Le Drapé Iconique De Lanvin

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Sa principale source d’inspiration était la féminité, dans tous ses états. Il y a chez Lanvin une volonté évidente de mettre en valeur les courbes féminine ; d’orner le corps, le voiler, le draper pour le sublimer un peu plus. En coupant ainsi le tissu dans son sens biaisé, le drapé né d’un ensemble de plis souples pour donner naissance à une sensualité et une liberté de mouvement, devenues depuis les synonymes du style Lanvin. Cette folie du drapé, on la doit aux inspirations de pièces persanes auxquelles Jeanne Lanvin tenait beaucoup.

Lorsqu’en 2001 Alber Elbaz prend la direction artistique de la maison, il ancre résolument le drapé dans les codes de la griffe. Orfèvre de la matière, Alber ainsi devenu “Alber de chez Lanvin“ enroule le corps, enchevêtre les tissus, les noue et les lie pour mieux les délier, les fait vivre, les faire virevolter au grès des pas de ses élégantes. Il crée des plis, des ombres et des lumières dans une soie lavée ; orne un tissu lisse de majestueuses vallées d’étoffe. Il se plaît alors à imaginer des vagues de tissus sur la peau – il les rêve, les imagine minutieusement tel un maître. Il esquisse la légèreté, usant et abusant de cette pratique qui donne presque un effet de seconde peau. Il fascine les initiés, rapproche ses créations de l’antiquité tandis qu’une joie toute en légèreté semble habiter ses sculptures de textiles.

Lanvin met son savoir faire au service de la délicatesse, de fourreaux qui glissent sur le corps et de coutures raffinées qui accroissent la splendeur de ce travail si particulier. Ce sens du détail enivre, ce travail de l’étoffe souligne la démarche tout en la subjuguant – ne jamais perdre de vue la sublimation de la femme, telle est en effet le mantra de la maison Lanvin. Successeur d’Alber Elbaz, Bouchra Jarrar s’empare à son tour de ce savoir- faire quasi-ancestral – du drapé iconique de Lanvin, Bouchra Jarrar injecte une dose de tailoring développant néanmoins une nonchalance sophistiquée. Qu’il soit col bénitier ou tissu ramené sur la hanche pour laisser tomber délicatement des plis tubulaires, le drapé assure une allure aussi féline que classique, parfois romantique, mais sans cesse réinventé.

La Robe Lanvin Automne/Hiver 2017-2018

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« Je me suis inspirée de la danse, de la poésie, de la dentelle, des paysages » annonçait la directrice artistique de la maison Lanvin, Bouchra Jarrar. Pour sa deuxième saison à cette position, la Française signe une ligne de palette strictement monochrome, tantôt alluré d’association iconique, tantôt piqué de matières nobles car atypiques. C’est ainsi qu’un doux rose pastel, un bleu foncé, ou quelques traits de vert et de violet viennent habiller les chemisiers et les costumes coupés dans du satin. Ce sont ici des vêtements pensés pour la femme Lanvin qui se rend à des cocktails – extrêmement soignée. Joliment coupés, les pantalons gabardine taille haute, les jupes et vestes sur mesure se décoraient de volants de tulle et autres insertions…

Un style, une allure, une silhouette purement Parisienne, qui vient ici célébrer les hautes heures de l’élégance Française. Si admirée dans le monde entier, Lanvin est en fait la figure de proue de cette ligne – et aujourd’hui, c’est dans une robe diaphane couleur ivoire, piquée d’empiècement tulle et dentelle que la femme Lanvin veut se glisser. Mais attention, cette femme là s’est entre temps épris d’un mélange des genres somme toute très distingué. En amenant dans l’illustre maison Lanvin sa passion et son remarquable savoir-faire sur le cuir, Bouchra Jarrar fait ainsi subtilement se télescoper le perfecto et la sensualité d’une robe qui n’en finit pas, le tout pour mettre au monde une tenue de soirée pour les femmes qui ont besoin de passer d’un bureau en marbre au petit salon.

 

Le Flora Suit Automne/Hiver 2017-2018 de Gucci

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L’originalité de Gucci semble définitivement de retour. Ancré dans la tradition Italienne, mais en adorant tout autant ce qui fit la grandeur de la mode par Gucci, Alessandro Michele déploie sa créativité débridée le long d’une ligne Automne/Hiver 2017-2018 mettant en scène pour la première fois des hommes et des femmes aux allures de caractères cinématographiques.

