La Stratocaster de Jimi Hendrix

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C’est à l’entreprise de Leo Fender que l’on doit la Stratocaster. Ce Californien qui passait son temps à réparer des radios, construisit sa première guitare à l’âge de 16 ans. Lorsqu’il créa son entreprise, il commença à réfléchir sur des modèles de guitares innovants ; son idée : des guitares à corps plein. Pour réaliser au mieux l’engin, l’homme donne suite aux remarques et idées des utilisateurs de la Telecaster, l’ainé de la Strat. En 1954, Leo Fender crée ainsi la Stratocaster, modèle à deux « cornes » et trois micros ; un nom directement inspiré par le combat que se livrent alors les puissances pour la conquête de l’espace. Pourtant, Gibson continue de dominer le milieu des guitaristes. Nous sommes dans les années 1950, et, deux faits importants vont révolutionner le monde : la production en série, et le rock’n’roll. Belle coïncidence, puisque la Strat’ est parfaitement adaptée pour être produite en série, ce qui en va faire diminuer le prix, et la rendre accessible à tout un tas d’apprenti rockers. Avant Hendrix, la Strat n’était utilisée que par peu de guitaristes, à l’instar de Buddy Holly et Hank Marvin. Des Stratocaster, Jimi Hendrix en a possédé plusieurs au cours de sa carrière. Enfant, il se fabrique des guitares avec le peu de moyens dont il dispose ; en 1958, Jimi se fait offrir sa première guitare acoustique. C’est un modèle pour droitier et, Hendrix est né gaucher. Il en inverse donc les cordes ; habitude qu’il gardera puisqu’il préfère avoir les boutons de réglage en haut.

En 1965, George Harrison et John Lennon jouent sur des Strat pour l’album Rubber Soul. La même année, Hendrix achète sa première Stratocaster. Dimanche 17 août 1969. À bord d’une camionnette volée, Neil Young et Jimi Hendrix tentent de fendre la foule jusqu’au site du Woodstock Music and Arts Fair. Hendrix est allongé sur le capot, dans un état second ; rien ne presse : le festival a déjà dix heures de retard. Ce n’est que le lundi matin, au lever du soleil, qu’Hendrix monte sur scène. 320 000 personnes ont déjà quitté le festival ; pour la poignée restante, l’heure est venue d’assister à la naissance d’un mythe : le corps de l’homme est prolongé d’une excroissance instrumentale – la guitare est une Stratocaster blanche, numéro de série 240 981. La « White Strat » de Woodstock entrera dans la légende car elle est la seule ayant échappé au rituel d’Hendrix. Dans sa logique métaphorique, la destruction d’une guitare est un acte rituel visant à pulvériser une partie de soi-même pour mieux renaître. Le 4 juin 1967, au festival de Monterey, Paul McCartney est dans la salle ; Hendrix interprète « Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band » en hommage aux Beatles. Au terme d’un show survolté, lors du final Are You Experienced, Jimi immole sa Strat de 1965, peinte en rouge et décorée d’arabesques, avant de la fracasser contre le sol ! Et ainsi que le prophète percha la Stratocaster au rang d’icône.

Le Mocassin 180, l’Essence Culturelle J.M. Weston

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Le mocassin « 180 » à la forme inchangée depuis sa création en 1946, toujours produit selon des processus de fabrication datant de 1946 dans les ateliers originels de Limoges, reste et demeurera probablement encore longtemps le modèle emblématique de la maison Weston. Avec sa forme caractéristique, son style très parisien et son histoire aux multiples facettes, le mocassin emblématique qui représente à lui seul 18% de la production totale du luxueux facteur de chaussures français, traverse les années, intemporel, sans une trace dans le cuir de sa semelle. Aujourd’hui, pour l’ouverture d’une nouvelle boutique rue Saint-Honoré, le « 180 » garde sa forme originelle mais se pare de nouveaux coloris, du noir secondé par un bleu océan, de quoi s’offrir une petite cure de jouvence.

Le « 180 », c’est avant tout l’histoire d’un savoir-faire. Pour voir naître un seul modèle, ce sont près de 150 opérations de prises en main qui sont nécessaires pour près de 2 mois de façonnage, de la découpe de peau jusqu’au montage, en passant par la piqûre de la tige, et la découpe de la semelle. Ce mocassin culte à la prestance affirmée conjugue avec brio la décontraction et le sérieux. Pour cela, quelque deux cents formes ont été usitées pour sa mise au point, le tout dans la plus grande attention de la tradition bottière. A Limoges, comme l’écrit l’écrivain Didier van Cauwelaert dans un livre dédié à Weston « La tradition demeure », du cambrage aux coutures, du ponçage à la peinture, tout est fait de manière manuelle mis à part la coupe du cuir qui est aujourd’hui automatisée.

