La Jupe GG de Gucci

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Revendiquant un style haut en couleur, Alessandro Michele est littéralement en train de redonner vie à l’esthétique Gucci. Résolument audacieux, grandement exubérant, généreusement colorés, le défilé égrena un style oscillant gentillement entre androgynie assumée et romantisme contemporain ! Entré en poste en janvier 2015, le directeur artistique de la maison Gucci signe ici l’hiver prochain comme, un peu années 80, un peu années 20, et très années 70, portant bien haut l’amour des tissus.

En témoigne la jupe GG, une soie pop d’un gris argent qui sent bon l’excentricité racée des muses Gucci. Longue et fluide, rêveuse dans la forme et élitiste sur le fond, la pièce gagne en désirabilité quand, au côté d’un top simplissime, là voici qui contribue à reformuler les codes de l’élégance italienne – un hit en devenir !

La Jupe de la Maison Prada

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Dès les années 1990, les couleurs vives font écho aux années 1960, structurées par des imprimés géométriques, au sein des collections de la Maison. L’œuvre de Prada, inspirée du vintage, a favorisé le jeu entre le caractère formel de pièces telles que la jupe de tailleur et l’élan de liberté de l’époque. La jupe Prada se distingue également de par son originalité surprenante et ponctuelle, qui s’épanouit au gré de l’inspiration de la  « Reine de la Jupe ». Perçue au travers d’un prisme unique, spectaculaire, la jupe Prada s’offre sous un jour inédit, qu’il s’agisse de la jupe crayon asymétrique pouvant revêtir des fleurs aux couleurs acidulées, ou encore de la jupe en cuir, définie par des franges à strass voire par des empiècements en dentelle.

La jupe plissée, qui était particulièrement en vogue dans les années 1970, réapparaît fièrement en 2012, de façon consensuelle ou plus débridée, toujours revisitée. La Maison Prada parvient ainsi à remettre au goût du jour cet élément éminemment « rétro » en confectionnant tout un éventail de modèles aériens, aux tons principalement pastel. La collection présente même quelques pièces aux tons purs, vifs, conférant un certain caractère à cette référence vintage en matière d’habillement féminin. Toute l’audace de cette réactualisation tient au travail qu’est celui de Prada sur les couleurs, sur les textures et sur le dévoilement subtil de certaines parties du corps, à l’instar de la taille, révélée par l’usage du bandeau.

A l’occasion de sa collection printemps-été 2015, Prada opère un nouveau un voyage dans le temps en s’inspirant d’imprimés caractéristiques du style décoratif des Seventies. Or c’est lorsque la jupe permet de recréer l’univers de tout une époque que l’esprit Prada s’exprime pleinement, pour parfaire le regard que nous portons aux moments forts de l’histoire.

La Jupe Plissée, une Icône de Roland Garros : des Courts de Tennis aux Pavés de la Ville

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À l’orée du XXème siècle, la tenue de tennis féminine voit s’opérer quelques changements. Les encombrantes manches gigots disparaissent, laissant place à des chemises plus simples inspirées des modèles masculins, le corset laissé au vestiaire et l’allure dans son ensemble est beaucoup plus fluide grâce à des tissus permettant de bouger plus facilement. Enfin la couleur blanche s’imprime durablement sur les vêtements de tennis. Ce n’est toutefois qu’au sortir de la première guerre mondiale, que la tenue de tennis féminine au même titre que la silhouette citadine connaît une évolution majeure. À cette époque, le sport devient un divertissement de plus en plus attractif pour les français. Jean Patou, couturier français, flaire la une nouvelle tendance. « Evolution not revolution is my motto » aimait-il rappeler. À l’instar d’une certaine Coco Chanel, il allait pourtant révolutionner le vestiaire féminin. Celui-ci se simplifiant à la ville, la première collection de Patou signe en 1919 une allure active et libérée qui tranche avec les coupes traditionnelles de l’époque.

Il crée pour la femme une pièce qui fera date dans le tennis : la jupe plissée. Faite en soie lavable, une première pour l’époque, et courte, elle permet une plus grande facilité de mouvement. La star internationale du tennis féminin, Suzanne Lenglen, connue pour ses mouvements acrobatiques, l’adopte dès 1925 et est ainsi la première femme à porter la jupe courte sur terre battue. La « Divine » comme elle est surnommée, devient alors la plus sportive des ambassadrices Patou. Associée à un cardigan en jersey inspiré du vestiaire masculin, la jupe plissée allie féminité et décontraction. Dépassant très vite la sphère sportive, elle envahit bientôt les gardes-robes de celles qui souhaitent être décontractées en restant élégantes en toute circonstance. Elle marque alors la naissance du sportswear qui va dominer la mode pendant des années. Peu à peu, la jupe de tennis s’est vue remplacer sur les cours de tennis au profit de jupes avec shorty intégrés. La couleur longtemps laissée au placard colorise les tenues de la façon la plus extravagante possible : fluo, avec motifs etc… le tout pour optimiser la visibilité du sponsor. Avec le temps, la sage petite jupe blanche plissée a dépassé le simple statut de vêtement de sport, elle est devenue une icône. Revisitée par des marques telles que Lacoste et Prada, elle s’est modernisée tout en gardant un petit côté rétro. Elle a ainsi su conserver sa place au sein de la garde-robe, symbole du sportswear, décontractée mais toujours chic ! Sur les courts de Roland Garros et sur les podiums.

