Les Trophées de Roland Garros et les Malles Louis Vuitton

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1927, quatre joueurs Français, Jacques Brugnon, Jean Borotra, Henri Cochet et René Lacoste, réalisent l’exploit de gagner la Coupe Davis sur le sol Américain. La gloire est immédiate et, ceux que l’on surnomme alors les « Quatre Mousquetaires » veulent honorer leurs faits d’armes et faire du tennis la discipline sportive Française par excellence. La Fédération Française de Tennis ainsi décide la construction d’une enceinte sportive digne de ses héros. Mais c’est le Stade Français qui organise alors les internationaux de France – qu’à cela ne tienne, il se propose de céder un terrain à la FFT. Trois hectares en plein cœur de Paris – la condition : que les lieux portent le nom de Roland-Garros, membre du club et pionnier de l’aviation. Son haut fait, avoir réussi la première traversée de la Méditerranée en 1913. La FFT accepte, et le stade Roland-Garros bientôt sort de terre.

Si cette histoire ici n’est point anodine, c’est qu’elle lie Louis Vuitton au tennis et plus largement aux héros et aventuriers d’antan. Il est vrai que depuis toujours la manufacture accompagne les explorateurs aux quatre coins du monde… Après avoir réalisé les Malles Trophées pour l’America’s Cup ou la Fifa World Cup, l’illustre malletier Français s’attache cette année à composer celle de Roland-Garros. Pièce originelle, emblématique, iconique, et immédiatement associée à la grandeur de la France, la malle Louis Vuitton relate à elle seule l’excellence et le savoir-faire hexagonal. « Louis Vuitton a toujours accompagné les plus grands explorateurs et pionniers dans leurs déplacements dont Roland Garros et Suzanne Lenglen eux-mêmes. En associant l’élégance à l’innovation, Louis Vuitton a su réinventer en permanence le voyage, à l’image de ce que fit Roland Garros pour l’aviation et Suzanne Lenglen pour le tennis. Après avoir fait voyager les Trophées les plus prestigieux du football, du rugby ou de la voile aux quatre coins du monde, nous sommes très fiers de participer à cette édition 2017 » annonce alors Michael Burke, Président de Louis Vuitton.

Et justement, les deux trophées légendaires de Roland-Garros prennent ainsi pour écrin les malles Louis Vuitton. Des écrins sur-mesure réalisés en bois de peuplier, à l’instar des malles plus qu’iconiques…  Habillés de la toile Monogram, ces écrins sont tous deux équipés des coins et de la serrure en laiton. D’une qualité artisanale incomparable, l’intérieur prend cette fois la couleur terracotta, clin d’oeil habile à la terre battue du tournoi. Sur le devant, l’on remarquera un V venant ici rappeler les lignes d’un court de tennis. Deux Malles Trophées, réalisées à la main dans les ateliers historiques de Louis Vuitton à Asnières, abriteront chacune la Coupe Suzanne-Lenglen et la Coupe des Mousquetaires. « Louis Vuitton et Roland Garros, c’est la France qui gagne, c’est la France qui fait rêver et qui inspire. L’association de deux des plus belles marques françaises est un symbole qui fera rêver les champions durant la quinzaine du tournoi. Jamais nos trophées n’ont été aussi beaux dans ce nouvel et magnifique écrin » s’enthousiasme Bernard Giudicelli, Président de la FFT. Ne reste plus qu’à attendre Samedi 10 Juin pour les femmes et Dimanche 11 Juin pour les hommes afin de savoir lequel de ces héro, Wawrinka ou Nadal, Halep ou Ostapenko, repartira avec les dits-précieux. 

La Légende de la Coupe des Mousquetaires

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La légende de Roland Garros remonte à 1925 – c’est en effet cette année là que la Fédération Française de tennis décide d’ouvrir les championnats de France aux meilleurs joueurs étrangers… Les Internationaux de France voient le jour et, en 1928, c’est la construction du stade Roland-Garros qui scelle le tournoi éponyme. Jusqu’en 1933, quatre joueurs Français trônent sur le tournoi : Jean Borotra, Jacques Brugnon, Henri Cochet et René Lacoste – ce sont les Quatre Mousquetaires. Ainsi, lorsque dans le Paris de l’après-guerre une nouvelle ère débute, les Internationaux de France deviennent le premier tournoi dit ‘open’ du Grand Chelem. Nous sommes en 1968 et Roland Garros entre dans la légende internationale.

