Yves Saint Laurent à Propos du Caban

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«J’ai découvert en 1961 que les filles allaient acheter de vieux cabans aux puces. Je les ai personnalisés par la coupe, les boutons dorés … et le pantalon beige» Yves Saint Laurent

Les Robes en Kit de Paco Rabanne

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La période des années 1960 est une phase révolutionnaire dans la création vestimentaire. L’image de la femme apprêtée des années 1950, aux formes très dessinées, s’estompe au profit d’une silhouette plate et plus géométrique. Les traditionalistes hésiteront longtemps à l’appeler couturier. On le surnomme « le plastiqueur de la mode » ou «  le métallurgiste ». Paco Rabanne est le premier à introduire des matériaux industriels dans la mode à la veille des années 70, qui engendrent une véritable rupture dans les codes de la Haute Couture. C’est dans un contexte économique et social en pleine mutation, que le couturier présente à l’hôtel Georges V en février 1966 une collection de douze robes expérimentales et importables en matériaux contemporains. Plus déroutant encore pour le public, les modèles sont faits de matériaux jugés inadaptés pour un vêtement. Ces modèles en rhodoïd et métal fabriqués à la pince et au chalumeau, défilent sur des mannequins noirs. Ce sera l’époque du « Space Age », portée vers une nouvelle esthétique futuriste par des collections avant-gardistes. Pour cette collection chaque pièce est entièrement montée à la main, la signature « Paco Rabanne » apparaît alors marquant la naissance d’un nouveau grand nom de la mode.

L’année précédente, il crée des « Pacotilles », accessoires en Rhodoïd (boucles d’oreilles, lunettes, casques) pour des stylistes en vogue du prêt-à-porter industriel. Les stars de la musique et du cinéma se retrouvent dans cette modernité et assurent la notoriété de la griffe, telles Anouk Aimée, Brigitte Bardot ou Fraçoise Hardy. Cette dernière, particulièrement grande et mince pour l’époque caractérise la nouvelle silhouette féminine. Elle portera une création unique de Paco, « la robe la plus chère du monde » à l’occasion de l’inauguration de l’exposition internationale de diamants en mai 1968. Composée de mille plaquettes de neuf kilos d’or, trois cents carats de diamants, cinq mille anneaux d’or, ainsi que de vingt-deux diamants monumentaux bordant l’encolure. Paco Rabanne se souvient que la robe était gardée par quatre vigiles avec des armes à feu.

Dés 1970, il connaît une période riche en expérimentations de matériaux et projets révolutionnaires comme des robes en papier ou bien des modèles en cuir fluorescent, métal martelé, jersey d’aluminium et fourrure tricotée. Ces créations uniques seront acquises par des musées d’art contemporain tel le MoMA à New York et d’autres grands musées de la mode du monde entier.

La Stratocaster de Jimi Hendrix

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C’est à l’entreprise de Leo Fender que l’on doit la Stratocaster. Ce Californien qui passait son temps à réparer des radios, construisit sa première guitare à l’âge de 16 ans. Lorsqu’il créa son entreprise, il commença à réfléchir sur des modèles de guitares innovants ; son idée : des guitares à corps plein. Pour réaliser au mieux l’engin, l’homme donne suite aux remarques et idées des utilisateurs de la Telecaster, l’ainé de la Strat. En 1954, Leo Fender crée ainsi la Stratocaster, modèle à deux « cornes » et trois micros ; un nom directement inspiré par le combat que se livrent alors les puissances pour la conquête de l’espace. Pourtant, Gibson continue de dominer le milieu des guitaristes.

Nous sommes dans les années 1950, et, deux faits importants vont révolutionner le monde : la production en série, et le rock’n’roll. Belle coïncidence, puisque la Strat’ est parfaitement adaptée pour être produite en série, ce qui en va faire diminuer le prix, et la rendre accessible à tout un tas d’apprenti rockers. Avant Hendrix, la Strat n’était utilisée que par peu de guitaristes, à l’instar de Buddy Holly et Hank Marvin. Des Stratocaster, Jimi Hendrix en a possédé plusieurs au cours de sa carrière. Enfant, il se fabrique des guitares avec le peu de moyens dont il dispose ; en 1958, Jimi se fait offrir sa première guitare acoustique. C’est un modèle pour droitier et, Hendrix est né gaucher. Il en inverse donc les cordes ; habitude qu’il gardera puisqu’il préfère avoir les boutons de réglage en haut.

En 1965, George Harrison et John Lennon jouent sur des Strat pour l’album Rubber Soul. La même année, Hendrix achète sa première Stratocaster. Dimanche 17 août 1969. À bord d’une camionnette volée, Neil Young et Jimi Hendrix tentent de fendre la foule jusqu’au site du Woodstock Music and Arts Fair. Hendrix est allongé sur le capot, dans un état second ; rien ne presse : le festival a déjà dix heures de retard. Ce n’est que le lundi matin, au lever du soleil, qu’Hendrix monte sur scène. 320 000 personnes ont déjà quitté le festival ; pour la poignée restante, l’heure est venue d’assister à la naissance d’un mythe : le corps de l’homme est prolongé d’une excroissance instrumentale – la guitare est une Stratocaster blanche, numéro de série 240 981. La « White Strat » de Woodstock entrera dans la légende car elle est la seule ayant échappé au rituel d’Hendrix.

