Le Peekaboo, Le Baguette Et La Dolce Vita De Fendi, Façon Printemps/Eté 2020

Une première collection sans Karl Lagerfeld qui promet des heures heureuses pour la maison Fendi — il n’y a qu’à voir les nouveaux Baguette et Peekaboo!

« Réalité. Je pars toujours de la réalité. Étant donné que je suis une femme, je voulais surtout donner de vrais vêtements. C’est pourquoi je n’appelle pas cela du prêt-à-porter, mais du vrai-à-porter. Je pense que c’est le plus grand hommage de voir ses vêtements sur les gens. C’est pourquoi je voulais commencer par des choses simples, comme les émotions, par exemple : une émotion de journée ensoleillée, lorsque vous vous sentez vraiment libre, prêt à sortir et que vous rencontrez des gens et que vous êtes optimiste quant à la vie. » La vision de Silvia Venturini Fendi pour le Printemps/Eté 2020 respire en effet tout de la Dolce Vita. Des pièces exquises, un concept de Fun Fur travaillé dans une veine légère et délicieuse — Fendi distille une attitude douce et aristocratique.

Dans cet esprit, le mythique sac Peekaboo se coupe dans du raffia vert, quand il ne se griffe de paillettes. Quant au sac Baguette, premier it-bag de l’ère moderne, il est cette fois pensé dans une combinaison de perles — aux teintes inspirées d’un coucher de soleil du sud de l’Italie. Mais qu’on ne s’y trompe guère: les femmes Fendi du Printemps/Eté 2020 ne sont pas des sucreries.

Elles ont du style, beaucoup, et une vraie attitude. « J’ai voulu m’amuser à tailler de petites chemises hawaïennes dans du shearling, des peignoirs rétro dans du vison thermocollé sur le Lycra des Bikinis, des vestes de tailleur power dressing dans de l’éponge matelassée » précise Silvia Venturini Fendi. Le résultat? Des silhouettes désirables à souhait! Glam et cool, simples et surtout délestées d’une certaine austérité.

La Croisière Chanel s’Amuse à Bangkok

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Le 31 octobre dernier, la collection Croisière de Chanel amarrait à Bangkok — avec elle, les créations de Karl Lagerfeld et les ambassadrices Chanel. Soo Joo Park, Pharrell Williams et Gaspard Ulliel, Lily-Rose Depp, Tilda Swinton et Caroline de Maigret accompagnaient de leur énergie la présentation de cette collection joyeuse et hautement iconique. Il faut dire que pour cette saison un brin particulière, Lagerfeld avait mis en vedette une silhouette connue et reconnue de tous — une allure boyish et confortable, couplée du mythique duo chromatique. Du noir et du blanc. 

Présentée à Paris en mai dernier, la collection cette fois se meut sous la douce brise de Bangkok. Dans ce décor thaïlandais, la palette acidulée de coton, de soieries et de tweeds trouve un écho très apprécié… Ainsi amarrée à l’entrepôt désaffecté de Sermsuk, réinventé pour l’occasion en marina enjouée, c’est à la nuit tombée que La Pausa se transforma en scène de célébration. Le réalisateur Apichatpong Weerasethakul, les actrices et mannequins Aokbab et Linn Mashannoud, les acteurs Nittha Jirayungyurn et Anne Thongprasom ont ainsi pu goûter au vrai mélange de nonchalance et de style signé Chanel. Avec un Pharrell Williams en maître de cérémonie.

Le Légendaire Tweed Chanel S’Eprend du Jaune Citronnade pour le Printemps/Eté 2019

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Il s’agit de l’un des symboles les plus fort de l’univers Chanel. Pourtant, Karl Lagerfeld jamais n’hésite à le détourner, le modifier, le réinventer bref, à le mêler à son époque. Cette saison, l’épopée Chanel s’envole vers une plage aussi pure que le diamant — à l’intérieur du Grand Palais, c’est une mer qui prend vie sous les verrières désormais habituées aux gigantismes de la maison ! Le tweed lui, se pare d’un coloris acidulé, explosif même, à la hauteur de la joie provoquée par cette mode toute en superlatifs ! 