Evidement, il fallait un trophée à la hauteur de sa réputation. En 1981, le président de la FFT d’alors, Philippe Chatrier décide d’offrir une coupe olympienne au tournoi de plus en plus médiatisé. C’est ainsi qu’il lance un appel aux joailliers Parisiens… Le défi : façonner le symbole d’une victoire tous azimuts ! Et justement, au 9 rue de la Paix se trouve l’un des plus anciens joailliers du monde, adoré par Marie de Médicis, honoré par Marie-Antoinette… Mellerio dits Meller, le seul orfèvre capable de transformer une simple feuille d’argent en œuvre d’art. Dès lors, c’est à lui et à lui seul qu’est confié la réalisation des coupes de Roland Garros, et notamment la mythique Coupe des Mousquetaires. « En 1981, Mellerio a proposé à la Fédération française de tennis une coupe en forme de large vasque soulignée d’une feuille de vigne, ornée de deux anses en forme de cygne. Une esthétique naturaliste chère à la maison » précise Gilles Haumont, le nouveau propriétaire des lieux.

Il faut cinquante heures de travail à l’orfèvre pour mettre au monde la coupe en argent massif haute de 21 centimètres – un trophée qui demeure à jamais dans l’enceinte du state. Et c’est en effet la particularité de la Coupe des Mousquetaires. Lorsqu’elle vient couronner le vainqueur de Roland Garros, de Yanick Noha à Björn Borg en passant par Rafael Nadal, la Coupe est soulevée sur le Central, avant d’être remise dans l’enceinte du Stade, jusqu’à l’année suivante… Le vainqueur, lui, repart avec un modèle réduit. Et justement, la Coupe des Mousquetaires est si précieuse que c’est à la manufacture Louis Vuitton que fut confiée la réalisation de la malle trophée. Réalisée à la main dans les ateliers historiques d’Asnières, c’est cet attachement au savoir-faire, à l’excellence et au rayonnement de Paris et de la France dans le monde qui lie la manufacture au tournoi de Roland-Garros. Habillée de l’iconique toile Monogram, la malle abrite à merveille l’illustre Coupe – ne reste plus qu’à savoir qui d’Andy Murray, Rafael Nadal ou Stanislas Wawrinka repartira Dimanche prochain avec ce trophée iconique !

Une Histoire de Raquette… La Vedette de Roland Garros

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Très vite, le tennis prend une importance considérable en Angleterre, avant de connaitre en France un essor et une popularité qui correspondent à l’apparition de très grands champions comme Suzanne Lenglen et les célèbres Mousquetaires : Jean Borotra (1898-1994), Jacques Brugnon (1895-1978), Henri Cochet (1901-1987), René Lacoste (1904-1996). En 1877, a lieu à Wimbledon le premier championnat de l’histoire du tennis. L’anglais Gore triomphe de ses vingt-deux concurrents devant deux-cents spectateurs. En 1879, les femmes, jusque-là tenues à l’écart, participent à leur premier tournoi à Dublin. C’est en 1878 que le tennis arrive en France avec la création des deux premiers clubs français : le Décimal Club de Paris et le Lawn-Tennis Club de Dinard.
 
