Hennessy Very Special : retour sur la Collaboration Hennessy Vhils.

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S.G. : Parlez-nous de votre première visite de la maison Hennessy à Cognac ?

Vhils : Lors de ma première visite à Cognac, j’ai été particulièrement enthousiasmé par le nombre de points communs entre mon travail et celui de Hennessy. La maison Hennessy comme moi, nous travaillons des matières premières auxquelles le temps seul peut donner ce caractère exceptionnel. J’aime à croire que creuser dans les couches du temps, ce n’est pas revenir en arrière, mais plutôt faire remonter à la surface des couleurs, des dessins, des lettres du passé pour les rendre visibles.

 

S.G. : Quelle a été la première étape de votre démarche pour réaliser la bouteille Very Special édition limitée 2018 ?

Vhils : Pour moi, la procédure naturelle a été de me plonger dans les archives de la maison. Riches en symboles et en découvertes fascinantes… Quand j’ai découvert l’histoire derrière Hennessy, j’ai réalisé que cette collaboration correspondait parfaitement à mon art et à mes idéaux. J’ai repoussé les limites pendant 10 ans, mais ensuite j’ai réalisé que Hennessy le faisait depuis plus de 250 ans ! La sérénité de la tradition, un savoir-faire hors du commun et une ouverture sur le monde ! Qu’il s’agisse d’exposer la nature d’une ville ou de mélanger un Cognac parfait, pour nous deux, l’essentiel est le temps. Vous devez l’attendre, le laisser faire son travail, puis travailler avec les couches que le temps a façonné. Il n’y a pas d’accélération du processus et il y a toujours un élément de prise de risque. Et c’est là que se forge tout l’aspect d’un cognac rarissime.

 

S.G. : Qu’est-ce qui vous rassemble, vous et la maison Hennessy, selon vous ?

Vhils : Pour Hennessy, mon approche à l’égard de mon art est une métaphore appropriée de l’art de la fabrication du Cognac : tous deux nous nous appuyons sur la force imprévisible et immuable du temps et des éléments. Pour chacun d’entre nous, le processus créatif est une quête poétique pour rendre visible l’invisible. Rendre le cognac iconique. 

 

S.G. : Il y a une véritable obsession au temps dans votre oeuvre, autre point commun avec le cognac ?

Vhils : Le cognac est par nature une œuvre qui nécessite du temps. Il faut également être capable de tenir dans le temps une création. Que 10 ans, 50 ans, 100 ans plus tard, cette création soit la même. Identique. Immobile. Capable de transcender les goûts et les nouveaux savoir-faire. Là, la maison confronte ces piliers avec le travail artistique qui par nature est un bon capteur du temps. Elle met face à face des icônes de la création actuelle avec une icône qui remonte pour certains flacons au début du XIXème. Le savoir-faire, manuel, le respect de la tradition, en sont d’autres. Ce ne sont pas les seules.

 

S.G. : Quels symboles avez-vous identifiés et représentés sur la bouteille ?

Vhils : Pour Hennessy Very Special, il y a tout d’abord l’ultime symbole Hennessy : le bras armé. Il y a aussi sur l’étiquette les grappes de raisin qui viennent de la vigne, élément clé d’un cognac original. Il y a un visage aussi que vous verrez mieux quand vous reculez ou avec l’appareil photo de votre mobile, certains visages que vous voyez mieux qu’à l’oeil nu. Ce cognac se déguste de la même manière, sous différentes enveloppes. Vous avez après ce que l’on appelle le damier sur la capsule de la bouteille. Il y a aussi d’autres codes de la maison qui sont utilisés comme les trois étoiles qui est le nom original du Hennessy Very Special.

 

S.G. : Quelles techniques ou matières avez-vous utilisées pour cette bouteille ?

Vhils : Pour la bouteille Hennessy Very Special, je n’ai pas utilisé mon marteau-piqueur mais j’ai repris mes techniques sérigraphiques habituelles. En effet, j’ai ajouté de l’encre et de l’acide sur le papier afin de créer une oeuvre texturée, dynamique, constellée de noirs et de jaunes profonds, évoquant un cognac tout en nuances et lumières. 

 

S.G. : Une exposition a été créée pour cette collaboration, pouvez-vous nous dire ce que l’on y trouve ?

Vhils : L’exposition démarre par les archives qui ont nourri mon travail. J’ai dressé un parallèle entre les pierres des murs de Lisbonne et les pierres lithographiques qui étaient utilisées pour produire les étiquettes Hennessy au XIXe siècle. Dans les œuvres en papier et métal que j’ai réalisées, on retrouve les symboles d’Hennessy, le bras armé, les 3 étoiles, les grappes de raisin, le damier, entre autres éléments iconographiques du passé, bien entendu revisités, remixés subtilement. 

 

S.G. : On dit de vous que vous êtes un artiste qui aime expérimenter. Qu’en pensez-vous ? 