 

Super élégante, super chic, super seyante, super allègre — la saison Printemps/Eté 2019 sera celle de Coco Beach ou ne sera pas ! Sur la plage, le tweed fera une percée remarquée dans sa teinte jaune citronnade. Mieux, dans ses lignes déstructurées, le tailleur iconique reprend l’effet de zip déjà initié lors de la collection Haute Couture de l’été dernier. Dans un jeu de tissus délicat, le tweed accompagne ainsi le raffinement ultime d’une journée à la plage. Une joie débridée contenue dans une version super-fraîche du petit tailleur en tweed.

Le 2.55 Chanel Voit Double pour le Printemps/Eté 2019

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Après y avoir placé un iceberg, fait décoller une fusée, construit une forêt automnale, Karl Lagerfeld transformait cette fois la verrière du Grand Palais en plage idyllique ! Pas de Deauville ni de Biarritz, mais une reconstitution grandeur nature, avec vagues et bruissement de l’eau, de la plage des rives de Sylt en Allemagne ! Et au milieu des silhouettes resplendissantes d’optimisme, le directeur artistique de la maison Chanel en profitait pour réinventer l’icône absolue de la rue Cambon ! 

 

Le 2.55, accessoire mythique de Chanel, qui a déjà imposé l’élégance, la sobriété et la silhouette d’une femme active, se présente cette fois dans une version nommée ‘Sidebag’. Après tout, Karl Lagerfeld a souvent insisté sur le fait que la seule chose qui vaut mieux qu’un sac Chanel, c’est d’en avoir deux ! Vendue en double, cette composition du 2.55 se présente suivant des anses se rejoignant par un fermoir évidemment siglé. Posé sur chaque hanche, le Sidebag sera de toutes les aventures de la femme vive et espiègle du Printemps/Eté 2019 !

Le Tailleur Beige Deauville Chanel du Printemps/Eté 2019

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« Je me réfugie dans le beige parce que c’est naturel. » Lorsque Coco découvre Deauville aux bras de Boy, c’est la révélation. La jeune couturière trouve dans les nuances d’un sable léché par la mer une sourde sensualité très intéressante. À l’heure où les peaux commencent à se dorer au soleil, la Dame aux Camélias ajoute le beige à la grammaire de sa maison. Surnommé beige Deauville, il colore d’abord ses pièces de jersey. Mais bientôt, il devient l’ADN même de la rue Cambon. Alors, lorsque Karl Lagerfeld reconstitue sous la verrière du Grand Palais une plage débordante de réalisme, c’est un clin d’oeil certain à l’univers de la maison qu’il réalise. 

 

Mais cette fois, le décor d’inspire des rives de Sylt, l’île Allemande lieu de villégiature de l’enfance de Karl Lagerfeld… Dans cette collection Printemps/Eté 2019, la force et la volupté du sable caressé par l’écume viennent habiller l’iconique Tailleur de Mademoiselle. Taillée en crêpe et parsemée de fil d’or, l’allure technique de l’icône s’adoucie ainsi au contact d’un beige nuancé et hautement chic ! 

 

Baptisée ‘Sur La Plage’, la collection Printemps/Eté 2019 Chanel s’engage vers une saison tout en joie de vivre — et tout correspond au style emblématique initié par Coco au début du siècle dernier. Car derrière toute la grandeur illusoire et la folie d’un décor au plus près du réel – bruissement des vagues, et ciel bleu – c’est une mode ancrée dans son époque pour une femme vivante et concrète. Une femme qui, sur les bords de mer, ne perd rien de ce chic et de ce cachet tout parisien auquel Gabrielle donna ses lettres de noblesse. Une vision pragmatique et sans fioriture de l’élégance !

 Le Retour du Sac Baguette Fendi pour le Printemps/Eté 2019

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On connait la force de la maison Fendi pour la façon qu’elle a d’intégrer l’ère du temps à sa partition. Pour le Printemps/Eté 2019, Silvia Venturini Fendi et Karl Lagerfeld se sont entendus autour d’une collection faisant la part belle à des pièces sublimes et fonctionnelles. Et à l’heure où les sacs prennent des dimensions chaque saison un peu plus réduites, Fendi, elle, réorchestre le Baguette. L’icône par excellence d’un beau justement fonctionnel ! Né du facétieux esprit de Silvia Venturini Fendi, le Baguette emprunte à la baguette de pain du Parisien une prise en main inédite.