Comme pour le danseur, le corps est l’outil du joueur de tennis ; la raquette comme prolongement du bras. En 1570, les cordes sont nouées à chaque croisement. On note peu de changement jusqu’en 1675, date à laquelle le cadrage devient droit. Vers 1760, le manche, jusque-là court (environ 20 centimètres), s’allonge et les cordes, toujours droites, sont de nouveau nouées à chaque croisement. Vers 1820, la raquette se courbe légèrement pour faciliter la reprise des balles basses. A partir de 1874, la raquette redevient droite et ne subit que peu d’évolution jusque dans les années 60 où le bois est remplacé par divers matériaux révolutionnaires tels que l’acier, puis plus tard la fibre de verre ou de carbone. Quelques raquettes outrepassèrent leur simple fonction pratique et devinrent des mythes… Dans les années 70, alors qu’il n’existait pas encore de véritable réglementation pour les raquettes de tennis, un artisan allemand, Edwin Fischer, eut l’idée d’inventer une raquette avec un double cordage. Les cordes étaient superposées et peu tendues permettant de donner davantage d’effet à la balle, notamment lors d’une frappe liftée. La balle était ensuite incontrôlable et illisible. Cette dernière tourbillonnait comme une toupie lorsque l’adversaire parvenait par chance à la frapper. Plusieurs joueurs l’adoptèrent, elle fut surnommée  » raquette spaghetti « . Certains joueurs moyens auront des résultats inespérés face aux leaders du circuit. L’australien Philips-Moore a été le premier à l’expérimenter au mois de juin 1977. Rapidement, on l’accusa de dénaturer le jeu. La polémique s’amplifia de tournoi en tournoi… Jusqu’en octobre 1977, date à laquelle la Fédération Internationale de Tennis décida d’interdire l’utilisation de cette raquette.
 
Ainsi, au fil des siècles, les raquettes connurent diverses formes, tailles et poids. Mais, en général, elles gardaient des caractéristiques morphologiques semblables à la raquette du XVIème siècle. Principalement fabriquées en bois de frêne, les nouvelles colles pour bois des années 1930 permettent aux raquettiers de varier les essences (noyer, hêtre, érable). Elles résistent à des tensions plus fortes et permettent d’avoir un meilleur équilibre entre puissance et contrôle de la balle. Durant les années 70, le métal (acier, aluminium) fait peu à peu son apparition… Mais les raquettes en métal ne remportent que peu de succès. Yannick Noah est le tout dernier tennisman à avoir gagné un tournoi du grand chelem avec une raquette en bois, de la marque Le Coq sportif. Le 5 juin 1983, il remportait Roland-Garros. Sa raquette semble bien rudimentaire quand on la compare à la Babolat en carbone avec laquelle Rafael Nadal est sorti victorieux du tournoi parisien en 2013. A peine plus légère que celle du français, cette raquette restitue beaucoup mieux l’énergie. Dans une interview Noah estime que, pour le même effort physique, les nouvelles raquettes offrent un rendement 50% supérieur en vitesse et en puissance que celles utilisées dans les années 1980.
 
Concernant les dimensions des raquettes, notons qu’elles sont désormais réglementées par la Fédération Française de Tennis. Elles doivent, au maximum, mesurer 73,66 centimètres pour les professionnels et 81,80 centimètres pour les amateurs. Le tamis n’excède pas 29,10 cm de large et 39,7 cm de haut. Entre les années 60 et les années 80, les équipementiers développent de nouvelles technologies afin de dépasser les limites de la performance sportive. La marque Lacoste dépose plus de vingt brevets : la mise en tension diagonale des cordes, la poignée en plastique remplaçant le bois, le « damper » : une pièce de polyuréthane positionnée à la base de la raquette est destinée à absorber les vibrations lors de la réception de la balle, tout en augmentant la précision du tir et la force du coup. «The Equijet racket» eu une importance particulière. Comme la raquette en métal qui la précéda, elle améliora les performances marquant un jalon important dans le développement du jeu. En 1988, Lacoste commence à travailler sur le projet d’une nouvelle raquette combinant les avantages d’une petite et d’une grande largeur de cadre. Une fois de plus, Lacoste s’associe avec un joueur de haut niveau : Guy Forget. Sceptique, il change très vite d’avis lorsqu’il essaie le prototype. S’ensuit alors une série de longues séances de tests à Paris et Chantacao (où Lacoste possédait également un atelier). L’objectif était simple ; atteindre la perfection. En mars 1991, « The Equijet » emmène Guy à la quatrième place mondiale. Pour couronner le tout, en décembre de cette même année, il remporte la Coupe Davis à Lyon. Derrière chaque grand joueur de tennis, se cacherait-il une raquette ?