La Jupe de la Maison Prada

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Dès les années 1990, les couleurs vives font écho aux années 1960, structurées par des imprimés géométriques, au sein des collections de la Maison. L’œuvre de Prada, inspirée du vintage, a favorisé le jeu entre le caractère formel de pièces telles que la jupe de tailleur et l’élan de liberté de l’époque. La jupe Prada se distingue également de par son originalité surprenante et ponctuelle, qui s’épanouit au gré de l’inspiration de la  « Reine de la Jupe ». Perçue au travers d’un prisme unique, spectaculaire, la jupe Prada s’offre sous un jour inédit, qu’il s’agisse de la jupe crayon asymétrique pouvant revêtir des fleurs aux couleurs acidulées, ou encore de la jupe en cuir, définie par des franges à strass voire par des empiècements en dentelle.

La jupe plissée, qui était particulièrement en vogue dans les années 1970, réapparaît fièrement en 2012, de façon consensuelle ou plus débridée, toujours revisitée. La Maison Prada parvient ainsi à remettre au goût du jour cet élément éminemment « rétro » en confectionnant tout un éventail de modèles aériens, aux tons principalement pastel. La collection présente même quelques pièces aux tons purs, vifs, conférant un certain caractère à cette référence vintage en matière d’habillement féminin. Toute l’audace de cette réactualisation tient au travail qu’est celui de Prada sur les couleurs, sur les textures et sur le dévoilement subtil de certaines parties du corps, à l’instar de la taille, révélée par l’usage du bandeau.

A l’occasion de sa collection printemps-été 2015, Prada opère un nouveau un voyage dans le temps en s’inspirant d’imprimés caractéristiques du style décoratif des Seventies. Or c’est lorsque la jupe permet de recréer l’univers de tout une époque que l’esprit Prada s’exprime pleinement, pour parfaire le regard que nous portons aux moments forts de l’histoire.

La Jupe Plissée, une Icône de Roland Garros : des Courts de Tennis aux Pavés de la Ville

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À l’orée du XXème siècle, la tenue de tennis féminine voit s’opérer quelques changements. Les encombrantes manches gigots disparaissent, laissant place à des chemises plus simples inspirées des modèles masculins, le corset laissé au vestiaire et l’allure dans son ensemble est beaucoup plus fluide grâce à des tissus permettant de bouger plus facilement. Enfin la couleur blanche s’imprime durablement sur les vêtements de tennis. Ce n’est toutefois qu’au sortir de la première guerre mondiale, que la tenue de tennis féminine au même titre que la silhouette citadine connaît une évolution majeure. À cette époque, le sport devient un divertissement de plus en plus attractif pour les français. Jean Patou, couturier français, flaire la une nouvelle tendance. « Evolution not revolution is my motto » aimait-il rappeler. À l’instar d’une certaine Coco Chanel, il allait pourtant révolutionner le vestiaire féminin. Celui-ci se simplifiant à la ville, la première collection de Patou signe en 1919 une allure active et libérée qui tranche avec les coupes traditionnelles de l’époque.

Il crée pour la femme une pièce qui fera date dans le tennis : la jupe plissée. Faite en soie lavable, une première pour l’époque, et courte, elle permet une plus grande facilité de mouvement. La star internationale du tennis féminin, Suzanne Lenglen, connue pour ses mouvements acrobatiques, l’adopte dès 1925 et est ainsi la première femme à porter la jupe courte sur terre battue. La « Divine » comme elle est surnommée, devient alors la plus sportive des ambassadrices Patou. Associée à un cardigan en jersey inspiré du vestiaire masculin, la jupe plissée allie féminité et décontraction. Dépassant très vite la sphère sportive, elle envahit bientôt les gardes-robes de celles qui souhaitent être décontractées en restant élégantes en toute circonstance. Elle marque alors la naissance du sportswear qui va dominer la mode pendant des années. Peu à peu, la jupe de tennis s’est vue remplacer sur les cours de tennis au profit de jupes avec shorty intégrés. La couleur longtemps laissée au placard colorise les tenues de la façon la plus extravagante possible : fluo, avec motifs etc… le tout pour optimiser la visibilité du sponsor. Avec le temps, la sage petite jupe blanche plissée a dépassé le simple statut de vêtement de sport, elle est devenue une icône. Revisitée par des marques telles que Lacoste et Prada, elle s’est modernisée tout en gardant un petit côté rétro. Elle a ainsi su conserver sa place au sein de la garde-robe, symbole du sportswear, décontractée mais toujours chic ! Sur les courts de Roland Garros et sur les podiums.

 

Une Jupe Plissee, Please

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La mode est un éternel recommencement façonné par les obsessions. Un exemple probant, le retour de l’iconique jupe plissée. Pour la saison printemps-été 2012, le plissé perd de sa rigidité et sculpte les silhouettes fluides et limpides. Un style antique chic ! En imprimé rétro et taille haute accompagné d’une veste graphique chez Balenciaga, en version 50’s chez Prada, en cuir bicolore et ceinturé chez Céline ou encore en ensemble plissé grec couleur orange telle une Nerissa du peintre Godward chez Hermès.

Symbole de protection et de fertilité, les plissés sont d’abord utilisés en Egypte Antique afin d’encadrer le corps et de le protéger ainsi des mauvais esprits. Puis le plissé dans la Grèce Antique, c’est la colonne, le phallus, le pilier de la société, la puissance ! L’utilisation du plissé dans le costume n’était donc pas anodine, et de manière systématique, le plissé nous renvoie vers une symbolique ancré depuis l’antiquité.

Rendu iconique dans l’histoire de la mode par Madame Grès en 1935; ses robes plissées et drapées sculptent la femme comme une déesse du Panthéon grec. Une statue qui fige la beauté et les yeux de celui qui la regarde.