Le Sweat Couture

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Il se donne des allures haute-couture : le sweat accède au rang des pièces les plus convoitées de l’Hiver.

Pourtant, à l’origine, le sweat constitue l’incontournable base de la garde-robe streetwear : athlétique sur de sportives épaules, il absorbe sans faillir la sueur ; mais très vite, il sort des sentiers battus : les graffeurs en font le fer de lance du milieu underground. Souvent démesurément large, il sert à leurs nocturnes échappées artistiques.

 Le luxe se l’approprie : Balenciaga, Kenzo et son sweat en néoprène déjà adopté par Rihanna et les modeuses. Facile à fabriquer, moins facile à porter. Les finitions se condensent, les coupes se gonflent, la forme s’arrondit : pour la saison, il s’agit de marier deux univers : un héritage dur, souterrain et, masculin à la préciosité féminine léguée par la galaxie couture.

Sans trahir sa première ossature, le sweat endosse multiples facettes : rétrofuriste sous le crayon Balenciaga, à l’effigie de John Galliano chez Galliano, à imprimé hibou chez Burberry. Le plus bucolique est néanmoins le romantique habit de Dries Van Noten qui, comme pour harmoniser les deux dimensions de cette pièce, le fait broder de fleurs.

Le sweat est incontestablement la pièce du dressing à, sans faute, conjuguer à la mini.

Le Bambou, la Jungle Jap et Kenzo Pour le Printemps-Eté 2018

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Au Trianon, Humberto Leon et Carol Lim ont introduit la semaine passée ce qu’il semble être leur vision fantasmée et finalement très justifiée du théâtre Japonais.Baptisée Collection Memento N°2, voici qu’elle introduit la silhouette Kenzo du Printemps/Eté 2018 comme une ode au voyage – conte fondé sur celui du fondateur Kenzo Takada, originaire de Himeji et rêvant d’ailleurs. Les directeurs artistiques de la maison ont ainsi sublimé l’histoire, la légende et le vocable d’une des maisons les plus oniriques du paysage mode. Le résultat ? Une ligne directrice hors du temps plongeant dans les méandres du mythe du Japon l’essence du style Kenzo. « Nous avons voulu insuffler du dynamisme dans cette maison légendaire sans en renier l’histoire » expliquent-ils. Et le fondateur lui-même n’y trouve rien à redire : « Je ne me sens pas du tout trahi. Carol et Humberto appliquent les deux principes essentiels qui m’ont toujours guidé : ne pas céder aux modes et travailler à l’instinct. »

Look iconique s’il en faut dans cette constellation de silhouettes bien inspirées, le kimono urbain version Printemps/Eté 2018. Dans une mode forcément asexuée, la pièce reprend pêle-mêle l’inspiration originelle de Kenzo, mais aussi et surtout toute la rêverie des imprimés si révolutionnaires pour l’époque. Le bambou, la Jungle Jap – rien n’est allumé ici car c’est bel et bien dans une veine urbaine donc portable que Carol Lim et Humberto Leon l’imaginent. Car si la mode de Kenzo est toute à la fois fantasque, métissée et colorée, celle de Lim et Leon se veut l’attribut idéal des cool kids d’aujourd’hui.

Le confort, le bien-être, la poésie – autant de valeurs chères au fondateur qui trouvent ici un écho, peut être, un brin plus contemporain. Un mélange entre les influences passées de la griffe et une touche de modernité, les designers ont pris soin de remettre au jour des pièces vintage du vestiaire Kenzo. L’imprimé bambou, lui, avait en effet marqué les esprits, plus d’une décennie auparavant ! Ainsi, le Printemps/Eté 2018 est-il, peut-être, un hommage à l’inventivité et l’audace de penser librement – comme celles de Kenzo lui-même. 

La Robe Imprimée Jungle Jap Signée Kenzo

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Carol Lim et Humberto Leon ont opéré un virage à 360° dès leur prise de direction à la tête de la maison Kenzo. En actualisant l’héritage du fondateur Kenzo Takada pour y injecter une dose inattendue d’urbanité et de cooliness toute américaine, le duo a ainsi pris l’occasion de la collection Printemps/Eté 2018 introduite à Paris la semaine passée pour mettre en exergue la force du style de Kenzo, évidemment liée à ses origines Japonaises. Il faut dire que le style de Kenzo Takada est en effet reconnaissable entre tous – dès les années 70, l’artiste attire l’attention de par son shop éloquent : la Jungle Jap. Là se mêle avec une habilité rare la modernité et le romantisme ; les couleurs, les formes et les lignes inspirées d’un mélange des cultures. Très vite, ses tissus imprimés et ses pièces composés avec une grande créativité lui valent la reconnaissance de toute la profession.

