Les Galeries Lafayette S’Affichent En Prada

Pendant la Fashion Week, Prada s’installe aux mythiques Galeries Lafayette, avec un nouveau projet très sauvage — Prada ‘Hyper Leaves’, ou quand la maison Italienne lie végétation et pièces iconiques !

Prada A Paris

Le rendez-vous est posé. Du 14 janvier au 10 février, la maison Prada prend place aux coeurs des Galeries Lafayette Haussmann. Le grand magasin Parisien se transforme ainsi pour l’occasion en véritable jungle, mais hautement stylisée. L’idée? Deux boutiques éphémères signées de l’audace de Miuccia Prada. Car c’est bel et bien la mie en scène de ce nouveau projet qui fait de ces nouveaux corners des lieux aussi atypiques qu’emplis d’icônes.

Là où les triangles synonymes de Prada brilleront sous forme de néons verts ou jaunes, ici se dressera une mise en scène sauvage — alocasia, monstera, figuiers et fougères viennent court-circuiter l’installation… L’ambiance très inspirée plante ainsi le décor idéal pour les pièces clés du Printemps/Eté 2020. Pour femmes, et pour hommes.

Où Aller Pendant La Fashion Week 2020? Prada ‘Hyper Leaves’

Car les plantes n’ont pas dit leur dernière mot. Véritable ode à la jonction entre la technologie et la nature, l’installation Prada verra ainsi les plantes grimper jusque dans les présentoirs et les sols… Eux aussi travaillés aux motifs de feuilles. Car la boutique éphémère pour femmes puise son ambiance dans celle d’un pavillon forestier — filets métalliques et baobab composé à partir de ces mêmes filets en prime !

Côté vêtements Prada, la maison a pioché des pièces en écho à l’ambiance très nature. Mais une nature évidemment griffée de détournement à la Prada. Pour les femmes, des pièces en daim et les déjà iconiques cabans en nylon se présentent à côté d’ensembles coupés dans le cuir nappa; vintage cette fois. Côté accessoire, des paniers en palmier, maïs et raphia viennent compléter des silhouettes déjà très désirables.

Chez les hommes, la collection Printemps/Eté 2020, présentée en juin dernier, mettait déjà en scène des chemises imprimés ou colorblock… sur fond de néons accrocheurs. Ici, les pièces à avoir pour l’été 2020 se complètent de gabardines de coton, de chemises en popeline imprimée, des pièces en cuir nappa vintage, là aussi en nylon coloré.

Le détail qui change tout? 15 vitrines des Galeries Lafayette seront, elles aussi, submergées par la nature Prada. Affaire à suivre donc, dès le 14 Janvier 2020.

La Robe Grosse Maille Couleur Carbone d’Ann Demeulemeester pour l’Automne/Hiver 2018

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Ann Demeulemeester a très vite su imposer dans la mode sa désinvolture poétique – dès les années 90, ses codes sont établis et ses pièces fétiches déjà iconiques. Aussi intemporelle que le style qu’elle compose, Ann Demeulemeester c’est le blouson de motard, les pièces superposées, le noir et blanc, la grosse maille et la jupe longue. Il est ainsi ravissant de découvrir que pour l’Automne/Hiver 2018/19, Sébastien Meunier explore la grammaire Demeulemeester avec une adresse folle… Anticonformiste et un rien avant-gardiste, la robe grosse maille couleur carbone reprend avec brio la gimmick clé de la maison – une pièce-icône pensée pour souligner la personnalité de celle qui la porte.

            Dans ce style romantique et un brin rock’n’roll, la robe prend évidemment des proportions intéressantes – ce qui intéresse Sébastien Meunier pour l’Automne/Hiver 2018/19, c’est l’exploration des tensions et des contraires. Et cette silhouette illustre tout le propos. Longs gants en cuir dévoilant les épaules, longueur exagérée pour une robe essentiellement noire… La robe grosse maille couleur carbone signe le retour de la féminité Demeulemeester ; une couture floue et une femme plus engagée qu’objet.

