Le Damier, la Toile Exclusive de Louis Vuitton

Le damier Louis Vuitton n’est pas qu’un simple imprimé — devenu un code la maison détourné de Marc Jacobs à Virgil Abloh, il est d’abord un pare-feu à la contrefaçon.

Le Damier LV Aussi Vieux Que la Tour Eiffel

En 1889, tout Paris s’affaire et bouillonne à l’approche de l’Exposition Universelle qui se tient cette année-là entre le 5 mai et le 31 octobre. C’est que, celle-ci est particulière – pour le centenaire de la Révolution Française, on promet en effet aux visiteurs et aux Parisiens une nouveauté sans pareille : une construction toute en fer, trônant sur un Paris sublimé par l’Art Nouveau.

Et, c’est dans ce contexte que Georges Vuitton, fils de Louis, imagine un imprimé plus complexe encore que la toile rayée : une toile à damier où est inscrite, ou plutôt ancrée la signature “L. Vuitton, marque déposée“. Aussi ancienne que la Tour Eiffel donc, la toile à damier est elle aussi née de cette période de grande créativité.

Mais déjà la France et ses prouesses techniques et esthétiques font l’objet de nombreuses convoitises. Les pièces du malletier Louis Vuitton n’y échappent pas. S’il apparaît aujourd’hui évident que la contrefaçon va de paire avec cette maison, cette relation tumultueuse a en fait début dès la fin du XIXe siècle.

Louis Vuitton et la Contrefaçon

Ainsi, lorsque l’héritier de la griffe, Georges Vuitton imagine la toile à damier, c’est pour tuer dans l’oeuf l’imposteur. Cette toile à motifs différents fut imaginée afin de distinguer la griffe, de la protéger, mais aussi et surtout pour permettre de distinguer les malles Louis Vuitton d’un seul coup d’œil. Plus tard, la maison développera d’ailleurs une serrure incrochetable, qu’une seule et unique clé peut ouvrir.

À la fois solide et souple et totalement imperméable, la toile damier est d’abord tissée – ce n’est qu’avec l’apparition des toiles enduites que le damier devient véritablement un imprimé. Il conserve ainsi en trompe l’oeil l’aspect d’un tissage de nattes permettant l’apparition rythmique de la fameuse inscription qui scelle la marque déposée.

Devenu un code exclusif de Louis Vuitton au même titre que le monogram, le damier illustre la grande force de l’empire : le caractère visionnaire qui habite le fondateur et ces nombreux successeurs.

Pourtant, en 1896, la maison cesse la production de la toile Damier ; ce n’est qu’en 1996, 100 ans après, que le malletier renoue avec sa griffe, grappe à l’arrivée de Marc Jacobs.

De Marc Jacobs à Nicolas Ghesquière, la Second Vie du Damier LV

Dès lors, la toile est réintroduite dans les collections sous le nom de ‘Damier Ébène’ – le succès est aussi immédiat que sensationnel. Nombres de toiles damiers furent depuis imaginées : Damier Azur, Damier Graphite pour le 120ème anniversaire de la toile, le Damier Infini en cuir embossé, ou encore le Damier Aventure…

En 2001, après les attentats du 11 Septembre, Marc Jacobs décide de repeindre la mythique toile à damiers – le coloriste Japonais Takashi Murakami s’en empare donc. C’est un triomphe.

2013, la maison signe une collection hommage à sa toile iconique – c’est avec la collaboration de Daniel Buren pour la scénographie que Marc Jacobs lance sur le podium une myriade de pièces à la géométrie spectaculaire, vivement calquée sur le damier.

Le directeur artistique d’alors pense le damier comme « un motif en mouvement, un rythme, une équation mathématique, une sorte de mouvement et de changement perpétuel. » Depuis, c’est Nicolas Ghesquière qui se trouve aux commandes de la création Louis Vuitton chez les femmes.

Et, pour la saison Printemps/Eté 2017, il réinvente une fois de plus le mythique assemblage damier dans d’une robe plus qu’avant-gardiste. Une preuve, s’il en faut, de l’inépuisable évidence de la toile à damier, depuis devenue le motif iconique des créations du 101 Avenue des Champs-Élysées.

