Le Damier Louis Vuitton en Vedette pour l’Automne/Hiver 2018

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Nicolas Ghesquière a pioché dans sa mémoire l’inspiration de cette collection Louis Vuitton de l’Automne/Hiver 2018/19 – plus particulièrement, il a pensé aux femmes auprès de qui il a grandi. Dans cette exploration, l’actuel directeur artistique du malletier a déniché l’essence même du style français. Et dans une maison telle Louis Vuitton, cela ne pouvait se faire sans célébrer la signature d’un tel savoir-faire. Il a d’un côté l’élégance et de l’autre l’innovation. De la même façon, la toile damier Louis Vuitton fut imaginée à la fin du XIXe siècle – très vite, elle devient le code exclusif de la maison. Aussi ancienne que la Tour Eiffel, la toile à damier est ainsi pensée pour protéger la maison des contrefaçons. Réintroduite en 1996 par Marc Jacobs, elle est aujourd’hui une signature incontestable.

Pour la troisième saison consécutive, la maison investissait le Louvre, et plus précisément la cour Lefuel. Dans cette architecture datant de l’Empire, Nicolas Ghesquière a voulu jouer des époques et du style de la haute bourgeoisie française pour composer la collection de la saison prochaine. Alors, lorsqu’il signe la pièce phare de l’Automne/Hiver 2018/19, c’est bel et bien le damier Louis Vuitton que l’on retrouve en vedette. Les époques et les styles ici se télescopent et, d’un top des plus bourgeois avec ses galons or, Ghesquière fait une pièce hyper-actuelle en confondant le motif pied-de-poule et la mythique signature damier… Et derrière cette association très féminine, le directeur artistique veut jouer de l’image Jolie Madame qui sied si bien à l’élégance française.

« Parfois, nous pensons, de façon clichée, que pour rendre la femme plus forte il faut lui mettre des vêtements d’homme sur les épaules, mais nous oublions que des femmes très fortes portaient en fait des vêtements très féminins. J’aime aussi explorer cette idée que les femmes ayant changé le monde n’étaient pas habillées comme des hommes. » Il est vrai que la silhouette N°5 illustre ce propos à merveille – un motif pied-de-poule détourné, une association de pièces masculines renversée par ce top des plus sensuels… Une preuve, s’il en faut, de l’inépuisable évidence du style Ghesquière. D’autant plus lorsque la toile à damier se fait le motif vedette de l’Automne/Hiver 2018/19 portée par Natalie Westling !   

Le Pardessus Cuir Grainé Hermès de l’Automne/Hiver 2018

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Nadège Vanhée-Cybulski a une fois encore présenté sa collection pour le mythique sellier parisien dans un cadre extérieur. C’est au sein d’un des deux jardins du lycée Victor-Duruy, à Paris VIIe, qu’Hermès introduisait sa collection Automne/Hiver 2018/19. Et il s’agit de l’une des plus instinctives de l’actuelle directrice artistique depuis son arrivée à la tête de la maison. Il faut dire que Nadège Vanhée-Cybulski semble aujourd’hui parvenir à épouser les icônes et les gimmicks Hermès de façon plus spontanée. C’est ainsi que l’on retrouve une collection comme une ode à la matière fétiche de la maison – pièce-phare de l’Automne/Hiver 2018/19, le pardessus cuir grainé rouge honore en effet nombre des codes du sellier.

            Pièce coupée dans un veau grainé des plus sensuels, le pardessus Hermès brille de par son apparente simplicité. Un chic sans excès, un raffinement sans tapage – chez Hermès, les pièces témoignent d’une recherche savante dans la matière. Comme à l’habitude, le talent des ateliers travaille et transforme le cuir avec une finesse exceptionnelle – il n’y a en effet aucune rigidité dans ce cuir signature. Matière première de la « sophistication chuchotée » du sellier, le pardessus grainé rouge de l’Automne/Hiver 2018/19 se pique d’éléments rock pour une allure encore plus contemporaine. Chic au possible, la silhouette ici portée par Hayett McCarthy est incontestablement l’apanage de la grammaire Hermès.

            Dans le pur respect de l’ADN de la maison, Nadège Vanhée-Cybulski présente ainsi une pièce très contemporaine, prolongée de ses savoir-faire ancestraux. La griffe du 24 Rue du Faubourg Saint-Honoré développe donc pour la saison prochaine un pardessus au minimalisme certain – coupe nette, quatre poches et une ceinture… Rien de plus n’est nécessaire pour signifier tout le panache de cette silhouette. Structuré, mais sans entraver le mouvement, le pardessus cuir grainé rouge est assurément l’une des pièces de l’hiver prochain.

