Cannes : La Montre Chanel Première de Kristen Stewart

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Kristen Stewart, Ambassadrice CHANEL portait une montre « Première » en or jaune 18K, boîte sertie de diamants et bracelet chaîne CHANEL Horlogerie, et une bague « Coco Crush » en or jaune 18K CHANEL Joaillerie. Elle portait une jupe CHANEL de la collection Prêt-à-Porter Printemps-Eté 2016 avec un t-shirt CHANEL de la collection Prêt-à-Porter Automne-Hiver 2016/17. Maquillage CHANEL par Lucia Pica.

Zoom sur le Marcel

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Apparu dans la capitale française à la seconde moitié du XIXè siècle, le Marcel, qui ne doit pas son nom au hasard, devient au cours des décennies d’après-guerre une réelle pièce de mode – assurément sensuelle. Marlon Brando en 1951 dans Un Tramway Nommé Désir en arbore un exemplaire blanc simplissime, très léger et moulant, particulièrement échancré tant à l’avant qu’à l’arrière du cou, donnant ainsi une visibilité décuplé à ce qui jusqu’alors avait demeuré le vêtement de la besogne.

Avant l’acteur, et encore bien avant les femmes donc, seuls les travailleurs pauvres des zones marchandes et industrielles en font usage ; et cet usage remonte aux alentours de l’an 1860, à l’époque où fourmillent les Halles de Paris. Là, un manutentionnaire arrache à son habit les manches pour libérer ses épaules et ses bras. Très tôt tous font de même, de sorte que se hâte vers eux un certain Marcel Eisenberg, propriétaire d’une usine bonnetière dans la ville provinciale de Roanne. L’homme décide de la production en masse de ce nouveau juste-au-corps pour le buste. En conséquence tout s’accélère, et le Marcel voit son port se diffuser chez les classes populaires. Ayant rapidement fait la preuve de son utilité, l’Histoire l’emploiera dans ses guerres, et l’introduira dans ses évolutions de moeurs, entrainant sa banalisation, fondant par là-même son immortalité…

La mode quant à elle, expansive, innovante, avide de tendances et experte en récupération, se saisit du petit débardeur parisien des débuts. Tantôt elle le restaure et le pérennise, et le fabrique donc en coton blanc, surtout comme sous-vêtement ou pièce homewear. Tantôt elle le repense, lui donnant de plus larges bretelles (Dries Van Noten, Dolce & Gabbana), plus ou moins de souplesse ou d’amplitude… Le Marcel n’emporte pas l’adhésion d’une majorité certes, mais ceux qui, des deux sexes, en ont fait une pièce maîtresse de leur vestiaire estival, et savent pertinemment l’intégrer à leurs tenues, jouant de la sensualité qu’il suggère et du style décontracté qu’il nourrit, ne se sont pas trompés ; et traduisent ainsi, en toute simplicité, et de façon même inconsciente, leur rattachement à une parisianité substantiellement audacieuse.

Le Bikini, Une Histoire de Femme et de Morale

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Le bikini est apparu pour la première fois à l’époque romaine, il y a plus de 1500 ans. Institué en 1946 par Louis Réart, son parcours n’a été que tensions, amour et désamour. Le créateur de maillot de bain, Louis Réart donc, conçoit le bikini en finalisant le travail de Jacques Heim, l’inventeur du plus petit maillot de bain au monde : l’atome. La légende veut que l’idée lui soit parvenue en regardant les femmes retrousser leurs vêtements de plage dans le but d’obtenir un meilleur bronzage. Il en réduit alors un peu plus les dimensions et, conscient du caractère explosif de ce deux pièces, ne trouvant aucun mannequin prêt à le porter, engage la strip-teaseuse du Casino de Paris, Micheline Bernardini. Il baptise sa création bikini, du nom de l’atoll de Bikini près des îles Marshall.

