Le Parfum Angel Par Mugler, L’Icône Irrésistible

Thierry Mugler voulait «  un parfum qui pourrait avoir une résonance commune à tout le monde, quelque chose proche de la tendresse et de l’enfance.  » L’icône Angel est ainsi née, non sans péripéties.

C’est l’histoire d’un parfum aussi connu qu’apprécié. Aussi gourmand que sexuel. Cette senteur n’est autre que celle imaginée par Thierry Mugler, couturier ô combien avant-gardiste; puisant dans le futurisme une grammaire folle mais désirable ! Dans les années 1990, alors au sommet de son art, le designer entreprend de créer un parfum comme nul autre mais, un parfum qui résonnerait en chacun comme une odeur si familière qu’elle en devient insaisissable.

L’idée est là. Seulement, peu de talents de l’industrie de la parfumerie ont l’audace des créations de génie. C’est l’impulsion par le nez Olivier Cresp que ce projet aboutit; il raconte: « J’ai passé deux heures à discuter avec Thierry Mugler. Il m’a parlé des goûters qu’il prenait chez sa grand-mère, des madeleines qu’il trempait dans son chocolat, puis des fêtes foraines et des barbes à papa. »

Plus de 600 essais furent nécessaires à Olivier Cresp avant d’aboutir à cette fragrance ! En tête, kiwi, cassis et mandarine — vif et pétillant. En notes de coeur, les fruits de la passion. Puis viennent les notes de fond: patchouli, caramel, cacao, héliotrope, miel et vanille — le côté suave de l’icône. Oui, Angel de Thierry Mugler est bien une icône de la parfumerie. Aussi vendu que le N°5 de Chanel ou le J’adore de Dior, Angel a cela de différent qu’il reste en tête à la manière d’une gourmandise. Douce et sensuelle.

Pour capturer ce jus volontairement charnel, Thierry Mugler veut un écrin à la hauteur de sa mode. Un flacon futuriste qui reprend l’un des grigris du designer — l’étoile. Mais celle-ci est bleue, et plate. Or, là encore, aucun verrier n’est prêt à fabriquer une telle bouteille. Seules les verreries Brosse acceptent de relever le défi. Deux ans de recherches parvinrent à mettre au monde un flacon comme un fétiche — un objet original et hypnotisant. A la hauteur du jus Angel. Irrésistible et voluptueux, le parfum Angel de Mugler jouit d’une aura franchement désirable… Incarnée par Jerry Hall, Eva Mendes ou plus récemment par Georgia May Jagger.

L’Eau de Toilette Hypnotic Poison, Un Sillage de Mystère Signé Dior 

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« Une femme qui porte Hypnotic Poison, ce sont deux tempéraments qui se rencontrent. C’est une signature directe et contrastée qui épouse l’esprit de poison, fait honneur à ses origines. Cette eau de toilette ‘habille’ une femme intense ». Quels meilleurs mots que ceux de François Demachy, parfumeur-créateur derrière la nouvelle variation autour de l’icône Poison, pour décrire l’aura d’Hypnotic Poison. Ou plutôt le sillage. Car c’est bel et bien ce nuage oriental et intensément vanillé qui glisse derrière les pas de la femme Dior. 

 

Lascif, affirmé et ravageur, le sillage de l’eau de toilette Hypnotic Poison ne laisse personne indifférent. C’est que François Demachy l’a voulu aussi extrême que la féminité sans compromis travaillée par Maria Grazia Chiuri. Une eau de mystère qui vient se lover dans son non moins iconique flacon pommelé — mais cette fois, c’est un manteau rouge pop qui enveloppe la passion d’Hypnotic Poison. Une eau nuancée, chamarée. Follement séduisante de par ses notes d’absolu Jasmin, de Fleur d’Oranger, d’Amande amère et de Badiane fusante. Et c’est dans son format roller-pearl que l’Hypnotic Poison va droit au but. Un geste de parfum libre qui trouble les sens !

