La Belle de Roger Vivier, un Soulier Emblématique

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C’est en 1937 que Roger Vivier fonde, à Paris, sa maison de chaussures. Et très vite, le style Vivier fait école — virtuose de la forme et de la matière, l’artiste parvient à élever le soulier au rang d’oeuvre d’art. Plastique, bois, dentelle de Bruges, corde tressée, satin, ou drapé… Roger Vivier conçoit, coupe et crée des souliers follement exquis. Les femmes ne s’y trompent guère – les artistes aussi : féru de music-hall, il signe ses premières pièces sur mesure pour Joséphine Baker.  Ornées de paillettes et de pampilles. La signature Vivier se reconnaît entre milles. Son savoir-faire aussi. Pour sa cérémonie de couronnement, Elizabeth II s’adresse à Roger Vivier. Pour la Reine d’Angleterre, il signe des souliers en chevreau or brodés de grenats assortis à la couronne. 

Mais le Youthquake des années 1960 entraîne avec lui un changement radical dans les silhouettes — moderne et épuré, le style Vivier s’adapte ou, plutôt, capture l’époque. Déjà associé à la maison de Christian Dior, Roger Vivier est appelé par Yves Saint Laurent afin d’imaginer les souliers qui ponctueront sa nouvelle ligne : la silhouette Mondrian. En 1965, le voilà qui signe les escarpins vernis noir à boucle métal de la collection — la Belle Vivier, une chaussure habillée, éperdument en phase avec la jeunesse. Bout rond et talon bas, la pièce est photographiée sur Jackie Kennedy dans l’édition de décembre 1966 du Women’s Wear Daily. Un an plus tard, c’est sur Catherine Deneuve que les souliers Roger Vivier entrent définitivement dans l’imaginaire populaire ! 

En 1967, Catherine Deneuve immortalise la Belle Vivier dans le film Belle de Jour du réalisateur Luis Buñuel. Un petit bijou aussi pratique qu’élégant, le soulier Vivier est si reconnaissable qu’il devient la signature maison. Et aujourd’hui encore, l’impact d’un tel design demeure intact. Acquise par Diego Della Valle, la maison Roger Vivier peut désormais poursuivre l’oeuvre du Fragonard de la chaussure. Bruno Frisoni, directeur artistique jusqu’en 2018, transcrit le style de la Belle Vivier au présent. « Lorsque je les ai redessinés, je n’avais jamais eu les originaux entre les mains. La boucle actuelle est plus rectangulaire que carrée et a des angles arrondis. Le talon est plus plat. C’est la même image, mais pas la même silhouette. » L’icône absolue de la maison fait brûler de désir les belles du jour.

 

La Belle de Roger Vivier, Quelques Dates Clés

2018 : Collection « Mystery Kiss » Automne/Hiver 2018/2019, dernière collection du directeur artistique Bruno Frisoni

2018 : Collection Printemps/Eté 2018 sortie de la collection VERTIGO inspirée du classique de Roger Vivier avec Ana Girardot comme nouvelle égérie 

2017 : Automne-Hiver 2017/1018 installation de Jean-Paul Goude pour la nouvelle collection

2017 : Brigitte Macron porte une paire de Belle Vivier Trompette lors de la réception à l’Elysée du Premier ministre libanais Saad Harir 

2016 : Automne-Hiver 2016/1017 sortie de la nouvelle collection Belle de Nuit avec Louise Follain comme égérie

2016 : Nouvelle réinterprétation de la boucle Belle Vivier dans la collection Flower Strass

2015  : Lancement d’une édition spéciale limitée de la Belle Vivier, 8 paires disponibles exclusivement dans la boutique de Genève

2015 : Jeanne Damas visage de la campagne Automne/Hiver 2015-2016

2014 : « Le Bazar » Collection Automne/Hiver 2014/2015 avec la nouvelle Belle de Nuit et autres interprétations de la fameuse boucleivier

2013 : Kerry Washington porte une paire de Belle de Nuit au MTV Movie Awards

2012 : Belle Vivier déclinée en couleurs pop dans collection Gommette Printemps-Été 2012

