Le Tailleur Bar, Le Manifeste Dior

En 1947, au lendemain de la seconde guerre mondiale, Christian Dior envoie valser l’image de la femme-soldat d’usine — la femme-fleur est née, le Tailleur Bar en étendard.

Comment Le Tailleur Bar de Dior Est-Il Né?

Christian Dior, aux côtés de l’industriel du textile Marcel Boussac, s’engage pour que se fasse le « retour à un idéal de bonheur civilisé ». Par son refus du compromis, par son engagement en faveur du retour des vêtements seyants, Monsieur Dior pense une première collection qui renoue avec l’idéal de beauté.

Lui qui aimait passer boire un verre en fin d’après-midi au Plaza Athénée, c’est le bar du palace même qui lui inspire sa création phare. Epaules droites, légèrement tombantes de profil, jupe extrêmement large et couvrant le mollet, taille très fine et resserrée, constituant le point d’ancrage de toute la tenue — l’ensemble Bar fait fureur ce jour de 1947, dans les salons du 30 Avenue Montaigne.

La ligne se veut symbole de la féminité et de l’absolue élégance.  Le couturier assurait vouloir «  que mes robes fussent construites, moulées sur les courbes du corps féminin dont elles styliseraient le galbe. J’accusais la taille, le volume des hanches, je mis en valeur la poitrine. » En harmonisant le tout grâce à une doublure de trois mètres de percale et de taffetas, Christian Dior renouait ainsi avec une vieille tradition.

La silhouette galbée du Tailleur Bar évoque déjà les crinolines du XIXe siècle; la veste est un emprunt à l’âge d’or de la mode masculine, emprunt permis par la démocratisation du complet veston.

Mais en cette veille de défilé, les premiers essayages sur le mannequin Tania vont d’échec en échec. Les basques tombent à plat. L’effet sur les hanches est insignifiant… Dior a alors l’idée d’utiliser des plaques de coton chirurgical qu’il plie en accordéon pour créer le volume désiré. Ça marche !

Le tailleur-bar est né. Emerveillées, nombreuses sont les mondaines à s’être précipitées vers cette nouvelle signature de la mode Française. Dès 1947, le Tailleur Bar est reproduit dans tous les magazines; aux quatre coins du monde, les femmes s’habillent en Dior.

Le Manifeste Dior, Une Modernité Radicale

En ce qu’il constitue une balance parfaitement harmonieuse entre courbes et lignes, les proportions du Tailleur Bar magnifient les courbes naturelles d’une femme. Et c’est en cela qu’il est un chef d’oeuvre absolu de la maison.

De John Galliano à Raf Simons en passant par Maria Grazia Chuiri, le manifeste inventé par Christian Dior est une merveille à réimaginer. Toujours en avance sur son temps, le Tailleur Bar est devenu le basique des femmes — élégantes et de pouvoir… Un basique capturé à merveille par le photographe Peter Lindberg.

Car là où John Galliano en faisait une version extravagante toute en tissus et volumes imposants, Raf Simons a très vite prouvé qu’il était aussi efficace dans une version minimale.

Noir et coupé au cordeaux, le Tailleur Bar épousait ainsi en 2012 le pantalon dans une version des plus désirables !

Maria Grazia Chuiri a elle aussi beaucoup réinventé le Tailleur Bar ces dernières années — piochant dans ses lignes accentuées, une grammaire néo-féministe des plus radicales. Une légende qui résiste, finalement, à tous les changements d’époque.

Le Noeud Dior, Une Grammaire Élégante


L’esthète que fut Christian Dior a longtemps été inspiré par le patrimoine de la mode Française — notamment du temps de la cour… Le noeud, icône Dior, tient de cela.

La Duchesse de Fontanges, Christian Dior Et Le Noeud

On le sait, la mode de Christian Dior doit beaucoup à son enfance passée à Granville. Là, où, les dernières traces de la Belle Epoque pouvaient se lire sur la toilette des élégantes. Quelques rares photos de la famille Dior montrent ainsi tout le romantisme de la mode des années 1900. Une photo accroche cependant l’oeil — celle d’un jeune Christian Dior portant un noeud. Ce nouer aurait pu être anodin si, des années plus tard, il n’était au coeur de la couture de Monsieur.

