Les Archlight de Louis Vuitton

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On devine déjà l’icône en devenir – introduites au cœur d’une collection Printemps/Été 2018 éminemment pertinente, les nouvelles sneakers Louis Vuitton surfent sur la tendance ‘ugly shoes’ avec l’audacieuse élégance de Nicolas Ghesquière. L’actuel directeur artistique de la maison signe en effet une sneakers des plus attirantes ! Composées autour d’une semelle arquée, les Archlight mêlent allure futuriste et coupe ergonomique dans une équation toute Ghesquièrienne.

Pensée pour femmes et adoptée par les hommes, la pièce est chaque jour un peu plus aperçue aux pieds des trendsetters du monde entier- Jaden Smith en tête. Les sneakers les plus désirées de la saison empruntent ainsi leurs lignes aux chaussures de basketball – des lignes fortes et énergiques, exagérées et étirées jusqu’à la cheville. Et c’est le modèle estampillé de l’emblématique monogramme qui retient toutes les attentions.

Les 5 modèles de la ligne Archlight mêlent couleurs et textures dans des pièces hautement stylisées. La pièce estampillée du monogramme LV, inventé au début du XIXe siècle, en est incontestablement le modèle phare – une pièce qui associe traditions et design ultra-futuriste avec toute l’adresse de la maison du 101 Avenue des Champs Elysées. Une basket quasi-architecturale qui promet de rester longtemps dans les radars les plus pointus de la mode !

Le Damier Louis Vuitton en Vedette pour l’Automne/Hiver 2018

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Nicolas Ghesquière a pioché dans sa mémoire l’inspiration de cette collection Louis Vuitton de l’Automne/Hiver 2018/19 – plus particulièrement, il a pensé aux femmes auprès de qui il a grandi. Dans cette exploration, l’actuel directeur artistique du malletier a déniché l’essence même du style français. Et dans une maison telle Louis Vuitton, cela ne pouvait se faire sans célébrer la signature d’un tel savoir-faire. Il a d’un côté l’élégance et de l’autre l’innovation. De la même façon, la toile damier Louis Vuitton fut imaginée à la fin du XIXe siècle – très vite, elle devient le code exclusif de la maison. Aussi ancienne que la Tour Eiffel, la toile à damier est ainsi pensée pour protéger la maison des contrefaçons. Réintroduite en 1996 par Marc Jacobs, elle est aujourd’hui une signature incontestable.

Pour la troisième saison consécutive, la maison investissait le Louvre, et plus précisément la cour Lefuel. Dans cette architecture datant de l’Empire, Nicolas Ghesquière a voulu jouer des époques et du style de la haute bourgeoisie française pour composer la collection de la saison prochaine. Alors, lorsqu’il signe la pièce phare de l’Automne/Hiver 2018/19, c’est bel et bien le damier Louis Vuitton que l’on retrouve en vedette. Les époques et les styles ici se télescopent et, d’un top des plus bourgeois avec ses galons or, Ghesquière fait une pièce hyper-actuelle en confondant le motif pied-de-poule et la mythique signature damier… Et derrière cette association très féminine, le directeur artistique veut jouer de l’image Jolie Madame qui sied si bien à l’élégance française.

« Parfois, nous pensons, de façon clichée, que pour rendre la femme plus forte il faut lui mettre des vêtements d’homme sur les épaules, mais nous oublions que des femmes très fortes portaient en fait des vêtements très féminins. J’aime aussi explorer cette idée que les femmes ayant changé le monde n’étaient pas habillées comme des hommes. » Il est vrai que la silhouette N°5 illustre ce propos à merveille – un motif pied-de-poule détourné, une association de pièces masculines renversée par ce top des plus sensuels… Une preuve, s’il en faut, de l’inépuisable évidence du style Ghesquière. D’autant plus lorsque la toile à damier se fait le motif vedette de l’Automne/Hiver 2018/19 portée par Natalie Westling !   

