La Robe-Manteau Du Défilé Haute Couture Chanel Automne/ Hiver 2017

chanel2.jpg

 On le sait, depuis que le navire Chanel a remis sur les flots les métiers d’art en voie de disparition, il n’est pareil défilé couture. Avec le rachat du parurier Desrue, qui a précédé celui du plumassier Lemarié, puis du chapelier Michel, du brodeur Lesage, du chausseur Massaro, de l’orfèvre Goossens et du gantier Causse, la maison Chanel peut se targuer de posséder (et protéger) le fleuron de l’artisanat français. Dans les ateliers, les couturières, ainsi, s’affairent, coupent, taillent, brodent et repassent, mettant au monde des pièces aussi ingénieuses que merveilleuses. Dans le plus grand secret, les mal nommées « petites mains » s’investissent et mettent leur talent au service de la créativité Chanel. Mais aujourd’hui, Karl Largerfeld décide enfin de dévoiler l’envers du sublime Chanel.

Tandis que les mannequins défilent sous les yeux de l’assistance installée au centre d’une habile mise en scène, les ateliers, eux, sont répliqués comme à l’identique. Au milieu du podium donc, voici que les couturières s’affairent, coupent, taillent et brodent comme dans la vraie vie. Pour le directeur artistique de la maison, ici l’occasion fut donnée de réhabiliter le sens de la Haute Couture : « Les gens parlent de couture comme ils parlent de luxe. Non, c’est un travail, et beaucoup de personnes travaillent pour cette industrie. Un travail très précieux, dont quelques personnes possèdent le talent. » Voilà qui est dit.

Et c’est fort de ces talents que Chanel propose un look particulièrement désirable : les « petites mains » signent ici une robe-manteau sablier structurée et graphique. Avec ses épaulettes biseautées, la pièce est maintenue en place par un système imperceptible, là pour créer de la rigidité tout en provoquant un volume maîtrisé. Mais c’est l’esprit tie-and-dye, réalisé à travers des broderies bleue et argent, qui clairement rend hommage aux talents des artisans : irisées par les coups d’aiguille des ateliers, la pièce se double d’une aura très couture au contact des piqûres compliquées, des spirales frangées. Teintes douces, volume juste et aspect molletonné, voici comment le look ici porté par Leona « Binx » Walton se mue en une ode aux savoir-faire exceptionnels, signées de la maison Chanel.

Le Soulier Bicolore de Chanel

small2tone.jpg

Dans la frénésie de l’après-guerre, la modiste Gabrielle Chanel entreprend de révolutionner l’allure des femmes. Au grè de ses amants, au fil de ses voyages, de ses rencontres et de ses loisirs, Coco n’a de cesse d’observer, d’analyser et de décortiquer de son œil d’esthète les composants des vêtements arborés. L’histoire du soulier bicolore s’esquisse sur le yacht du duc de Westminster. L’œil affûté de la visionnaire imprime sur sa rétine les souliers portés par ces hommes : toile naturelle et bout en cuir noir, il est amusant de retrouver un graphisme identique sur les sandales à semelle épaisse et bout noir nonchalamment jetées sur l’épaule de son ami danseur et chorégraphe, Serge Lifar. Il faut dire qu’à l’époque activités sportives ou mondanités se pratiquent chaussé de souliers en toile beige et bout en cuir noir… pour dissimuler les éventuelles taches. Chanel tient là l’esthétique de sa prochaine icône. 1957, fidèle à sa vision d’une femme élégante, racée et distinguée, car libre dans ses mouvements, Mademoiselle Chanel s’en inspire pour confectionner un escarpin ouvert, beige à bout noir, bordé d’une fine bride élastique sur le côté. Exit la boucle ! Pour la première fois, un élastique maintient le talon. Et ici réside l’une des grandes innovations techniques de l’histoire de la chaussure. Mais Chanel est avant tout une artiste – une virtuose du vêtement : le parti-pris bicolore, c’est aussi et surtout une façon de composer autrement la silhouette. En effet, le bout noir légèrement carré raccourcit le pied, tandis que le beige se font dans l’ensemble et allonge la jambe.