Dans sa logique métaphorique, la destruction d’une guitare est un acte rituel visant à pulvériser une partie de soi-même pour mieux renaître. Le 4 juin 1967, au festival de Monterey, Paul McCartney est dans la salle ; Hendrix interprète « Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band » en hommage aux Beatles. Au terme d’un show survolté, lors du final Are You Experienced, Jimi immole sa Strat de 1965, peinte en rouge et décorée d’arabesques, avant de la fracasser contre le sol ! Et ainsi que le prophète percha la Stratocaster au rang d’icône.

La Robe Trapèze De Courrèges

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Apparaît alors la petite robe blanche trapèze qui dynamite le vestiaire bourgeois en prennant le contre-pied des silhouettes traditionnelles et apprêtées de la précédente décennie. Sa particularité ? Une coupe trapèze structurée qui libère les hanches et dévoile les jambes au-dessus du genou. La forme géométrique et plate de la robe insuffle l’allure futuriste d’une femme des temps modernes. Le blanc immaculé accentue cette impression de tenue venue tout droit du cosmos. Elle signe le renouveau de la mode des années 60, prémisse des années 70, qui deviendra plus libérée et audacieuse. De par sa formation d’ingénieur, les créations d’André Courrèges sont extrêmement construites et architecturées. L’utilisation de matériaux nouveaux en est la preuve. Regardant vers l’avenir tout en restant en phase avec son époque, il provoqua la révolution chahutant le monde du design, de l’art et de l’industrie. La robe trapèze pose les bases du style Courrèges, devenant du même coup une référence absolue de la mode française.

Elle accompagne le mouvement de libération des femmes, habille des corps en mouvement qui s’attaquent au marché du travail. Par ailleurs, les adolescentes y trouvent une forme d’expression de libération et d’affirmation de leur féminité. Au sommet de sa gloire, Twiggy portera la robe minimaliste dans un style « Classic with a twist », ou « mod dress » d’où le terme même de la tendance « mod », désignant un modernisme peu conventionnel. Toutes les icônes chics l’adoptent, Catherine Deneuve, Brigitte Bardot, Romy Schneider ou encore Françoise Hardy. Créateur de génie, André Courrèges a marqué lui aussi durablement la mode. Yves Saint-Laurent salue le talent novateur pour affirmer que la mode ne sera plus jamais la même suite à « l’explosion Courrèges ».

Le Motif Zig Zag et la Maille Missonii

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L’iconique motif « zig-zag » colore l’élégance bohème à  italienne et l’univers artisanal de la maison Missoni en 1966. Ottavio et Rosita Missoni aménagent un atelier au sein de leur maison à Gallarate près de Milan pour se consacrer au travail de la maille. Le duo redécouvre les machines « Rachel » traditionnellement utilisées pour la réalisation de châles au sud de l’Italie. Ces métiers à tisser permettent  de nuancer la cadence des lignes et des motifs. En jonglant avec l’assemblage de points multicolores, de rayures horizontales et verticales apparait un arc-en-ciel de couleur dans les créations Missoni, le textile « zig-zag » prend vie et donnera naissance à une des boutades les plus connues d’Ottavio Missoni : « Lorsque Marco Zanuso, architecte, m’a dit que, pendant vingt ans, tout le monde copiait le stylo qu’il avait dessiné, je lui répondis que, depuis deux mille ans, les Incas copient mes pulls tricotés… ». Ce kaléidoscope pigmenté de « zig-zag », d’ondulations, de rayures et de points flammés jusqu’au patchwork de jacquard aux motifs géométriques conjugue audace esthétique et innovation technique. Ce style fluide, souple, inimitable et haut en couleur caractérise l’empire Missoni, elle a modifié à jamais l’histoire et l’identité de la maille. 

Après quarante années d’expérimentation sur les textures et les formes insolites, Missoni change sa palette de couleur. Angela Missoni, fille des maîtres du « zigzag » donne le ton entre innovation et culte du vintage. Les souvenirs de la famille sont re-tricotés, elle ancre son travail sur le savoir-faire de la maille et le fameux  point « zig-zag » tout en gardant l’authenticité, l’élégance et le raffinement italien. L’héritière donne une touche d’éclat aux collections, elle  mélange avec subtilité les motifs « zigzag » et réinvente les imprimés graphiques et floraux. La modernité et la dynamique des nouvelles silhouettes seront baptisées « all put together » par la presse américaine, qui souligne une créativité artistique similaire à l’art et l’architecture. « Aujourd’hui, je crois qu’il y a un esprit Missoni. Chaque génération peut y trouver son compte.» – Angela Missoni

