Le Réjane de la Maison Moynat

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Pauline Moynat fonde la maison éponyme en 1849, et choisit de s’installer à deux pas de la Comédie Française. Cela tombe juste, le théâtre la passionne. Son talent faisant, elle devient rapidement fournisseur officiel des théâtres parisiens ; dans les années 1880, à force de coulisses et de représentations, Pauline découvre une actrice très prometteuse dans les années 1880 – son surnom : Réjane. Quelques années plus tard, elle lui dédie un sac. A l’image de la liberté et de l’éclectisme dont fait preuve par la comédienne, le Réjane se fait polyvalent et polymorphe ; à tout moment de la journée, toute femme peut l’arborer comme un sac à main classique ou à l’épaule, grâce à sa bandoulière amovible. Coupé dans diverses matières, teint dans des tons classiques (bleu, noir, ou taupe), le Réjane se fait chic et versatile. « Son fermoir, petit bijou scellé, délicat et féminin, est l’un des fermoirs brevetés pour les tout premiers sac-valises de la maison, à la fin du XIXe siècle. Un précurseur du mouvement Art Déco », confie Guillaume Davin, président de Moynat. Après un passage dans l’oubli, il est aujourd’hui comme exhumé, plutôt magnifié, par le directeur artistique de Moynat, Ramesh Nair.

Transfuge de chez Hermès, diplômé de l’Institut Français de la Mode, il est « un passionné d’archives, courant les puces, surfant la toile pour mieux encore s’imprégner de l’histoire de la maison et perpétuer les formes… » d’après les dires du président de Moynat. Hier comme aujourd’hui, le Réjane se pense comme une œuvre d’art : « une fois que les cuirs et doublures ont été choisis, les panneaux du corps sont découpés dans les zones principales de la peau afin que le grain corresponde. Ensuite, les pièces métalliques sont montées ; puis la doublure est cousue à l’extérieur. De cette façon, les composants métalliques ne sont pas exposés à l’intérieur du sac, assurant une finition lisse. Ce savoir-faire est ce qui définit la maison pour Ramesh Nair : « Chaque sac est fait du début à la fin par un seul artisan. Chaque pièce est unique et porte la touche personnelle de la personne qui l’a fait ». Une singularité et une signature emblématique de la maison donc.

Le Réjane est ainsi l’expression de l’âme de l’actrice, considérée par le New-York Times de l’époque « la plus élégante de Paris. » La nouvelle boutique Moynat au Bon Marché Rive Gauche sert d’écrin à ce bijoux au chic intemporel. Un écrin Rive Gauche couleur havane pensé comme une galerie d’art, façonné d’après les courbes de la célèbre malle Limousine. C’est à l’architecte Gwenael Nicolas, directeur du studio japonais Curiosity, que fut confiée l’élaboration de ce cabinet de curiosités chaleureux, sublimé par un travail minutieux du bois et du cuir, rappelant l’ambiance de l’Orient-Express. » 

Moynat x Pharrell : une Belle Histoire d’ObjetS

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Comme des Garçons, Louis Vuitton, Adidas… Depuis longtemps déjà les collaborations s’enchaînent pour Pharrell. Des collaborations où carte blanche fut donnée à l’artiste pour imaginer le design très racé de pièces hautement désirables. Dernière en date, la collaboration « Moynat x Pharrell » tiendra les mêmes promesses. Dès le 20 octobre prochain, c’est le plus hype des magasins Parisiens qui servira d’écrin à la collection capsule. Il faut dire que sans Sarah Andelman, directrice créative et directrice des achats chez Colette, la ligne n’aurait pu voir le jour. C’est elle, en effet, qui présenta le chanteur à Ramesh Nair, le directeur artistique de Moynat. Et de cette entente artiste naît une collection autour d’un thème cher aux deux globe-trotters : la locomotive.

Le résultat ? Un thème qui se décline en sacs, minaudières, pochettes et sur des foulards en soie. En résine acrylique ou parées d’ébène, les créations de Pharrell invoquent l’imaginaire de l’enfant qui sommeille en chacun de nous, et souhaite, sans effort, siffler le départ de voyages rêvés. Des pièces pleines d’humour en somme. Celles de Ramesh Nair racontent, quant à elles, l’histoire de la maison Moynat. Une maison centenaire spécialisée dans les articles de voyage, née au moment du premier système ferroviaire. Là-dessus, en toute subtilité, Moynat rappelle à la conscience collective les premières fonctionnalités de ses créations. Comment ? En réinterprétant ses plus belles archives, bien évidemment. Aux côtés de Pharrell donc, Ramesh Nair nous fait voyager, dans l’espace et dans le temps, avec, pour seul moyen, la force de notre imaginaire.

