Les Super Ghillie Shoes de Vivienne Westwood

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Vivienne Westwood a toujours considéré les souliers si et seulement si ceux-ci permettent à la femme d’atteindre des sommets. « Les chaussures doivent avoir des talons très hauts et des plateformes pour mettre la beauté des femmes sur un piédestal. » Si aujourd’hui le style Westwood est indissociable des compensées follement perchées, c’est au tournant des années 1990 que l’on s’intéresse réellement à sa collection de chaussures. Et c’est Patrick Cox, shoemaker des maisons britanniques, qui raconte le mieux comment Vivienne Westwood a fait des plateformes sa signature. Lorsque l’initiatrice du punk l’approche pour réaliser ses chaussures, Patrick Cox raconte ses débuts : « Je me souviens m’être rendu à l’horrible chambre d’hôtel de Vivienne aux Halles et de tout lui présenter. J’ai sorti les plates-formes dorées et elle a juste dit ‘Eugh, des plateformes ! Comme dans les années 70 !’ J’en ris chaque fois parce qu’elle est devenue la reine des plateformes. Elle me dit : « Elles ne vont pas défiler ! » J’étais déconfit et contrarié, mais ok – c’était son défilé… »

« C’était la collection Clint Eastwood. Vivienne et David essayaient de styler les vêtements et ils ont commencé à se battre, parce qu’ils étaient tellement stressés. Elle m’a demandé de l’aider […] on n’avait plus de temps : les gens partaient. On a donc tout jeté au milieu de la pièce et dit aux filles de mettre quelque chose d’autre pour leur second passage sur le podium. Pas moi mais quelqu’un a jeté les plateformes dorées. Ces trois paires de plateformes dorées sont sorties vingt fois parce que les filles se battaient pour elles. Et c’est comme ça que Vivienne a commencé à faire des plateformes. » L’histoire aurait pu s’arrêter là si le 17 Mars 1993, Naomi Campbell, alors âgé de 22 ans, n’était tombée devant les caméras du monde entier avec, aux pieds, les Super Ghillie shoes de la collection Anglomania. 

Perchée sur des chaussures de 30 cm, Naomi Campbell fait entrer ces plateformes dans la légende. Il faut dire que les Super Ghillie shoes incarnent tout du style Westwood. Et notamment la juxtaposition du traditionnel et du tabou — à partir d’un modèle classique porté par les danseuses Ecossaises des Highland, Dame Vivienne imagine des plateformes lacées inspirées des vertigineuses chaussures de strip-teaseuse. Coupée dans une peau imitation croco, coulée dans un violet tapageur, les Super Ghillie shoes ont aujourd’hui leur place parmi les icônes de la mode, exposées qu’elles sont au Victoria and Albert Museum de Londres ! 

 

Le Sac Cannage du Printemps/Eté 2019

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La première collection de Kim Jones pour la maison Dior semble avoir remplie toutes les attentes — du tailoring ultra-précis en passant par les références aux codes clés de la maison, le Britannique a dévoilé au coeur de la cour de la Garde Républicaine à Paris une collection éminemment fraîche, éminemment Dior! Autour d’une sculpture réalisée par l’artiste Kaws faite de 70.000 fleurs (majestueux clin d’oeil à la passion de Monsieur), la collection Homme Printemps/Eté 2019 mettait à l’honneur la vision d’une masculinité franchement plus sensuelle. 

Au bras de ces hommes romantiques, virils car élégants, une pièce inédite captait toute l’attention. Des sacs format weekend réalisés à partir du mythique cannage de la maison. C’est qu’à l’époque même de Monsieur Dior, les invités étaient accueillis dans les salons du 30, avenue Montaigne, installés sur d’élégantes chaises de style Napoléon III. L’assise était réalisée en cannage, couleur claire… Depuis devenu l’une des griffes emblématiques de la couture Dior, le cannage est aujourd’hui le tressage clé d’une pièce ultra-désirable. 

Découpé au laser, le cannage ici passé par le filtre Kim Jones gagne en pertinence. En puisant ainsi dans l’inépuisable grammaire Dior, le nouveau directeur artistique de la maison fait une proposition forte et raffinée, assurément dans l’ère du temps. Un sac en toute transparence qui fait écho à ce puissant savoir-faire haute couture! Kim Jones en est convaincu:  « Pour moi, Dior est le meilleur du meilleur. » Une assertion assurément partagée par le prestigieux par-terre d’invités, de Takashi Murakami et Karl Lagerfeld, Naomi Campbell et Kate Moss, Bella Hadid et A$AP Rocky. 

