Le Sac Le Plus Désiré Au Monde, Le Kelly Hermès

Le Kelly Hermès, c’est ce sac simple et impeccable, devenu iconique au bras de la Princesse Grace Kelly.

L’Histoire Du Kelly Hermès

1892. Robert Dumas-Hermès imagine, à partir d’une sacoche de cavalier, le sac Haut à Courroies, ancêtre le plus célèbre des sacs à main pour dames. Réalisé à des fins purement pratiques, l’homme le destine à une utilisation fonctionnelle.

Son but: transporter les bottes et la selle des cavaliers. Prévu à cet effet donc, le sac possède une esthétique simple, épurée et architecturée. Une forme trapézoïdale ne comportant qu’une fermeture à deux courroies, et un petit fermoir-cadenas.

1935, la maison Hermès décide d’en faire une version absolument féminine, et résolument plus urbaine. L’idée est là encore de s’adapter aux besoins de l’époque. Pour les dames donc, Hermès imagine un sac de voyage. Pour cela, le premier sac  à courroies prend une dimension plus petite.

Pour le confectionner, un seul et unique ouvrier façonne chacun sac, tout au long des étapes de sa réalisation.

1956: le sac devient célèbre. Comment? Aux côtés de son époux le Prince Rainier III de Monaco, Grace Kelly, princesse de Monaco, est photographiée lors d’une descente d’avion devenue mythique.

La photo finit en couverture du magazine Life. On y voit la princesse plaquer sur son ventre à peine arrondi ce sac à dépêches… Elle y dissimule en fait un début de grossesse. Pas encore officielle. Un ventre arrondi de Princesse future maman occulté derrière un sac… Il n’en faut pas plus pour créer l’évènement.

Et Hermès, marque familiale discrète et majestueuse, semble en certifier le raffinement.

Le Premier It-Bag De l’Histoire?

En 1977, le sellier rebaptise le sac de voyage du nom de la princesse. Les frères Dumas-Hermès le nomment le « Kelly ».

S’il était rigide à ses débuts, il adopte bien vite un aspect plus casual avec l’arrivée d’un cuir très souple – le veau Gulliver. Cousu à l’envers et retourné comme un gant, c’est une nouvelle allure, plus moderne et décontractée, qui accompagne dès lors les femmes.

Un Kelly Hermès, c’est une mode classique, noble et généreuse, à l’image de la princesse.

Aujourd’hui, le sac se taille dans les matières les plus luxueuses… En autruche ou en crocodile, le cuir n’en reste pas moins la matière de prédilection.

Maintes couleurs et une vingtaine de matières… Huit tailles, lesquelles varient de 15 à 50 cm de largeur. Évoluant en même temps que des générations de femmes, il les accompagne à toute heure et dans toute les situations.

Version sport ou version ville, son habillage du soir, avec cadenas à bijoux en or et diamants… Il est l’emblème d’un luxe à la Française. Versatile et absolument parfait.

En 2004, pour son premier défilé réalisé pour la maison du 24 Rue du Faubourg Saint-Honoré, Jean Paul Gaultier le revisite pour la première fois. C’est que le sellier s’attache à faire des objets qui traversent le temps en fonction des besoins, et non des objets de musée.

Le résultat de cette première conversion par Jean Paul Gaultier? Le Shoulder Kelly, tout en longueur, à porter sous le bras. Une icône de la mode qui, en version classique ou plus contemporaine, constitue assurément le sac ultime.

Posséder un Kelly, c’est posséder un mythe. C’est tenir la beauté fraîche et l’élégance distinguée par la main. C’est posséder un bout de la grâce de la Princesse qui lui donna son nom.

L’Histoire Du Carré Hermès

Le Carré Hermès est bien plus qu’un foulard — il est un graal que l’on se passe de génération en génération. Versatile, coloré et éminemment luxueux.

L’Origine du Carré Hermès

C’est en s’inspirant des mouchoirs à la gloire de Napoléon, mais aussi des mouchoirs d’instruction portés par les soldats pendant la Première Guerre mondiale que Robert Dumas donne vie à l’une des pièces les plus iconiques de l’histoire de la mode…

Seulement lui y injecte l’esthétique du monde équestre — chère depuis toujours à la maison Hermès. Robert Dumas parvient ainsi à couper son carré dans la même matière que celle des casaques de jockeys, le twill de soie.

Prenant ainsi la première direction artistique du carré – titre depuis transmis de père en fils – Robert Dumas dessine le tout premier carré de l’histoire. Intitulé Jeu des Omnibus et Dames Blanches, la pièce s’inspire en fait d’un thème particulier pour l’époque… celui du transport en commun Parisien, alors émergeant.