 

Le chef d’oeuvre, crée en 1997, porte en lui tout de la philosophie Fendi. Anti-conventionnel, il est produit à une époque où les sacs qui comptent se nomment Jackie chez Gucci, ou Birkin chez Hermès. Le Baguette, lui, se présente dans des lignes minimales, avec une anse si petite qu’elle vient encastrer le sac sous l’épaule. La pièce détonne mais, la pièce trouve rapidement sa muse en Carrie Bradshaw dans ‘Sex & The City’ ! Dès son arrivée en boutique, il est l’accessoire à avoir ; ouvrant ainsi l’ère des it-bags… 

 

Dans sa version du Printemps/Eté 2019, le Baguette adopte les broderies en sequins dans une version plus baroque que minimale. « J’aime le mélange entre rigidité, structure et fluidité de la collection, pensée pour une femme performante, pratique et en même temps sensuelle » commentait Delfina Delettrez-Fendi, fille de Silvia Fendi. Et c’est en ce sens que le Baguette est ici ponctué d’un orange très gourmand. Un orange dont Karl Lagerfeld précise : « Ce n’est pas un orange ordinaire, parce que l’orange ordinaire, vous pouvez oublier ! »  Impossible en effet de passer à côté d’un tel objet du désir. 

 

Le Logo Fun Fur de Fendi Joue la Transparence pour le Printemps/Eté 2019

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Cette fois, Karl Largerfeld et Silvia Venturini Fendi conjuguent l’esthétique années 50 à la fascination contemporaine pour l’athletic wear. Le résultat ? La fonctionnalité pour fil rouge, la collection Fendi du Printemps/Eté 2019 libère un peu plus la femme de ses impératifs. Pensée pour une urbaine bien trop débordée pour se changer à chaque mondanité, cette collection propose des silhouettes en adéquation avec ses multiples casquettes. « Nous avons mis les poches habituellement dans les sacs sur les vêtements. Pour moi c’est une collection qui est vraiment pour les femmes d’action d’aujourd’hui » précise Silvia Venturini Fendi. 

Et côté pièce vedette, celle portée par Mica Arganaraz donne un nouveau sens au logo Fun Fur. Apposé sur une veste géométrique et coupée dans une association inédite de cuir/plastique, le FF Fendi joue sur la transparence. L’allure féminine et athlétique distille une recherche de style savamment intégrée aux codes de l’élégance. En phase avec l’époque et l’héritage d’une maison fondée en 1925, la silhouette N°9 capture ainsi l’esprit créatif et léger estampé FF — une silhouette qui, selon Karl Lagerfeld, se fait fonctionnelle sur un fond baroque ! 

La Robe Violon de Karl Lagerfeld pour Chloé

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C’est au lendemain de la Seconde Guerre mondiale que l’Egyptienne Gaby Aghion fait de Paris sa ville d’adoption. Très vite, la jeune femme côtoie le cercle des artistes bohèmes de l’après-guerre. Picasso, Eluard et d’autres comptent parmi les figures Rive Gauche qu’elle fréquente. Sept ans plus tard, la voici qui fonde sa maison avec pour mission d’habiller ses amies — exit la grande dame, Chloé figure une féminité naissante. Inspirée du nom de sa proche amie Chloé Huysmans, la maison de Gaby Aghion distille tout de la couture des années 1950 dans un style bien plus en phase avec l’époque. En 1956, son premier défilé organisé autour d’un petit-déjeuner tenu au Café de Flore met l’accent sur cette Parisienne espiègle, bohème mais éminemment élégante ! 

L’ambition est claire : composer une garde-robe raffinée mais décomplexée ; pensée pour des femmes qui vivent, rient, aiment et s’amusent. Cette femme, Clare Waight Keller – en poste de directrice artistique de 2011 à 2017 – la définie ainsi : « On aurait plutôt tendance à associer la maison à une hippie girl un peu rêveuse mais en réalité, au coeur de Chloé, il y a toujours eu une attitude affranchie qui défie le statu quo de la mode. » Justement, lorsque Karl Lagerfeld était en charge de la création Chloé, il a su mêler humour, fantaisie et élégance dans une pièce-icône devenue le symbole des années 1980. La robe violon capture en effet l’esprit malin d’un couturier toujours en phase avec son temps. 