Le Keepall de Louis Vuitton, une Pièce d’Histoire

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La maison Louis Vuitton est depuis longtemps connue pour le luxe et la qualité sans pareille de ses fabrications – nous sommes en 1930 lorsque le malletier attitré de l’Empereur français Napoléon III et du Maharadja produit le Keepall. Une pièce d’histoire qui raconte à elle seule comment l’explosion et le progrès du voyage n’ont pu se réaliser qu’en étant accompagnés d’une telle pièce de sophistication. Il faut dire que les années 1930 sont celles des croisières. La jet-set, la noblesse et l’aristocratie ne jurent alors que par des vacances chaloupées et improvisées passées à Deauville ou encore sur la côte Atlantique de Biarritz… Les sports et les loisirs ont la côte ; la vie s’accélère avec la démocratisation des voitures et, une nouvelle fois, Louis Vuitton se veut apte à léguer à ces élégant(e)s la pièce indispensable à toutes folies. L’époque est à l’imprévue – on aime filer sur un coup de tête, à bord de voitures vrombissantes, le long des nouvelles autoroutes menant vers des destinations impromptues. 

            En 1930 donc, le malletier Louis Vuitton édite le Keepall – le sac qui « garde tout ». Adaptée à ce nouveau mode de vie, la pièce se compose autour d’un cuir souple, zippé et ultra-léger. Coupé dans la déjà mythique toile enduite monogramme, le Keepall déploie aussi une forme généreuse prêtant à son propriétaire la possibilité d’y glisser assez de vêtements pour un weekend inopiné. Et c’est bien là toute la force du Keepall – un sac léger et ultimement efficace. À lui seul, il incarne et symbolise toute l’insouciance de l’époque ! Mieux, depuis devenu sac de voyage iconique, le Keepall s’est réinventé jusqu’à transcender les époques, les utilités et la sophistication qu’on lui prête volontiers.

            Ainsi lorsque Marc Jacobs arrive à la tête des créations Louis Vuitton pour en initier les lignes de prêt-à-porter en 1997, il n’en oublie guère tout le passé de la maison. Se confiant au Vogue Américain, il dit : « Ce que j’ai en tête sont des choses luxueuses mais de celles que vous pouvez jeter dans un sac et quitter la ville avec, parce que Louis Vuitton a un héritage dans le voyage. » Dès lors, le Keepall va se réinviter à l’aune de la créativité fantasque du new-yorkais. Relooké par des artistes invités par Marc Jacobs, de Takashi Murakami, Stephen Sprouse, et Yayoi Kusama en 2012 ; la pièce le sera tout autant par des collaborations aussi inédites qu’elles furent inattendues. Cherchant là encore à surprendre l’essence même du Keepall, en 2017, c’est la collaboration entre Supreme et Louis Vuitton qui donne vie à un Keepall Bandoulière Epi 45 rouge. La même année, Louis Vuitton collabore avec Jeff Koons, pour retranscrire la magnifique toile La Gimblette de Fragonard sur les courbes d’un Keepall ultra-luxueux… Voici donc une pièce qui n’a jamais quitté le catalogue Louis Vuitton, au point de devenir un objet du désir atemporel et ultimement indémodable !

 

Le Keepall en Quelques Dates Clés :

2017 : Louis Vuitton collabore avec Jeff Koons, ce qui donne naissance à la magnifique toile La Gimblette de Fragonnard qui épouse les courbes d’un Keepall.

Collection Automne/Été 2017 : nous retrouvons Xavier Dolan avec une nouvelle déclinaison du Keepall.

2017 : La collaboration entre Supreme et Louis Vuitton donne naissance à un Keepall Bandoulière Epi 45 rouge.

2016 : Apparition du Keepall dans la série Billions, plus précisément dans l’épisode The Conversation.

 2014 : L’acteur Matthias Schoenaerts nous fais découvrir à travers une vidéo, la nouvelle collection de sacs de voyage qui comprend bien évidement le Keepall.

2014 : A travers une série de vidéos Louis Vuitton dessine la panoplie d’un homme particulier notamment l’homme au Keepall beige. 

2014 : Au milieu d’un décor d’Afrique du Sud, les sacs Keepall forment une montagne de bagages Louis Vuitton.

Collection Homme Automne/Hiver 2014 : Kim Jones conçoit le bleu Cobalt qui prend place sur le Keepall 55 et le Keepall 45.

2013 : Le Keepall fait une apparition dans le clip de Nicki Minaj et Lil Wayne High School (1min54).

2012 : la bagagerie Vuitton est mise en scène à travers l’emblématique sac Keepall, qui est représenté par le célèbre Mohamed Ali.