Le Complet à Carreaux Stella McCartney de l’Automne/Hiver 2018

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À l’Opéra de Paris, la maison de Stella McCartney mettait une nouvelle fois à l’honneur un engagement infaillible pour une mode propre – une mode sans cuir, sans fourrure et sans colle toxique. Connue pour être l’une des pionnières de la question, Stella McCartney a ainsi fait défiler une collection aux allures d’illusion. Intitulée “Tout n’est pas comme il semble“, cet opus de l’Automne/Hiver 2018/19 faisait la part belle aux classiques du style McCartney. Veste oversize, élégance détachée, et style British… Des pièces habituelles des garde-robes masculine et féminine piquées d’un jeu de trompe l’œil.

            La silhouette phare de l’Automne/Hiver 2018/19 met en vedette un complet à carreaux et son allure tomboy – un ensemble composé dans la pure veine McCartney. Le costume et la lingerie forment en effet la base de ses collections, de son style même. Depuis ses débuts dans les années 90 et sa collection hautement applaudie pour sa dernière année à la Central Saint Martins, Stella McCartney n’a de cesse d’explorer la sensualité et la coolness d’une femme glissée dans des pièces un brin moins premier degré. Et cette saison encore, la fille du Beatles signe des pièces pleines de vie, donnant à ces femmes du pouvoir autant qu’une attitude.

            Impeccablement coupé, le complet à carreaux de l’Automne/Hiver 2018/19 compose ainsi autour de sa veste fluide sans revers et légèrement arrondie une allure tomboy des plus désirables. Dans ce vestiaire où règne l’oversize, Stella McCartney parvient une nouvelle fois à jouer du classicisme anglais autour de ce manteau aux carreaux contrastants. Une silhouette qui démontre parfaitement comment les codes McCartney ont encore beaucoup de pertinence !

La Robe Rayée Sonia Rykiel de l’Automne/Hiver 2018

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C’est une nouvelle fois au sein de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-arts de Paris que défilait la collection Sonia Rykiel de l’Automne/Hiver 2018/19 – au cœur de cette bâtisse qui accueille, depuis toujours, les shows enjoués de la maison. Il faut dire que les défilés Sonia Rykiel incarnent tout de l’esprit frondeur, espiègle et franchement libre de la fondatrice – un esprit qui célèbre cette année son cinquantième anniversaire. Car c’est bel et bien en 1968, un certain mois de mai, qu’est inaugurée la première boutique à Saint-Germain-des-Prés. Le style Sonia Rykiel est simple – la rayure est sa signature, la maille son support… Sa mode se porte, s’apprécie, mais surtout se vit.

            Disparue il y a peu, la Reine du Tricot a ainsi laissé derrière elle une maison comme nulle autre – une maison forte d’un héritage espiègle, novateur est ultimement frais et raffiné. Et pour l’Automne/Hiver 2018/19, l’actuelle directrice artistique Julie de Libran réorchestre une nouvelle fois la mythique rayure Rykiel. Pimpante, légère et irrésistible ; la formule de Sonia se retrouve dans cette robe extra-longue en maille. « Cette collection n’est pas un hommage mais honore l’esprit de Sonia Rykiel, qui a encouragé les femmes à vivre leur vie de façon créative, individuelle, haut et fort » précise celle aux commandes des collections depuis 2014.

            Et c’est dire tant la robe rayée Sonia Rykiel de l’Automne/Hiver 2018/19 distille cette palette de couleurs joyeuses et subrepticement étincelantes. Julie de Libran emprunte en effet aux gimmicks iconiques de la Reine du Tricot leur nonchalance et leur pertinence. « L’esprit post punk, la New Wave et la pop music ont exercé une influence majeure sur moi, peut-on lire dans sa note d’intention. C’est là que j’ai décidé de m’exprimer par le biais de la mode, moi qui étais une enfant timide. » On retrouve ainsi cette même effervescence juvénile, cette même insouciance et impertinence qui, déjà en 1968, insufflaient aux rayures près du corps de Sonia Rykiel une sensualité certaine !