Le Sac Galleria, l’Incontournable de la Maison Prada

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En 1970, Miuccia Prada donne un nouveau souffle à la Maison et la projette par la même au rang de Maison de Luxe. La petite-fille du fondateur édite alors de nouvelles lignes de sacs, où elle usera étonnamment du « vela », autrement dit : une toile de parachute. En reprenant les codes instaurés par son grand-père, réutilisant notamment le cuir Saffiano, Miuccia ancre l’identité de la maison Prada. Et c’est dans ce cuir qu’est coupé le sac le plus célèbre de la griffe : le Galleria.



Véritable sceau de la maison Prada, le cuir de veau Saffiano est pressé à chaud, d’où ces stries particulières. Matière déperlante et anti-griffures, elle était utilisée pour les malles de la famille royale. Et ce cuir, léger et résistant, permet aux sacs Galleria de conserver leur courbure. Une forme essentielle, le « tretasche » (pour « trois poches »), qui, s’impose par ses lignes nettes et épurées. Reconduits saison après saison, les pièces dénotent toutefois d’un détail chaque année inédit. Qu’ils s’agissent d’une couleur, d’une taille, ou d’un petit plus, le sac ne cesse de se réinventer.

Le Baguette De Fendi

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Son arrivée sur le marché du luxe a aussitôt provoqué un raz de marée qui a changé le destin de cet accessoire, et ouvert la voie au sacro-saint it-bag, despote des maisons de luxe et chimère des dingues de looks. Le credo de la maison romaine fondée en 1925, vouée à la fourrure, est l’iconoclasme, l’antibourgeoisie, l’anticonventionnel, célébrant l’artisanat italien et la bravoure artistique. « Aller contre les règles », tel est le mantra familial, rappelle Silvia Fendi. Ainsi le Baguette s’apparente à un objet du quotidien, à la fois iconique et désacralisé, nommé sur le mode de l’humour. En pleine période où tout le monde misait sur l’homologation systématique du milieu de la mode, où les sacs étaient baptisés du nom de leur muse, le Kelly et le Birkin chez Hermès, le Jackie chez Gucci, Silvia Fendi cherchait au contraire à créer un support à l’individualisme.

Les modèles perlés, brodés de pierres, de cristaux, en cachemire, leur boucle au double F enrichie de strass ne vont plus alors être réservés qu’au soir. Les femmes vont commencé à porter le Baguette dans ses variantes les plus démonstratives, même le jour. Cependant, chaque Baguette est rare, voire unique, et les éditions ce succèdent avec des pièces aussi rares qu’originales. Le sac qui a ouvert l’ère du it-bag, reste parfois à l’état de prototype, trop cher, trop fragile, trop lourd, et de part ce coté trop excentrique, il a tout de même le bénéfice de se démarquer des autres sacs et en même temps il devient une pièce convoitée.

Depuis sa création, un million de sacs ont été vendus, et des centaines de déclinaisons du sac ont été créées. Pour les 15 ans de son sac Baguette, la marque italienne lançait un pop-up store en ligne entièrement consacré à son it-bag mythique, de nombreux modèles y étaient revisités, et un livre rendait également hommage au modèle mythique de la maison. La maison Fendi reconnue pour sa maroquinerie est aussi célèbre pour sa manière d’habiller les femmes de fourrure. Fendi y revient toujours et à chaque saison, à cet indémodable couture, qu’il soit porté sur le dos ou à la main.

L’objet Hautement Désirable : la « Petite-Malle » de Louis Vuitton

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Présentée lors du défilé de la collection automne-hiver 2014/2015, la « Petite-Malle » de Nicolas Ghesquière reprend, par l’art et la matière, l’icône de la maison. Dans une « recherche d’authenticité et d’innovation », le tout obliqué autour d’une volonté d’intemporalité, le directeur artistique passe du grand au petit avec humilité et efficacité. Réinterprètant par là la grammaire du malletier, ce féru d’intemporalité visionnaire imagine un sac de forme rectangulaire qui, clippé sur ses deux côtés, se laisse emporter par sa longue lanière de cuir. La composition à l’équilibre audacieux vient en toute évidence adoucir la rigidité des angles de la Petite-Malle. Sur ce monogramme, fermoirs et boucles transportent l’apparence du bagage traditionnel. C’est en fait comme avoir une malle LV au bout des doigts ; un rappel de qui détient la maîtrise du luxe.