2012 : Le Keepall se retrouve enveloppé du nouveau monogramme crée par Yayoi Kusama pour Louis Vuitton.

2011 : La Maison porte plainte contre Very Bad Trip 2, pour avoir utilisé des contrefaçons dans le film notamment des contrefaçons du Keepall.

2010 : Pour sa nouvelle campagne “Core Values”, la Maison nous emmène en Afrique avec chanteur Bono et de sa femme Ali Hewson qui porte un Keepall sur son épaule.

2010 : Pelé, Maradona et Zidane sont les égéries de la campagne pour la Maison.

2009 : Le Keepall est enveloppé d’un Monogram “relooké”, afin de rendre hommage à Stephen Sprouse.

2008 : Sean Connery pose pour la campagne publicitaire de la maison avec à ses pieds un Keepall.

2007 : Le Keepall est mis en scène, dans campagne publicitaire avec Mikhaïl Gorbatchev.

2007 : Louis Vuitton conçoit spécialement pour le film À bord du Darjeeling Limited un ensemble de bagages cuir Safari.

2007 : Pour la nouvelle campagne de la maison on retrouve Andre Agassi et Steffi Graf allongés au côté du Keepall.

1999 : le Keepall fait encore une fois une apparition au cinéma dans le film Les Rois du désert.

1985 : Le Keepall apparait dans Dangereusement vôtre.

1930 : La maison Vuitton créé le sac Keepall.

La Toile Monogramme Habille l’Homme Vuitton de l’Automne/Hiver 2018

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Le monogramme Louis Vuitton est sans aucun doute la signature, le logo le plus iconique de tous. Imaginé la fin du XIXe siècle pour contrecarrer les plans des contrefacteurs, le motif est devenu au fil du temps le sceau d’une qualité irréprochable, celui d’un mode de vie dédié au voyage, à l’exploration bref, au rêve et à sa réalisation. Emblème le plus connu de Louis Vuitton, malletier des Empereurs et des Maharadjahs, le monogramme est pensé dans un camaïeu de beige et de marron clair – des motifs semi géométriques et végétaux entourent les initiales du fondateur.

            Une fleur quadrilobée, une étoile à quatre branches, un losange convexe ajouré en négatif… Voici que pour sa collection Automne/Hiver 2018, Kim Jones parvient à mêler le mythique logo à un tailoring puissant qui le fait entrer dans le vestiaire de tous les jours. Avec tout le talent qu’on lui connait, le tout juste ex-directeur artistique de la ligne homme de Louis Vuitton, parvient en effet à éviter l’écueil « du trop » pour définitivement consacrer la silhouette griffée de la prochaine saison.

            Oui, il est incontestable que ce look entrera parmi les must-have, et les icônes du vestiaire masculin. S’agissant en effet de l’ultime collection du britannique pour la maison, on ne peut que sous-estimer aujourd’hui la portée d’une telle silhouette. Un look très actuel qui puise dans le grand héritage de Vuitton tout le panache du style – ou quand les lignes intemporelles rencontrent la frénésie d’aujourd’hui pour les griffes.

 

Le Magasin Louis Vuitton, Une Vitrine Symbolique

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‘Les magasins deviendront des musées’ – cette prédiction, on la doit au Nosferatus de l’art et de la pop culture, Andy Warhol. Et quand on voit la merveille qu’est le magasin Louis Vuitton des Champs-Elysées, on se dit qu’il était loin d’avoir tort. Londres, New York, Jakarta, Hong Kong et bien d’autres, si le malletier est éminemment présent aux quatre coins du monde avec ses 346 magasins, c’est à Paris, fief de la griffe, que le monde peut justement s’émerveiller de ses multiples talents. Louis Vuitton est une maison particulière, centenaire et toujours là où on ne l’attend pas. Forte d’une créativité sans interdit, transdisciplinaire, Louis Vuitton a pris ses quartiers au 101 de l’Avenue des Champs-Elysées – depuis 2005 et une rénovation gargantuesque. Le résultat est tout aussi impressionnant : une sorte de cathédrale Vuittonesque ainsi étendue sur 1800 m2. Eric Carlson et Peter Morino ont bâtit un espace de 4 niveaux sur un unique étage, tout fait de pentes douces et de jeu de miroir si aiguisés qu’ils font littéralement tourner la tête du client. Tous les weekend, c’est une longue file d’attente mêlant curieux et clientèles venues du monde entier qui se forme devant les portes de la boutique – ironie de l’histoire, celle-ci se plante en face de l’emplacement du magasin fondé en 1914 au numéro 70 de l’Avenue des Champs-Elysées.