La Malle Louis Vuitton, L’Icône Idéale Car Versatile

Commandes sur-mesure et innovations follement pratiques — la malle Louis Vuitton dépasse les attentes pour réaliser les rêves les plus fous. Depuis 1854.

L’histoire de Louis Vuitton est incontestablement liée à celle de l’essor des transports au tournant du XXème siècle. C’est que le jeune Louis Vuitton avait l’oeil, et le bon. Lors de son apprentissage, le fondateur de la maison la plus luxueuse de la galaxie a su observer les bouleversements de son époque. En 1854, exit les malles bombées, Louis Vuitton innove et invente une malle plate, pratique et idéale à empiler dans les bateaux, les voitures naissantes et les trains. Mais pas n’importe lequel. Les voyages en Orient Express connaissent alors leur apogée.

Les maharadjahs et les rois d’Orient deviennent alors les ambassadeurs non-officiels de la maison Vuitton. Mais la fin du XIXème siècle et l’orée du XXème siècle sont aussi et surtout celles des grandes explorations — archéologues et aventuriers ne tardent à passer des commandes spéciales à la maison. Qui les relève avec brio !

En 1868, Louis Vuitton créé la malle Lit pour l’exposition Universelle de Paris. Peu de temps après, l’explorateur Pierre Savorgant de Brazza la rend iconique. En 1872, c’est le sultan de de l’Empire Ottoman Abdulhamid II qui commande à la maison une malle pour ses petits dessous… En 1886, Georges Vuitton révolutionne un peu plus le confort des voyages en inventant la serrure incrochetable. Les malles de voyage Vuitton deviennent de véritables coffres à trésors.

Paul Poiret tombe sous le charme, et fait fabriquer des malles autant pour ses pièces que pour son usage personnel… Jeanne Lanvin fait de même pour son nécessaire de toilette. Le mode de la mode embrasse l’innovation mais en 1911, l’explorateur Albert Kahn renoue avec sa dimension aventurière.

Il commande chez Louis Vuitton des malles de voyage pour transporter son matériel photo, vidéo et ses effets personnels. Grâce à ces malles, il a pu réaliser et rapporter en Europe le plus grand rassemblement d’autochromes, sur plaque en verre consacré à la diversité des peuples et des cultures… En provenance des cinq continents et de plus de 60 pays !

L’âme voyageuse d’Ernest Hemingway trouva aussi dans la malle Louis Vuitton le compagnon idéal à… ses rêveries. Correspondant étranger installé à Paris au milieu des années 20, il commande auprès du malletier une version arrangée de ses malles-bibliothèques. Il y loge non seulement des livres, mais aussi une machine à écrire. Cette malle le suivra toute sa vie, avant de disparaître. Retrouvée dans les sous-sols du Ritz, elle contenait le manuscrit perdu de Paris est une fête — son chef d’œuvre posthume !

Peu étonnant ainsi de savoir que des peintres de la trempe de Matisse et Picabia ont fait confiance à Louis Vuitton pour réaliser des malles à tableaux. Gage de sécurité éternelle — aussi chic que pratique ! Un héritage qui trouve aujourd’hui un écho un brin plus espiègle dans l’oeuvre de Nicolas Ghesquière. Lui qui, en 2019, imagine la mini-malle pour Apple AirPods. A chaque époque ses envies et priorités. Louis Vuitton n’est là que pour les réaliser.

Hennessy, Le Cognac En Fête Pour Noël

La maison qui célèbrera ses 255 ans d’existence en 2020 introduit, une fois encore, des bouteilles exceptionnelles à l’occasion des fêtes de fin d’année !

On lit l’origine de la maison Hennessy à son emblème — le blason familial du fondateur, Richard Hennessy, devenu depuis le symbole de son savoir-faire. La légendaire ‘hache au point’ signe en effet les cognacs les plus désirables de la planète. C’est que, ce savoir-faire remonte à loin. Il y a près de 255 ans, pour être plus exact. Officier Irlandais alors au service du roi Louis XV de France, Richard Hennessy découvre la Charente et la ville de Cognac en même temps qu’il se forme à la négoce. En 1765 il fonde sa propre maison qui, rapidement, conquiert les palais de la Cour du roi de France… Une entreprise certes, mais familiale avant tout, Hennessy se transmet dès lors de génération en génération. Une règle valant tout autant pour les fondateurs que pour ses maîtres-assembleur.