Introduite lors de la collection Printemps/Eté 1983, la robe violon se place à la croisée d’un savoir-faire couture et de la fraicheur du savoir-être Chloé. De dos, la pièce donne l’impression d’un trompe-l’œil, laissant croire que la belle qui l’arbore s’est glissée dans un ensemble noir et or composé d’un boléro et d’une jupe droite…. Et c’est de face que la pièce prend tout son sens — surréaliste, la robe emprunte les découpes d’un violon. Mais violon façon Ingrès de Man Ray. Le long des cordes du motif, strass et perles et fils or se suivent pour épouser les courbes naturelles du corps de la femme. Le col officier bijouté, lui, vient ajouter la pointe de caractère indispensable aux femmes de l’époque. Spectaculaires, drôles et sexy. 

La Pré-collection Chanel de l’Automne/Hiver 2018 en Boutique!

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C’est dans une modernité chaque saison un peu plus renouvelée que Karl Lagerfeld ancre le propos de la pré-collection Automne/Hiver 2018-2019. En vedette: une version écrue du mythique tailleur de Mademoiselle, arborée par le nouveau visage de la saison, Adut Akech. La mariée Chanel Haute Couture 2018-2019 a ainsi prêté ses traits au couturier qui, sur un simple cyclo monochrome, met en vedette la gracieuse mannequin Soudanaise. Une campagne qui sublime les pièces clés d’une pré-collection très attendue! 

Piqué d’éclats de fuchsia, le raffinement noir et blanc Chanel se déploie ici sur une longue robe ajustée en laine… Illuminé d’éclats de bleu et de rouge, c’est un manteau droit à double col en tweed de laine qui vient là encore capter toute l’attention. Mais cette saison, on ne peut que brûler de désir face à au tweed iconique de Chanel — réchauffé d’une longue veste écrue à galons, associé à une jupe en maille ponctuée d’un large bord-côtes… L’allure sporty chic initiée par Mademoiselle au tournant des années 1910 trouve ici un écho dans un tweed irisé sur un blouson à col évasé, un bermuda et un bustier porté en trompe l’oeil sur une robe en jersey! Une cascade de pièces étourdissantes de beauté, à découvrir dès à présent en boutique. 

Le Tailleur Arty Fendi Haute Couture 2018-2019

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C’est au coeur de la Bourse de Paris que Silvia Fendi et Karl Lagerfeld ont fait défiler leur collection Haute Couture 2018-2019 — une collection qui, pour la première fois, faisait la part belle aux illusions de matières. Les ateliers Romains sont parvenus à filer toutes sortes de matières de façon à les faire apparaître, à l’oeil nu, pour être de la fourrure. Mousseline imprimée et effilochée; paillettes thermorétractées et organza plissés — Fendi, maison haute fourrure, illustrait ainsi un pied de nez magistral aux idées préconçues quant à une matière désormais controversée! 

Et c’est dans l’univers de l’Orphisme — mouvement artistique du XXe siècle centré sur la couleur et le mouvement, ainsi nommé par Guillaume Apollinaire — que la maison Fendi a pioché les gimmicks de sa collection Haute Couture. A l’instar de ce tailleur arty, composé comme une mosaïque de teintes et de nuances… Une coupe somme toute classique, étayée par l’audace de la composition — de quelle matière s’agit-il? Peut être de la fourrure, des effilochés de mousseline, ou encore des combinaisons de paillette engendrant un mouvement liquide… La maison Fendi a pris soin de brouiller les pistes! 

Suivant néanmoins une composition pop et colorée, la pièce phare de la collection Haute Couture 2018-2019 s’inspire ici des oeuvres du peintre František Kupka. Un tailleur étonnant, véritable chef d’œuvre d’artisanat — une pièce illustrant la pure démonstration d’art que fut ce défilé Fendi. Un défilé poétique et inestimable, applaudi par une pluie d’invités prestigieux. 

 Doria Arkoun