            Mais le flagship du 101 n’a rien de la boutique d’antan. De la maroquinerie à la joaillerie, en passant par le prêt-à-porter, les petits précis de papeterie façon Vuitton, la librairie, l’espace est conçu autour d’une architecture d’avant-garde offrant une gamme de produits quasi-illimitée. Il faut dire que les liens qu’entretient Louis Vuitton avec le monde de l’art n’ont jamais semblé si fort qu’aujourd’hui. L’art est totalement ancré dans l’architecture de ce shop mirobolant :  Olafur Eliasson et son ascenseur ‘Perte des Sens’, James Turell et ses sculptures lumineuses modulaires, Tim White-Sobieski et son spectaculaire ‘escalier mobile’ de 20 mètres équipés de vastes panneaux de fibres optiques… Tout semble en si parfaite harmonie avec l’univers Vuitton, que le Monogram, tantôt logo, tantôt toile, se voit donner une place d’honneur. La malle devient ici une toile architecturale qui change au gré des envies du moment.

             Au 101, avenue des Champs-Élysées, on s’assoit au comptoir du Bag’s Bar, on se perche aux étages pour voir des expositions dans l’espace d’expression culturelle… « Cette maison des Champs-Élysées est un phare d’attraction » observait l’ex-président Yves Carcelle. « Louis Vuitton s’est toujours situé au sommet de la création. Si, plus d’un siècle plus tard, la Maison reste à la tête de la mode, c’est grâce à la mise en valeur de notre héritage tout en continuant à anticiper les tendances à venir » souligne ainsi Michael Burke, actuel président-directeur général de Louis Vuitton. Et il est vrai qu’il n’existe magasin pareil à celui-ci ; un flagship débordant de créativité, offrant bien plus qu’un endroit où acquérir les dernières pièces de Nicolas Ghesquière, puisqu’il délivre une expérience hors du commun. 

La Magnificence Anachronique de Louis Vuitton pour le Printemps-Eté 2018

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C’est dans les soubassements du musée du Louvre, dans le Pavillon de l’Horloge, à côté des vestiges du Paris médiéval, que la maison Louis Vuitton introduisait la semaine passée une collection un brin particulière… Pour le Printemps/Eté 2018, Nicolas Ghesquière est en effet allé piocher dans les références des costumes royaux datant du XVIIIe siècle l’essence du style Louis Vuitton. Il faut dire que cette année est particulièrement riche en référence historiques pour la maison, avec notamment l’ouverture d’une nouvelle boutique gargantuesque sur la Place Vendôme, là même où l’aventure de LouisVuitton a commencé. Avec cette collection, la manufacture a en réalité signifié comme jamais son lien historique avec la France, Paris et son empire passé.

L’une des pièces phares de cette collection – le manteau Frock tout fait de brocard résume à lui seul la magnificence de Vuitton, mais aussi et surtout, le génie de Ghesquière lorsqu’il s’agit de lier le passé de la mode au style du présent. « Il s’agissait d’explorer la façon d’incorporer le costume dans la mode contemporaine, dans une garde-robe urbaine. De l’anachronisme avec une pointe de romantisme. Je crois qu’on a tous besoin de ça en ce moment » précise le directeur artistique. Et il est vrai que cette pièce fait un bien fou ! Dans un brocard rose pâle mais métallisé, en soie brodée, le manteau semble incrusté de broderies tout simplement sublimes. Une pièce puissante qui se suffit à elle-même et qui, pourtant, évite l’effet tapisserie.