On le dit le mix bagage/sac le plus improbable qui soit, et le plus cool aussi. « Il se tient dans la main comme un journal plié. Il paraît que les gens ne lisent plus la presse, j’ai voulu faire quelque chose ! », s’amuse Ghesquière. À la fois impertinent et intelligent, le sac devient une obsession. En créant un sac ultra-méga-désirable pour le « voyage quotidien », l’homme offre à la femme Vuitton la fraîcheur contemporaine d’un artifice atemporel. Une femme à la coquetterie racée, et au sex-appeal sous contrôle, devra s’armer de patience pour acquérir l’objet tant longue s’annonce la liste d’attente. Car, sans surprise, la Petite-Malle monogramme de Vuitton est pressentie pour être le it-bag de l’hiver prochain, et peut-être même celui de la prochaine décennie.

Le Duffle Bag d’Hedi Slimane pour l’Homme Saint Laurent

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Maître des podiums dans les années 1990-2000, il signait la nouveauté d’une mode masculine enterrée par des siècles inchangés. Hedi Slimane balaie l’inertie pour donner une évolution radicale de la silhouette masculine, comme on en avait plus vu depuis Giorgio Armani dans les années 1970. Ce langage aux références rock, british mêlé à la précision d’une coupe qui épouse les corps de frêles hommes au regard noir, fût repris par bon nombre d’autres marques, déclassant le prêt-à-porter dans la rue et inventant le nouveau parisien de notre temps. Pourtant, dans cette nouvelle collection Automne/Hiver 2014, Slimane prend ses distances avec l’allure trop hachurée qu’il dessinait pour s’approcher de l’élégance raffinée d’un costume Saint Laurent. Empreint d’une nostalgie mêlée d’un rockabilly fifties et d’un rock’n roll seventies, ce virtuose décline l’homme en regard à la femme Saint Laurent. Une vision unisexe de la mode qui s’ancre à la perfection dans une actualité aux tourments quant aux questions de genre, questions médiatiques plus qu’il en est dégorgeant la crainte des changements qui s’opèrent. Lui s’y jette à cœur perdu et appelle pour défiler de jeunes joueurs de musique ou chanteurs issus de groupes de rock aux noms presque inconnus. Face aux critiques espérant un look révolutionnaire et s’attendant au déploiement d’un génie nouveau, l’impression de déjà vu fait vague. Pourtant comment reprocher la patte d’un artiste de s’apposer sur ce qui resta jusque là un style plutôt indéterminé par ses prédécesseurs.
La Maison entend bien se renouveler et garder toute à la fois l’ADN de son passé. C’est en sortant une nouvelle version du Duffle Bag, créé par Hedi Slimane en Avril 2012, alors inspiré par un de ses sacs de voyage que l’on peut peut-être discerner la nouveauté d’une maison en plein remaniement. En effet, le classique de la marque empreinte d’une furieuse élégance se marie à merveille avec le style de son nouveau directeur artistique. Pièce devenue signature de Saint Laurent Paris, le Duffle Bag se décline en version femme et homme gardant cette androgynie en écho aux collections prêt-à-porter. Slimane se jouent des points faibles d’une marque aux vêtements iconiques mais qui manquent de coups marketings efficaces à l’heure actuelle, ceux-ci se concentrant essentiellement dans les lignes accessoires des maisons de couture. Pas étonnant que bon nombre des directeurs artistiques des grandes Maisons soient issus de cursus tournés spécifiquement vers l’objet. Louis Vuitton, comme tant d’autres, font marcher la machine par l’envolée des sacs fantasmés. À son tour, Saint Laurent entre dans la tourmente tout en gardant cette esthétique racée et épurée alliée à la puissance du style du créateur-photographe. Le zip se fait discret mais la lanière de cuir qui habille le côté droit de l’objet nous rappelle les lanières-ceintures des perfectos qui font encore le plaisir de l’esthétique grunge et rock. Décliné en plusieurs couleurs sombres et neutres, la version homme se confond avec son homologue féminin dans des courbes minimalistes, une allure rigide parvenant par cette ossature à la justesse de la silhouette Saint Laurent.

Les Iconiques Sacs Moynat à Travers une Promenade Parisienne

Les croquis délicats animés entraîne le spectateur dans le Paris de la Belle Époque et illuminent la nuit dans ce nouveau film de la réalisatrice Mary Clerté, dédié à l’héritage des malles et sacs du maroquinnier spécialiste français : Moynat. Les images d’art déco sont inspirés des dessins originaux du directeur artistique d’atelier Henri Rapin, dont le cuir des bagages en laiton-clouté rouge emblématique place la marque sur le devant au début du 20è siècle. La marque innove depuis sa création en 1849, lorsque la fondatrice Pauline Moynat, la seule malletier femmes de Paris se joint aux artisans de la famille Coulembier. La jeune femme remporte alors des prix pour son innovante malle britannique en 1873, et est depuis considérée comme l’inventeur du sac à main des femmes en 1880, créé pour l’actrice Gabrielle Réjane. 