Vhils : J’aime bousculer les certitudes, en questionnant ce qui est visible de ce qui ne l’est pas. On peut y voir aussi un message social. On n’aurait pas tort. Il y a aussi ce polystyrène, des extrusions de mur. De face, c’est comme si le visage venait nous parler. De côté c’est une skyline, en écho au côté urbain de mon travail. Il y a toujours plusieurs niveaux de lecture. Je joue, j’expérimente, avec mon équipe. Ce qui me caractérise en dehors de mon histoire dans l’art urbain, je dirais que c’est ma capacité à savoir expérimenter. Je transforme, détruis, reconstruis, réinvente. Je tords la réalité et en fait autre chose… Mais Hennessy porte aussi en lui cet héritage — repousser les limites, réinventer sans cesse la sublimation du cognac, faire de son passé le tremplin vers un futur où le cognac devient icône plutôt qu’archive… 

 

S.G. : Avez-vous apprécié la collaboration pour la bouteille Very Special édition limitée 2018 d’Hennessy ?

Vhils : Je savais que Hennessy travaillait avec des street artistes depuis plusieurs années déjà. Ils m’ont donné la liberté de créer ce que je voulais. J’ai eu accès à leurs archives et j’ai pu visiter Cognac pour mieux comprendre l’impact que cette industrie avait eu sur la communauté locale. Donc c’était une aventure très intéressante pour moi. C’était une vraie collaboration car outre la bouteille édition spéciale, j’ai créé plusieurs œuvres suite à ce que j’ai découvert dans les archives. Hennessy soutient également plusieurs de mes projets personnels dont mon exposition à Paris et mon studio. Ils respectent vraiment l’identité de mon travail. J’ai ainsi essayé de transmettre ce respect mutuel, cet échange d’identités dans cette nouvelle carafe. Une harmonie entre lumière et design urbain, en somme. 

Propos recueillis par Sébastien Girard

 

L’exposition « Make the Invisible Visible » sera accessible lors des Journées Particulières les 12, 13 et 14 octobre prochain. À l’occasion de ce week-end exceptionnel, la Maison Hennessy propose de découvrir plusieurs lieux dont certains sont habituellement fermés au public. En plus de l’exposition de Vhils vous pourrez ainsi découvrir les Visites Hennessy, véritable plongée dans les coulisses de la Maison avec une expérience immersive sur l’art de la sélection dans le Chai du Fondateur. Également à l’honneur, le Château de Bagnolet, ancienne demeure de la famille Hennessy, dont le jardin d’hiver a été restauré en 2018 en faisant appel à des métiers d’art. Enfin, pour la première fois, la Maison Hennessy va ouvrir au public le nouveau site d’embouteillage de Pont Neuf, inauguré en 2017. Inscriptions dès le 22 septembre sur www.lesjourneesparticulieres.fr

Instagramming

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DATE DE PARUTION : 29 JANVIER 2018

Instagram, l’outil global rêvé des marques ? Chimère ou réalité ? « Une réalité qui s’impose et qui impose une remise à plat des stratégies de communication des marques » déclare Sébastien Girard, auteur de cet ouvrage consacré à Instagram : #INSTAGRAMMING – L’Art de Développer une Marque de Luxe sur Instagram.

« Nous vivons de plus en plus cadencés par le rythme des photos, vidéos et autres stories proposées sur Instagram… La Génération Y et la Génération Z s’informent de plus en plus par Instagram, comme si le storytelling en images devenait la norme » explique Sébastien Girard. « Dans ce contexte, une évidence s’impose » poursuit-il : « L’image publicitaire qui sublime le produit ne suffit plus. Il faut révéler ce qui est trop souvent resté sous silence… exit l’art de la simplification, bonjour l’art du storytelling en images. Il appartient donc à chaque marque de définir une stratégie de communication sur Instagram, pour distraire, éduquer au-delà de votre seule actualité, montrer l’invisible, donner à voir, éveiller la curiosité des consommateurs, donner du sens, pour in fine rendre une marque encore plus désirable ».

UN LIVRE POUR AIDER LES MARQUES À PENSER LEUR STRATÉGIE INSTAGRAM

Ainsi, cet ouvrage explique comment, par la photographie, la vidéo et les stories, optimiser la communication sur ce réseau social. A cette fin, il offre au lecteur deux outils de références : le Brand Identity NAV Model et les 15 lois d’Instagram pour développer une marque. Chanel, Tod’s en passant par Gucci, Hermès, Dior, Yves Saint Laurent, Louis Vuitton, Jaeger-Lecoultre, Omega, Ruinart, Dom Pérignon ou dans les palaces comme le Shangri-La Paris… Grâce aux nombreux exemples concrets qui émaillent ces pages, il constitue à la fois une mine d’informations sur l’histoire des marques, leurs valeurs, les créateurs et leurs produits iconiques et un guide pour mieux identifier des sujets de communication sur Instagram.