Issue de la troisième génération, Margherita Missoni  s’investit dans l’empire familial, elle apparait sur la toile comme la muse de la maison. Margherita porte avec fraicheur le chevron « zigzag » totémique, sa beauté méditerranéenne et son allure bohème chic reflète les valeurs identitaires de la maison familiale. Ambassadrice, elle incarne l’originalité et la longévité de la femme et de la maille Missoni. Maillon fort de la marque, la créatrice propose une nouvelle tonalité en dessinant la ligne d’accessoire Missoni. Qu’il soit abstrait ou figuratif le « zig-zag » se décline de nouveau, ce véritable basique et intemporel traverse les saisons, les modes et les générations. « La marque, la famille, les tricots… Tout est comme une boule de laine. Impossible d’en démêler les fils.» –  Margherita Missoni

La maison Missoni n’est pas prête d’en découdre !

 

Les Robes en Kit de Paco Rabanne

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La période des années 1960 est une phase révolutionnaire dans la création vestimentaire. L’image de la femme apprêtée des années 1950, aux formes très dessinées, s’estompe au profit d’une silhouette plate et plus géométrique. Les traditionalistes hésiteront longtemps à l’appeler couturier. On le surnomme « le plastiqueur de la mode » ou «  le métallurgiste ». Paco Rabanne est le premier à introduire des matériaux industriels dans la mode à la veille des années 70, qui engendrent une véritable rupture dans les codes de la Haute Couture. C’est dans un contexte économique et social en pleine mutation, que le couturier présente à l’hôtel Georges V en février 1966 une collection de douze robes expérimentales et importables en matériaux contemporains. Plus déroutant encore pour le public, les modèles sont faits de matériaux jugés inadaptés pour un vêtement. Ces modèles en rhodoïd et métal fabriqués à la pince et au chalumeau, défilent sur des mannequins noirs. Ce sera l’époque du « Space Age », portée vers une nouvelle esthétique futuriste par des collections avant-gardistes. Pour cette collection chaque pièce est entièrement montée à la main, la signature « Paco Rabanne » apparaît alors marquant la naissance d’un nouveau grand nom de la mode.

L’année précédente, il crée des « Pacotilles », accessoires en Rhodoïd (boucles d’oreilles, lunettes, casques) pour des stylistes en vogue du prêt-à-porter industriel. Les stars de la musique et du cinéma se retrouvent dans cette modernité et assurent la notoriété de la griffe, telles Anouk Aimée, Brigitte Bardot ou Fraçoise Hardy. Cette dernière, particulièrement grande et mince pour l’époque caractérise la nouvelle silhouette féminine. Elle portera une création unique de Paco, « la robe la plus chère du monde » à l’occasion de l’inauguration de l’exposition internationale de diamants en mai 1968. Composée de mille plaquettes de neuf kilos d’or, trois cents carats de diamants, cinq mille anneaux d’or, ainsi que de vingt-deux diamants monumentaux bordant l’encolure. Paco Rabanne se souvient que la robe était gardée par quatre vigiles avec des armes à feu.

Dés 1970, il connaît une période riche en expérimentations de matériaux et projets révolutionnaires comme des robes en papier ou bien des modèles en cuir fluorescent, métal martelé, jersey d’aluminium et fourrure tricotée. Ces créations uniques seront acquises par des musées d’art contemporain tel le MoMA à New York et d’autres grands musées de la mode du monde entier.

Les Babies

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Adorables et sophistiquées, les Mary Jane ont la réputation d’être des chaussures de filles de bonne famille. Mais ça, c’était avant que les créateurs ne s’en emparent. Il y a d’abord eu Vivienne Westwood pour leur insuffler un punk vitaminé, histoire de percher la beauté féminine sur un talon si haut qu’il en devient un piédestal. C’est pourtant chez Prada que les babies obtiennent leurs galons. Pour la griffe Miu Miu, Miuccia les imagine en effet frôlant l’insolence avec un mélange de matières inattendues – bijoux précieux aux multiples pierres et caoutchouc. Des souliers fantaisistes où se mêlent talons cambrés, patins intégrés, fines brides croisées et décolletés prudes, le tout perché sur une hauteur de talon vertigineuse. L’allure est follement divine.

En 2014, c’est l’interprétation Saint Laurent qui donne le ton. Quand la majorité des créateurs ne présentent que des talons hauts sur les podiums, Slimane, lui, livre d’emblée aux femmes les babies. Vernies ou pailletées, à brides simples ou multiples, en noir ou aux couleurs guimauve, le clin d’œil preppy pop aux incontournables se fait terriblement craquant. Il faut dire que les sixties sont l’apanage de Slimane chez Saint Laurent et, avec elles, l’insouciance et la désinvolture propre à l’époque. Les babies se couvrent de paillettes, de cuir verni tape-à-l’œil, se piquent de cristaux brillants ou de clous métalliques. Bref, les babies font le show, et les femmes en brûlent de désir.