Le cinéaste Clerté se base ici à Paris avec pour muse Jeanne Damas. En réponse à la femme moderne et classique Moynat, elle explore les monuments dans la ville de lumière. « L’histoire de la marque est vraiment moderne : Pauline Moynat était une femme d’affaires qui est venu à Paris et s’est établie », conclut-elle.

Le Double Stripe de Tod’s

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Nouveau sac icône en vue chez Tod’s. C’est du moins ce que laisse penser le lancement de la nouvelle collection Double Stripe, ligne de sacs entièrement dédiée aux hommes. Après avoir occupé le devant de la scène grâce à ses cultissimes mocassins, Diego Della Valle, visionnaire et intrépide, élargit son empire made in Italy en s’attaquant cette fois à la maroquinerie. Une collection très prometteuse, nouvelle fierté de la maison.

En 1978, Diego Della Valle, petit-fils de cordonnier, fait la renommée de Tod’s par sa driving shoe et ses cent trente trois picots de caoutchouc : la Il Gommino. Inspiré des chaussures de conduite automobile, ce mocassin, facile à porter, fut rapidement adopté par diverses célébrités. De Lady Di à Nicolas Sarkozy, en passant par des acteurs tel que Hugh Grant, il constitue encore à ce jour la signature de la maison. Ce grand visionnaire, surnommé « Super Diego » par les italiens, a transformé la petite entreprise familiale, créée dans les années 1940, en un véritable empire du luxe. La griffe évolue, et ne se contente plus des mocassins à picots des débuts. Désormais, c’est une gamme complète de petite maroquinerie, de prêt à porter, ainsi que de bijoux et de lunettes qui est offerte à une clientèle de plus en plus fidèle. 

En 1997, c’est le D-Bag, premier sac de la marque, qui se décline. Cinq tailles furent éditées. Son ambition : s’adapter à chaque femme, à chaque morphologie, ainsi qu’à chacune des manières de le porter. Et aujourd’hui, pour sa collection printemps/été 2013, c’est sur ce modèle que le seigneur des picots nous présente le sac Double Stripe, pour homme. Ce sac exclusivement masculin, en cuir de veau souple surmonté d’une double bande, fut inspiré de la nécessité des hommes modernes d’avoir en leur possession un accessoire fonctionnel, pouvant s’adapter à une multitude d’utilisations et de situations, tout en étant vecteur d’élégance. Conçu pour le jour comme pour la nuit, pour des activités professionnelles, des voyages d’affaires, ou pour filer le temps d’un week-end, cette collection est tout d’abord le reflet d’une qualité irréprochable, fruit d’un savoir-faire à l’italienne exemplaire, et d’une matière première exceptionnelle. Rien n’est laissé au hasard, explique Roberto, un modéliste dont la devise « bien travailler avec passion en faisant attention aux détails » sied bien à Tod’s.

Afin de proposer une gamme variée pouvant s’accorder à chaque profil, à la personnalité de chacun, Diego Della Valle propose neuf styles de sacs différents au sein de la collection Double Stripe, y compris un sac de week-end, un porte-documents, un fourre-tout sportif, un cartable avec une sangle d’épaule, deux types de serviettes et un sac de messager. La collection propose également un large choix de couleurs ; six propositions varient du vert au brun contemporain, ainsi que noir, rouge et bleu. De plus, la double bande ornant le sac peut être personnalisée selon une gamme composée de 12 coloris. Impossible pour l’homme de passer à côté de la combinaison qui lui correspond le mieux. La personnalisation peut également s’effectuer par un monogramme sur l’étiquette en cuir, cousue a la main sur chaque pièce. 

Finalement, la collection Double Stripe se révèle apte à relever la particularité de toutes les personnalités. Destinée à l’homme moderne, actif et polyvalent, à la recherche d’accessoires de luxe pratiques, élégants, et incroyablement distingués. 

 

Objets de Désir de la Fashion Week de New York

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Une brise délicate et élégante nous vient d’outre-atlantique… Voici quelques objets de désir retenus de la Fashion Week de New-York, pour l’automne 2013. De précieux accessoires qui offrent l’accès au raffinement, au particulier et à la précision. Entre motifs texturés, géométrie, gold et thèmes animaliers, l’accessoire est définitivement l’art du simple détail qui change tout, dédié à la déclaration de soi.