli du jeune Ralph Lauren lycéen qui inscrivait vouloir devenir millionnaire au yearbook de fin d’année, le polo et ses inventives déclinaisons continuent de faire briller la marque depuis quarante ans déjà. Comme le rappelait David Lauren, fils du fondateur renommé, l’histoire de la marque est l’histoire d’un polo : « It’s not about fabric. It’s about dreams. ».

Tod’s & Scott Schuman Shoot Le Mocassin Marlin

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La maison Tod’s présente aujourd’hui un nouveau concept : après le lancement du second volet de Dots of Life, la maison italienne présente un projet centré autour de son icône : le mocassin. Mais cette fois, c’est au tout aussi iconique photographe de street style Scott Schuman – the Sartorialist – que Tod’s s’est tourné. Quand il a commencé, Scott Schuman tentait « de définir le Style ». En le cherchant là où tout le monde le cherche, de Lagerfeld à Armani en passant par Monsieur Yves Saint Laurent : dans la rue. De fait, Scott s’est plu à immortaliser designers, journalistes de mode, entrepreneurs ou étudiants branchés tous chaussés de l’un des modèles phare de la collection été : les mocassins Marlin.

            De Paris à Milan en passant par New-York, Tod’s met sous lumière moderne un modèle initialement lancé dans les années 80. Caractérisé par sa fameuse semelle en gomme blanche, le soulier est idéal pour une promenade en bateau ou en ville. Mocassin léger et charismatique, sa semelle allie caoutchouc et matières nobles – fruit de la maestria des artisans Tod’s qui ont innové en lui appliquant les techniques de fabrication utilisées pour les gants… Le Marlin fut ainsi choisi par Scott pour illustrer la mode, ou plutôt sa vision du style. Au fil de clichés aux impressions variées, l’œil attentif de Scott Schumann a su capturer le style unique et versatile de chaque individu chaussé du Marlin. Une série mode délicieuse et racée, à parcourir sur le site de la maison Tod’s.

Zoom sur le Marcel

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Apparu dans la capitale française à la seconde moitié du XIXè siècle, le Marcel, qui ne doit pas son nom au hasard, devient au cours des décennies d’après-guerre une réelle pièce de mode – assurément sensuelle. Marlon Brando en 1951 dans Un Tramway Nommé Désir en arbore un exemplaire blanc simplissime, très léger et moulant, particulièrement échancré tant à l’avant qu’à l’arrière du cou, donnant ainsi une visibilité décuplé à ce qui jusqu’alors avait demeuré le vêtement de la besogne.

Avant l’acteur, et encore bien avant les femmes donc, seuls les travailleurs pauvres des zones marchandes et industrielles en font usage ; et cet usage remonte aux alentours de l’an 1860, à l’époque où fourmillent les Halles de Paris. Là, un manutentionnaire arrache à son habit les manches pour libérer ses épaules et ses bras. Très tôt tous font de même, de sorte que se hâte vers eux un certain Marcel Eisenberg, propriétaire d’une usine bonnetière dans la ville provinciale de Roanne. L’homme décide de la production en masse de ce nouveau juste-au-corps pour le buste. En conséquence tout s’accélère, et le Marcel voit son port se diffuser chez les classes populaires. Ayant rapidement fait la preuve de son utilité, l’Histoire l’emploiera dans ses guerres, et l’introduira dans ses évolutions de moeurs, entrainant sa banalisation, fondant par là-même son immortalité…

La mode quant à elle, expansive, innovante, avide de tendances et experte en récupération, se saisit du petit débardeur parisien des débuts. Tantôt elle le restaure et le pérennise, et le fabrique donc en coton blanc, surtout comme sous-vêtement ou pièce homewear. Tantôt elle le repense, lui donnant de plus larges bretelles (Dries Van Noten, Dolce & Gabbana), plus ou moins de souplesse ou d’amplitude… Le Marcel n’emporte pas l’adhésion d’une majorité certes, mais ceux qui, des deux sexes, en ont fait une pièce maîtresse de leur vestiaire estival, et savent pertinemment l’intégrer à leurs tenues, jouant de la sensualité qu’il suggère et du style décontracté qu’il nourrit, ne se sont pas trompés ; et traduisent ainsi, en toute simplicité, et de façon même inconsciente, leur rattachement à une parisianité substantiellement audacieuse.

Le Maquillage Chanel Sublime le Défilé des Dix Créateurs du Festival de Hyères

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Crée par Jean-Pierre Blanc en 1986, et présidé par Didier Grumbach, le Festival de Mode et de Photographie d’Hyères ne cesse depuis de soutenir jeunes photographes et créateurs de mode. Son objectif premier demeure la promotion des nouvelles générations. Cette année, la maison Chanel s’est associée aux organisateurs de l’évènement en qualité de Grand Partenaire du Festival. Une collaboration inédite au titre de laquelle Chanel adjoint aux défilés ses icônes beauté. Comme en soutien aux activités mode du festival, la maison aux deux C devient, le temps de l’évènement, le partenaire officiel de la cabine maquillage des défilés. Dix créateurs donc, de dix nationalités différentes qui, au rythme de ces trois jours ont présenté des collections plus audacieuses les unes que les autres. Bien mieux : en écho aux valeurs du festival, Chanel renoue là avec l’âme même de Mademoiselle. Dans la continuité d’un engagement commencé il y a cent ans, la maison s’anime de la même curiosité, du même désir de promotion de l’avant-garde que Gabrielle – « Je veux être de ce qui va arriver », aimait à dire Mademoiselle Chanel.

Autodidacte et visionnaire, Mademoiselle Chanel a créé un style. Aujourd’hui, à travers ce partenariat, la maison exprime une fois de plus sa volonté d’ouverture à des univers différents. Continuant par là même d’affirmer son attachement à la créativité, la marque devient, en plus de l’ambassadrice de la cabine maquillage des défilés, le mécène principal de l’exposition permanente « Charles et Marie Laure de Noailles, une vie de mécènes ». Mieux, la maison décida d’offrir au lauréat du Grand Prix du Jury Première Vision 2014, la possibilité de concrétiser un projet avec les Ateliers des Métiers d’Art, s’engageant par la suite à financer le développement de 5 silhouettes. Et, depuis peu, nous savons que c’est finalement la créatrice Japonaise Kenta Matsushige, nouvelle lauréate, qui en bénéficiera.

Le Mocassin à Picots Tod’s en Campagne

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Le « Gommino » a été créé avec l’intention de mêler le classique chic à italienne à une chaussure en toute occasion praticable. Un soulier qui, inspiré des chaussures de conduite en vogue dans les années 50, se recouvre de « cailloux » sous le couvert de Tod’s ; un signe distinctif que composent ses 133 picots de la même couleur que le cuir utilisé pour la chaussure. Délicate et fonctionnelle, de la chaussure se dégage l’esprit décontracté ; le flegme de la noblesse. Cousu dans les meilleurs cuirs et bénéficiant du savoir-faire artisanal de la région, le mocassin à la semelle toute légère s’impose dès le départ comme un produit de grande qualité.
Un style unique, une icône dans le monde de la mode qui, pour la campagne 2014, expose et dévoile des couleurs douces et vivantes. Tod’s et ses touches créatives ont su faire du mocassin un symbole de style intemporel. Bruno Van Mossevelde choisit ainsi de centrer l’imagerie du Gommino sur lui-même : des chevilles et des jambes sublimées d’élégance taquine, jouant de l’esprit unique du style italien, jusque dans les moindres détails.