Rose Kabuki, Quand Dior Rencontrait le Japon 

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Hiver 1955. Tout juste débarquée sur le sol français, la troupe japonaise de théâtre Kabuki file en direction de l’Avenue Montaigne. Accueillis avec mille attentions, les acteurs découvrent tout émerveillés les premières compositions olfactives lancées par la maison Dior quelques années plus tôt. Du Japon et de l’Asie, Monsieur a toujours su tirer l’inspiration de mille raffinements. Alors, lorsque le nez attitré de la maison Dior cherche à capturer l’essence de l’extrême Orient, c’est tout naturellement qu’il rend hommage à cet épisode de l’histoire ! 

Nourrie de ses voyages, oniriques et bien réels, l’inspiration de François Demachy dévoile ici une déclaration tendre, aérienne et surtout florale. « J’ai souhaité créer une rose délicate habillée de muscs poudrés et cotonneux à l’image des visages immaculés du théâtre traditionnel japonais. Elle est rose de cœur mais d’un blanc enveloppant à l’extérieur, qui nimbe ses pétales. Sa douceur caressante se pique d’une pointe vive ». Joliment baptisée Rose Kabuki, la senteur se fait aussi évocatrice — contant, sur des notes poudrées, le moment où la culture ancestrale nippone rencontrait l’élégance à la française. 

Puisant ainsi dans les tons et les souvenirs de Monsieur, Rose Kabuki vient compléter la collection ou plutôt, l’univers olfactif qu’est la ligne Maison Christian Dior. Une véritable déclaration d’amour au parfum, qui passe par la plus généreuse confection de bougies et de savons… Figurant au coeur de la palette de cet art de vivre parfumé, la fragrance Rose Kabuki développe sa grâce autour de nuances délicates. Sur une base tendre, des muscs poudrés fardent la fleur « Kabuki » qui, subrepticement, prend des allures théâtrales. Mais, lorsque la pointe d’une note cassis vient la vivifier et la bousculer, là s’exprime finalement toute l’harmonie de cette fleur ! Mieux, le final fait s’envoler cette Rose dans un tourbillon de caractère et de doux mystère. Un cache-cache nacré et flatteur à découvrir dès à présent.

Le Joy de Dior, l’Allégresse en Flacon

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Dior confie une fois encore au parfumeur-créateur François Demachy la composition de son nouveau manifeste olfactif. Et l’on connait tout l’attrait de la maison pour sublimer les femmes jusque dans leur sillage. Déjà, dans ses mémoires, Christian Dior se confiait quant à son rôle de couturier. « Je rêvais de les rendre non seulement plus belles, mais plus heureuses » — aujourd’hui, c’est dans le jus d’un rose lumineux que se déploie une féminité toute en joie ! Baptisée Joy, la fragrance est ainsi la première depuis la sortie du parfum J’Adore, en 1999, à capturer comme jamais la caresse des créations Dior. 

 

 « Faire naître un nouveau parfum est un événement pour la maison toute entière, comme pour moi. […] J’ai choisi de créer un sillage enveloppant, marqué à la fois par la douceur et par l’énergie.  Ce parfum est construit grâce à une multiplicité de touches, une myriade de facettes (…). Il m’a demandé beaucoup de temps, d’élaboration et d’abstraction mais au final, il est immédiat et vivant. » Equilibré et éminemment solaire, le Joy de Dior puise son essence dans les fleurs — la rose en absolu, le jasmin de bois, le santal, le cèdre, le patchouli, la bergamote, et des arômes extraits de la mandarine… La composition, vibrante et onirique, distille force et sérénité pour une femme à l’image de son égérie.

 

Une égérie à la personnalité pétillante, à l’énergie explosive — l’actrice Jennifer Lawrence incarne dans une espièglerie toute couture la beauté naturelle que veut voir éclore une telle senteur Dior. Une joie palpable car rayonnante, c’est dans un écrin épuré, taillé comme un bijou, que vient se verser l’aura spontanée et fulgurante de la Femme Joy ! « Joy de Dior est un souffle, un chemin que l’on suit et qui vous emporte » confesse François Demachy. Et il est vrai que la minute qui compose le mini-film du réalisateur Francis Lawrence conte un bonheur splendide ! Une effluve pareille à une poussée d’allégresse qui emporte loin, très loin.