2012 Mars : la maison Roger Vivier propose ses célèbres ballerines « Gommette » en modèle enfant. Une micro capsule baptisée « Roger Vivier – Jeune Fille » qui se décline en cinq coloris (bleu, noir, blanc, rouge et rose) du 27 au 34, ornés d’une boucle amovible. Une partie des ventes est reversée à une association différente selon les pays. En France il s’agit de Mécénat Chirurgie Cardiaque

2011 : Les chiquettes de Roger Vivier à l’affiche des « Bien-Aimés » de Christophe Honoré

2011 : Victoria de Suède réitère au Polar Music Prize

2011 : Inès de la Fressange porte une paire de Belle Vivier au festival de Cannes

2011 : Anne Hathaway porte une paire de ballerine « Gomma » à Santa Monica

2010 : Katie Holmes porte les chaussures Belle Vivier lors de la première du film Extra Man

2010 : Freida Pinto porte une paire de Belle de Nuit au Hamptons International Film Festival

2010 : Catherine Deneuve porte des escarpins Belle de Nuit dans le film « Potiche » de François Ozon

2010 : Victoria de Suède se marie avec une paire de Belle de Nuit 

2009 : Jessica Alba porte une paire de Roger Vivier lors de l’avant-première de « My Bloody Valentine 3D » à Los Angeles

2008 : Catherine Deneuve porte une paire de Belle Vivier aux funérailles d’Yves Saint Laurent

2003 : Inès de la Fressange devient ambassadrice Roger Vivier

2003 : Arrivée de Bruno Frisoni comme directeur artistique de la maison Roger Vivier, il redessine la fameuse boucle, la rend plus actuelle, plus rectangulaire que carré avec des angles arrondis 

1968 : Grace Kelly porte une paire de Belle Vivier lors de sa visite à Fred Astaire sur le tournage de « La Vallée du bonheur » de Francis Ford Coppola

1967 : Jackie Kennedy porte une paire de Belle Vivier

1967 : Modèle immortalisé par Catherine Deneuve dans « Belle de Jour » de Luis Buñuel

1966 : Sophia Loren porte une paire du classique Roger Vivier

1965 : Roger Vivier signe les escarpins vernis à boucle métal de la collection Mondrian d’Yves Saint Laurent (les Chiquettes)

L’Escarpin Hangisi Par Manolo Blahnik

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C’est en 1970 que Manolo Blahnik croise le chemin de Diana Vreeland. Intéressée par son talent, le « Big Chief Forever » lui conseille de se concentrer uniquement sur le soulier. C’est ce qu’il fera, à partir de 1972. Cette année-là, le designer anglais Ossie Clark commanda à Manolo Blahnik la réalisation de toutes les chaussures de son défilé : c’est la révélation. Blahnik passera maître de l’art de la cambrure à la perfection, préférant imaginer des souliers au style et au confort incomparables. Pour lui, chaque chaussure se doit d’être parfaite – Manolo Blahnik se bat pour la qualité, et rien d’autre ! Et c’est ainsi que les Hangisi sont nés. Ces escarpins en satin, à talons aiguilles et à bout pointus, sont identifiables de par leur large boucle carrée ornée de strass – sans doute la création la plus luxueuse jamais créée pour les pieds. Pourtant, l’emblème Blahnik n’aurait sans doute que peu joui de cette notoriété sans une publicité d’enfer pour le chausseur plutôt discret, celle d’une Carrie Bradshaw totalement accro aux créations de Manolo.

L’équation Blahnik a tout du produit iconique : l’équilibre sophistiqué et modérée de l’ensemble du soulier élève ses créations au rang d’oeuvre complète juchée sur un talent ni trop élégant ni trop élancé. Unique en son genre, la griffe Manolo Blahnik permet tout à la fois d’obtenir une cambrure chic et sexy, et de tenir en parfait équilibre sur ses talons. Ingénieuse, la maison l’est, et c’est ainsi qu’elle s’attache à réinventer sans cesse la chaussure féminine par des formes innovantes, des mélanges de matières ou de couleurs… Madonna un jour est même allée jusqu’à décrire l’expérience comme « mieux que le sexe .» Un exercice de précision, d’équilibre, de savoir-faire et d’amour du luxe anime donc l’artiste qui, à l’instar des Dieux, veille sur notre particularité, et puis, comme lui-même le dit : « Vous n’avez pas été fabriqués en série, alors soyez unique ! »

Les Slippers de Tod’s

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Le processus de fabrication des produits Tod’s relève d’une méthode unique dans laquelle artisans et spécialistes perpétuent une tradition, une coupe, et un travail hérités. Mais la Maison Tod’s est aussi et surtout une rencontre entre la tradition respectée et l’innovation adoptée. C’est ainsi que chacun des objets réalisés devient une pièce unique, un chef d’œuvre de cuir fabriqué à la main, reconnu et apprécié dans le monde entier.