En réveillant ainsi des pièces si chères à l’histoire de France, Nicolas Ghesquière fait résonner la définition même de la pérennité du style. Et pour une fois, le passé ressemble à l’avenir ! C’est ainsi devant une audience très sélecte que s’est tenu ce spectacle relevant d’un véritable moment iconique pour la mode contemporaine. Catherine Deneuve, Léa Seydoux, mais aussi Julianne Moore, Natalia Vodianova et Jaden Smith comptaient parmi les invités de marque…

Le Monogram, Logo Emblématique de Louis Vuitton

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Le Logo emblématique de Louis Vuitton remonte aux origines mêmes de la maison. C’est en 1896 que l’une des signatures les plus convoitées de la planète voit le jour – Georges Vuitton, fils de Louis, prend alors la relève de son père tout juste décédé. Pour lui rendre hommage, le malletier imagine une toile monogramme signée LV à la fois souple et solide. Bien évidemment la toile incarne les valeurs de la manufacture du 4 rue des Capucines : innovation, voyage, expérience des différentes culture, durabilité, solidité et luxe à la Française… Le motif Monogram est ainsi la combinaison idéale entre classique et modernité, esthétique Français et universel mais surtout entre l’éphémère et l’intemporel. Les initiales de Louis Vuitton et les fleurs sont aujourd’hui les signatures omniprésentes de la maison. Ainsi, lorsqu’il s’agit de remonter le fil des inspirations ayant mené au graphisme si particulier du logo Louis Vuitton, les experts suggèrent plusieurs hypothèses. Les lignes des motifs floraux sont un tel mystère que certains racontent qu’elles sont inspirées de détails architecturaux d’anciens bâtiments pareils aux églises… D’autres évoquent le carrelage de la cuisine de la maison familiale à Asnières… Certains encore pensent que ces motifs floraux sont un clin d’oeil aux blasons de l’ancienne noblesse Japonaise. Car oui, Louis Vuitton était lui-même fasciné par le Japon. L’imprimé Monogram se veut ainsi la rencontre parfaite entre les trois grands arts de l’humanité, le gothique, le contemporain et l’art Japonais.

            Mais le Monogram prit pour logo est aussi à lier à l’exigence d’authenticité de l’époque – la contrefaçon se faisant grandissante, Georges Vuitton a l’idée de signer du nom de son père l’oeuvre dont il est le dépositaire. Ainsi de la même manière qu’un monogramme est la signature par laquelle un artiste authentifie son œuvre, le logo Louis Vuitton s’ancre dans d’une tradition séculaire. Et dès le début de l’ère Vuitton, le Monogram se plait à être transformer. Paul Poiret, grand couturier du XXe siècle, est par exemple un fidèle client du malletier. Il fait ainsi fabriquer des malles pour les créations de sa maison de couture et, pour les reconnaître au premier coup d’œil, il demande à ce qu’on y appose un rébus : un pois et des raies, pour ‘Poiret’. Dès lors le logo s’amuse des matériaux, des formes et des combinaisons, et jamais la manufacture Vuitton ne cesse de réinventer ce sceau simple et épuré synonyme de rareté et de luxe. En 2014, la célébration du 160e anniversaire de la maison ouvre sur un projet baptisé « Célébrer le Monogram ». L’idée est aussi simple qu’amusante : inviter six des pionniers de la conception à interpréter l’intemporelle estampille LV, pour une nouvelle série de sacs .

Marc Jacobs a d’ailleurs longtemps réinterprété, fardé et détourné le logo avec des artistes comme Murakami, Sprouse, Kusama. « Ah, le Monogram, ce fut mon obsession et mon cher souci pendant longtemps ! Quand M. Arnault m’a confié la direction artistique de Vuitton, je trouvais que jouer avec le LV aurait été trop attendu, qu’il fallait commencer ailleurs. Mais en même temps, comme Mickey Mouse, Monna Lisa ou la tour Eiffel, le Monogram avait cette dimension d’icône mondiale » indique l’intéressé. Pour lui « La moustache sur Monna Lisa, c’est le graffiti sur le Monogram » – durant ses années à la tête de la direction artistique de la maison, l’Américain n’a eut de cesse de mettre en exergue l’évidence du logo emblématique de Louis Vuitton en le confrontant à la postmodernité. « Ma deuxième histoire liée au Monogram est elle aussi artistique. Je visitais un jour l’appartement de Charlotte Gainsbourg à Paris, et j’ai vu dans un coin une malle Vuitton peinte en noir par son père, Serge. J’ai eu un flash. Et j’ai commencé notre travail de réappropriation du Monogram avec Stephen. » Plus récemment, c’est Kim Jones qui a donné une toute nouvelle dimension au logo en s’associant avec la marque la plus hype du moment ; Supreme et Louis Vuitton pour la collection Automne/Hiver 2017 . Une collection qui restera dans les annales.