Destiné aux utilisateurs d’Instagram, aux étudiants et professionnels du marketing, de la communication, de la mode et du luxe, ce livre édité par Meltem Editions s’inscrit comme un outil de référence  pour optimiser la communication d’une marque sur Instagram.
 
 
SÉBASTIEN GIRARD est diplômé MBA de l’Institut Français de la Mode (IFM) et de l’ESSEC. Il est titulaire d’un PGCERT (Post Graduate Certificate) in Higher Education et d’une certification Master Black Belt Six Sigma. Après avoir assumé les fonctions de directeur Marketing France puis EMEA de Motorola, de directeur Marketing Europe pour le LG/Prada Phone, il enseigne aujourd’hui en écoles de Mode et de Commerce, au Master Luxe de l’Université Paris Dauphine et au Centre de Management Hôtelier de Paris. Il occupe également le poste de responsable du module « Stratégie Marketing » du Master en Marketing du Luxe & Mode de l’école Créa Genève. Consultant, conférencier, Il intervient à ce titre régulièrement auprès de professionnels du luxe et de la communication. Il a créé il y a trois ans un site d’informations dédié aux produits iconiques : www.icon-icon.com
 
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Contact presse : Marc ISRAEL +33 6 27 44 19 90 – 49 rue de Cléry 75002 Paris

Coca-Cola : un Goût de Légende

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C’est la première formule de composition du Coca Cola qui lui donna son nom. Faite à partir de feuille de coca et de noix de kola, la boisson est d’abord présentée comme un remède. La légende laisse alors au hasard le soin d’expliquer la rencontre entre une eau gazeuse, un sirop à base de caféine, du jus de citron ainsi qu’un extrait de plante de coca. On raconte que c’est en effet le fait d’une étourderie – par erreur, le pharmacien John Pemberton crée ce qu’il nomme alors le French Wine Coca, une boisson alcoolisée. Nous sommes en 1885 et la même année la prohibition fut votée à Atlanta, chef-lieu de la Coca-Cola Company qui n’existe pas encore. A l’époque, l’enjeu pour la toute jeune entreprise est de proposer une boisson sans alcool. Celle-ci doit tout de même procurer les effets du bourbon tout en tranchant avec les autres désaltérants. C’est ainsi qu’en ayant conservé son principal ingrédient actif – la coca – le Coca-Cola est présenté comme « stimulant du système nerveux et du tonus ». Deux ans plus tard, Pemberton s’associe à Frank Robinson. Lui est un comptable ambitieux et audacieux ; chargé de trouver un nom et une identité visuelle : ce sera Coca-Cola, et la signature sera rouge. C’est ici que la marque prend forme. Les décennies suivantes, le breuvage se propage au sein de la population américaine tout en entretenant le mystère autour de sa formule. Chaque ingrédient est identifié par un numéro dont seuls les dirigeants ont connaissance, comme le fameux ingrédient secret « 7x ».

La légende Coca-Cola est aussi et surtout une histoire de publicité et de packaging. Il a fallu attendre 1960 pour voir la boisson commercialisée dans la célèbre bouteille de verre. Jusque-là, ses adeptes ont vu passer les gobelets des fontaines à soda, la petite bouteille de 19,2 cl, la bouteille d’un litre avec bouchon à vis ; plus tard, la bouteille de plastique en PVC puis finalement la canette, imaginée en 1977 à l’intention des Français. Tout au long de ces transformations, le remontant n’a pas manqué de marquer la culture tout en renversant les traditions. En s’associant très vite à l’univers du cinéma, Coca-Cola envahit l’écran ; parfois comme simple figurant, la compagnie initie le placement de produit. La compagnie use aussi de l’image des vedettes pour raconter son histoire en un visage. La première d’entre elles fut l’actrice et la chanteuse Hilda Clark qui, en 1901, accepte de poser pour la marque. Suivront les vedettes du cinéma muet, telles que Pearl White et Marion Davies. Les publicités Coca-Cola font plus qu’inciter à en boire : elle change les croyances. Lorsqu’en 1931, l’une d’elles met en avant les traits d’un Père Noël joyeux, joufflu, flanqué d’une longue barbe blanche, ceinturé dans un costume rouge et blanc, c’est tout un pan de l’imaginaire catholique qui disparaît. Dessinée par Haddon Sundblom, l’affiche publicitaire ouvre la voie aux personnages Coca : l’elfe, la pin-up, et l’ours polaire en 1993.

Plus récemment, Coca-Cola fait appel aux personnalités de la musique et du monde de la mode. Sonia Rykiel, Kenzo, Manolo Blahnik, plus récemment Karl Lagerfeld, Jean Paul Gaultier et Marc Jacobs, tous ont re-pensé les petites bouteilles ou les cannettes. Et aujourd’hui, le Coca-Cola se fait inspirateur d’amitié…