Puisqu’ « une femme bien chaussée n’est jamais laide », avec cette seule paire, Gabrielle Chanel s’est assurée de répondre aux exigences des élégantes ; ce pour toutes les heures du jour et de la nuit. La couturière a voulu son soulier confortable, et parfaitement adapté aux nouvelles vies de ces femmes modernes. Raymond Massaro et son père, bottiers attitrés de la maison Chanel, ont donc conçu une sandale asymétrique où la bride ne maintient que le côté extérieur du pied pour lui laisser le plus de liberté possible. On court, on danse, et on s’élance dans la ville avec une aisance et une facilité toute nouvelle tant la tension de l’élastique sur l’arrière de la cheville pare à tous les mouvements. Comme le rappelle malicieusement Raymond Massaro : « la pire chose qui puisse arriver, c’est qu’une femme en veuille à son bottier lors d’une soirée.». Le soulier bicolore est ainsi fait pour ne jamais embarrasser: composé autour d’une esthétique graphique et plein bon sens, l’icône est une griffe « Massaro pour la maison Chanel.»

Le Soulier Bicolore de Chanel

url_1.jpg

Dans la frénésie de l’après-guerre, la modiste Gabrielle Chanel entreprend de révolutionner l’allure des femmes. Au grès de ses amants, au fil de ses voyages, de ses rencontres et de ses loisirs, Coco n’a de cesse d’observer, d’analyser et de décortiquer de son œil d’esthète les composants des vêtements arborés. L’histoire du soulier bicolore s’esquisse sur le yacht du duc de Westminster. L’œil affûté de la visionnaire imprime sur sa rétine les souliers portés par ces hommes : toile naturelle et bout en cuir noir, il est amusant de retrouver un graphisme identique sur les sandales à semelle épaisse et bout noir nonchalamment jetées sur l’épaule de son ami danseur et chorégraphe, Serge Lifar. Il faut dire qu’à l’époque activités sportives ou mondanités se pratiquent chaussé de souliers en toile beige et bout en cuir noir… pour dissimuler les éventuelles taches. Chanel tient là l’esthétique de sa prochaine icône. 1957, fidèle à sa vision d’une femme élégante, racée et distinguée, car libre dans ses mouvements, Mademoiselle Chanel s’en inspire pour confectionner un escarpin ouvert, beige à bout noir, bordé d’une fine bride élastique sur le côté. Exit la boucle ! Pour la première fois, un élastique maintient le talon. Et ici réside l’une des grandes innovations techniques de l’histoire de la chaussure. Mais Chanel est avant tout une artiste – une virtuose du vêtement : le parti-pris bicolore, c’est aussi et surtout une façon de composer autrement la silhouette. En effet, le bout noir légèrement carré raccourcit le pied, tandis que le beige se font dans l’ensemble et allonge la jambe.

Puisqu’ « une femme bien chaussée n’est jamais laide », avec cette seule paire, Gabrielle Chanel s’est assurée de répondre aux exigences des élégantes ; ce pour toutes les heures du jour et de la nuit. La couturière a voulu son soulier confortable, et parfaitement adapté aux nouvelles vies de ces femmes modernes. Raymond Massaro et son père, bottiers attitrés de la maison Chanel, ont donc conçu une sandale asymétrique où la bride ne maintient que le côté extérieur du pied pour lui laisser le plus de liberté possible. On court, on danse, et on s’élance dans la ville avec une aisance et une facilité toute nouvelle tant la tension de l’élastique sur l’arrière de la cheville pare à tous les mouvements. Comme le rappelle malicieusement Raymond Massaro : « la pire chose qui puisse arriver, c’est qu’une femme en veuille à son bottier lors d’une soirée.». Le soulier bicolore est ainsi fait pour ne jamais embarrasser: composé autour d’une esthétique graphique et plein bon sens, l’icône est une griffe « Massaro pour la maison Chanel.»

 

Le Soulier Bicolore, Quelques Dates Clés

Défilé Automne-Hiver 2017-2018 : La version botte bicolore se fait toute en paillette pour cette nouvelle saison s’inspirant de la stratosphère et de tout ce qui touche au futur.