Bleu Chanel, le Parfum

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Le Bleu Chanel n’a jamais été une simple senteur. Alors que la parfumerie féminine joue depuis toujours des subtilités, la virilité olfactive du Bleu Chanel relève d’une révolution ! Initiée en 2010 par Jacques Polge, le parfum homme de Chanel décloisonne avant l’heure le concept de masculin et, dans une fusion intense des extraits, signe une fragrance jaillissant comme un souffle. Le Bleu Chanel est incontestablement une senteur iconique – une eau désinvolte et éminemment raffinée ! Aujourd’hui, c’est Olivier Polge qui ajoute une nouvelle variation autour de l’icône ; Bleu Chanel, le parfum ou l’exploration de sa pleine puissance.

« Toute la difficulté était de trouver le ton juste pour exprimer ce que peut être une concentration ‘parfum pour homme’. Il fallait éviter de refaire ce qui avait existé en lui ajoutant un mégaphone. On peut exprimer de l’intensité et du raffinement sans un coup de poing olfactif. C’est pourquoi j’ai eu envie de donner plus d’espace au bois de santal, de le laisser entrer en fusion avec le cèdre et la fraîcheur en tête. » Olivier Polge, en collaboration avec le Laboratoire de Création et de Développement des Parfums Chanel, est ainsi parvenu à capturer dans un flacon une élégance naturelle ; sourde et jamais ostentatoire.

La nouvelle déclinaison Parfum Bleu Chanel module ici les proportions de bois et d’agrumes des deux déclinaisons précédentes – identifiable, le noyau olfactif de la toute première fragrance distille le même frisson… Les zestes rafraîchissants et l’effet ravissant de la lavande et du géranium égaient un cèdre qui, au cœur de la formule, fait battre sa sensualité. Un santal onctueux, lacté, addictif, provenant de Nouvelle-Calédonie – un cèdre comme un bois rare cultivé dans une filière pour laquelle Chanel a pris part à la protection. Le parfum Bleu Chanel est ainsi celui de la confiance ; de la confiance en une force inée – un parfum pour ceux qui n’ont envie de ne ressembler à personne d’autre qu’à eux-mêmes… Et, l’égérie Gaspard Ulliel n’a pas son pareil pour incarner toute la puissance, la sensualité et la beauté ‘informelle’ d’un homme éminemment Chanel.

Le N°5 de Chanel Distille Ses Effluves A Paris

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‘Dans les champs de Chanel’ – à deux pas de la rue Cambon, au coeur du jardin des Tuileries, le Louvre et la maison Chanel s’associent pour offrir une expérience éminemment délicieuse. Un champ/jardin éphémère et poétique où se déploient les 5 fleurs à parfums grassoises déterminant la composition des parfums Chanel. Jasmin de Grasse, rose de Mai, iris Pallida, tubéreuse, géranium rosat… Le jus Chanel N°5 dévoile ainsi les fleurs qui exaltent tout le raffinement de son essence !

Pour la première fois, la maison Chanel amène au cœur de Paris les éléments clés de ses parfums devenus iconiques ! Une visite orchestrée comme une ballade olfactive. Tous les jours, de 10h à 19h, les Jardin des Tuileries ouvre ses portes à la luxuriance des champs de Grasse… Une douceur visuelle qui distille, avec une certaine magnificence, des senteurs de légende. Et la maison du la rue Cambon est depuis passée maître dans la mise en scène de ses icônes !

