Le Nouveau Monogramme Burberry Habille Stella Tennant pour le Printemps/Eté 2019

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Riccardo Tisci faisait défiler à Londres son tout premier opus pensé pour la maison Burberry. Et, déjà annoncé au courant de l’été, le nouveau monogramme trouvait là un écho bien particulier. En se réappropriant le patrimoine identitaire de cette maison bi-centenaire, l’Italien Tisci a ainsi pioché dans les archives un motif dessiné par le fondateur lui-même. En 1908, avant même d’imaginer le trench-coat, Thomas Burberry donnait une identité visuelle à sa maison — un motif fait des lettres TB comme entrelacées qui, sous l’impulsion de Tisci, fut appelé à être réinventé ! 

C’est donc au célèbre designer Peter Saville que le nouveau directeur artistique de Burberry a soumis l’exercice. L’artiste disposait ainsi de quatre semaines pour donner vie à la vision Tisci pour Burberry. Et le pari fut réussi — sur une palette mêlant dynamiquement orange et blanc et beige, couleur iconique de la maison, est ainsi né le monogramme idéal pour l’époque. Plus abstrait, il vient donc se poser sur nombre de créations du Printemps/Eté 2019. En vedette : un ensemble coupé dans une soie onctueuse, arboré par la mannequin Stella Tennant ! 

Imprimé sur un chemisier à col lavallière, ton-sur-ton avec la doublure en soie d’un blazer en laine très British, le nouveau monogramme sur cette silhouette n°25 admet la démarche de Riccardo Tisci. Celle de célébrer la Grande-Bretagne dans un geste inclusif. Jeunes, âgés, sophistiqués, club kids ou punks, bourgeoises ou aristocrates : Riccardo Tisci l’a dit, il veut habiller et réunir tous les styles et toutes les générations. Et ce autour d’un monogramme fixé entre passé et présent !

Col Pierrot et Crochet, Marc Jacobs entre Glamour et Grunge pour le Printemps/Eté 2019

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« Je me moque sincèrement de savoir si c’est nouveau ou vieux ou casual ou habillé ou autre. Je pense qu’il y a beaucoup de personnes qui habillent les femmes pour aller au Starbucks. Ce n’est pas intéressant pour moi. Si vous vous habillez, allez-y franco. Si vous ne comptez pas vous habiller, portez votre survêt pour aller au Starbucks. » Marc Jacobs se confiait à WWD avant la présentation d’une collection composée comme un hommage à l’histoire même de la mode. Volumes théâtraux, sophistication et riches matières, la femme Marc Jacobs du Printemps/Eté 2019 semble n’avoir que faire du commun. 

 

Ainsi glissée dans une toilette à la beauté étincelante, la femme Marc Jacobs prête des références appuyées aux designers qui l’inspirent, aujourd’hui encore. Yves Saint Laurent, Roberto Capucci, Coco et le Chanel de Lagerfeld, Stephen Sprouse, Vivienne Westwood… La collection mêle avec adresse les codes d’une mode plus baroque qu’utilitaire à ceux d’un Marc Jacobs au sommet de son art. La silhouette n°10 capture ainsi toute l’essence de cette vision — le col Pierrot, métonymie Jacobienne, mais aussi les matières flottantes et aériennes coupées façon jabot géant épousant le tricot typiquement grunge… 

 

Le défilé Marc Jacobs Printemps/Eté 2019 est une ode à la mise en beauté ; le genre de collection qui délivre du lazywear autour d’une démonstration technique ! Et une fois encore, l’Armory, ancien bâtiment militaire aux dimensions pharaoniques, vibrait au rythme d’un pur exercice du genre. Une mode qui exalte le passé plutôt qu’elle ne le dépoussière. Brillant ! 