Dès que le seuil du quotidien fut franchit par ce tissu découpé en quatre triangles reliés par des cordes, il s’attira les foudres de l’Eglise et des bien-pensants. En Espagne, en Belgique, en Italie, le bikini fut immédiatement interdit sur les plages ! Affolés par cet outil de perversion qui normalise le dévêtu, il a fallu au bikini le vecteur du septième art pour sortir de cette catégorisation. En 1956, Brigitte Bardot s’affiche en bikini vichy dans le film « Et Dieu créa la femme ». La course au bikini est lancée : Marilyn, Rita Hayworth, Jayne Mansfield, toutes l’arborent, toutes le rendent raisonnable autant que désirable.

Mais c’est sur les épaules des James Bond girls que le bikini endosse ses lettres de noblesse. En 1962, Ursula Andress, la première James Bond girl, dans 007 contre Dr. No, s’extirpe en fredonnant d’une eau onirique dans un bikini blanc, ceinturé. De la fameuse scène du bikini elle affirme aujourd’hui : « c’est ce bikini qui a fait de moi une star ». Si l’affirmation ne semble pas tenir compte du sex-appeal de Miss Andress, ce qui est certain c’est qu’elle a contribué à faire de lui, l’icône de la pop culture américaine. Dans ces années là, l’engouement populaire pour les surf movies parvient à contenter l’opinion quant au caractère sensuel et non sexuel du bikini. L’année 2002, c’est Halle Berry qui incarne l’idéal de la femme fatale et, comme Ursula quarante ans plus tôt, c’est dans un modèle quasi-similaire de bikini, teint cette fois en orange, qu’elle ancre définitivement le bikini au rang des indispensables. Finalement, plus que l’histoire d’un vêtement, c’est le récit du cheminement d’une morale que conte le bikini.

Le Top Shocking

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En souvenir de l’époque flamboyante où Elsa Schiaparelli faisait sur le monde de la mode régnait l’art surréaliste, le nouveau directeur artistique de la maison aime à reprendre les références de cet apogée. Avec des lignes plus longues et des concepts modernisés, Bertrand Guyon s’amuse ainsi du Théâtre d’Elsa. Formé chez Valentino, premier assistant d’Hubert de Givenchy, Bertrand Guyon signe ici une première collection dramatique et pleine de fantaisie. De ce rose fuchsia couleur signature d’Elsa, le designer en fait le fil d’Ariane d’une réinterprétation surréaliste. Une réinterprétation résumée à merveille dans un Top sans dessus dessous.

            « C’est un équilibre entre simplicité et extravagance. » C’est en fait une équation entre design moderne, coupes traditionnelles et complexion des tissus. Le Top shocking joue sur les contrastes, tout comme le surréalisme se joue des trompes l’œil et des rêves. Le pull est ainsi un chemisier lavallière aux manches bouffantes qui, comme une évidence, s’amourache d’un corps en fourrure. Rose, évidemment ! Mieux, au lieu de dessiner une collection couture dont on se languit d’une somptuosité inaccessible, Bertrand Guyon s’amuse à faire défiler une collection prêt-à-porter ; pardon, “prêt-à-couture.”

Le Polo Ralph Lauren

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Alors que rien d’autre que le talent n’appelait Ralph Lauren au succès, la marque du jeune homme, initialement vendeur de cravates dans le Bronx, connait la gloire dès 1970. Se faisant connaître par les costumes preppy et bon ton qu’il réalise pour le film The Great Gatsby, c’est grâce à son logo que la marque acquerra son côté iconique. En 1971 paraît le symbole de son enseigne américaine, le joueur de polo monté sur un cheval, inspiré de ce sport bourgeois tant admiré par Ralph Lauren. Entrant avec résonnance dans l’histoire des self-made men, il connait un succès retentissant au travers du polo en 1972. Désigné dans son magasin de Beverly Hills indiscernable d’un authentique manoir anglais, le vêtement phare se décline en vingt-quatre couleurs différentes. A manches courtes, léger mais habillé, le polo est la quintessence même du style Ralph Lauren, à l’effigie des Hamptons families.