‘Dans les champs de Chanel’ le visiteur est comme transporté au cœur des champs de Pégomas – la multitude de couleurs fait ici danser la rétine en même temps que se révèlent au nez les arômes premiers des parfums Chanel. Des parfums qui, comme le voulait Mademoiselle, sont aujourd’hui encore « fabriqués comme une robe. »

Chinotto di Liguria : la Nouvelle Fragrance d’Acqua di Parma

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L’histoire d’Acqua di Parma est avant tout celle de la première eau de Cologne italienne. Dans un bourg de Parme en 1916, les maîtres parfumeurs de la maison s’essaient à capturer dans une fragrance toute la force et la beauté d’une nouvelle sensibilité. En piochant leurs ingrédients exclusivement au cœur de la nature italienne, les maîtres parviennent à mettre au point une senteur étonnamment fraîche – raffinée et pure, l’eau de Cologne italienne est née. Enfermée dans les années 1930 dans un flacon d’inspiration Art déco, la Colonia devient le parfum de l’époque ! Des années plus tard, Acqua di Parma réinterprète cette audace créative pour imaginer un parfum comme une source de vie.

La collection Blu Mediterraneo est ainsi composée à partir des sensations, des senteurs, des arômes de la côte méditerranéenne… Une élégance et une puissance qui lui valent rapidement de devenir un parfum connu de tous. Expérimenter une fragrance Blu Mediterraneo, c’est retrouver cette liberté unique des sens. Alors, lorsque la maison Acqua di Parma édite cette année une senteur inédite, c’est évidemment pour y intégrer tout ce patrimoine riche et sensuel. Partant de l’observation d’une nature luxuriante, baignée de soleil, chaloupée par la brise et frappée par les vagues, Acqua di Parma crée ainsi Chinotto di Liguria.

À base de chinotto, le nouveau parfum a tout d’une senteur magique. Il y a d’abord ce chinotto, un fruit extrêmement rare, symbole des traditions liguriennes. Associé à la fraîcheur vivace de la mandarine, il déploie ici une personnalité pareille à une bouffée d’énergie pure. Puis vient le cœur, caractérisé́ par des notes rafraichissantes du jasmin et du géranium – celles-ci rencontrent les notes dynamiques et revitalisantes de la cardamome et du romarin… Une merveille pour les sens, le parfum Chinotto di Liguria a tout de la poésie d’une promenade au petit matin le long de la côte rocheuse de la Ligurie occidentale… Un jus exceptionnel à découvrir dès à présent.

Le Parfum Poison Girl par Dior

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Montaigne édite un parfum à l’allure quelque peu provocante. Il y a tout d’abord le nom, Poison, sorte de promesse à l’augure douteuse. Puis vint le flacon : un jus capturé dans un écrin en forme de pomme, archétype même du fruit défendu… Peu s’en faut alors pour que la fragrance Poison commence à faire, beaucoup, parler d’elle. Il faut dire que la senteur a tout de l’ultime outil de séduction – quelques gouttes parviendraient à renverser une assemblée tant dans le sillage s’éploie une facette charnelle comme démultipliée.

Et c’est ainsi que Poison Girl démarre sur une senteur très vivifiante d’orange. Cette note hespéridée lui confère un profond dynamisme et éveille d’emblée les sens de quiconque en pourfend le sillage. Puis, l’odeur se construit et emprunte un chemin particulièrement féminin. On y trouve un énorme bouquet de fleurs composé de roses de mai, cultivées dans la région de Grasse, ainsi que de roses de Damas. Ces dernières, symbole d’élégance travaillé depuis longtemps par Monsieur Dior lui-même, apportent la touche glamour à cette essence. Enfin vint le sillage de Poison Girl, plus enveloppant au contact de la fève tonka du Venezuela qui ici dégage un aspect velouté. Incarnée par Camille Rowe, la senteur s’inscrit comme un succès auprès des néo-élégantes !

L’Exception Gabrielle Enfermée Dans du Cristal Baccarat

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« Chanel ouvre une nouvelle page de son histoire. Un nouveau nom. Un nouveau flacon. Un nouveau parfum. Un nouveau territoire d’expression et d’inspiration » C’est ainsi que la maison Chanel introduisait quelques semaines auparavant l’édition d’un parfum inédit. Gabrielle, la nouvelle senteur de la maison de la rue Cambon est un parfum solaire imaginé par Olivier Polge. Le bouquet oral vient irradier le cœur du parfum – il se compose autour de quatre fleurs blanches pour délivrer une vibration olfactive et un pouvoir lumineux. Le jasmin, l’ylang-ylang, la fleur d’oranger et la tubéreuse de Grasse distillent ainsi la senteur de la liberté, celle de la fougue et de la force de vie de Coco Chanel.