 

Doria Arkoun

Le Costume Oblique Dior pour le Printemps/Eté 2019

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Samedi 23 juin, pour son premier défilé signé sous la bannière de la maison Dior, Kim Jones embarquait l’assistance au coeur de la cour de la Garde Républicaine à Paris. Autour d’une gigantesque sculpture de fleurs réalisée par l’artiste Kaws, la collection du Printemps/Eté 2019 distillait une nouvelle vision de l’homme Dior — un homme qui, fidèle aux codes de Monsieur, n’en oublie pas moins le côté pop et fun de l’époque. Justement, cette sculpture décalquait avec fraîcheur l’homme Dior mi-humain mi-nounours qui, à son bras, tenait une sculpture de Bobby, le chien de Christian Dior.

« Les archives et le patrimoine Dior sont incroyables, et on ressent un tel respect de ce passé… Ce sont d’inépuisables sources d’inspiration pour mes collections » précisait Kim Jones. Et il est vrai que l’homme du Printemps/Eté 2019 tire son élégance de la ligne oblique imaginée par Monsieur en hiver 1950. Evidemment actualisé au contact d’un tissu fluide et éminemment sensuel, le costume iconique de Dior s’approprie l’asymétrie et l’accentuation des volumes initiés par le fondateur cet hiver 1950. La veste se pense cette fois croisée et, portée ouverte, la voilà savamment retenue par une longue patte. Baptisée Oblique, le costume se teinte en rose gourmand…

« Où que vous alliez dans le monde, il n’y a qu’à regarder la façon dont les jeunes s’habillent, ils font preuve d’une grande ouverture d’esprit. C’est de la mode masculine, mais la mode masculine d’aujourd’hui » — Kim Jones n’a pas son pareil pour revisiter les codes d’une illustre maison. Ici donc, la ligne oblique habille l’homme de son époque! Fraîche et joyeuse, la collection du Britannique semble en effet renouer avec l’essence de Dior; une maison qui perpétue le savoir-faire des grands maîtres tailleurs, sans une once d’affectation. Ici, on remarque surtout la somptuosité d’un tel costume! L’artiste japonais Takashi Murakami, Karl Lagerfeld, Naomi Campbell, Kate Moss ou encore Lenny Kravitz ne pouvaient qu’acquiescer. 

 

Doria Arkoun 

La Toile Monogramme Habille l’Homme Vuitton de l’Automne/Hiver 2018

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Le monogramme Louis Vuitton est sans aucun doute la signature, le logo le plus iconique de tous. Imaginé la fin du XIXe siècle pour contrecarrer les plans des contrefacteurs, le motif est devenu au fil du temps le sceau d’une qualité irréprochable, celui d’un mode de vie dédié au voyage, à l’exploration bref, au rêve et à sa réalisation. Emblème le plus connu de Louis Vuitton, malletier des Empereurs et des Maharadjahs, le monogramme est pensé dans un camaïeu de beige et de marron clair – des motifs semi géométriques et végétaux entourent les initiales du fondateur.

            Une fleur quadrilobée, une étoile à quatre branches, un losange convexe ajouré en négatif… Voici que pour sa collection Automne/Hiver 2018, Kim Jones parvient à mêler le mythique logo à un tailoring puissant qui le fait entrer dans le vestiaire de tous les jours. Avec tout le talent qu’on lui connait, le tout juste ex-directeur artistique de la ligne homme de Louis Vuitton, parvient en effet à éviter l’écueil « du trop » pour définitivement consacrer la silhouette griffée de la prochaine saison.

            Oui, il est incontestable que ce look entrera parmi les must-have, et les icônes du vestiaire masculin. S’agissant en effet de l’ultime collection du britannique pour la maison, on ne peut que sous-estimer aujourd’hui la portée d’une telle silhouette. Un look très actuel qui puise dans le grand héritage de Vuitton tout le panache du style – ou quand les lignes intemporelles rencontrent la frénésie d’aujourd’hui pour les griffes.

 

La Photo Iconique des Supermodels de Peter Lindberg

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L’histoire s’est faite par l’action de personnes devenues aujourd’hui de grands noms de la mode. Anna Wintour arrive à la tête du Vogue Américain – Britannique, elle apporte un flegme suffisant pour convaincre les actionnaires de la suivre et, de faire tirer la Une du numéro de Janvier 1990, avec en vedette 5 filles, shootées par un photographe habitué des portraits bruts mais racés. Peter Lindberg se souvient : « Anna Wintour est arrivée au Vogue US, elle a vu mes photos et a dit que c’était exactement ce qu’elle voulait faire. Elle m’a donné la Une, and ça a été le tournant, en quelques mois, de la poubelle à la couverture. » Ces cinq filles sont  Linda Evangelista, Naomi Campbell, Tatjana Patitz, Cindy Crawford et Christy Turlington. Aujourd’hui, ceux sont ces visages qui incarnent le noms de Supermodels. Il faut dire qu’à l’époque ces filles sont déjà loin des cannons de beauté en vigueur – voluptueuses quant au mesures en vigueur sur les podiums, ces mannequins ont su conservé la fraîcheur, l’indépendance et la simplicité des femmes qui ont forgé dans le passé les lettres de noblesse des magazines de mode. Et c’est en cela que la couverture du Vogue de Janvier 1990 a littéralement intronisé ces filles avant de les faire entrer dans la légende.