Le polo est l’incarnation d’un chic populaire et d’une nonchalance « made in USA » : il donne au créateur une place méritée parmi les plus grands, comme le rappelle Calvin Klein, voisin de Ralph Lauren à ses débuts : « Il s’habillait toujours de manière originale. Moi, j’étais plus marginal, plus provoc. […] Ralph, lui, avait l’air de venir d’ailleurs. ». La « Laurenisation de l’Amérique » se poursuit alors au travers du polo et de sa mixité, faisant des années 1980 la décade estampillée Ralph Lauren. En effet, la version féminine, empruntée au vestiaire masculin, vient s’ajouter à la collection de prêt-à-porter un an après la sortie du modèle pour hommes. C’est en réalité à la demande de sa femme, Ricky Lauren, qui avait pour habitude de se composer des tenues avec des habits masculins, qu’il crée sa première gamme de vêtements pour dames.

Représentation classique d’une Amérique accomplie et distinguée, le polo Ralph Lauren s’exporte et se mondialise, comme égérie d’un chic intemporel et décontracté. Après avoir pris part à la réalisation des costumes de l’équipe nationale olympique des Etats-Unis en 2012, le créateur réaffirme le rayonnement international de sa pièce maîtresse par un succès indubitable. Substantif d’un vêtement qui s’était vu initialement donner d’autres noms, comme le « tennis shirt » de Lacoste, le polo est à lui seul le pionner d’un genre. Devenu l’image universelle des élites et classes moyennes aisées à travers le monde, le polo est plébiscité pour sa qualité, préoccupation première du créateur. Rêve accompli du jeune Ralph Lauren lycéen qui inscrivait vouloir devenir millionnaire au yearbook de fin d’année, le polo et ses inventives déclinaisons continuent de faire briller la marque depuis quarante ans déjà. Comme le rappelait David Lauren, fils du fondateur renommé, l’histoire de la marque est l’histoire d’un polo : « It’s not about fabric. It’s about dreams. ».

Le Trench Homme du Défilé Prorsum Printemps/Eté 2015

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Dans cette collection Printemps/Eté 2015, Christopher Bailey choisit de mettre à l’honneur le célèbre écrivain Bruce Chatwin, globe-trotter et auteur acclamé pour ses récits de voyage, dont J’ai toujours voulu aller en Patagonie – la naissance d’un écrivain. Dénommée ‘Book Covers & Bruce Chatwin’, la collection Burberry Prorsum de l’été 2015 redessine la silhouette de l’homme Burberry : plus cool, plus décontractée et, finalement, sensuellement aventurier.

Sacs, vestes en cuir et trenchs se griffent ainsi des mots Aventure ou Exploration. Une invitation à l’expatriation dans les plus pures traditions de la maison Britannique. « Le monde change si rapidement qu’il est encore plus important de réfléchir sur l’histoire et le patrimoine », déclare Bailey. Ainsi, la gabardine tissée à l’anglaise de Burberry Mill se pare de couleurs vivantes et fascinantes : marine foncé, vert d’eau, prune, vert olive ou vert ancien, sous le charme de la poésie et du sens du détail, le trench dévoile une nouvelle attitude. Coloré, vivant et indubitablement imagé, le Trench, dans sa modernité, se porte noué ouvert sur la taille. Sans détour, la nonchalance appliquée de Bailey fait de l’icône une tendance inextricable de la saison prochaine.

Le Trench Burberry Pré-Collection Printemps/Été 2015

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Il y avait de la poésie dans les couleurs fanées et les titres dessinés à la main empruntés à ces vieilles couvertures de livres. Sur le trench-coat, cela se traduit par une nouvelle silhouette : fluette et longiligne. Comme le mélange réussi d’un manteau régimentaire et d’une veste safari, le trench-coat doucement cintré en toile de coton rejoue l’histoire. 

En référence aux films britanniques des années trente et quarante, la femme Christopher Bailey pour Burberry se pare d’un trench raide à l’allure sévère, renforcé ici par des détails militaires comme les poches à soufflets ou les boutons grimpant jusqu’au manchon. Le romantisme du passé des tranchées.