Cultivé et inspiré du patrimoine Français, Dior a en effet pioché plus d’un tics de sa couture dans ce répertoire. Le noeud, à l’instar de la ligne corolle , est directement lié à sa fascination pour l’apparat de cour. La Duchesse de Fontanges, icône de mode de l’époque, lui aurait donc inspiré tout le charme des noeuds. Elle-même laissa son nom à la postérité dans ce que l’on nomme une fontange. Dans cette iconographie, Dior repère aussi la passion de Marie Antoinette pour les noeuds et les rubans; d’une folle délicatesse …

Il y a dans ces noeuds toute la sophistication que Christian Dior veut, au lendemain de la guerre, rendre à la femme moderne. « J’aime que les noeuds finissent un décolleté, garnissent un chapeau, ferment une ceinture. Petits, grands ou énormes, je les aime dans tous les styles et toutes les matières » a-t-il un jour déclaré.

Miss Dior Et Le Noeud

Pourtant, avant d’apparaître dans la couture même de la maison Dior, le noeud est vu pour la première fois dans une publicité. Une illustration de René Gruau pour le lancement du Miss Dior met en scène un cygne voguant avec délicatesse, un ravissant noeud noir autour du cou. Immédiatement, le noeud vint symboliser le Miss Dior.

Inspiré du dessin, c’est en 1950 que Christian Dior décide de modifier l’apparence de sa bouteille — désormais, l’imprimé pied-de-poule gravé sur le fond de la bouteille, un noeud vient en twister l’apparence. La bouteille comme nous la connaissant aujourd’hui était née.

Mais entre 1948 et 1949, le noeud commençait à entrer dans la couture de Monsieur. Le New Look ayant déjà fait sa révolution à coup de lignes strictes mais fluides, le noeud venait en fait adoucir encore un peu plus l’allure Dior. Avec le muguet, le noeud devient essentiel à Christian Dior — féminin et frivole, il signe le plus souvent des robes cocktail et robes du soir d’une préciosité jamais affectée.

Le Noeud Dans La Couture Dior

C’est néanmoins à Yves Saint Laurent que l’on doit au noeud Dior d’être devenu iconique. Le jeune couturier, remplaçant Dior tout juste défunt en 1957, organise rapidement une vision plus romantique encore.

Sa vision d’une femme féline et romantique trouve dans le noeud une signature évidente — souvent utilisé en combinaison avec un autre emblème de la maison, le noeud devient le ‘Noeud Dior’. Broderies, lignes envolées, froufrous, volants et dégringolades de fleurs magnifient ainsi des drapés à nœuds vraiment sublimes.

Plus tard, c’est John Galliano et sa vision théâtrale, baroque et ô combien inspirée là encore de la cour, qui redonne un souffle inédit au noeud Dior. Extravagance et provocation se mêlent et font du noeud une icône explorant les extrêmes. Très audacieux, les noeuds à la Galliano se taillent dans des matières et des tissus inédits, tels le plastique ou le denim.

En 2009, pour le Printemps/Eté, Galliano dédie une collection entière au noeud Dior. Le résultat? Une pléthore de robes follement sophistiquées, démontrant toute l’efficace de la touche Dior — les noeuds sont ici immenses !

Un an plus tard, c’est dans la joaillerie que Victoire de Castellane fait du noeud un atour des plus désirés. La bague Tralala, célèbre l’esprit romantique de Dior et surtout sa passion des noeuds. Cette fois, c’est entièrement incrusté de diamants que le noeud sert une nouvelle symbolique: celle du lien amoureux…

Succédant au génial Galliano, Raf Simons et Maria Grazia Chuiri auront tous deux une vision un brin plus minimale, amenant le noeud à sortir des silhouettes pour venir ponctuer les accessoires. D’ailleurs, c’est en 2012 que celui-ci vient égayer pour la première fois l’icône Lady Dior .

Dans sa recherche de l’essentiel, dans son voyage dans les codes et les racines les plus chers à Dior, Maria Grazia Chiuri offre au noeud de s’épanouir sur des pièces simples. Pour la collection Haute Couture Printemps/Été 2017, les noeuds viennent enrubannés des souliers mémorables.

De quoi rappeler le romantisme de la femme Dior, marchant portée par la délicatesse du Noeud Dior.

En Mémoire du Tailoring, la Déconstruction Maison Margiela du Printemps/Eté 2019

kim_0354-2.jpg

Au Grand Palais, John Galliano livrait la première collection co-ed pour Maison Margiela — et le propos avait corps et pertinence. Sur un podium sans fioriture où seule brillait la puissance d’une mode convaincante, le designer britannique démontrait tout l’intérêt d’un défilé où le genre n’a pas lieu d’être. « La génération Z met en doute les valeurs de la société et j’ai été très stimulé » déclarait-il en prémices. Et il est vrai que cette collection Printemps/Eté 2019 recélait de pièces asexuées ; de pièces sublimant indifféremment femmes et hommes sans manière ni travestissement. Les genres ne sont plus, et c’est dans une cohérence exemplaire que John Galliano ouvre une voie intéressante à cette notion de co-ed. 