Quelques cent ans plus tard, en 1870 Maurice Hennessy initie une autre référence internationale pour les cognacs. Avec l’appellation XO (pour eXtra Old), il met au monde les cognacs les plus fins de la galaxie. Au départ réservé à sa famille et ses amis, Hennessy X.O est désormais accessible à tous! Et c’est évidemment ce même Hennessy X.O & Ice que la maison a choisi de mettre en vedette pour la fin d’année 2019.

Elle revisite ainsi Hennessy X.O avec un coffret givré qui se transforme en seau à glace… Histoire d’accompagner les nouveaux modes de dégustation — autour de la glace! C’est au Comité de Dégustation de la maison Hennessy qu’on le doit. Lui qui, chaque matin, à la même heure, au coeur de Cognac, se rassemble dans le but de suivre l’évolution gustative et le potentiel des cognacs. Cette fois, il propose trois façons d’expérimenter le Hennessy X.O. Avec 3 glaçons, avec un gros glaçon ou encore avec 5 ou 6 glaçons; le résultat, lui, reste le même: révéler ses arômes riches et complexes !

Autre nouveauté de l’année intimement liée à l’histoire de la maison… En 1947, Gerald de Geoffre de Chabrignac, neveu de Richard, dessine la carafe désormais iconique des cognac Hennessy. Sa forme, inspirée d’une grappe de raisin inversée avec des pampres de vigne en relief courant sur le verre, est un hommage fascinant aux vignes de la Charente. Mieux, lorsqu’en 1979, le Maître assembleur Maurice Fillioux crée ‘Hennessy Paradis’, un cognac unique alliant plus d’une centaine d’eaux-de-vie exceptionnelles, la maison ouvre un nouveau chapitre de son histoire.

Cela se retrouve aujourd’hui capturé dans la nouvelle carafe en cristal; contenant le joyau de la collection, le Hennessy Paradis Imperial. Conçue par l’artiste et designer contemporain Arik Levy, la nouvelle carafe en cristal est un équilibre délicat et audacieux. Elle vient ainsi contenir les cognacs Hennessy ayant atteint leur point d’élégance… Ce moment décisif et éphémère où une eau-de-vie est jugée prête à entrer dans la composition de l’assemblage de Hennessy Paradis Imperial !

Et puisque Hennessy tient le luxe pour valeur première, c’est au coeur d’une malle spécialement conçue par Louis Vuitton que l’icône de cette fin d’année vient une fois de plus se nicher. La malle Hennessy Paradis Imperial par Louis Vuitton célèbre ainsi l’excellence des savoir-faire — ces deux maisons offrent la même vision singulière du monde. Une vison largement appuyée sur des saveurs raffinées et une affinité commune autour de l’univers du voyage. Un voyage gustatif qui vous attend pour les fêtes de fin de d’année!

Icônes De L’Art Et Icônes Du Luxe: Quand Les Premières Remodèlent Les Secondes

Nombre des pièces iconiques tenant de notre patrimoine universel s’appuient sur l’art et les artistes pour renouveler leur quotient de désirabilité. Une affaire très inspirée!

Si la filiation entre mode et art ne fait plus aucun doute, la capacité de l’un à repositionner l’autre reste à explorer. En effet, nombre d’artistes ou plus largement de pratiques artistiques ont pu compter sur la mode pour les introniser au plus haut niveau. Plus les univers semblent antinomiques, à première vue, plus la révolution est totale. Preuve s’il en faut, l’oeuvre du plus adroit des designers en la matière. 2001, Marc Jacobs parvient en effet à conjuguer au patrimoine de l’une des maisons les plus respectées, une pratique jusqu’alors dénigrée.

En 2001 donc, il invite l’artiste et designer Stephen Sprouse à dérider la mythique toile de Louis Vuitton. A coup de graffitis colorés et apposés de façon quasi-exagérée sur le monogramme, le duo fait entrer dans le même temps le luxe dans un autre univers; tout en plaçant le street art au panthéon des pratiques les plus cool de ce début de siècle.