Entre musique live et acrobates prenant d’assaut la façade du lycée Camille Sée, la maison Kenzo introduisait ainsi un défilé hautement centré sur le Japon – pour cause, la totalité du casting venait d’Orient. Pour la prochaine saison estivale, le tandem bouscule gentiment les codes du prêt-à-porter – en faisant défiler l’Homme et la Femme Kenzo sur le même podium, voici que se dévoilent des costumes-short en trompe l’oeil, les mélanges d’imprimés où le rayé hypnotique côtoie la Jungle Jap, où les cyclistes à dentelles viennent raviver les silhouettes féminines. A l’instar de Kenzo Takada à l’époque, ils mettent en place un jeu décousu de proportions au premier abord venant en fait dérider la mode de la saison à venir. Pièce vedette ou maîtresse de ce vestiaire Printemps/Eté 2018: la robe imprimée Jungle Jap au col jabot. Avec son allure très années soixante-dix et l’association improbable mais hautement réussie aux chaussettes rayées, la silhouette célèbre ici l’ADN même de Kenzo.

C’est finalement une collection éclectique aux motifs multiples qui ancre un peu plus Carol Lim et Humberto Léon dans ce processus de modernisation de la maison. Sans ne jamais gommer les éléments iconiques du dressing Kenzo, le duo préfère les fondre dans l’air du temps jusqu’en révéler toute la pertinence. D’ailleurs, c’est installé au premier rang que le fondateur a pu suivre le défilé – un défilé orchestré comme un véritable manifeste de la beauté asiatique mettant à l’honneur deux figures de l’esprit du Japon. La première, Ryuichi Sakamoto, pionnier de la musique électronique devenu compositeur, militant et danseur adorée par la maison car «  incarnant à la perfection le progrès, la réforme, l’éveil et l’enrichissement spirituels ». La seconde, Sayoko Yamaguchi, très célèbre mannequin dans les années 1970. Elle fut l’un des premiers modèles asiatiques à s’imposer dans les capitales de la mode, incarnant la féminité Japonaise. Muse de Mr Takada lui-même, ce fut ainsi un défilé où se mélangeait passé et modernité, à l’instar de la robe imprimée Jungle Jap.

Le Costume d’Arlequin Automne-Hiver 2017-2018 Version Kenzo

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Le duo de designers à la tête de la création de la maison Kenzo, Carol Lim et Humberto Leon ont décidé pour la saison prochaine de jouer un mix des genres. Hommes et femmes se mêlaient dans un défilé particulier. Les imprimés semblent tout droit inspirés de la zone arctique, là où se déchaînent les éléments. C’est un joyeux mélange de futures pièces iconiques qui défilait ainsi à Paris la semaine passée. Des pièces qui semblent en fait rendre hommage aux couleurs et à leur exubérantes associations, comme s’il s’agissait de la pâte même du fondateur. C’est ainsi une association très postmoderne, jouant d’échelles et de points de vue différents, qui encadre une collection basée, curieusement, sur le thème du plein air. Mais Kenzo est avant tout une griffe urbaine fascinée par la nature.

La pièce a retenir de ce défilé reste ainsi ce costume d’Arlequin façon Comedia Del Arte, ou lorsque celle-ci rencontre la modernité. Ainsi c’est dans une coupe très près du corps, lançant l’homme sur des pentes vibrantes, que le costume d’Arlequin est ici revisité dans une façon un peu plus classique, mais certainement retro. Une façon de clore la Fashion Week homme avec une note d’intellectualisme.

Flashback 2012 : Le Pull Tigre de Kenzo

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Après Antonio Marras en 2003, place au nouveau duo hype, Humberto Leon et Carol Lim, nommés directeurs artistiques de Kenzo depuis l’été 2011. Fondateurs du concept Opening Ceremony, ces deux jeunes créateurs, désormais incontournables dans le monde de la mode, entendent bien moderniser la marque tout en conservant l’esprit « Jungle Jap » des années 70.

Kenzo, c’est d’abord des imprimés, de la couleur, des inspirations asiatiques, une véritable invitation au voyage, que l’on retrouve dans la campagne de la marque confiée au célèbre artiste Jean-Paul Goude. Traduisant une volonté de modernité et de puissance, Kenzo fait du tigre son emblème. Motif préféré du créateur Kenzo Takada, le tigre revient au goût du jour. Le bestiaire avait déjà envahi nos placards ces derniers mois, il est de retour cet hiver avec le sweat shirt Kenzo décliné en plusieurs modèles. L’important, explique Humberto Leon, « c’est de s’amuser », ce pull molletonné imprimé tigre va égayer nos penderies bien qu’il soit considéré, par le nouveau créateur lui-même, comme « la nouvelle tête de mort ».

Mélange entre le sophistiqué et le casual, ce nouvel accessoire est fait pour « des hommes modernes évoluant dans la jungle urbaine ».

La Maille Sous Toutes Ses Coutures

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Cet hiver, la maille chaleureuse s’invite dans les dressings. Apogée de la douceur et de la féminité, l’icône glamour épouse vos formes avec élégance et sensualité.