Le directeur artistique de la griffe continue en effet d’enrichir sa partition romantique aux accents rétro, mais cette fois-ci, c’est sur fond d’inspiration bucolique qu’Alessandro Michele compose une ligne postmoderne où les références tirées d’époques aussi diverses que variées se télescopent avec génie. En inaugurant ainsi la Fashion Week de Milan, l’homme a en réalité repositionné un peu plus la ville dans les rails de la planète mode : détachée, rêvée et incommensurablement allurée !

Et parmi la profusion de looks ayant défilé, la silhouette numéro 5 retient une attention toute particulière. En apposant en effet le mythique motif flora sur un costume aquarelle presque onirique, Alessandro Michele mêle à l’héritage de la maison la décomplexion des jeunes générations du nouveau millenial. Avec la main d’un alchimiste, transformant le très beau et l’étrange en des vêtements d’un pragmatisme aussi sublime que facile, il signe ici une collection Automne/ Hiver 2017-2018 au coffin du chimérique.

Le Manteau Fait d’Art de Fendi Automne/Hiver 2017-2018

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Karl Lagerfeld a voulu pour cette collection attirer l’attention sur ce qui fait de Fendi une maison à part entière – son savoir faire et le travail inédit sur la fourrure. Le logo Fun Fur disparaît ainsi un peu pour laisser place à une collection de pièces ultra-travaillées, pensées comme une enveloppe autour d’un corps. Les vestes croisées en prince-de-galle empruntées au vestiaire masculin accompagnent des manteaux de fourrure caramel de bourgeoise romaine racée.

Les femmes imaginées par Karl Lagerfeld sont d’apparence réservée, avec robes et jupes descendant systématiquement sous le genou.  Tout en contrôle, sexy, intrigante, flamboyante, cette femme spectaculaire est surtout une femme de pouvoir, elle maîtrise son destin et ses effets, dans une silhouette ultra-luxueuse, mais ancré dans une volonté de technicité inédite. La femme Fendi de la saison prochaine se pense donc comme « cette image de la Romaine d’autrefois qui fume, dans son vison miel avec ses grosses boucles d’oreilles, mais portée par un casting d’aujourd’hui, cette garde-robe prend tout son sens, ancrée dans l’époque actuelle. »

Sur ce manteau fait d’art, de chaque côté on aperçoit un X de chaque côté de la ligne de taille, comme pour attirer l’attention sur la technique plus que sur le beauté de la pièce. Une technique mise à l’honneur par Lagerfeld lui-même : la couture est profonde, fixée par une croix de différentes formes… Sur cette pièce aussi, il y a une double épaule ; un effet graphique mis en perspective par la couture des manches qui commence plus tard sur le tissu… Le côté spectaculaire n’est pas immédiat, puisqu’il est en réalité astucieusement et génialement occulté à l’oeil néophyte.

 

Les Pochettes en Enfilade, Nouvel Accessoire Gucci Automne-Hiver 2017-2018

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Depuis qu’il est à la tête de la maison Gucci, Alessandro Michele n’a de cesse de combiner les codes iconiques de la griffe à la folie créative des nouvelles générations. En phase avec son époque, le directeur artistique de Gucci présentait à Milan une collection Automne/Hiver 2017-2018 comme un mélange de passé et du présent, du réel et de l’idéal, comme un alchimiste : « Avant de commencer la collection, j’ai découvert l’ouvrage d’un alchimiste du XVe siècle. Je suis fasciné par le fait de transformer les choses que vous aimez mais aussi que vous détestez qui, en un sens, vous contaminent tout autant. Être un humain c’est ne pas se contenter de ce que vous avez, c’est transformer, y injecter la vie, la culture, la littérature. »

Ainsi, les héros de ce nouveau feuilleton Gucciesque se suivent et ne se ressemblent en aucun cas. Dans le tunnel de Plexiglas futuriste qui fait office de podium, les femmes et les hommes s’allurent dans des toilettes inspirées ! Si les silhouettes proposées par Michele ont tout du fantasques, c’est pourtant la profondeur de sa création qui interpelle et témoigne de la justesse de son analyse. Cette saison, les pochettes en enfilade reprenant tous les sacs iconiques de la maison en version miniature ouvrent en fait la voie à une nouvelle façon de comprendre les accessoires.

Sa créativité débridée, nourrie de sa passion pour les fleurs, la Renaissance, le Moyen-âge, les animaux, la littérature, la couleur et le rock, rencontre ici des pièces maîtresses du vestiaire Gucci : sac bamboo et éternel bande vert-rouge-vert, taillés dans la toile maison, façonnés en croco ou en autruche… Ces influences achèvent de donner naissance à une pièce en trois qui lègue une allure hybride, étrange, improbable et finalement hyper-désirable!