Le Bambou, la Jungle Jap et Kenzo Pour le Printemps-Eté 2018

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Au Trianon, Humberto Leon et Carol Lim ont introduit la semaine passée ce qu’il semble être leur vision fantasmée et finalement très justifiée du théâtre Japonais.Baptisée Collection Memento N°2, voici qu’elle introduit la silhouette Kenzo du Printemps/Eté 2018 comme une ode au voyage – conte fondé sur celui du fondateur Kenzo Takada, originaire de Himeji et rêvant d’ailleurs. Les directeurs artistiques de la maison ont ainsi sublimé l’histoire, la légende et le vocable d’une des maisons les plus oniriques du paysage mode. Le résultat ? Une ligne directrice hors du temps plongeant dans les méandres du mythe du Japon l’essence du style Kenzo. « Nous avons voulu insuffler du dynamisme dans cette maison légendaire sans en renier l’histoire » expliquent-ils. Et le fondateur lui-même n’y trouve rien à redire : « Je ne me sens pas du tout trahi. Carol et Humberto appliquent les deux principes essentiels qui m’ont toujours guidé : ne pas céder aux modes et travailler à l’instinct. »

Look iconique s’il en faut dans cette constellation de silhouettes bien inspirées, le kimono urbain version Printemps/Eté 2018. Dans une mode forcément asexuée, la pièce reprend pêle-mêle l’inspiration originelle de Kenzo, mais aussi et surtout toute la rêverie des imprimés si révolutionnaires pour l’époque. Le bambou, la Jungle Jap – rien n’est allumé ici car c’est bel et bien dans une veine urbaine donc portable que Carol Lim et Humberto Leon l’imaginent. Car si la mode de Kenzo est toute à la fois fantasque, métissée et colorée, celle de Lim et Leon se veut l’attribut idéal des cool kids d’aujourd’hui.

Le confort, le bien-être, la poésie – autant de valeurs chères au fondateur qui trouvent ici un écho, peut être, un brin plus contemporain. Un mélange entre les influences passées de la griffe et une touche de modernité, les designers ont pris soin de remettre au jour des pièces vintage du vestiaire Kenzo. L’imprimé bambou, lui, avait en effet marqué les esprits, plus d’une décennie auparavant ! Ainsi, le Printemps/Eté 2018 est-il, peut-être, un hommage à l’inventivité et l’audace de penser librement – comme celles de Kenzo lui-même. 

Le Survet’ Lacoste du XXIè Siècle est Celui du Printemps-Eté 2018

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Devant un front row accueillant l’ambassadeur de la griffe, Novak Djokovic, Caroline de Maigret mais aussi Aymeline Vallade, Guillaume Canet et Marie-José Perec, la maison Lacoste faisait un retour tant attendu à Paris. Après 14 ans de présence à la Fashion Week New-yorkaise, l’actuel directeur artistique Felipe Oliveira Baptista signe une collection liant les deux extrémités de la faune Parisienne. Avec une dextérité assez rare pour la souligner, Felipe Oliveira Baptista a composé un vestiaire idéal inspiré des codes racailles du film La Haine de Mathieu Kassowitz, et ceux bourgeois du Conte d’été d’Eric Rohmer.

« Lacoste a toujours été une marque portée vers les extrêmes sociologiques. À l’origine, elle était très implantée dans la bourgeoisie car le tennis était un sport assez élitiste, mais dès les années 80 et 90, elle est descendue dans la rue avec tous ces gamins habillés en survêtement Lacoste » précise le directeur artistique de la griffe. Le résultat ? Le futur it du Printemps/Eté 2018 ! Le Survet’ version XXIe siècle se pare en effet des ganses iconiques du gilet Lacoste. Mais c’est dans une dégaine chic et si casual qu’il se présente pour la prochaine saison – un vestiaire sportswear si adapté à la vie citadine, en marine et blanc, les couleurs emblématiques de Lacoste.

«  Toutes les frontières entre ce qui est sportswear et ce qu’on porte pour travailler sont en train de tomber. Comme designer, c’est un moment très intéressant pour pousser ces réflexions plus loin  » ajoute Baptista. Et lorsque l’on voit sa collection Printemps/Eté 2018, on se dit en effet que le directeur artistique de la maison ne s’est pas trompé. Hautement désirable, chacune de ses pièces ouvre sur une nouvelle page de l’histoire de la griffe au croco.

La Blouse See-Through de Saint Laurent Version Printemps-Eté 2018

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La mode pensée, imaginée et proposée durant tant d’années par le duo Yves Saint Laurent/Pierre Bergé recèle de mille et unes pièces iconiques. Et s’il est une chose qui jamais ne cesse d’inspirer cette grande maison, c’est Paris et la Tour Eiffel. Ainsi pour son second défilé à la tête de la maison Saint Laurent, l’Italien Anthony Vacarello a planté le podium YSL sur la fontaine du Trocadéro – en arrière-plan, la Tour Eiffel sur le point de s’illuminer. « Je veux raconter l’histoire de Saint Laurent, celle de Paris – rien de plus que ça » souligne Vaccarello. Il faut dire que dans la grandeur du cœur de Paris, les silhouettes qui défilaient le 26 septembre dernier rendaient un hommage particulier à cette mode qui rythme depuis longtemps déjà celle de la capitale.