S’en suit une ribambelle de collaborations artistiques qui toutes réinventent l’habillage des icônes de la maison Vuitton. En 2004 c’est à Takashi Murakami qu’il confie le même travail. Mais cette fois, l’univers pop et bigarré de Murakami vient jouer du monogramme jusqu’à provoquer un trompe l’oeil des plus psychés. En 2012, c’est au tour du damier de côtoyer l’oeuvre de Daniel Buren. L’apothéose est atteint en 2017 lorsque Jeff Koons et Louis Vuitton révèlent une série de sac décalquant pêle-mêle le Titien, Da Vinci, Gauguin, Van Gogh et autres sur les iconiques sac Speedy, et Neverfall.

En 2008 déjà  la maison Fendi en appelait aux artistes les plus en vue de l’art contemporain pour réinventer l’iconique sac Baguette. Le premier it-bag de l’histoire, crée en 1997, prouve en passant à travers la créativité d’André, Sylvie Fleury, Jeff Koons, Tom Sachs ou encore Damien Hirst, sa capacité à épouser l’époque. C’est ainsi que le logo même de la maison Romaine — le double F, pour ‘Fun Fur’ — passe, en 2018, entre les mains de l’artiste digital Reilly. Quoi de plus logique à une époque où l’art se consomme sur Instagram, quand il ne vient à l’oeil du public au détour de memes décapants..

Du côté du 30 Avenue Montaigne, l’arrivée de Kim Jones et Maria Grazi Chuiri a un peu plus encore resserré les liens déjà très grands entre Dior et l’art. Il y eut d’abord Kim Jones qui rappelle à nous l’emblème, ou plutôt le grigri de Monsieur Dior. L’abeille chère à Christian est de retour dès la première collection du Britannique. Mais, en 2018, celle-ci se joue des traits de la figure de Kaws, artiste clé de l’époque. Présente ici sur le Saddle, là sur les nouveaux sacs imaginés à partir de cannages iconiques des salons de la maison Dior… L’abeille, comme les icônes Dior, s’acoquine de la légèreté du temps

Car voici encore un intérêt à ce que les icônes de mode et celles de l’art se rencontrent — les secondes aident les premières à rester désirables au delà des contraintes commerciales. Pour s’en convaincre, l’exemple du Lady Dior est tout bonnement parfait. Un sac resté dans l’ombre des ateliers jusqu’à ce que Bernadette Chirac vienne faire l’acquisition du prototype pour l’offrir à la Princesse Lady Di en visite à Paris… Voici comment une icône fut intronisée et ainsi produite pour le public. Aussi lorsque le projet Art Lady Dior voit le jour, il fait fi des obligations marchandes pour laisser libre court à l’imagination de John Giorno, Jack Pierson et Lee Bul. En 2016, Maria Gazia Chuiri en lance la version féminine et féministe — le résultat? Une série de sacs Lady Dior aussi divine et révolutionnaire que les oeuvres d’Olga De Amaral, Polly Apfelbaum, Burçak Bingöl ou encore Pae White…

Dans le même esprit, Hermès poursuit sa recherche d’imprimés fantasques et originaux, inspirée de l’élan créatif de Robert Dumas. L’esprit derrière le premier carré Hermès. Sous le nom ‘Hermès Editeur’ le projet fait appel de façon sporadique à des artistes, afin d’imaginer de nouveaux imprimés pour le mythique carré. Là encore, loin des contraintes qui astreignent habituellement à la mode… C’est ainsi que Daniel Buren, imagina 365 carrés pour Hermès — un pour chaque jour de l’année. De quoi raviver le quotient désidérabilité d’une icône née en 1937!

Hennessy Paradis Imperial: Une Carafe Signée Arik Levy; Un Ecrin Signé Louis Vuitton

Hennessy dévoile son assemblage d’exception dans une carafe audacieuse, glissée dans un écrin iconique — une malle Louis Vuitton soulignant la rencontre de savoir-faire hors norme!