 

 

 

 

 

Le Chic Révéré de Missoni Automne-Hiver 2017-2018 : De la Maille et des Couleurs!

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Angela Missoni fêtera l’an prochain ses 20 ans à la tête des créations artistiques de la maison familiale – pour la saison Automne-Hiver 2017-2018, c’est ainsi la pure tradition Missoni que la designer a travaillé autour de l’accent mis sur la maille dans un kaléidoscope de couleurs et de motifs géométriques signature même de la griffe.

Et le chic de la maison Missoni n’a pas pris une ride ! Dans une flamboyance toute Italienne, Missoni dessine des pulls à la maille rêvée, des robes, des blousons en laine XXL, des écharpes de fourrure travaillant sur le même acabit. Justement, la pièce maîtresse de ce défilé, ce combo de motifs et de matières dont seul Missoni a le secret, se pense comme la figure de proue du style de la maison. En associant différentes matières, notamment la maille et la fourrure, c’est dans une association évidente mais audacieuse que se pense la saison prochaine.

Pour le final de son défilé automne-hiver 2017-2018, Missoni a fait défiler ses mannequins avec des pussy hats. Il faut dire que le titre même du défilé se fait politique : « The Revolution Will Not Be Televised » de Gil Scott Heron, résonne dans la salle – mais Missoni a revisité ces bonnets roses avec les codes de la maison.  « Je ressens le besoin de reconnaître qu’en ces temps d’incertitude, il y a un lien entre nous qui peut devenir fort et sécurisant » a-t-elle déclaré à la foule. « Le lien qui unit ceux qui respectent tous les droits humains. S’il vous plaît joignez-vous à moi et à ma famille sur ce défilé, et montrons au monde que la communauté de la mode est unie et n’a pas peur. » Définitivement, la mode s’éveille contre l’état du monde.

 

 

 

La Silhouette Crayon de l’Automne/Hiver 2017-2018 de Bottega Veneta

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Tomas Maier présentait à Milan la collection sans doute la plus puissante et la plus efficace depuis sa prise de direction aux fonctions artistiques de la maison Bottega Veneta. Il semblait à la fois enclin aux inspirations 80’s qui se diffusent en ce moment dans la mode, mais en se penchant un peu plus sur le chic très années 40 ! Une garde-robe moderne portable et hautement désirable !

« J’ai commencé à me concentrer sur la silhouette et j’étais très inspiré par les illustrations: les épaules fortes, les hanches serrées et arrondies à l’aide de matériaux riches en couleurs » a déclaré Maier. Comme à son habitude, Tomas Maier dirige Bottega Veneta en terme de goût – signature même de la manufacture, c’est le savoir-faire et le travail des matières qui mène le travail des ateliers.

Pour l’Automne/Hiver 2017-2018, c’est ainsi la silhouette d’une femme qui a du chien que dessine le directeur artistique, en s’appuyant sur un savoir-faire subtilement dosé, mis entièrement au service du plus chic. Ainsi le camel ici rencontre une jupe droite joliment étirée aux hanches, et les épaules circonflexes pour mettre au jour une silhouette aussi pragmatique qu’innovante. Un glamour à l’aura cinématographique, que Tomas Maier remet au goût du jour avec une grande virtuosité !

La Robe Ondulante Signée Joseph Pour l’Automne-Hiver 2017-2018

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Joseph Ettedgui le disait lui-même : « Une garde robe ne peut être entièrement composée de vêtements de designers. Les gens ont avant tout besoin de beaux pantalons et pulls de qualité qu’ils peuvent porter tout le temps. » Et il est vrai que le fondateur de la maison Joseph s’est toute sa vie penché sur la réalisation d’un vestiaire sobre, chic et intelligent – un vestiaire qui mêlerait à la fougue Britannique l’intemporalité des pièces iconiques. Pour ce faire, le couturier a toujours mis l’accent sur la coupe et les matières, travaillant subrepticement l’allure et le style dans des plis en trompe l’oeil.

Cette signature, Louise Trotter semble ainsi la rappeler à chaque saison. Couture pointue et féminité androgyne ont demeuré la griffe esthétique de Joseph. Pour l’Automne/Hiver 2017-2018, la directrice artistique travaille toutefois une inspiration militaire floutée dans des découpes ouvertement féminines – pures et impeccables, les lignes royales et ourlets glissants rencontrent ainsi les matières nobles à l’instar du satin et de la dentelle anglaise.