Blazer, Dents de la Mer et Wetsuit : l’Equation Calvin Klein pour le Printemps/Eté 2019

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Décennie 70 — Calvin Klein capture l’esprit du temps et délivre à toute une génération en quête de vêtements faciles et sexy la silhouette idéale. Une fois passés entre la griffe CK, les maillots de bain et tricots de tennis désormais s’associent à des jupes et pantalons taillés suivant les lignes du tailoring classique. Et depuis deux ans qu’il est à la tête de sa création, Raf Simons n’a de cesse d’injecter une aura toute nouvelle à l’ADN Calvin Klein — au prisme du fantasme d’une Amérique un brin plus sombre…

 

La note du défilé Printemps/Eté 2019 le précise: « Tout voyage à travers les Etats-Unis finit, inévitablement, à la plage. Et c’est là qu’on retrouve cette idée d’une beauté incroyable, mais aussi une certaine tension, entre la mer et la terre, deux mondes en choc. Il y a quelque chose d’inattendu et, toujours, une tentation. Pour moi, Les Dents de la Mer est l’exemple ultime de tout ça. » Fil rouge de cette collection, le film de Steven Spielberg sert ici de continuité au commentaire de Raf Simons — après avoir exploré la face cachée de la pop américaine, puis celle des prudes paysages de prairies, le voici qui s’attaque à l’atmosphère dangereuse qui pèse sur la mer. 

 

La nouvelle collection Calvin Klein 205W39NYC faisait ainsi la part belle aux expérimentations de matières techniques — résultat ? Des combinaisons stylistes aussi pertinentes qu’avant-gardistes ! Blazer et wetsuit, l’équation de la prochaine saison distille une vision très postmoderne de l’univers Calvin Klein. Associée à l’iconique blazer subrepticement oversized, la combinaison de plongée se mue en une robe-jupe donnant l’illusion de pouvoir s’enfiler dès le premier danger venu. Pièce maîtresse qui se trouvera assurément sur les épaules des dits-décideurs du cool, le tee-shirt Jaws, lui, donne la touche pop à un ensemble savamment équilibré.

Robe Fendue et Opulence En Vue Chez Oscar de la Renta pour le PE 2019

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Lorsqu’il fonde sa maison en 1965, Oscar de la Renta est déjà fort d’une vision singulière — fasciné par le luxe, le couturier se destine à léguer aux femmes du monde l’aura glamour qui sied si bien à leur style de vie. Les diners, les galas, les tapis rouges… Oscar de La Renta pense la couture, le tissu autour de silhouettes romantiques, aériennes et franchement raffinées ! C’est que, à New York, la maison très vite habille les ladies-who-lunch ; mondaines d’un autre temps déjeunant chaque jour des heures durant. Pour ces femmes, Oscar de La Renta pense collection sur collection comme autant de toilettes à l’aisance enchanteresse. Et c’est l’essence même de la maison que Fernando García et Laura Kim ont travaillé en vue du Printemps/Eté 2019. 

 

“Nomade, décontractée, sexy” — la vision Oscar de la Renta pour la saison à venir distille le charme et la spontanéité de la Méditerranée. « Nous l’avons attrapé à petites doses lors de nos différents voyages cet été, où nous avons mélangé le travail et le plaisir. Laura est partie au Maroc et en Croatie ; de mon côté, je suis allé en Inde chiner des tissus, puis à Mykonos. Il y a un peu de toutes ces destinations dans la collection » précise Fernando García. Il y a aussi et beaucoup de la collection Printemps/Eté 1994 pensée à l’époque par le fondateur. 

 

Au coeur d’une pléthore de robes ultra-désirables, les longues pièces fendues et ornées de plumes viennent ainsi raviver tout le glamour Oscar de La Renta. Réinterprétation d’un modèle iconique de la maison, la silhouette n°47 figure une femme toute en splendeur et sensualité — une femme accomplie dans une toilette éthérée. Il faut dire que l’aura composée par Oscar de La Renta, celle-là même qui enveloppa l’allure de Jackie Kennedy ou Grace Kelly, trouve aujourd’hui une résonance particulièrement remarquable !