La Robe Polo Graphique Lacoste Printemps-Été 2016

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Depuis quelques saisons déjà, le nouveau directeur artistique de la maison Lacoste s’attache à recréer l’image de la maison. Dans une veine plus jazzy, et dans un esprit plus jeune et plus urbain, Felipe Oliveira Baptista crée, pour la saison prochaine, une collection qui fait une nouvelle fois bouger les lignes entre mode sportive et mode urbaine. A l’approche des prochains Jeux olympiques, le ballet des drapeaux nationaux s’est transformé en son esprit en un véritable évènement graphique.

Peu d’insignes crocodiles ; un drapeau éclaté s’érige ainsi en élément graphique qui vient infuser une nouvelle vie dans le patrimoine de la maison. Une nouvelle excitation visuelle abstraite, fragmentée et recombinée en un certain nombre de bannières-nationales – françaises, suisses, japonaises, américaines… Le polo se réinvente aussi et, entrant dans l’imaginaire Olievira Baptista, devient une mini-robe au motif kaléidoscopique. Un must have chic, fun et graphique aussi alluré que casual.

Le Pantalon Moto Alexander Wang Printemps-Éte 2016

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« Pas de concept. » Pour la saison prochaine, Alexander Wang a refusé de mettre en plie son inspiration sous une quelconque conceptualisation. Cette année, et comme à ses débuts, le pape du cool New-yorkais remet en avant l’ethos de la rue : « Nous sommes toujours à nous demander ce qui est moderne. Eh bien, ce qui est moderne est ce qui est juste en face de nous » a-t-il glissé dans les coulisses, résumant toute la philosophie de sa collection.

Et la collection elle-même était typique d’un Alexander Wang au sommet de son art : cool et un peu vulgaire sur les bords, mais dans une maîtrise parfaite des matières et de la coupe. Le New-yorkais parvient une fois encore à encenser la rue avec un glamour échevelé, et une attitude aux antipodes du style traditionnel et clinquant de la Grosse Pomme. Parmi ses looks, le pantalon de moto résume l’emprunt et la réappropriation si chers à Alexander Wang. Coupé dans un cuir épais, le pantalon reprend le style de coupe et de couture propres aux hommes ; tombant légèrement sur des hanches presque absentes, le pantalon de moto Alexander Wang renforce et élève l’incarnation du tomboy, dans une attitude confidente et une allure simplement très cool.

La Sublime Santiag de Saint Laurent Paris

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Bien que l’origine exacte des santiags soit mal connue, ces bottes auraient été introduites en Amérique par les Vaqueros venus d’Espagne au début du XVIe siècle. Elle se caractérise par un bout pointu et un talon biseauté, plus ou moins haut. Le nom des « santiags » provient probablement de celui de la ville de Santiago de Cuba. Les Vaqueros ainsi que les indiens ont été les premiers cow-boys d’Amérique, chargés du soin des troupeaux de bovins, de leur migration à travers les États Unis. Au commencement la botte en question était plutôt inconfortable, peu esthétique. Composée d’une tige de cuir souple de chevreau qui s’ajustait parfaitement au coup de pied, d’une empeigne et d’un talon plat. Cette empeigne s’usant bien souvent avant la tige, de nombreux cow-boys en faisaient recoudre une nouvelle chez les cordonniers au milieu des années 1870 et particulièrement dans l’ouest. Ces artisans étaient  des bootmakers plutôt que de vrais cordonniers. Ils offraient notamment une variété de « tiges » faites dans toutes sortes de cuirs ou bien ils travaillaient sur commande .C’est ainsi que naquit un autre type de tige légèrement arrondie sur le haut et sur le devant .Faisant preuve de fantaisie et d’imagination fertile, les bootmakers décoraient les cuirs de surpiqûres en forme de fleurs, d’insecte, de reptiles. Le fameux talon constitué de lamelles de cuir collées entre elles «biseauté» est né de l’expérience des cavaliers Mexicains qui s’aperçurent que quand ils montaient les chevaux, la forme « biseauté » était beaucoup plus adaptée pour ne pas perdre les étriers.

Avec le temps, le découpage de la tige se différencia, en fonction du goût individuel des cow-boys. L’art et la singularité  venait de s’immiscer dans la fabrication des bottes et allait très largement contribuer à leur succès. Dans les premières années du XXe siècle, on vit apparaître des incrustations autour des tiges. Elles plurent vivement aux cow-boys et l’engouement pour ces «fancy boots» fut général. Lorsqu’à  Hollywood des producteurs avisés sentant venir la mode western, commencèrent à faire fabriquer des bottes que les stars portèrent tant à l’écran qu’à la ville. Fabriquées sur mesure et pour le show, à base de peaux exotiques telles que l’alligator, l’autruche, l’élan, ou encore de bison, serpent, lézard, ou peau d’éléphant. De plus les gammes de couleurs étaient plus soutenues, ou ultra sophistiquées. Elles étaient ornées de motifs gravés à la main ou plus souvent par des broderies dans le cuir, comportant des fils d’or et d’argent.

Principalement portée par les hommes, la santiag se féminise dans les années 1950. Elle se démocratise, et devient unisexe. Considérée dans les années 50/60 comme la botte des mauvais garçons, bikers et rockers c’est incontestablement la botte qui a remportée la palme d’or du succès et de l’originalité. Son élaboration a vogué sur plus d’un siècle, pour se retrouver aujourd’hui à Paris chez l’un des couturiers le plus chic du monde.