Cette saison, le soulier star de la maison est indéniablement le slipper floral. Pour cette collection ultra limitée, Tod’s use de couleurs inspirées des lieux mythiques de la Riviera. Entre l’espadrille et le Gommino, les slippers Tod’s se teintent de bleu et blanc à l’image de Capri, de rouge amarante comme Saint-Tropez, d’émeraude pour Porto Cervo, de blanc et d’ardoise pour le littoral chic de Forte dei Marmi. Une pièce déjà iconique à découvrir à partir du mois de mai dans les boutiques Tod’s de Saint-Tropez, Capri, Porto Cervo et Forte dei Marmi.

Le Soulier Bicolore de Chanel

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Dans la frénésie de l’après-guerre, la modiste Gabrielle Chanel entreprend de révolutionner l’allure des femmes. Au grès de ses amants, au fil de ses voyages, de ses rencontres et de ses loisirs, Coco n’a de cesse d’observer, d’analyser et de décortiquer de son œil d’esthète les composants des vêtements arborés. L’histoire du soulier bicolore s’esquisse sur le yacht du duc de Westminster. L’œil affûté de la visionnaire imprime sur sa rétine les souliers portés par ces hommes : toile naturelle et bout en cuir noir, il est amusant de retrouver un graphisme identique sur les sandales à semelle épaisse et bout noir nonchalamment jetées sur l’épaule de son ami danseur et chorégraphe, Serge Lifar. Il faut dire qu’à l’époque activités sportives ou mondanités se pratiquent chaussé de souliers en toile beige et bout en cuir noir… pour dissimuler les éventuelles taches. Chanel tient là l’esthétique de sa prochaine icône. 1957, fidèle à sa vision d’une femme élégante, racée et distinguée, car libre dans ses mouvements, Mademoiselle Chanel s’en inspire pour confectionner un escarpin ouvert, beige à bout noir, bordé d’une fine bride élastique sur le côté. Exit la boucle ! Pour la première fois, un élastique maintient le talon. Et ici réside l’une des grandes innovations techniques de l’histoire de la chaussure. Mais Chanel est avant tout une artiste – une virtuose du vêtement : le parti-pris bicolore, c’est aussi et surtout une façon de composer autrement la silhouette. En effet, le bout noir légèrement carré raccourcit le pied, tandis que le beige se font dans l’ensemble et allonge la jambe.

Puisqu’ « une femme bien chaussée n’est jamais laide », avec cette seule paire, Gabrielle Chanel s’est assurée de répondre aux exigences des élégantes ; ce pour toutes les heures du jour et de la nuit. La couturière a voulu son soulier confortable, et parfaitement adapté aux nouvelles vies de ces femmes modernes. Raymond Massaro et son père, bottiers attitrés de la maison Chanel, ont donc conçu une sandale asymétrique où la bride ne maintient que le côté extérieur du pied pour lui laisser le plus de liberté possible. On court, on danse, et on s’élance dans la ville avec une aisance et une facilité toute nouvelle tant la tension de l’élastique sur l’arrière de la cheville pare à tous les mouvements. Comme le rappelle malicieusement Raymond Massaro : « la pire chose qui puisse arriver, c’est qu’une femme en veuille à son bottier lors d’une soirée.». Le soulier bicolore est ainsi fait pour ne jamais embarrasser: composé autour d’une esthétique graphique et plein bon sens, l’icône est une griffe « Massaro pour la maison Chanel.»

 

Le Soulier Bicolore, Quelques Dates Clés

Défilé Automne-Hiver 2017-2018 : La version botte bicolore se fait toute en paillette pour cette nouvelle saison s’inspirant de la stratosphère et de tout ce qui touche au futur.