Sans trop forcer, Anthony Vacarello reprend beaucoup du vocable d’Yves Saint Laurent. La collection Printemps/Eté 2018 est ainsi un voyage dans la couture du plus artiste des couturiers. Ce voyage s’ouvre avec les souvenirs hippies de Marrakech découvert en 1966, et se termine dans la tradition de la haute couture des l’ateliers Saint Laurent, portée jusqu’en 2002. Là, c’est la silhouette N°80 qui capte toute l’ampleur de cette tradition… Le mythique couvre-chef pointe fut travaillée la dernière fois lors la collection Automne/Hiver 2001, alors régie par le maître. La veste tuxedo aux revers exagérés démontre ici la volonté d’opulence de notre époque dans des lignes déjà explorées par Yves lui-même… Enfin, l’icône absolue de la maison, la blouse see-through se pense ici en plumetis flottant.

Une sensualité et un chic tout Parisien qui fait dire à Vaccarello : « Cette fille Saint Laurent – elle veut s’amuser. Elle n’est pas déprimée. Elle veut profiter de la vie ! » Justement, l’érotisme et l’hédonisme que distillent cette collection n’est pas sans rappeler l’aura Saint Laurent des années 80. Une décennie où Yves a définitivement ancré son vestiaire glamour mais libérateur dans le paysage international. Au pied de la Tour Eiffel donc, Kate Moss, Lenny Kravitz, Lou Doillon et Courtney Love ont assister à une déclaration extrême et audacieuse du leadership Saint Laurent sur une mode à l’érotisme suggéré plutôt qu’avoué… L’oeuvre de “l’amour fou, l’amour de deux fous” comme l’exprimait le déjà regretté Pierre Bergé.

Le See-through de YSL En quelques dates

1966 : Pour la collection Printemps/été Yves Saint Laurent dévoile partiellement la poitrine de la femme grâce à une robe de chiffon, en bleu marine organdi, dont «See-through» broderie paillettée couvrait la poitrine.

1967 : Un premier scandal: dans le film “Belle de Jour” de Bunuel Catherine Deneuve porte un voile noir Yves Saint Laurent en organdi avec des transparences, qui révèlent tout son corps.

1968 : Le “nude look” est né. Saint Laurent dessine la robe la plus emblématique de cet année la: une robe de chiffon entièrement transparente avec une ceinture en plumes d’autruche nommée le « See-through dress” (ou chemise).

1968 : Yves Saint-Laurent explore le concept du corps féminin au moyen du robe de mariée- bikini dans la collection Printemps/été.

1969 : Pour son triomphe aux Oscars 1969 Barbra Streisand porte un Arnold Scaasi tuxedo-nude look manifestement inspiré au « See-through dress » de Saint Laurent.

1969 : En occasion de la première du film “Slogan” Jean Birkin porte une mini-robe « see-through« . Elle deviendra une des muses d’YSL.

1970s : Après le scandal et un premier refus des magazines Americains et étrangers, le style « See-through » deviant populaire: le « See-through » est immortalisé par Helmut Newton.

1999 : La robe noire See-through évolue: Naomi Campbell présente un See-through bustier blue marine pour Yves Saint Laurent.

2002 : Pour la présentation de la dernière collection d’haute couture de sa glorieuse carrière, aux Centre Pompidou de Paris, Yves Saint Laurent choisit de revisiter sa légendaire robe « See-through”.

2010 : Quarante ans après sa création, Laetitia Casta rend hommage au look « See-through » d’Yves Saint-Laurent en portant sa robe mythique pendant les Césars du Cinéma 2010.

2014 : L’ancienne muse d’Ysl, Danielle Luquet de Saint Germain, met aux enchères sa collection d’haute couture. La légendaire robe « See-through » est vendue à un prix supérieur à 110.000 Euros.

2014 : Hedi Slimane revisits some iconic pieces like Le Smocking and the See through blouse.

2015 : Hedi Slimane revisite le concept de la chemise See-through en présentant la robe « Mono breast dress« .

2016 : Anthony Vaccarello développe le concept de nudité en proposant une nouvelle version de la chemise See-through et du Mono breast dress.

2017 : Anthony Vaccarello propose la robe See-through blouse pour homme (voir l’image 9 de 58).