Chanel Printemps-Eté 2015 : Le Total Look Tweed

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Les pièces présentaient pour la saison prochaine sont, aux dires du Kaiser, des vêtements fait pour que tout le monde puisse en jouer. Atemporels, sans connotation sixties, ni seventies, Karl Lagerfeld signe ici un florilège de tenues aussi stylées qu’élégantes – pour femmes indépendantes. Alors, comment ne pas voir ici un clin d’œil, non, plutôt une révérence à l’essence féministe qui mue chacune des créations de Gabrielle Chanel, confirmant par là même la puissance d’un féminisme introduit il y a près d’un siècle à travers de simples étoffes ? Au XXIe siècle, sous les coups de crayon de Karl Lagerfeld, l’emblème du féminisme de la rue Cambon prend des allures de figure de proue dans ce combat de l’intelligentsia.

Les tailleurs Chanel s’arborent dorénavant dans des pantalons en tweed sport. A la cheville, le pantalon est ample ; la veste de tailleur, légère et aérienne, se construit autour d’un col ras de cou, aux bords brut, évidemment finit au fil de soie rose et blanc. Cette fois-ci donc, il joue la carte du masculin-féminin – d’ailleurs, les boutons sont du côté homme esprit blazer. Le célèbre tailleur Chanel est aussi rehaussé de fils de couleur. Et les couleurs vives, comme le fuschia, font leur retour. Les revendications fashion s’inscrivent bel et bien dans la recomposition de l’icône qui, de par sa pudeur rafraîchissante, se fait facile à porter.

Le Trench Burberry Printemps-Eté 2015

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S’il y a bien une chose que l’on ne pourra reprocher à Christopher Bailey, c’est son manque d’audace. Dans une volonté de jouer avec la joie de la couleur, avec la joie de la mode en fait, le directeur artistique de Burberry signe une collection comme une vision idéalisée d’un été anglais. Des couleurs minérales, des calligraphies oversized, des lettrages, de grands insectes et des oiseaux virevoltaient ainsi sur le podium de la Fashion Week de Londres. C’est dans de vieux ouvrages d’ornithologie et d’entomologie, que Bailey est allé dénicher ces illustrations, cette fois-ci imprimées à la main sur d’authentiques tissus britanniques.

Et pour la première fois dans l’histoire du manteau de tranchée, chaque trench a sa couleur, son motif, et finalement son approche de l’iconique. L’incontournable trench coat est donc ici modernisé par de grands motifs naturels, et des couleurs vives et puissantes. Une poésie toute nouvelle qui sans doute s’incarne dans ces ceintures d’arc de tulle. On les attache nonchalamment, de la même façon que ces bouquets de fleurs. Le résultat ? Des trenchs ultradésirables dans des couleurs acidulées et au fini mat. Un bariolage très très cool

Les Slippers de Tod’s

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Le processus de fabrication des produits Tod’s relève d’une méthode unique dans laquelle artisans et spécialistes perpétuent une tradition, une coupe, et un travail hérités. Mais la Maison Tod’s est aussi et surtout une rencontre entre la tradition respectée et l’innovation adoptée. C’est ainsi que chacun des objets réalisés devient une pièce unique, un chef d’œuvre de cuir fabriqué à la main, reconnu et apprécié dans le monde entier.

Cette saison, le soulier star de la maison est indéniablement le slipper floral. Pour cette collection ultra limitée, Tod’s use de couleurs inspirées des lieux mythiques de la Riviera. Entre l’espadrille et le Gommino, les slippers Tod’s se teintent de bleu et blanc à l’image de Capri, de rouge amarante comme Saint-Tropez, d’émeraude pour Porto Cervo, de blanc et d’ardoise pour le littoral chic de Forte dei Marmi. Une pièce déjà iconique à découvrir à partir du mois de mai dans les boutiques Tod’s de Saint-Tropez, Capri, Porto Cervo et Forte dei Marmi.

La Jupe Isabel Marant

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Dans la maison Isabel Marrant, tout n’est qu’indépendance. Pour confectionner ses collections, l’artiste n’use que de ce qu’elle résume essentiel : Isabel créée ce qu’elle veut porter. Et l’été prochain, Marant voit au prisme de l’art moderne : chez Miró et Tàpies, elle pique le travail graphique, mais en change le filtre. La formule est essentiellement identique : coupe hirsute, jean ample et mini-jupe ; la saison prochaine, les vêtements dansent au rythme de ses pas. Lorsqu’on lui demande ce qu’évoque pour elle l’été, l’intéressé répond : « La liberté, la nonchalance, le farniente, le laisser-aller. » Tout cela suinte la désinvolture, et très vite, voilà que l’élégance Parisienne se met à côtoyer leur nonchalance naturelle.

Mixer le féminin romantique à des pièces ou des tissus plus masculins, c’est là toute l’équation d’Isabel Marant : au chic, le sex-appeal ! Ses filles en jettent, et ont de l’allure. Sur les plis, le noir de jais est roi. Et le volume aussi : la jupe Isabel Marant de l’été prochain a une taille qui remonte haut ; comme une corolle, là voici qui se déploie dans un ceinturage façon pagne. Les matières se font graphiques donc, envoyant loin la notion même de cool : la mode est simplement libre, légère, et absolument facétieuse. Chez Isabel Marant, la femme est une conquérante, à demi-nue.