Pré-collection Automne-Hiver 2017-2018 : les bottes bicolores sont coupées dans un daim coloré décliné en beige, gris, noir, vert canard, bleu ou encore rouge.

Printemps-Eté 2017 : la ballerine bicolore devient futuriste avec son coloris argent et toujours dotée d’une pointe noire.

2017 : La slingback est considérée comme la paire de chaussure la plus tendance du moment.

Collection Automne-Hiver 2015-2016 : la maison de couture signe 4 vidéos sur l’art de porter le fameux escarpin nommées « Slingback ». C’est le grand retour de « la beige et noir » puisque Karl Lagerfeld a chaussé tout son défilé de prêt à porter de la même paire unique.

Octobre 2015 : Le soulier Bicolore fête ses 60 ans !

Printemps-Eté 2015 : Collection prêt à porter, la bicolore se réinvente en Derbies de cuir or et noir.

2014-2015 : Collection des Métiers d’Arts Paris Salzburg, La bicolore est déclinée en bottes lacées à l’autrichienne.

Printemps-Eté 2013 : Haute Couture Chanel présente une nouvelle version des souliers bicolores cette fois ci en cuissarde. La collection d’accessoires quant à elle nous présente des souliers de style graphique et de couleurs acidulées.

2012 : Poppy Delevingne apparait au défilé Chanel croisière chaussée de ballerines bicolores.

Janvier 2012 : Rachel Bilson assiste à une soirée Chanel chaussée de souliers bicolores noirs à bout beige.

2011-2012 : Collection des Métiers d’Art Paris-Bombay, la bicolore fait peau neuve sous forme de cuissarde-legging plates ou à talons.

Mars 2011 : L’égérie Chanel Keira Knightley porte une bottine bicolore style motarde lors de la campagne de publicité pour le parfum Coco Mademoiselle.

Automne-Hiver 2009-2010 : Haute couture Chanel dévoile des slingback qui ont une allure de Mary-Jane lacées.

Avril 2007 : Le soulier Bicolore fête ses 50ans !

Septembre 2006 : Lindsay Lohan porte des souliers bicolores dans une version originale à brides croisées.

Février 2005 : Vanessa Paradis porte les slingback sur le tapis rouge pour la soirée des Screen Actors Guild Awards.

Automne-Hiver 1986-87 : Dans le défilé Haute Couture on peut voir les mannequins porter du bicolore des pieds à la tête.

Collection Automne-Hiver 1983-1984 : première collection de Karl Lagerfeld chez Chanel dans laquelle il donne une place importante aux souliers bicolores avec Inès de la Fressange.

1962 : Romy Schneider qui était une grande admiratrice de Chanel et de ses souliers bicolores.

1960 : L’actrice française Jeanne Moreau rencontre Mademoiselle rue Cambon chaussée des fameux souliers.

1957 : Gabrielle Chanel crée les souliers bicolores. « On part le matin avec une beige et noir, on déjeune avec la beige et noir, on va à un cocktail avec la beige et noir. On est habillée du matin au soir ! » affirmait-elle en 1957 lorsqu’elle présentait pour la toute première fois ses nouvelles créations. C’est à Massaro qu’elle demande de réaliser les souliers bicolores, depuis c’est toujours l’entreprise qui confectionne les modèles des défilés Haute Couture Chanel.

Le Mocassin 180, l’Essence Culturelle J.M. Weston

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Le mocassin « 180 » à la forme inchangée depuis sa création en 1946, toujours produit selon des processus de fabrication datant de 1946 dans les ateliers originels de Limoges, reste et demeurera probablement encore longtemps le modèle emblématique de la maison Weston. Avec sa forme caractéristique, son style très parisien et son histoire aux multiples facettes, le mocassin emblématique qui représente à lui seul 18% de la production totale du luxueux facteur de chaussures français, traverse les années, intemporel, sans une trace dans le cuir de sa semelle. Aujourd’hui, pour l’ouverture d’une nouvelle boutique rue Saint-Honoré, le « 180 » garde sa forme originelle mais se pare de nouveaux coloris, du noir secondé par un bleu océan, de quoi s’offrir une petite cure de jouvence.