Il faut dire que la couverture elle-même détonne dans le bling et l’exubérance qui caractérisent alors la décennie 1980. Face à l’opulence alors en vigueur – l’opulence de créateurs incarnée par Versace ou Christian Lacroix – Lindeberg a l’idée de faire poser ces modèles sinon dans le plus simples appareil, dans des vêtements en proie à capter l’essence de la décennies à venir, en prenant notamment pour décor le centre-ville de New York, en 1989 : dans un jean levi’s et un jersey top, Linda Evangelista, Naomi Campbell, Tatjana Patitz, Cindy Crawford et Christy Turlington sont à peine maquillés. Par contre, elles fixent l’objectif, sûres et appaisées ! Ici, la simplicité devient reine grâce au pouvoir du silence et, immédiatement, la photo et les filles se changent en objet de fascination. Elles qui n’ont pas les mensurations nécessaires des podiums se retrouvent bientôt de tous les défilés ! Car ce qu’on aime chez elles, c’est cette façon d’incarner le vêtement – cette personnalité qui fait que la pièce prend sens et, évidemment, déclenche l’envie d’achat dans les villes du monde entier. Si Peter Lindberg a ici fait émerger une nouvelle interprétation de la femme, c’est parce qu’il a rendu à la femme le droit d’être elle-même, d’exprimer un autre versant de son caractère, et ce dans le style le plus simple qui soit. En même temps que les mannequins retrouvaient une voix, ceux-ci devinrent des vecteurs de personnalité ; autrement dit, des célébrités!

Les Supermodels sont en effet devenus les héroïnes de l’époque, et aujourd’hui encore, elles incarnent encore ces valeurs de résistance face à la pression monstre de la société : rejet des standards, des critères de beauté, elles ont remis la star au goût de la mode. Elles n’ont pas seulement changé la pop culture, elles sont devenues un pan de la pop culture. Au point que les Supermodels n’ont jamais vraiment disparu des pages mode. Versace, Dior, Calvin Klein, Chanel, pas une maison ne s’est passée d’elles – aujourd’hui ces fille sont toujours présentes au premier rang des défilés, une sorte de caution extrême de hype ! Devenues des stars incontournable, au-delà des shooting, des campagnes de mode, les Supermodels s’affichent dans des publicités en devenant ainsi les modèles d’une génération ! Et, parce qu’elles représentent un idéal démocratisé de la femme, elles sont multiples : femmes indépendantes, femmes d’affaires, mamans, les Supermodels représentent les femmes du quotidien avec un glamour certain et accentué qui leur confèrent le statut d’icône…

La Robe Oroton par Versace

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Gianni Versace fut un couturier hors-norme : du laid, l’Italien fit le beau, le sublime même ; l’attrait de tout ce qui brille l’amena ainsi à créer au plus près du style de la Calabre, cette région italienne située à l’extrême sud-ouest de la péninsule. De cet héritage, Gianni a bâti l’empire Versace, résumé par la volonté d’élever le corps au rang des idoles italiennes. Il aimait d’ailleurs à dire : « J’aime le corps humain. J’aime créer tout ce qui pourrait toucher au corps humain. » Et il le fit.

Dans les années 80, la mode est à l’excessif, au baroque et aux possibles. Dans cette fashion sphère, Versace domine : en 1982, le couturier à l’idée d’une création qui donnerait l’illusion que celle qui la porte est couverte de métaux précieux liquides. Et c’est ainsi que cette fascination pour le métal est née la robe Oroton. Avec un artisan allemand, appelé à travailler une matière couplant la souplesse de la soie et la texture unique du métal, Gianni Versace mis au monde des pièces si sensuelles qu’elles devinrent l’apanage des héroïnes eighties.

La technique consiste à assembler sans les relier de petits disques de métal entre eux, en les attachants en 4 points à une maille de métal. La fluidité de la matière donne ce sentiment très spécial que le corps est paré d’un métal liquide. Le tissu doux tombait à la perfection. En plus d’avoir créé une matière absolument unique, Versace se fera prodige en la travaillant comme n’importe quel autre tissu, faisant fi des difficultés de montage. Avec un sens de l’artisanat d’exception, l’artiste su ainsi célébrer les formes féminines, donnant le pouvoir à toutes les femmes du monde. Ce fut dans les 80’s Naomi Campbell, quand aujourd’hui Lara Stone, ou encore Karlie Kloss porte haut l’héritage de la maison.