C’est en 2011 que la maison Hennessy a pour idée de rassembler ses cognacs rares dans une collection sans pareille. Hennessy Paradis Imperial est née de cette envie de partager avec le monde l’Art de la Sélection. C’est que le Maître Assembleur chez Hennessy ne se contente de mêler les eaux-de-vie. Non. Il les guide patiemment vers leur apogée, autrement appelée ‘le point d’élégance’. Un moment décisif où l’eau-de-vie est prête à entrer dans la composition de l’assemblage. Et c’est évidemment l’assemblage Hennessy Paradis Imperial dont on parle ici.

Pour mettre en bouteille cet équilibre audacieux et délicat, Hennessy a cette fois fait appel au prodige du designer Arik Levy — sa nouvelle carafe? Taillée en cristal, elle révèle cet assemblage exceptionnel autour de sa couleur dorée; capturant la lumière et ses subtiles variations dans un prisme plus qu’habille. « Ma volonté en tant qu’artiste est de raconter une histoire avec précision. Pour Hennessy Paradis Imperial, j’ai puisé mon inspiration dans l’ADN de la Maison et la précision dans Hennessy Paradis Impérial. J’ai formé la carafe comme un prisme afin que le cristal devienne une combinaison précise de courbes et de tensions. »

Mieux, en s’inspirant des outils utilisés par le Comité de Dégustation de la Maison Hennessy, Arik Levy a voulu penser autrement le rituel de service. Il a donc inclus des gants, des fioles en cristal pour en mesurer l’exacte dégustation, une corolle de service et des verres tulipes en cristal… Et ce n’est pas tout puisque c’est dans une malle spécialement imaginée par les ateliers Louis Vuitton que viennent se nicher tous ces éléments! Comme un hommage ultime à la précision et à l’innovation, la malle préserve donc 4 magnums de Hennessy Paradis Imperial ainsi que le rituel de service. Une façon esthétique et sublime d’incarner la quête contemporaine pour des pièces d’exception — et il faut dire que déguster ainsi le nouvel assemblage Hennessy Paradis Imperial compte assurément comme une expérience unique!

Le Keepall de Louis Vuitton, une Pièce d’Histoire

capture_decran_2018-12-27_a_12.57.44.jpg

La maison Louis Vuitton est depuis longtemps connue pour le luxe et la qualité sans pareille de ses fabrications – nous sommes en 1930 lorsque le malletier attitré de l’Empereur français Napoléon III et du Maharadja produit le Keepall. Une pièce d’histoire qui raconte à elle seule comment l’explosion et le progrès du voyage n’ont pu se réaliser qu’en étant accompagnés d’une telle pièce de sophistication. Il faut dire que les années 1930 sont celles des croisières. La jet-set, la noblesse et l’aristocratie ne jurent alors que par des vacances chaloupées et improvisées passées à Deauville ou encore sur la côte atlantique de Biarritz… Les sports et les loisirs ont la côte ; la vie s’accélère avec la démocratisation des voitures et, une nouvelle fois, Louis Vuitton se veut apte à léguer à ces élégant(e)s la pièce indispensable à toutes folies. L’époque est à l’imprévu – on aime filer sur un coup de tête, à bord de voitures vrombissantes, le long des nouvelles autoroutes menant vers des destinations impromptues. 

 

En 1930 donc, le malletier Louis Vuitton édite le Keepall – le sac qui ‘garde tout’. Adaptée à ce nouveau mode de vie, la pièce se compose autour d’un cuir souple, zippé et ultra-léger. Coupé dans la-déjà mythique toile enduite monogramme, le Keepall déploie aussi une forme généreuse prêtant à son propriétaire la possibilité d’y glisser assez de vêtements pour un weekend inopiné. Et c’est bien là toute la force du Keepall – un sac léger et ultimement efficace. À lui seul, il incarne et symbolise toute l’insouciance de l’époque ! Mieux, depuis devenu sac de voyage iconique, le Keepall s’est réinventé jusqu’à transcender les époques, les utilités et la sophistication qu’on lui prête volontiers.