 

La Jupe Médiévale d’Alexander Wang Automne-Hiver 2015-2016

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C’est un vestiaire inspiré des sous-cultures gothiques et heavy métal qui défila à la fashion week de New-York. Un esprit de rébellion maîtrisé, une tension sombre dont Alexander Wang se fait le porte-voix – il y a quelque chose de quasi-militant dans ce défilé. Les muses de la nuit envahissent ainsi son podium pour crier, sans concession, le nouveau raffinement que l’on voit déferler à Manhattan. Mais Alexander Wang ne fait jamais dans le cliché : en s’inspirant du rock gothique, il en vient à proposer une silhouette victorienne à la taille corsetée. Un punk d’un genre nouveau, purement esthétique en somme. Les vêtements étaient moins extrêmes que le style : en misant sur le noir, Wang énergise ses pièces en les chargeant d’un matériel désuet. Si désuet qu’il en devient pointu.

Et ce néo-punk s’incarne dans une jupe médiévale à la transparence en treillis de métal. Une jupe en maille donc, alourdie d’une chaîne à l’ourlet – et ceci ne peut que subjuguer une longueur au tombée parfait. La transparence est efficace, le style tellement novateur. Voici simplement que l’élégance brute d’Alexander Wang se déploie vers des sentiers inconnus, esquissant rapidement la silhouette d’un nouveau romantisme.

La Jupe Isabel Marant

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Dans la maison Isabel Marrant, tout n’est qu’indépendance. Pour confectionner ses collections, l’artiste n’use que de ce qu’elle résume essentiel : Isabel créée ce qu’elle veut porter. Et l’été prochain, Marant voit au prisme de l’art moderne : chez Miró et Tàpies, elle pique le travail graphique, mais en change le filtre. La formule est essentiellement identique : coupe hirsute, jean ample et mini-jupe ; la saison prochaine, les vêtements dansent au rythme de ses pas. Lorsqu’on lui demande ce qu’évoque pour elle l’été, l’intéressé répond : « La liberté, la nonchalance, le farniente, le laisser-aller. » Tout cela suinte la désinvolture, et très vite, voilà que l’élégance Parisienne se met à côtoyer leur nonchalance naturelle.

Mixer le féminin romantique à des pièces ou des tissus plus masculins, c’est là toute l’équation d’Isabel Marant : au chic, le sex-appeal ! Ses filles en jettent, et ont de l’allure. Sur les plis, le noir de jais est roi. Et le volume aussi : la jupe Isabel Marant de l’été prochain a une taille qui remonte haut ; comme une corolle, là voici qui se déploie dans un ceinturage façon pagne. Les matières se font graphiques donc, envoyant loin la notion même de cool : la mode est simplement libre, légère, et absolument facétieuse. Chez Isabel Marant, la femme est une conquérante, à demi-nue.

La Jupe Patchwork Haute Couture Martin Margiela A/H 2015

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Quand Martin Margiela opérait dans les années 90, l’artiste s’intéressait à élever le cheap au rang de trésor : les articles chinés aux marchés aux puces, Martin les transforme en vêtements pour une intelligentsia égalitaire qui aime jouer de sous-entendus contestataires et de subtiles blagues quand il s’agit de mode. Pour la saison prochaine, la Maison Martin Margiela ne renie pas son passé et, dans une collection aux accents japonisants, présente sa vision de la Haute Couture.

Une philosophie qui s’incarne à la perfection dans une longue jupe patchwork griffée MMM. Spectaculaire tant elle semble rudimentaire. Elle se compose de choses folles comme des pièces défuntes – des restes d’un atelier de broderie couture ? Sequins, perles, et imprimés floraux ou psychédéliques s’agencent comme une entreprise de cadavre exquis de la mode. Les bords sont bruts : les finitions n’en sont pas. En chinant, restaurant, transformant et télescopant une esthétique ancienne dans des vêtements déroutants, la Maison Martin Margiela forge une Haute Couture du hors-champ.