             Sébastien Meunier détaille ainsi la trame de sa collection en faisait un parallèle intéressant avec Mary Shelley, auteur de Frankenstein. Il y a là quelque chose de similaire dans le mystère – « mais c’est plus fort, un peu plus dense et militant. » Entre poésie et brutalité, associations de matières et sensualité oscillant entre peau nue et occultée ; la robe grosse maille couleur carbone de l’Automne/Hiver 2018/19 resserre un peu plus le propos de la saison. Ce que les fans de Demeulemeester attendent et adorent : une pièce piquante et aguerrie.

Le Péplum Top Hermès Printemps/Eté 2017

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Nadège Vanhée-Cybluski s’est formée parmi les plus grandes maisons actuelles – Martin Margiela, bras droit chez Céline ou encore The Row, la patte du designer a su aujourd’hui séduire la maison Hermès de par da vision moderne et épurée de la mode – penchant pour le classicisme des créations qui, si elles sont simples sur les bords, contiennent toute la complication des œuvres dignes de la maison. Ainsi, la Maison du Faubourg est-elle attachée à l’approche soignée et l’élégance… ou plutôt au raffinement intemporel des vêtements associés à la griffe française. « Hermès, dit-elle, c’est une référence que l’on regarde avec admiration, désir, émerveillement. Une maison intègre qui ne fait aucun compromis sur la qualité et qui aime l’objet, pas le paraître. »

Ce fut ainsi dans cet esprit que Nadège Vanhée-Cybluski présentait à Paris des pièces efficaces car minimalistes, belles et ô combien fonctionnelles. Mais attention Hermès ne manque jamais d’once de poésie et, la directrice artistique n’a omis de le rappeler. Ainsi sur ce péplum top, le corsage apparaît si évident que la souplesse et la douceur du cuir ne viennent, finalement, qu’accentuer l’évidence du travail de la maison. Epurée tout autant que travaillée, la pièce est radicale – un peu rétro, un peu exotique, mais subrepticement futuriste. L’on reconnaît ici tous les codes de la maison Hermès – amplitude, rondeur, style et tranquillité.

 

Le Tailleur Bar Dior Printemps-Ete 2014

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« Cette collection se définit par la volonté de détourner Dior, de le bousculer » indique-t-il. Son dessein : écrire « un nouveau récit ». Au cœur du musée Rodin, les invités papillonnent sous la cascade d’un jardin suspendu, composé de centaines de fleurs aux couleurs fluorescentes et surréalistes. Si les fleurs continuent d’inspirer le créateur, son intervention, elle, se fait tout autre : exit les tons pastel et les proportions corolles, Raf Simons est bien décidé à déterminer sa propre expérimentation de la mode de Christian Dior. L’idée : transfigurer cet ADN au contact d’un jeu sur l’artificiel et le réel, sur le passé et le futur. De cette façon, il décline une réinterprétation du New Look qui, au prisme de cette dialectique, dialogue entre deux modernités bien distantes dans leur expression. Ce qu’il désire : « qu’on ne sache pas exactement d’où viennent ces femmes, ni où elles sont, mais qu’elles existent dans un espace en mutation, où tout semble possible ».
Le tailleur-bar, Christian Dior l’avait imaginé en 1947 ; il le présente à son premier défilé haute-couture. Cette année, les gimmicks classiques de la griffe sont réinvesties, lors même que l’ADN des codes de la maison est détourné ou disséqué dans le seul but d’obtenir des silhouettes inédites. Notamment repéré : un tailleur bar à la proportion inversée qui arbore toujours le plissé. Si la jupe n’est plus associée à la veste-bar, le plissé lui, subtilement s’y glisse au dos. De la veste-bar aussi les basques sont éliminées alors que la taille est relevée sur les côtés ; au dos des vestes, des imprimés fleuris découpés en bandelettes et composés de façon architecturale. Un travail méticuleux des plis accordéon fait penser à ses tableaux où le motif général apparaît ou disparaît au fil des mouvements du corps. Une conception qui l’ancre dans une silhouette moderne, mystérieuse et contemporaine qui se veut le reflet d’idées nouvelles. Du « Trans Dior » qui, par-delà le respect du passé, rappelle que l’avenir ne se fait pas attendre.