 

Mais l’actuel directeur artistique de la maison tient plus que jamais un propos dans la continuité de l’oeuvre du fondateur. Là où Martin Margiela s’ingéniait à faire des vêtements portables mais posant la question de la beauté dans les coutures défaites et étrangement montées, John Galiano, lui, propose des pièces toutes aussi artisanales ! La pièce vedette de ce cette collection est incontestablement celle apparaissant sur la silhouette n°6. Inachevé et génialement déconstruit, le par-dessus présente ici des découpes au laser faisant des poches les revers. 

 

Mieux, de la même façon que le doute plane sur le genre des silhouettes, un doute certain plane quant à la nature précise de ce vêtement. L’idée restant la même : le vêtement est en cours de réalisation ; prenant vie sur le corps qui l’habite, et non l’inverse ! La nature définie par l’expérience, par le sensible donc, la pièce phare de la collection Maison Margiela Printemps/Eté 2019 poursuit la philosophie salvatrice du couturier et, dans des ouvertures et asymétries paradoxalesdonne vie à un vêtement échappant à toute classification… De la matière à penser donc, coupée dans le crêpe georgette !

La Tabi Shoe Margiela sur Plateforme pour la Haute Couture 2018-2019

kim_3718.jpg

Maison Margiela présentait à Paris sa collection Haute Couture, plus connue sous le nom de ligne ‘Artisanal’. Et cette année, l’actuel directeur artistique, John Galiano, a mêlé à ses propres questionnements de décortiqué et glamour-à-la-hâte les codes initiés par Martin Margiela. Ainsi la collection Haute Couture Hiver 2018 pensait la notion d’humanité nomade — une humanité qui, sur le catwalk, défile téléphones et tablettes chevillés au corps. Oui, la réflexion ici portée par John Galiano interroge une humanité qui se contente de voyager et d’approcher la réalité au prisme de lentilles virtuelles. 

Intitulée ‘En mémoire de’, la collection ‘Artisanal’ mettait aussi en vedette une pièce devenue la signature Margiela — un soulier qui, dès 1988, fait partie intégrante de la grammaire Margielesque! Les Tabi Shoes, empreinte reconnaissable entre mille, furent introduite dès la première collection de Martin Margiela. L’inspiration, on la connait: les Tabi Japonaises à bout fendu. Ce que l’on sait moins, c’est l’intention de Margiela. « Je voulais créer une chaussure invisible, l’illusion d’un pied nu marchant sur un talon haut et costaud » déclarait à l’époque Margiela à Brulot, son premier revendeur. Lors de ce premier défilé, Margiela avait ainsi pris soin de tremper ses Tabi dans la peinture rouge, de sorte à ce que les mannequins distillent sur le podium ces drôles d’empreintes de pas. 

Aujourd’hui, John Galiano les perche sur des plateformes. « Les volumes, c’est ça qui fait avancer la mode. C’est de ça qu’il s’agit toujours. Je suis couturier, c’est pour ça que je travaille. Et j’ai donc enquêté, exploré et je nous ai fait faire pas mal d’exercice à l’atelier » soulignait-il dans un podcast transmis à la presse. Et il est vrai que cette collection Couture repousse un peu plus les limites de l’exercice — vêtements décortiqués et superposés, les voici mêlant avec une adresse folle tissus délicats et restes de la vie moderne. Oui, les codes initiés par Margiela font plus que jamais écho à notre époque. Une époque où les vêtements naissent de formes brutes et poétiques! 

 

Doria Arkoun

L’Upcycling Maison Margiela par John Galliano Printemps/Eté 2019

015.jpg

Pour son premier essai Homme Maison Margiela, John Galliano a baptisé sa collection “Artisanal“ — une ligne Printemps/Eté 2019 qui interroge le genre et la masculinité autour de techniques coutures. « Une nouvelle masculinité à travers la féminité et les coupes […] Les lignes directrices des silhouettes sont le tailleur et la coupe dans le biais. C’est ce que je voulais explorer plus profondément pour les hommes » expliquait le directeur artistique de la maison dans un podcast envoyé aux rédactions. 