Le « 180 », c’est avant tout l’histoire d’un savoir-faire. Pour voir naître un seul modèle, ce sont près de 150 opérations de prises en main qui sont nécessaires pour près de 2 mois de façonnage, de la découpe de peau jusqu’au montage, en passant par la piqûre de la tige, et la découpe de la semelle. Ce mocassin culte à la prestance affirmée conjugue avec brio la décontraction et le sérieux. Pour cela, quelque deux cents formes ont été usitées pour sa mise au point, le tout dans la plus grande attention de la tradition bottière. A Limoges, comme l’écrit l’écrivain Didier van Cauwelaert dans un livre dédié à Weston « La tradition demeure », du cambrage aux coutures, du ponçage à la peinture, tout est fait de manière manuelle mis à part la coupe du cuir qui est aujourd’hui automatisée.

Aujourd’hui entré dans les incontournables mythiques du bottier du boulevard Courcelles, le modèle « 180 » se distingue non seulement par l’héritage technique de sa confection que par son histoire atypique. A Paris, quelques temps avant « les événements » de mai 1968, devant le drugstore des Champs-Elysées, les jeunes issus de la bourgeoisie du 16ème arrondissement, les « Nappy » (Neuilly Auteuil Passy) se prennent pour des voyous dans la combinaison vestimentaire parfaite : une paire de Ray-Ban, un jean Levi’s allongé d’une paire de « moc » « 180 » Weston rebaptisés « Janson-de-Sailly », comme le lycée de ces jeunes de familles aisées. Le « 180 » de chez Weston fût fortement démocratisé par ces jeunes appelés aujourd’hui les rebelles de la bande du drugstore des Champs Elysées, encore aujourd’hui le Drugstore Publicis. Ainsi, le mocassin « 180 » de chez J.M. Weston perdure, intemporel, à la fois par sa confection prestigieuse que par les codes propres à la maison et à ce modèle, une aristocratie quelque peu rock’n’roll mais soucieuse d’un certain prestige, prestige que Weston, n’a jamais oublié.

Iconic Red, la Customisation par Valentino

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Celui pour qui « le rouge est un fard qui embellit » introduit une toute nouvelle façon de s’approprier ses créations. L’idée du rouge coquelicot, Garavani Valentino l’a eue un jour que, dans les loges de l’Opéra de Barcelone, il assistait à une représentation, les corbeilles de fleurs retinrent son attention. Sa première création Rouge : une robe de cocktail composée autour d’une jupe de roses en tulle, baptisée Fiesta. Nous sommes en 1959. En élevant aujourd’hui le design des créations au-delà de l’inspiration personnelle du fondateur, la maison de mode inaugure une nouvelle forme d’interaction en matière de haute couture. L’idée de permettre l’éclosion de choses personnelles tout en intégrant le patrimoine de la maison est, pour Maria Grazia Chiuri, une valeur universellement partagée par la clientèle Valentino. Dès lors, l’accent est inévitablement mis sur l’expression personnelle au moyen de la personnalisation. L’occasion est ainsi donnée d’allier à la très précieuse ligne Rouge Absolute Signature la très populaire ligne Rockstud. L’unique consigne : faire votre les charmes de la griffe.

Car ce sont bien les gris-gris Valentino que l’on propose d’associer ou de dissocier comme il plait. Sur les souliers, les sacs à main ou la petite maroquinerie, les codes de la maison se font les porte-paroles de l’identité. Une sélection de symboles ou ses propres initiales qui, au contact de la délicatesse et de la précision du style Valentino, viennent à merveille compléter, ou plutôt ajuster la véracité d’un luxe emblématique. Miroitant dans l’or métallique, le trio de sangles de cheville du fameux soulier achèvera de magnifier un denim affligé. Le tout avec une fascinante fluidité.