Pré-collection Automne-Hiver 2017-2018 : les bottes bicolores sont coupées dans un daim coloré décliné en beige, gris, noir, vert canard, bleu ou encore rouge.

Printemps-Eté 2017 : la ballerine bicolore devient futuriste avec son coloris argent et toujours dotée d’une pointe noire.

2017 : La slingback est considérée comme la paire de chaussure la plus tendance du moment.

Collection Automne-Hiver 2015-2016 : la maison de couture signe 4 vidéos sur l’art de porter le fameux escarpin nommées « Slingback ». C’est le grand retour de « la beige et noir » puisque Karl Lagerfeld a chaussé tout son défilé de prêt à porter de la même paire unique.

Octobre 2015 : Le soulier Bicolore fête ses 60 ans !

Printemps-Eté 2015 : Collection prêt à porter, la bicolore se réinvente en Derbies de cuir or et noir.

2014-2015 : Collection des Métiers d’Arts Paris Salzburg, La bicolore est déclinée en bottes lacées à l’autrichienne.

Printemps-Eté 2013 : Haute Couture Chanel présente une nouvelle version des souliers bicolores cette fois ci en cuissarde. La collection d’accessoires quant à elle nous présente des souliers de style graphique et de couleurs acidulées.

2012 : Poppy Delevingne apparait au défilé Chanel croisière chaussée de ballerines bicolores.

Janvier 2012 : Rachel Bilson assiste à une soirée Chanel chaussée de souliers bicolores noirs à bout beige.

2011-2012 : Collection des Métiers d’Art Paris-Bombay, la bicolore fait peau neuve sous forme de cuissarde-legging plates ou à talons.

Mars 2011 : L’égérie Chanel Keira Knightley porte une bottine bicolore style motarde lors de la campagne de publicité pour le parfum Coco Mademoiselle.

Automne-Hiver 2009-2010 : Haute couture Chanel dévoile des slingback qui ont une allure de Mary-Jane lacées.

Avril 2007 : Le soulier Bicolore fête ses 50ans !

Septembre 2006 : Lindsay Lohan porte des souliers bicolores dans une version originale à brides croisées.

Février 2005 : Vanessa Paradis porte les slingback sur le tapis rouge pour la soirée des Screen Actors Guild Awards.

Automne-Hiver 1986-87 : Dans le défilé Haute Couture on peut voir les mannequins porter du bicolore des pieds à la tête.

Collection Automne-Hiver 1983-1984 : première collection de Karl Lagerfeld chez Chanel dans laquelle il donne une place importante aux souliers bicolores avec Inès de la Fressange.

1962 : Romy Schneider qui était une grande admiratrice de Chanel et de ses souliers bicolores.

1960 : L’actrice française Jeanne Moreau rencontre Mademoiselle rue Cambon chaussée des fameux souliers.

1957 : Gabrielle Chanel crée les souliers bicolores. « On part le matin avec une beige et noir, on déjeune avec la beige et noir, on va à un cocktail avec la beige et noir. On est habillée du matin au soir ! » affirmait-elle en 1957 lorsqu’elle présentait pour la toute première fois ses nouvelles créations. C’est à Massaro qu’elle demande de réaliser les souliers bicolores, depuis c’est toujours l’entreprise qui confectionne les modèles des défilés Haute Couture Chanel.

Massaro, Chanel et la Sandale Bicolore

2-chanel-la-sandale-bicolore-de-1957.jpg

En effet, c’est de l’opportunité entre Raymond Massaro et Gabrielle Chanel qui, à l’époque, entretenaient une relation de travail forte qu’est née une véritable icône au sein de la maison rue Cambon. De cette étroite collaboration naquit à la fin des années 50, la renommée sandale bicolore Chanel. Massaro proposa alors à Mademoiselle Chanel de laquelle il dit encore aujourd’hui « Elle était d’une intelligence hors du commun », de lui façonner un soulier décomposé, une partie beigne accompagnée d’un bout délicatement carré de couleur noire. Ce soulier à la fois pratique et élancé, du haut de ses 6 centimètres de talon, est comme toute création provenant des ateliers Massaro confortable et chic. Le fruit de cette collaboration fut rendu possible grâce à la formidable acuité de Massaro dans la création, non seulement dans la confection du soulier au travers des dessins, des formes, mais aussi dans la prise en compte du vêtement qui sera assorti à celle-ci. Une aubaine pour Chanel alors au sommet de son art dans la couture. Une ligne directrice commune pour les deux artistes associés, apporter l’excellence à leurs clientes.