Mais la puissance d’Hermès se niche dans les détails. Robert Dumas prend en fait le soin d’y ajouter une pointe d’humour avec cette amusante inscription « Un bon joueur ne se fâche jamais. » La légèreté du carré rompt ainsi avec l’austérité de l’époque.

L’Esprit Du Carré Hermès

Son esprit bohème et fantaisiste séduit instantanément la clientèle, qui s’en empare avec enthousiasme. Cette malice devient par la suite la signature même d’Hermès – les thèmes apposés sur les carrés sont variés, allant du monde équestre, en passant par des hommages à l’Histoire Française, l’amour, les voyages ainsi que les éternels codes de la maison.

Mais le succès du carré repose aussi et surtout sur le savoir-faire exceptionnel de sa fabrication. C’est à Lyon, berceau de la soierie Française, que sont reproduit les mêmes gestes, et ce, depuis l’impression du premier carré en 1937.

Ces techniques précieusement transmises aux nouvelles générations par les artisans font qu’ils se définissent eux-mêmes comme des « passeurs ». Certains de ces savoirs sont uniques au monde; exclusivement détenus par la maison Hermès… Le fameux sabrage de la soie par exemple, dont seules trois personnes connaissent le secret.

Entre la conception du dessin et la finalisation du carré par son roulotté à la française, il faut deux ans aux ateliers… En moyenne, près de 27 couleurs sont présentes sur un seul carré — une véritable prouesse d’impression ! Et c’est ainsi que le carré Hermès se fait porteur de narration une fois déplié. Mais une fois noué, dans les cheveux, sur un sac ou au cou d’un toutou, le carré compose un véritable chatoiement de couleurs !

Le Hermès Carré Club

Aujourd’hui, avec environ deux mille dessins, le carré est le témoin inestimable des évolutions artistiques de ces dernières années. Jackson Pollock, Daniel Buren… ils sont nombreux à avoir paré le carré de leur imaginaire

Le plus célèbre de ces dessins est peut être celui d’Hugo Grykar, Brides de Gala. Et parce qu’il ne faut pas se murer dans son intemporalité, le carré innove sans cesse — toujours disponible dans de nouveaux coloris et de nouvelles matières.

Chaque année, en plus des nouveaux dessins, cinq anciens dessins sont réédités dans des couleurs différentes. En 2017, pour son 180e anniversaire, le carré rend par exemple hommage à la Russie impériale… Elle qui a d’ailleurs joué un rôle majeur dans l’histoire du sellier.

Ornement royal autour de la chevelure de la Reine Elizabeth II, pièce de prêt-à-porter pour Jean Paul Gaultier, souvenir ému de la France pour le voyageur, porteur de patrimoine pour d’autres, illuminateur d’humeur pour certains… De génération en génération, le carré Hermès a su marquer les esprits et séduire toute une diversité d’adeptes.

Et les nouvelles technologies ne font que souligner la versatilité du Carré. En 2019, l’exposition ‘Hermès Carré Club’ embarquait ainsi les spectateurs du Carreau du Temple dans une virée immersive au coeur même de son procédé de fabrication… C’est Pierre-Alexis Dumas résume parfaitement l’audace qui sied aux instigateurs du Carré : « Ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait. »

Le Carré de Hermès en quelques dates

2018 : Hermès lance un projet spécial pour une édition limitée du Carré avec l’artiste Hiroshi Sugimoto.

2017 : Création du Carré « Fleurs et papillons de tissus », dessiné par Christine Henry, en hommage à l’amitié entre la maison Hermès et le musée des tissus de Lyon.

2017 : Le Carré de Hermès se décline au masculin.

2016 : Une édition limitée du Carré est créée avec l’artiste Rei Kawakubo.

2015 : Blake LivelyCharlotte de Monaco et Kate Middleton sont photographiées en portant le Carré de Hermès.

2015 : Naissance du carré Caducée Rock, imaginé par le japonais Daisuke Nomura.

2014 : Il est temps d’un court-métrage dédié au Carré et signé par l’artiste visuelle Olivia Bee.

2014 : Hermès lance une collection capsule révérant l’art ancestral de la teinture à l’indigo naturel.

2013 : Hermès lance le projet pour une édition limitée avec l’Institut Imagine.

2013 : Pour la 13ème édition de ses timbres en forme de cœur, La Poste fait appel à la maison Hermès et à son iconique Carré pour fêter la Saint Valentin.

2013 : Collaboration avec Hiroshi Sugimoto.

2012 – 2013 : Hermès lance l’emblématique campagne publicitaire pour la collection Automne/Hiver ou les modèles sont photographiées avec des Carrés comme des ailes d’un papillon.

2012 : Le Carré «habille» le parfum 24, Faubourg d’Hermès.

2012 : Hermès présente une édition limitée vendue à des fins caritatives.

2012 : Le dessinateur Kiraz signe un carré à la gloire des Parisiennes.