 

Ainsi lorsque Marc Jacobs arrive à la tête des créations Louis Vuitton pour en initier les lignes de prêt-a-porter, en 1997, il n’en oublie guère tout le passé de la maison. Se confiant au Vogue américain, il dit : « Ce que j’ai en tête sont des choses luxueuses mais de celles que vous pouvez jeter dans un sac et quitter la ville avec, parce que Louis Vuitton a un héritage dans le voyage ». Dès lors, le Keepall va se réinviter à l’aune de la créativité fantasque du New-yorkais. Relookée par des artistes invités par Marc Jacobs, de Takashi Murakami, Stephen Sprouse, et Yayoi Kusama en 2012 ; la pièce le sera tout autant par des collaborations aussi inédites qu’elles furent inattendues. Cherchant là encore à surprendre l’essence même du Keepall, en 2017, c’est la collaboration entre Supreme et Louis Vuitton qui donne vie à un Keepall Bandoulière Epi 45 rouge. La même année, Louis Vuitton collabore avec Jeff Koons, pour retranscrire la magnifique toile La Gimblette de Fragonnard sur les courbes d’un Keepall ultra-luxueux… Voici donc une pièce qui n’a jamais quitté le catalogue Louis Vuitton, au point de devenir un objet du désir atemporel et ultimement indémodable !

Une Collaboration tout en Griffe de Chat : Grace Coddington et Louis Vuitton

lv_x_grace_coddington_06-1600w.jpg

Quand l’expression anglaise « It’s raining cats and dogs » [Il pleut des cordes] passe au filtre de l’humour de Grace Coddington, c’est pour mieux célébrer l’iconique Monogram Louis Vuitton. Le résultat ? Une collection capsule qui met à l’honneur le Catogram — sur des pièces vedettes, des pyjamas en satin, des mini-malles, des souliers et des foulards… Stimulant et hautement désirable ; le Monogram signe une noblesse détachée ! 

 

Déjà en 2012, l’ancien bras droit d’Anna Wintour égayait les pièces clés du vestiaire Balenciaga, version Nicolas Ghesquière, à coup de griffes de son animal fétiche. Cette fois, il n’y a pas que le chat dans la vie — il y a le chien de Ghesquière, aussi ! La mini-collection distille ainsi une série aussi mode qu’exaltante. Une vingtaine de pièces tout en fun et grâce, à découvrir dès à présent ! 

 La Silhouette Science-fi Louis Vuitton Aux Manches Millefeuilles pour le Printemps/Eté 2019

image-1.jpg

« Depuis longtemps, on me dit que mes créations donnent du pouvoir aux femmes. J’ai eu envie de creuser ce sillon et de travailler sur toutes mes obsessions, avec ce seul critère de sélection à l’esprit : faire en sorte que la moindre pièce de cette collection soit puissante. Mon interrogation : qu’est-ce qu’un vêtement qui confère du pouvoir ? » Et l’on connait les obsessions chères à Nicolas Ghesquière — nourri d’esthétique science-fi, de narration 80’s et d’un amour pour la coupe impeccable, le directeur artistique a une nouvelle fois époustouflé l’audience avec une collection audacieuse et franchement parfaite ! 

 

Les 48 silhouettes qui défilaient ainsi au coeur de la cour Carré du Louvre distillait l’idée d’une femme pareille à une exploratrice intergalactique. Sur ses épaules, un chemisier à la fluidité canonique retenu par un gilet coupé dans un cuir non moins impec lui servait plus de carapace que d’amure. Et c’est dans la construction de ces manches ballons XXL que vient se loger tout le génie de Ghesquière. Dans une savante construction, ces manches coulent comme un mille feuille de soie ; mieux ! Des arêtes tubulaires viennent accentuer l’effet science frictionnel de la silhouette n°5… Un air de combinaison spatiale léguant certainement à la femme Vuitton du Printemps/Eté 2019 une assurance franche et distincte. 

 

« Le jeu sur les proportions impose une stature. Ces pièces donnent une carrure, permettent de s’affirmer différemment.[…] Les imprimés représentent soit des paysages artificiels dessinés spécialement, pour recréer un monde imaginaire ; ou à contrario des visuels très réels, notamment des photos de lacs de sels aux couleurs insensées prises par des drones vers Salt Lake City » précise encore Nicolas Ghesquière. Et il est vrai que glissée dans un cocon d’une telle originalité, la femme ne peut qu’assumer un aplomb aussi stylisé que raisonné !