Chez Massaro, que le soulier soit fait d’une des dizaines de peausseries luxueuses présentent en atelier, qu’il soit mat ou brillant, le raffinement issu de la main du maître artisan perpétue sans cesse l’héritage bottier français ; la sandale bicolore concoctée pour la maison Chanel n’y fait pas défaut. Massaro, bottier d’exception et maître d’art français sait faire rêver toute personne amoureuse de chaussures luxueuses. Avec son style graphique propre, il fait de la sandale bicolore un objet phare, porté par les grands de ce monde, de Marlène Dietrich à Catherine Deneuve en passant par Romy Schneider. La sandale bicolore, coupée dans un chevreau beige et accompagnée de sa pointe en satin noir permettant d’allonger la jambe sans détirer le pied, reste une référence de la maison Massaro ainsi que de son époque, et l’influence du vestiaire masculin cher à Chanel s’y retrouve pour offrir au monde de la mode, une véritable référence en matière de souliers féminins.

Aujourd’hui encore, les souliers bicolores continuent d’être réinventés rue Cambon et Massaro fait dorénavant partie des « métiers d’arts » acquises par Chanel.  Ce qui fait de la maison Massaro une maison à part depuis sa création en 1974, tout comme pour la maison Chanel, réside dans le savoir-faire artisanal mais aussi dans l’esprit familial. Au delà de la forte notion d’artisanat et d’héritage, le bottier Massaro, souligne l’importance de la relation, partant de la prise d’empreintes et la mesure du pied jusqu’à la réalisation du prototype puis les essayages et ajustements, le tout pour une trentaine à une cinquantaine d’heure de travail pour finaliser une paire. Durant ces six semaines de patience et de labeur, la confiance qui s’installe entre le client et l’artisan est primordiale autant pour l’heureux requérant de rareté que pour le bottier qui se remet perpétuellement en question pour parfaire son art. Dans cette recherche constante d’excellence, fort similaire à l’activité de la maison Chanel, autant aujourd’hui que du vivant de Gabrielle Chanel, le bottier écoute et pourvoit à chaque caprice de ses clientes, que ce soit des particuliers ou bien pour des collections hautes coutures. La rigueur est bien le maître mot du métier, un mot bien connu, en son temps, par Gabrielle Chanel qui, comme Raymond Massaro insistait sur le fait que, le soulier tout comme l’habit, ne sont que détails signant une allure, la silhouette de celle qui les porte.

Le Soulier Bicolore par Chanel

bicolore-chanel-shoes-emblematic-icon.png

Pour Gabrielle « une femme bien chaussée n’est jamais laide ». En 1957, elle pare la silhouette Chanel du soulier bicolore. Mademoiselle fait appel à l’artisan bottier Massaro pour créer cet accessoire. Il lui propose de le composer ainsi : une partie de couleur beige « qui se fond et allonge la jambe » ; une chaussure « dont le bout noir est légèrement carré et raccourci le pied ». Avec 6 cm de talon, le petit soulier à bout pointu devient pratique et élégant ; confortable grâce au bon maintien de la cheville.

Écru ou blanc, il convient alors à toutes les femmes : travailleuse, chic ou viveuse. Rapidement, il devient un objet phare. Porté par les plus grandes dames, de Catherine Deneuve en passant par la classieuse Romy Schneider, il a su prendre place auprès des célébrités. Voilà maintenant 50 ans que ce dernier perdure et, aujourd’hui, se voit réinventer par Karl Lagerfeld. A la manière de Chanel, qui s’amusait avec les couleurs, Lagerfeld joue de son style : le bicolore se structure d’une cambrure arquée. Et, cette déclinaison s’entend claquer sur les podiums des défilés prêt-à-porter printemps/été 2013.