Massaro, Chanel et la Sandale Bicolore

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En effet, c’est de l’opportunité entre Raymond Massaro et Gabrielle Chanel qui, à l’époque, entretenaient une relation de travail forte qu’est née une véritable icône au sein de la maison rue Cambon. De cette étroite collaboration naquit à la fin des années 50, la renommée sandale bicolore Chanel. Massaro proposa alors à Mademoiselle Chanel de laquelle il dit encore aujourd’hui « Elle était d’une intelligence hors du commun », de lui façonner un soulier décomposé, une partie beigne accompagnée d’un bout délicatement carré de couleur noire. Ce soulier à la fois pratique et élancé, du haut de ses 6 centimètres de talon, est comme toute création provenant des ateliers Massaro confortable et chic. Le fruit de cette collaboration fut rendu possible grâce à la formidable acuité de Massaro dans la création, non seulement dans la confection du soulier au travers des dessins, des formes, mais aussi dans la prise en compte du vêtement qui sera assorti à celle-ci. Une aubaine pour Chanel alors au sommet de son art dans la couture. Une ligne directrice commune pour les deux artistes associés, apporter l’excellence à leurs clientes.

Chez Massaro, que le soulier soit fait d’une des dizaines de peausseries luxueuses présentent en atelier, qu’il soit mat ou brillant, le raffinement issu de la main du maître artisan perpétue sans cesse l’héritage bottier français ; la sandale bicolore concoctée pour la maison Chanel n’y fait pas défaut. Massaro, bottier d’exception et maître d’art français sait faire rêver toute personne amoureuse de chaussures luxueuses. Avec son style graphique propre, il fait de la sandale bicolore un objet phare, porté par les grands de ce monde, de Marlène Dietrich à Catherine Deneuve en passant par Romy Schneider. La sandale bicolore, coupée dans un chevreau beige et accompagnée de sa pointe en satin noir permettant d’allonger la jambe sans détirer le pied, reste une référence de la maison Massaro ainsi que de son époque, et l’influence du vestiaire masculin cher à Chanel s’y retrouve pour offrir au monde de la mode, une véritable référence en matière de souliers féminins.

Aujourd’hui encore, les souliers bicolores continuent d’être réinventés rue Cambon et Massaro fait dorénavant partie des « métiers d’arts » acquises par Chanel.  Ce qui fait de la maison Massaro une maison à part depuis sa création en 1974, tout comme pour la maison Chanel, réside dans le savoir-faire artisanal mais aussi dans l’esprit familial. Au delà de la forte notion d’artisanat et d’héritage, le bottier Massaro, souligne l’importance de la relation, partant de la prise d’empreintes et la mesure du pied jusqu’à la réalisation du prototype puis les essayages et ajustements, le tout pour une trentaine à une cinquantaine d’heure de travail pour finaliser une paire. Durant ces six semaines de patience et de labeur, la confiance qui s’installe entre le client et l’artisan est primordiale autant pour l’heureux requérant de rareté que pour le bottier qui se remet perpétuellement en question pour parfaire son art. Dans cette recherche constante d’excellence, fort similaire à l’activité de la maison Chanel, autant aujourd’hui que du vivant de Gabrielle Chanel, le bottier écoute et pourvoit à chaque caprice de ses clientes, que ce soit des particuliers ou bien pour des collections hautes coutures. La rigueur est bien le maître mot du métier, un mot bien connu, en son temps, par Gabrielle Chanel qui, comme Raymond Massaro insistait sur le fait que, le soulier tout comme l’habit, ne sont que détails signant une allure, la silhouette de celle qui les porte.

Le Mocassin à Picots Tod’s en Campagne

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Le « Gommino » a été créé avec l’intention de mêler le classique chic à italienne à une chaussure en toute occasion praticable. Un soulier qui, inspiré des chaussures de conduite en vogue dans les années 50, se recouvre de « cailloux » sous le couvert de Tod’s ; un signe distinctif que composent ses 133 picots de la même couleur que le cuir utilisé pour la chaussure. Délicate et fonctionnelle, de la chaussure se dégage l’esprit décontracté ; le flegme de la noblesse. Cousu dans les meilleurs cuirs et bénéficiant du savoir-faire artisanal de la région, le mocassin à la semelle toute légère s’impose dès le départ comme un produit de grande qualité.
Un style unique, une icône dans le monde de la mode qui, pour la campagne 2014, expose et dévoile des couleurs douces et vivantes. Tod’s et ses touches créatives ont su faire du mocassin un symbole de style intemporel. Bruno Van Mossevelde choisit ainsi de centrer l’imagerie du Gommino sur lui-même : des chevilles et des jambes sublimées d’élégance taquine, jouant de l’esprit unique du style italien, jusque dans les moindres détails.