Aujourd’hui entré dans les incontournables mythiques du bottier du boulevard Courcelles, le modèle « 180 » se distingue non seulement par l’héritage technique de sa confection que par son histoire atypique. A Paris, quelques temps avant « les événements » de mai 1968, devant le drugstore des Champs-Elysées, les jeunes issus de la bourgeoisie du 16ème arrondissement, les « Nappy » (Neuilly Auteuil Passy) se prennent pour des voyous dans la combinaison vestimentaire parfaite : une paire de Ray-Ban, un jean Levi’s allongé d’une paire de « moc » « 180 » Weston rebaptisés « Janson-de-Sailly », comme le lycée de ces jeunes de familles aisées. Le « 180 » de chez Weston fût fortement démocratisé par ces jeunes appelés aujourd’hui les rebelles de la bande du drugstore des Champs Elysées, encore aujourd’hui le Drugstore Publicis. Ainsi, le mocassin « 180 » de chez J.M. Weston perdure, intemporel, à la fois par sa confection prestigieuse que par les codes propres à la maison et à ce modèle, une aristocratie quelque peu rock’n’roll mais soucieuse d’un certain prestige, prestige que Weston, n’a jamais oublié.

Marion’s « Touch » pour le Lady Dior

Actrice, chanteuse, parolière, égérie et maintenant créatrice, Marion Cotillard est une touche-à-toutAprès plus de 4 ans de collaboration, c’est tout naturellement que la maison Dior demande à la môme, égérie du mythique Lady Dior, d’y apporter sa touche. 

C’est dans le 5ème et dernier épisode de son web-documentaire, que l’on découvre la frenchie s’essayer au croquis. Celle qui le porte sur papier glacé passe de l’autre côté. Pour quelques instants, elle délaisse la caméra pour les ateliers de la maison Dior. Son cœur s’emballe pour un imprimé pied de poule, balance entre une idée rock’n’roll et quelque chose de plus simple.

Carré ou rectangulaire, cuir matelassé, poignées courtes ou chaines, motif prince de galles ou cannage, on ne le décrira jamais assez. Le Lady Dior est plus qu’un sac iconique, c’est un sac historique. Alors à quoi ressemblera la version 2.0 ? C’est à Marion Cotillard qu’il faudra le demander.

La Collection 7-inch par Olympia le-Tan

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Quel est le seul objet réconciliant stars et littérature sur le red carpet ? Les minaudières-livres d’Olympia le-Tan. Depuis 2009, la designer franco-britannique mêle ses deux passions, la broderie et la littérature en proposant à chaque saison ses minaudières reprenant des couvertures originales de livres chinés chez les bouquinistes de New York ou Londres, mais aussi à la librairie Shakespeare & Co à Paris, vrai temple de la littérature anglaise.

 Articulant ses collections autour de différents thèmes qui prennent vie grâce à l’imagination de la styliste – on peut penser à la collection 2011 de bagages brodés de noms d’hôtels inventés et de logos rétros de compagnies aériennes – cette année c’est en hommage à la musique des années 30 aux années 60 qu’Olympia le-Tan a imaginé sa nouvelle ligne de sacs.

 C’est tout un univers que construit la styliste autour de ses créations, réalisées en France à la main, en éditions ultra-limitées. Lors de la dernière Fashion Week, c’est tout le gratin de la mode qu’Olympia le-Tan a fait swinguer pour la sortie de sa dernière collection 7-inch, articulée autour de pochettes de vinyles parmi lesquels Rock Around the Clock, Cry Baby Blues et des classiques de Louis Armstrong sans oublier les livres, sa marque de fabrique, qu’elle choisit en lien avec le Jazz.

 Elle crée par la même occasion une collection de prêt-à-porter aux imprimés dessinés par son père Pierre le-Tan, célèbre illustrateur et faisant appel à Ronnie Spector, ex-Ronettes pour interpréter son tube « Be My Baby ».

Tout un univers donc, faisant honneur au Jazz, au Blues ainsi qu’aux prémices du Rock’n’Roll, en créant son propre girls band, comme un rêve de petite fille enfin réalisé.