 

 

 

Le Monogram de Louis Vuitton en Quelques Dates

 

1889 : Pour faire face à la contrefaçon de ses produits, Louis Vuitton inscrit dans son emblématique motif Damier la signature “marque L. Vuitton déposée”.

1896 : La solution se révèle insuffisante et le fils de Vuitton, Georges, inspiré par le “japonisme” de l’époque cictorienne crée ce motif unique avec fleurs et symboles géométriques avec les initiales LV. La légende est née.

18971905 : Le Monogram est enregistré et breveté et après l’immense succès aux foires de Paris et Chicago, Louis Vuitton devient lui-même une marque enregistrée.

1901 : Le sac Steamer est né. Dans sa forme originale il ne présente pas le Monogram LV mais bientôt le code emblématique sera adopté.

1930 : Naît le sac Keepall : cet accessoire est créé comme sac à main et présente autant le Damier que le Monogram.

1930 : Le sac Alma est créé tant avec le Damier que le Monogram. Selon la légende, le sac a été commandé personnellement à LV par Coco Chanel.

1932 : Le sac Noé est né : originalement en simple cuir, plus tard avec l’emblématique Monogram.

1959 : LV met au point une nouvelle toile enduite souple à base de lin, de coton et de PVC : les matériaux que nous connaissons aujourd’hui.

1965 : Audrey Hepburn exige une version mini de son Keepall : le sac Speedy est né. Jackie Kennedy devient l’une de ses premières admiratrices.

1997 : Marc Jacobs lance la collection Vernis : le Monogram et ses matériaux sont repensés.

2001 : Stephen Sprouse est invité à créer les lignes des sacs Monogram bag Graffiti and Roses.

2003 : Takashi Murakami crée le Monogram Multicolor et le Monogram Cerise.

2005 : Le Monogram est cousu sur tissu Denim pour le Denim Monogram.

2008 : Richard Prince crée les Speedy Aquarelle et Watercolor: une réinterprétation radicale du Monogram.

2008 : Le motif Monogramouflage est né.

2010 : L’Empreinte Monogram est lancée et la collection Mini Lin présente le Monogram Idylle sur toile.

2011 – 2012 : Pour les collections Printemps/été 2011 et 2012 les motifs Orientaux avec fleurs et formes géométriques du Monogram sont un must même sur les robes pour les lignes de prêt-à-porter.

2012 : Yayoi Kusama crée la collection Infinitely Kusama et le Monogram est encore réinterprété.

2010 – 2017 : Avec les lignes Tambour Monogram Louis Vuitton porte le Monogram dans le monde des montres. En 2017, le modèle Horizon est la première montre intelligente avec le Monogram.

2017 : LV crée la collection emblématique de sacs à main signée par Jeff Koons. Le Monogram, naturellement, est encore là.

Les Icônes Masculines de Louis Vuitton

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L’histoire de Louis Vuitton est peut être indéniablement liée à la marche de l’histoire. Lorsque Louis Vuitton fonde sa maison en 1854, les créations du malletier sont d’une telle ingéniosité qu’elles s’attirent rapidement les faveurs de plus d’un pionniers du voyage et de l’exploration. Il faut dire que la serrure incrochetable est par exemple un argument de poids… En 1868, le malletier équipe ainsi l’explorateur Français Pierre Savorgnan de Brazza pour son expédition au Congo. Louis Vuitton réalise alors une malle contenant un lit dépliable en toutes circonstances. Le dernier empereur de Russie, le Tsar Nicolas II, charge aussi le malletier de la confection de tous ses bagages.

Il offre d’ailleurs tout un nécessaire de voyage griffé LV à sa maîtresse Française, Louise Octavie Bohy. Ainsi, lorsque la maison célèbre son 150e anniversaire en 2004, elle porte avec elle un héritage aussi précieux qu’extraordinaire. Toujours inégalée dans la bagagerie, Louis Vuitton est aujourd’hui une maison qui excelle dans la mode, la joaillerie, le soulier et l’horlogerie. Alors, lorsqu’il est question de lier la griffe à une personnalité, c’est bien souvent vers les visionnaires, les pionniers et les hommes qui dépassent les limites du possible que la maison du 101 Avenue des Champs-Élysées aime se tourner.

