Roland-Garros et J.M. Weston : le Moc’ pour Célébration

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Cette édition du tournoi de Rolland-Garros est un brin spéciale – lancée en 1987, la Griffe éponyme de la compétition célèbre en effet ses trente ans. Et, à défaut de les célébrer sur le court, c’est en s’associant à la mythique maison J.M. Weston que la Griffe Roland-Garros a choisi d’honorer ce style Français tout à la fois chic, précis, puissant mais au détachement légendaire. Ainsi, les deux maisons Françaises se rejoignent-elles autour des valeurs fondamentales de Roland-Garros – Elégance, Héritage, Performance et Emotion. Depuis près de 125 ans, la manufacture J.M. Weston s’attache en effet à chausser les hommes comme les femmes avec ce brin de distinction ancré dans des souliers de belle facture, issus d’un savoir-faire traditionnel.

Rolland-Garros et J.M. Weston se comprennent ainsi comme deux symboles de l’art de vivre à la Française, et c’est sans tapage que les deux maisons éditent une collection de souliers Moc’ Weston – trois modèles se plaçant en dignes héritiers de l’emblématique mocassin 180. Assumé et libre, le soulier emprunte naturellement ses couleurs à l’environnement du tournoi : la couleur ocre de la terre battue, le bleu du ciel et le blanc des lignes des courts de tennis s’unissent donc pour habiller trois version du Moc’ Weston – idéal pour la saison à venir !

Deux pour homme, un pour femme donc, les trois Moc’ Weston se présentent ici sans leurs contreforts intérieurs ; confectionnés avec des peaux rigoureusement choisies pour leur souplesse et leur maintien, on peut lire sur les coutures et les teintures les contrastes des mythiques courts de Rolland-Garros. Mais c’est bel et bien dans les mythiques ateliers de Limoges, occupés par J.M. Weston depuis 1891, que se réalise le montage de la chaussure… Et, si le résultat est esthétiquement l’alliance parfaite de ces deux maisons Françaises, l’élégance qui s’en dégage est elle directement liée au soin et au perfectionnement dont font preuves ces deux institutions.

Le Mocassin 180, l’Essence Culturelle J.M. Weston

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Le mocassin « 180 » à la forme inchangée depuis sa création en 1946, toujours produit selon des processus de fabrication datant de 1946 dans les ateliers originels de Limoges, reste et demeurera probablement encore longtemps le modèle emblématique de la maison Weston. Avec sa forme caractéristique, son style très parisien et son histoire aux multiples facettes, le mocassin emblématique qui représente à lui seul 18% de la production totale du luxueux facteur de chaussures français, traverse les années, intemporel, sans une trace dans le cuir de sa semelle. Aujourd’hui, pour l’ouverture d’une nouvelle boutique rue Saint-Honoré, le « 180 » garde sa forme originelle mais se pare de nouveaux coloris, du noir secondé par un bleu océan, de quoi s’offrir une petite cure de jouvence.

Le « 180 », c’est avant tout l’histoire d’un savoir-faire. Pour voir naître un seul modèle, ce sont près de 150 opérations de prises en main qui sont nécessaires pour près de 2 mois de façonnage, de la découpe de peau jusqu’au montage, en passant par la piqûre de la tige, et la découpe de la semelle. Ce mocassin culte à la prestance affirmée conjugue avec brio la décontraction et le sérieux. Pour cela, quelque deux cents formes ont été usitées pour sa mise au point, le tout dans la plus grande attention de la tradition bottière. A Limoges, comme l’écrit l’écrivain Didier van Cauwelaert dans un livre dédié à Weston « La tradition demeure », du cambrage aux coutures, du ponçage à la peinture, tout est fait de manière manuelle mis à part la coupe du cuir qui est aujourd’hui automatisée.

Aujourd’hui entré dans les incontournables mythiques du bottier du boulevard Courcelles, le modèle « 180 » se distingue non seulement par l’héritage technique de sa confection que par son histoire atypique. A Paris, quelques temps avant « les événements » de mai 1968, devant le drugstore des Champs-Elysées, les jeunes issus de la bourgeoisie du 16ème arrondissement, les « Nappy » (Neuilly Auteuil Passy) se prennent pour des voyous dans la combinaison vestimentaire parfaite : une paire de Ray-Ban, un jean Levi’s allongé d’une paire de « moc » « 180 » Weston rebaptisés « Janson-de-Sailly », comme le lycée de ces jeunes de familles aisées. Le « 180 » de chez Weston fût fortement démocratisé par ces jeunes appelés aujourd’hui les rebelles de la bande du drugstore des Champs Elysées, encore aujourd’hui le Drugstore Publicis. Ainsi, le mocassin « 180 » de chez J.M. Weston perdure, intemporel, à la fois par sa confection prestigieuse que par les codes propres à la maison et à ce modèle, une aristocratie quelque peu rock’n’roll mais soucieuse d’un certain prestige, prestige que Weston, n’a jamais oublié.