Le Sac Soucoupe Volante Monogrammé de Louis Vuitton pour le Printemps/Eté 2019

_vui0999.jpg

C’était donc ça… Depuis plusieurs semaines, la cour Carré du Louvre présentait un chantier bien étrange. Ce mardi 2 octobre, le suspens prit fin lorsqu’enfin se leva le rideau sur le dernier défilé de cette fashion week parisienne. Nicolas Ghesquière pour la maison Louis Vuitton avait en effet confectionné un podium comme une série de passerelles en plexi illuminées par des néons forts et très blancs. Il faut dire que l’actuel directeur artistique du malletier explore depuis des décennies déjà ses obsessions en matière de futurisme, de science fiction et d’esthétique interstellaire. Et après avoir renouvelé cet été son contrat avec la maison, Nicolas Ghesquière l’avoue: « J’ai ressenti le besoin de fouiller dans mes obsessions. »

 

Sur le podium, cela donnait lieu à une série de silhouettes plus désirables les unes que les autres — tantôt androgyne, tantôt walkyrie de l’espace, tantôt fluide à s’en pâmer, les lignes du Printemps/Eté 2019 suivront l’imagerie cosmique ou ne seront pas ! Comme toujours avec Nicolas Ghesquière, la couture est nette et franchement convaincante. Le stylisme, lui, amène une nouvelle élégance tout en grâce et avant-garde. Une veste zippée en son milieu par ici, une blouse aux manches bouffantes par là, une combi’ spatiale tout en épaules cosmonautes… C’est aussi dans les mains des mannequins que se passe la grande révolution de cette saison ! 

 

Un sac soucoupe volante complètement inédit vient accessoiriser la silhouette N°42. Frappée du monogramme mythique de la maison Louis Vuitton, la pièce est assurément le phénomène du Printemps/Eté 2019 — il faut dire qu’avec l’adresse d’un Ghesquière fusionnant au patrimoine emblématique de la maison, tous les éléments sont réunis pour avoir là un sac icône certes, mais un sac qui saura faire des émules ! 

Le Blazer Au Monogramme Embossé Louis Vuitton Printemps/Eté 2019

_vui0111.jpg

L’un des défilés les plus attendus de cette Fashion Week Homme Printemps/Eté 2019, voire même le plus attendu, a livré un moment d’histoire — moins pour son propos que pour la révolution qui s’amorce. Le tout juste nommé directeur artistique de la maison Vuitton, Virgil Abloh a ainsi fait défiler une succession de silhouettes inspirées et monochromes mettant en avant un nouvel homme. Dans cette nouvelle disposition, l’homme griffée du 101 Avenue des Champs Elysées approche le tailoring dans une veine streetwear. 

Preuve s’il en faut, la silhouette N°4 met en avant un blazer embossé du mythique sceau LV — une signature née il y a près de deux siècles. Cette toile de dissuasion, paraphe du fondateur, fut inventée pour déjouer la capacité des imitateurs à copier la création de Louis Vuitton. Et c’est bien cela toute la force de cette maison; sa capacité à transcender les époques à travers des codes éminemment raffinés et toujours ouvert à l’appropriation populaire. Après de prestigieuses associations entre le malletier et les artistes contemporaines les plus pertinents, l’actuel directeur artistique concourt à empoter l’homme Vuitton vers des horizons inexplorés. 

Virgil Abloh n’a en effet pas son pareil pour doucement subvertir le vestiaire masculin — et ce blazer embossé démontre la subtilité avec lequel il joue du logo LV; un sceau depuis longtemps devenu symbole d’une histoire, d’un patrimoine et le garant d’un savoir-faire traditionnel à la Française. Mais cette semaine à Paris, c’est une véritable révolution qui s’est amorcée; celle d’une mode toujours plus diverse. Une avancée applaudie par un par-terre de stars très actuel. De Rihanna en passant par Kanye West et A$AP Rocky, Bella Hadid et Naomi Campbell.

Doria Arkoun