Et lorsque la technique irréprochable de John Galliano rencontre l’univers Margiela, cela donne vie à une pièce désirable certes, mais surtout figure de proue de l’upcycling. L’une des marques de fabrique de la maison de Martin Margiela consistait en effet à faire la récupération d’objets du quotidien, avant de les transformer en somptueuses pièces de mode! Pour le Printemps/Eté 2019, la pièce phare du défilé est ainsi cette veste de judo fabriquée à partir d’une robe entièrement recyclée; une robe perlée ici coupée dans le biais!  

La complexité des techniques de la haute couture s’efface aussi pour laisser le vêtement sublimer l’homme Margiela; dans une simplicité folle. Transcendant la notion de genre, cette pièce est à l’image de la collection — enracinée dans l’authenticité! Partant de kimonos originaux – certains datant du XVIIIe siècle – John Galliano est parvenu à conjuguer esprit couture et philosophie de la récupération; le tout pour léguer à l’homme d’aujourd’hui une garde-robe plus pertinente, plus puissante. En bref, une garde-robe libérée des contraintes et des normes! 

 

Doria Arkoun 

La Veste Détournée de Margiela pour l’Automne/Hiver 2018/19

mmmargiela-automne-hiver-2018-2019-icon-icon-sebastien-girard.jpeg

À l’heure où s’ouvre à Paris une rétrospective très attendue de l’œuvre de Martin Margiela, le directeur artistique, John Galliano, n’en finit pas d’explorer et de distordre à sa façon les gimmicks iconiques de la maison. Pour la saison Automne/Hiver 2018/19, le génie anglais puise dans le fameux « blanc de Meudon » tant apprécié par Margiela, l’élément trouble d’une veste chinée. Le blanc, code et couleur clé de la maison – du showroom, à l’étiquette-signature à quatre points de couture, au siège social en passant par les blouses portées par l’atelier, le blanc immaculé est partout dans l’œuvre de Martin Margiela.

           Ici, la veste détournée fait aussi écho à l’adoration de la déstructuration – travail ostensiblement inachevé, la pièce vedette du défilé de l’Automne/Hiver 2018/19 met un point d’honneur à célébrer ces fameuses coupes construites-déconstruites. Eloge de l’artisanat et d’une forme de récupération, la veste détournée sert ici de contrepoint à une combinaison jaune à la techno-matière des plus futuristes ! Et là encore, il s’agit de l’équation iconique de la maison.

            Les vêtements Martin Margiela font depuis toujours la part belle à l’intervention humaine – rarement les pièces ne jouent du trompe-l’œil autrement que pour faire réaliser tout de l’acte créatif. Et la veste détournée de l’Automne/Hiver 2018/19 combine avec nombre d’éléments fascinants de la grammaire Maison Margiela. Une pièce-icône, voilà tout.

Retour d’une Icône : Le Sac Saddle Dior Automne/Hiver 2018/19

dior_saddle_fall_winter_2018_2019_icon_icon_sebastien_girard.jpg

C’est lors de la collection prêt-à-porter du Printemps/Eté 2000 que John Galliano, alors directeur artistique de la maison, introduit un nouvel élément du vestiaire Dior. Le sac Saddle est inspiré du profil d’une selle de cheval – et l’objet devient celui du désir lorsqu’il est vu aux bras de Beyoncé et Carrie Bradshow dans Sex and the City. Immédiatement, la pièce devient iconique. Pour l’Automne/Hiver 2018/19, Maria Grazia Chiuri réintroduit ainsi le Saddle autour de deux formats tout en cuir. Ici réinterprété dans un format plus petit et porté en bandoulière dans le dos, le Saddle gagne en pertinence lorsqu’il s’accoquine du mythique logo Dior en noir et blanc…

Ainsi coupé dans une toile oblique ou orné de neuf pièces de broderies, toutes finement perlées, entièrement réalisées à la main dans des teintes vives et contrastées, le sac Saddle version Automne/Hiver 2018/19 promet de faire des émules… Porté du bout des doigts ou glissé sous le bras, le Saddle est en effet la pièce idéale pour les femmes d’aujourd’hui – actives et loin de vouloir s’embarrasser, voici une nouvelle façon d’étoffer le propos féministe de la maison Dior.

Touche ultime d’une sophistication toute engagée, les nouvelles versions du sac Saddle référencent ainsi les éléments clés du vestiaire de Mai 68 – une révolution culturelle, politique et sociale qui a su mettre en avant la broderie, le point de croix et surtout l’artisanat. Et là encore, l’objet du désir de l’Automne/Hiver 2018/19 parvient à honorer l’héritage de la mode, tout en célébrant celui de la maison du 30 de l’Avenue Montaigne.