Dans des tons aussi tendres qu’automnaux, Louise Trotter semble ainsi sceller la saison prochaine autour de cette pièce témoin du style Joseph : une robe ondulante coupée autour d’un col cheminé duquel s’étire des traines en trompes l’oeil pour une féminité flottante et incroyablement sensuelle. Le comble du chic !

 

Le Trench Burberry Automne-Hiver 2017-2018, l’Héritier du Sublime Anglais

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Dans un nouveau calendrier axé sur le see now buy now, Burberry dévoilait donc lors de la Fashion Week de Londres sa collection pour la saison Automne-Hiver 2017-2018. En prenant pour point d’ancrage le travail du sculpteur Henry Moore, Christopher Bailey a ainsi introduit une collection aux accumulations asymétriques de volants virevoltants dans des matières diverses, et des coupes originales et alambiquées. Une juxtaposition parfaite des contrastes qui admet le fait que le directeur artistique de la griffe est bel et bien au sommet de son art.

Sur les épaules d’Amber Witcomb ou Elfie Reigate, les pièces dépassent les proportions traditionnelles et bouscules les codes du style contemporain – en puisant dans ce que l’Angleterre a de plus aristocratique et poétique, Christopher Bailey met au monde des silhouettes romantiques où la forme, les textures et les détails subliment les corps comme jamais. C’est ce mariage des contrastes qui habille la fille Burberry pour la saison à venir. La maille estivale se porte donc déstructurée quand les robes corsetées one-shoulder, rivalisent de cool avec des empiècements inattendus.

Loin des variations classiques, le trench coat se fluidifie au contact d’un travail sur les manches et le col : « Il y a quelque chose dans l’épaule, le trench coat dépend vraiment de l’épaule, avec ses rabats, et l’épaule était aussi quelque chose d’important pour Henry Moore » a ainsi déclaré Christopher Bailey en coulisse.  Ses alliés pour l’automne prochain (déjà disponible pour certains produits) ? Le noir, le marine et le beige certes, mais pour le rendre encore plus iconique par opposition à la vibrance des tons, la sophistication s’incarne dans ses volants en spirale autour des manches. Définitivement au dessus de la mêlé, cette version du mythique trench coat est un must-have en devenir !

 

Le Robe au Trio-Asymétrique Automne-Hiver 2017-2018 du Duo Proenza Schouler

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« Comme on va s’en aller, on a voulu célébrer tout ce qu’on aime à New York » a expliqué Lazaro Hernandez, co-desginer de la maison Proenza Schouler au côté de Jack McCollough. Le duo avait ainsi choisi d’organiser le défilé Automne-Hiver 2017-2018 dans un ancien entrepôt de Greenwich Village. S’ils s’en vont défiler à présent à Paris, ils n’oublient pas tout ce qu’ils doivent à la Big Apple – et celle-ci est plus vivante que jamais. A l’heure où les manifestations grondent dans les rues, Proenza Schouler pense une femme un brin moins détachée de la réalité, puisque c’est une femme un peu plus sensuelle qu’à l’ordinaire qui foulait leur podium. « Pour nous, ça n’est pas le moment de rester chez soi en robe de chambre et pantoufles, c’est le moment de mettre des talons plats et une veste en cuir, de sortir dehors (…) et se battre pour les choses qu’on veut et les choses qui sont justes » expliquent-ils en cœur.

Alors, il n’est que ravissant de retrouver cet engagement dans des pièces aussi désirables que parlantes : le travail sur le cuir, les superpositions et asymétries, signatures mêmes de la griffe, n’hésitent plus à habiller une femme aux commandes de son corps et de ses choix ! C’est ainsi que la robe phare du défilé se construit autour d’un trio asymétrique de couleurs et de matières. Une pièce archi-texturée qui s’éclaire lorsque le tissu se fend pour laisser apparaître une hanche… Courbes et lignes assonantes dévoilent donc une femme Proenza Schouler assurée et rassurante.

Parmi les matières, on retrouve beaucoup de maille et de cuir, parfois recouvert de matériaux un brin plus futuriste, autrement dit métallisé. McCullough souligne à ce sujet qu’il s’agit « d’une espèce de couche de plastique, qui leur donnent presque un aspect de sac poubelle. » Le résultat s’incarne en tout cas dans une robe toute en ondulations et asymétrie, must-have de l’Automne-Hiver 2017-2018 !