La Jupe Crayon : un Corset Moderne

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De toute évidence, plusieurs types de jupes sont identifiables. La spécificité de la jupe crayon a pourtant une histoire bien à elle. Les premières mentions de jupes étroites n’apparaissent que dans les années 1880, mais c’est surtout l’influence orientale des années 1910 qui répand largement le sujet dans la société occidentale. La jupe entravée, prédécesseur de la jupe crayon, est née sous l’impulsion de Paul Poiret. Toutes deux ont cette même caractéristique d’être munies d’un ourlet étroit en bas, gênant de fait la marche de la femme occidentale en miroir des geishas asiatiques bridées par leur kimono qui par ses contraintes les forcent à une démarche en pointillé. Avant la Première Guerre Mondiale, la jupe raccourcit ; des pieds, la longueur passe maintenant à mi-mollet. Pourtant reconnu comme le libérateur du corps de la femme, Poiret va par cette mode mettre ses muses à l’épreuve. Finalement le créateur enlève le corset à la femme pour l’emprisonner une fois de plus dans un nouveau carcan d’étoffes. Dénoncée par le pape, la jupe entravée sera aussi tournée en dérision par les satiristes.

Le temps filant, la Seconde Guerre Mondiale éclate et dicte sa fureur noire. Au rythme des rationnements, le gouvernement anglais demande à l’Incorporated Society of London Fashion Designers de créer des modèles nécessitant peu de tissus, la jupe droite de coupe simple est imposée à la femme. La politique n’est pas à l’extravagance ou la coquetterie. C’est en réaction à cette censure de la liberté créatrice que Christian Dior triomphe en 1947 avec le New Look, ces grandes jupes nécessitant plusieurs mètres de tissus. Copié de tous, il s’en détourne au défilé d’Automne 1954, présenté comme la collection H que le Time nomma le « Second look », pour créer son contraire : la véritable jupe crayon. Pour Christian Dior, celle-ci est « une architecture éphémère destinée à exalter les proportions du corps féminin », il souhaitait qu’elle soit « construite, moulée sur les courbes du corps féminin ». Ainsi véritable sculpteur, il manie le tissu comme la glaise pour envelopper la femme au plus près, allongeant le torse, amplifiant et galbant les courbes féminines jusqu’au genou dans un équilibre parfait entre les épaules et les hanches. Par ce travail anatomique, le créateur dévoile le corps sans le montrer.

Au fur et à mesure, la jupe crayon s’impose dans le dressing des femmes de tous horizons et de tous styles. Elle habille autant la femme d’affaire qui l’adopte comme uniforme dans un esprit chic minimaliste que les glaçantes blondes hitchcockiennes ou encore l’apparence bourgeoise de la femme au foyer parisienne. Pourtant, si la jupe contraint en partie le corps, elle fait l’objet d’une certaine sensualité dans l’ondulation exercée par le corps, danse d’autant plus accentuée si elle est portée avec des talons hauts. Dita Von Teese use et abuse de ce pouvoir dans ses mises en scène érotico-burlesque. Autre actrice à faire de ce vêtement un objet iconique, Angelina Jolie, élue « the queen of the pencil skirt » à l’issue du film «mr and mrs smith ».

Le Boxer Bag de Krakoff

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Encore peu connu en France, Reed Krakoff est l’incarnation de l’americain dream : parcours sans faute pour ce new yorkais de 48 ans qui a su se faire une place de choix dans l’univers très exigeant de la mode US. Aucun superlatif ne semble assez fort pour qualifier l’ascension fulgurante d’un des créateurs les plus in du moment.

Après avoir fait succomber Julianne Moore, Rachel Zoé, Katie Holmes ou encore Anna Wintour et Michelle Obama, il part à la conquête de la planète fashion outre-Atlantique en s’associant à des  grands noms de la mode française : Sarah Lerfel pour Colette, Maria Luisa pour le Printemps ou encore Valérie Hermann, ex-présidente d’Yves Saint-Laurent.

Minimalisme sobre ou acidulé, formes épurées, élégance et sophistication sont les maîtres mots du style krakoffien qu’il définit lui-même comme étant – antagonisme exquis – du « confident  luxury », du luxe tranquille. Plusieurs de ses créations sont déjà des must-have : la jupe portefeuille, les bottines en python, le sweater inspiré des maillots de base-ball ou la robe oiseau figurent désormais au Panthéon de la mode.

Lancé en 2010 par la marque éponyme, le Boxer Bag de Krakoff est l’incarnation du luxe absolu. Sorte d’ovni fashion fait de « juxtapositions de palette, de texture et de détail », le sac boxer, hybride et chimérique, tient à la fois du cartable, du handbag et du sac de voyage. Le sac Krakoff est « boxer », référence visuelle aux poignets des boxers brutalement enveloppés de sparadrap avant un combat qui rejaillit sur le sac sous la forme d’une ceinture médiane assimilée à une sangle. Le choc visuel et esthétique, les associations parfois paradoxales marquent l’obsession de Krakoff pour les matériaux et les détails.

« It’s about design » s’évertue-t-il à dire : la griffe « RK » est luxueuse mais non tapageuse, architecturale mais non formaliste. Objet onirique, objet de possession, objet de désir, le boxer bag est juste comme son nom l’indique : un violent coup de cœur.