Le Déshabillé Décortiqué de Maison Margiela Haute Couture 2018

deshabille-decortique-margiela-icon-icon-sebastien-girard.jpg

            Cette année, la collection Artisanal Maison Margiela était un brin spéciale. John Galliano a en effet injecté une bonne dose de futurisme dans une ligne qui joue avec les matières, Instagram et les flashs des appareils photos. L’idée est aussi simple que géniale : des tissus holographiques et des jeux de superposition savamment maîtrisés s’animent au contact d’un flash. L’audience ainsi invitée à l’utiliser plus que d’ordinaire ne pouvait découvrir qu’à travers l’écran de son téléphone l’impact du flash sur les créations qui défilaient devant elle. Ces robes furent ainsi transformées ; et John Galliano, lui, explorait un peu plus sa notion de glamour à la hâte. Son ambition était celle de « geler le glamour de l’accidentel, le moment magique » a-t-il précisé.

            Côté silhouette, on retient tout particulièrement l’association convaincante entre la tradition de la couture et la signature Margiela quant à l’innovation des matières. Concrètement, cela s’incarne dans cette toilette composée comme un déshabillé décortiqué mêlant tulle bleu marine et corset en plexi couleur vert acide. Galliano a ainsi joué des tissus qui ne sont pas communément associés à la Haute Couture.

            La note d’intention du défilé était limpide : « Lorsque les lignes entre les vêtements de jour et les vêtements de soirée sont floues, le glamour décontracté devient le code vestimentaire essentiel de notre vie quotidienne. » Et cette silhouette numéro 20 illustre parfaitement le propos. Un croisement entre les genres, les teintes et les lignes qui sied bien à la mondaine d’aujourd’hui. Un déshabillé décortiqué comme une ode au futur ; un délice pour l’œil et pour la mode.

 

Le Gant Manche Martin Margiela Automne-Hiver 2015-2016

mm6-maison-margiela-023-1366.jpg

Tout droit sortie de l’univers rétro-futuriste des années 90, la collection Automne-Hiver 2015-2016 de la ligne MM6 relève d’une expérience chimique très compliquée. Tout au long du défilé l’on découvre en effet des pièces très techniques mais néanmoins poétiques. En concentrant l’ADN de cette collection autour de la notion de survie, la ligne MM6 Martin Margiela ne pouvait mieux sied son temps et l’engagement de son fondateur. Ainsi, le concept de survie relève tantôt de la réutilisation de matériaux récupérés tels que la bâche de camion ou le caoutchouc recyclé, tantôt de la recherche d’effets montrant le passage du temps, comme les éclaboussures de peinture sur les uniformes de travail.

Le résultat vient ainsi à concilier deux mouvements : le conceptualisme Margiela et le classicisme des pièces, à l’instar du gant d’opéra. Le gant manche MM6 a cela de l’exécution parfaite : en cuir noir, remontant le long du bras, il incarne parfaitement l’idée des textures abritantes. Mieux, sa forme rigoureuse touche à l’hybridation, fusion réussie d’une mode qui réinvente le genre.

Le Gant Manche Martin Margiela Automne-Hiver 2015-2016

mm6-maison-margiela-023-1366.jpg

Tout droit sortie de l’univers rétro-futuriste des années 90, la collection Automne-Hiver 2015-2016 de la ligne MM6 relève d’une expérience chimique très compliquée. Tout au long du défilé l’on découvre en effet des pièces très techniques mais néanmoins poétiques. En concentrant l’ADN de cette collection autour de la notion de survie, la ligne MM6 Martin Margiela ne pouvait mieux sied son temps et l’engagement de son fondateur. Ainsi, le concept de survie relève tantôt de la réutilisation de matériaux récupérés tels que la bâche de camion ou le caoutchouc recyclé, tantôt de la recherche d’effets montrant le passage du temps, comme les éclaboussures de peinture sur les uniformes de travail.

Le résultat vient ainsi à concilier deux mouvements : le conceptualisme Margiela et le classicisme des pièces, à l’instar du gant d’opéra. Le gant manche MM6 a cela de l’exécution parfaite : en cuir noir, remontant le long du bras, il incarne parfaitement l’idée des textures abritantes. Mieux, sa forme rigoureuse touche à l’hybridation, fusion réussie d’une mode qui réinvente le genre.