Aujourd’hui, ou plutôt dès le 3 novembre 2017, la maison éditera une version inédite et exceptionnelle du parfum Gabrielle – un parfum retenu dans un flacon tout particulièrement imaginé par Baccarat. Parfumeurs et maîtres verriers s’associent ici pour produire une édition limitée et ultra-luxueuse ; transformant la bouteille en un précieux bijoux de cristal. Il ne s’agit plus vraiment là d’un flacon mais bel et bien d’un objet de collection… Gravé et soufflé à la main par les grands maîtres verriers de la cristallerie Baccarat.

A parfum d’exception, édition d’exception donc. Taillé comme un diamant selon un savoir-faire unique, ce flacon du Gabrielle s’éprend aussi d’un généreux volume de 900 ml. Fidèle à sa conception initiale, le flacon est orné d’une étiquette carrée et coiffé d’un cabochon facetté et scellé à la main… Chaque pièce est réalisée sur mesure. Mieux, l’hommage est tel que la majestueuse bouteille ne sera produite qu’en 24 exemplaires – 24, un chiffre de référence dans l’univers de Coco… Le flacon devient alors le véritable écrin du prodigieux jus qu’est le bouquet imaginaire de la senteur Gabrielle.

Ambre Sultan par Serge Lutens

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Son Ambre sultan, «arabe et non pas oriental» pour reprendre les termes de son créateur, marque ce baptême. Iconoclaste et rêveur, c’est en marge de tout et à travers son parfum que Lutens se positionne : «Vous sentiez un parfum, c’était une soupe. On sentait la femme sexy ou bien la femme qui tient des dossiers. Pour l’homme, c’était la panoplie de Zorro. Avec Ambre sultan, je voulais sortir des Adam et Ève du marketing». Une nouvelle genèse de l’humanité, incarnée par un sillage envoûtant, où l’antiquité et la sensualité s’entremêlent, exacerbées. 

L’ambre classique s’enrichit des notes poudrées et vanillées du benjoin des petits arbres de Siam. Le ciste apporte une chaleur sensuelle. La coriandre, l’origan et la myrte s’arrondissent autour d’une note de patchouli et de bois de santal. Autant d’ingrédients qui s’accordent parfaitement, telle une symphonie odoriférante et maîtrisée. Mais la sophistication n’est qu’une évidence, une simple immanence pour Serge Lutens. Il ne cherche rien, si ce n’est qu’à s’exprimer. Selon lui, Ambre sultan unit «le goudron épais, austère, mystérieux du ciste qui colle les doigts, et le goudron accueillant, réconfortant de la vanille, elle aussi adhérente et que sa mémoire retenait». Le parfum reflète une certaine dichotomie, une sensible ambivalence humaine et personnelle, perçue avec justesse par cet homme d’une extrême finesse. Une émotion saisissante nous frappe alors, issue de la force d’un récit et d’un mythe personnel. Le voyage est fantasmé, la spontanéité sublimée et le sentiment témoigné par cette fragrance princière.

C’est ainsi que, luxueux et intime à la fois, Ambre sultan règne sur le Palais-Royal, à Paris. La boutique est singulière et préservée de tout, un bel escalier forgé s’érige au centre de la pièce mystérieuse. Au somptueux décor XIXe, celle-ci est habillée de marbre et de marqueterie. Les joyaux fugaces et éphémères, parfums de l’instant, sont exposés sobrement et sans caprice. Ils sont contenus dans des flacons aux lignes claires et cristallines. S’opère alors une magie des sens chez Serge Lutens, cet alchimiste baudelairien qui transforme les sentiments et les souvenirs en sensations olfactives, et inversement.