 Sa tradition d’accompagner les explorateurs aux quatre coins du monde, Louis Vuitton la travaille encore aujourd’hui dans ses collections – c’est par exemple la boots à lacets pour explorateur imaginée par Kim Jones en 2013 ou encore la silhouette de baroudeur imaginée pour le Printemps/Eté 2018 . Il est ainsi peu surprenant de voir un homme de la trempe de Buzz Aldrin, premier homme à avoir marché sur la Lune, prêter son image à la maison pour célébrer les 40 ans du premier alunissage. Autre héro inattendu des campagnes Louis Vuitton, Michaël Gorbachev, dernier chef de l’URSS. L’homme politique Russe philosophe alors en légende la campagne shootée par Annie Leibovitz, en affirmant  sans poésie : « Un voyage nous met face à nous-mêmes »…

Et puisque le dépassement de soi et des limites du corps sont aussi une façon de repousser les frontières du possible, Louis Vuitton aime faire des grands sportifs les icônes de ses campagnes. Pelé et Zidane pose ainsi en 2008 là aussi sous l’objectif d’Annie  Leibovitz. En 2012, la maison continue à mettre en avant « des figures emblématiques, qui incarnent un sens de l’exploit et de l’engagement » à l’image du champion de boxe et activiste Mohamed Ali en compagnie de son petit fils. La même année, c’est le nageur le plus médaillé de l’histoire, Michael Phelps qui fut choisi par le malletier Français pour incarner ses valeurs… Une façon d’ancrer les icônes masculines de Louis Vuitton dans l’histoire de l’humanité.

Le Baroudeur Louis Vuitton du Printemps/Été 2018

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C’est dans la cour intérieure du Palais-Royal que s’est tenue la présentation de la collection Printemps/Eté 2018 de la maison Vuitton. Après la collaboration très commentée avec Supreme la saison passée, Kim Jones renoue cette fois-ci avec un thème cher à l’univers Louis Vuitton, le voyage – mais c’est la direction des Îles du Pacifique que prend l’homme de l’Eté prochain. Textures brillantes et des nuances océaniques, vêtements directement empruntés au vestiaire de sports nautiques, Kim Jones révèle ici sa capacité à extraire du sportswear une allure finalement très chic.

Son inspiration, le directeur artistique de la maison la puise dans un livre de Judith Schalansky intitulé Pocket Atlas of Remote Islands: Fifty Islands I Have Not Visited and Never Will. En combinant ainsi l’histoire de Louis Vuitton intrinsèquement liée à celle du voyage, la végétation des îles du Pacifique et la couture facile de Hong Kong, Kim Jones propose une vision de l’homme Louis Vuitton semblable à celle d’un baroudeur. Les jambières néoprène accompagnées ainsi des chemises, tandis que l’élégance détachée d’un pantalon cargo épouse à merveille la sophistication d’une veste sans manche semblant faite en croco. « C’est une sorte de vibe subtropicale et multiculturelle… Je voulais quelque chose d’assez sporty, mais je voulais un tailoring décontracté et un sportwear plutôt ajusté et élégant » précisait-il en avant-propos.

Ainsi le baroudeur Louis Vuitton de la saison prochaine explore le monde des îles accompagné de tissus exquis, spécialement sélectionnés pour assurer le confort et donner l’illusion que le matériau «voyage» autour du corps. Des vestes légères flottent sur les mannequins tandis que les chemises imprimées tropicales se coupent en organza… « Chaque petit détail possède en lui l’ADN du voyage ; cela donne ces vestes très légères… Ils [les vêtements] se doivent de fonctionner dans le monde réel, nous parlons d’authenticité ici. Chaque homme peut entrer dans un magasin Vuitton et trouver quelque chose pour son mode de vie » expliquait alors Kim Jones. La saison Printemps/Eté 2018 semble finalement lier la silhouette de l’homme Vuitton à la passion première du fondateur : rendre accessible, malléable et agréable l’exercice du voyage !