2012 : Pour la collection Printemps/Eté, Hermès lance une nouvelle campagne aux tons orangés avec la mannequin Coco Rocha.

2011 : Collaboration avec le pape de l’art cinétique et optique Julio Le Parc, avec un véritable hymne à la couleur.

2011 : Hermès lance une collection capsule du Carré en collaboration avec l’artiste de rue Kongo.

2010 : Ouverture d’un site totalement dédié à une nouvelle collection exclusive du Carré en twill de soie « J’aime mon Carré ».

2010 : Hermès réalise pour Colette une collection en édition limitée du modèle culte « Brides de gala ».

2010 Collaboration avec Daniel Buren un des grands noms de l’art contemporain.

2010 : Le Carré est protagoniste dans la grande exposition dédiée à Grace Kelly au musée Victoria and Albert de Londres.

2008 : Projet Hermès éditeur : début des collaborations avec des artistes de renommée internationale pour repenser le carré de soie Hermès.

2008 : Le Musée des Tissus et des Arts décoratifs de Lyon consacre une  exposition temporaire pour ce foulard mythique.

2008 : Collaboration entre Hermès et Josef Albers.

2007 : Pour fêter ses 70 ans le Carré Hermès sort dans de nouvelles dimensions : 70*70 cm.

2007 : Cyrille Diatkine fut convié à livrer son interprétation personnelle du premier modèle du carré de soie à l’occasion du 70ème anniversaire.

2006 : Dans Le Diable s’habille en Prada de David Frankel, Meryl Streep achète des Carrés par dizaines.

Années 2000 : Encouragé par Christophe Goineau (directeur de la soie masculine), la maison Hermès se lance dans les Carrés au masculin.

2003 : La créatrice de mode Bali Barret arrive chez Hermès et prend la direction artistique du Carré. Elle conçoit une nouvelle collection et révolutionna le Carré tant au niveau des dimensions que des motifs.

2003 : Catherine Deneuve porte le Carré sur les écrans avec la série à succès Les Liaisons Dangereuses.

2000 : Apparition du Twilly.

1997 : Dans le film Le Mariage de mon Meilleur Ami de P.J Hogan, Cameron Diaz embourgeoise le carré Hermès.

1995 : Luciano Pavarotti est photographié en portant un Carré Hermès pendant un spectacle en Modena quand il parle à Lady Diana.

1986 : La reine Elizabeth II d’Angleterre est une grande admiratrice du Carré. Dans plusieurs occasions, elle est photographiée en portant le Carré Hermès. Cette fois c’est le tour d’une photo officielle pour des timbres qui célèbrent son soixantième anniversaire.

1972 : Jackie O a été vue avec le modèle « Astrologique ».

1961 : Audrey Hepburn apparait vêtu d’un Carré de soie noué sur la tête dans le film Diamant sur Canapé.

1960 : Brigitte Bardot crée l’hystérie en nouant son foulard juste sous le menton.

1957 : Hugo Grygkar imagine le Carré le plus célèbre au monde baptisé « Brides de Gala ».

1957 : Sophia Loren porte le carré “Brides de Gala”.

1956 : Grace Kelly, accompagné de son caniche Oliver, porte le fameux foulard Hermès.

1956 : Grace Kelly transforme le foulard Hermès en élégante prothèse pour soutenir son bras cassé.

1948 : Le Carré est porté par Sophie Desmarets, dans Croisière pour l’inconnu de Pierre Montazel.

1937 : Création du premier Carré de soie par Roger Dumas imaginé par la styliste Lola Prusac « Jeu d’Omnibus et de dames blanches ».

1937 : Début de la soie chez Hermès.

Jean Paul Gaultier Dit Au Revoir A La Couture

Le couturier le plus populaire de son temps ferme avec un défilé hautement inspiré près de 50 années de carrière dans la mode — une mode aux antipodes des us et coutumes du milieu.

La Dernière Collection Jean Paul Gaultier 2020

Pour sa dernière collection, Jean Paul Gaultier a une nouvelle fois fait tout différemment. Il est de coutume de réduire son défilé à l’essentiel — élaguer, encore et toujours, jusqu’à ne garder qu’une soixantaine de silhouettes. Maximum. Il a pourtant essayé de réduire, mais non: Jean Paul Gaultier n’a décidément rien fait comme les autres !

A l’heure où défilait son ultime collection Haute Couture, les thèmes initiés par Jean Paul Gaultier au cours de ses 50 années d’exercice virtuose, sont désormais les faits d’arme d’une génération entière. L’abolition des frontières du genre, le recyclage ou upcycling, une mode durable, inclusive, sans base ni sommet… Tout cela fut travaillé, stylisé et hautement déridé entre les doigts géniaux de Jean Paul Gaultier. D’ailleurs, n’est-pas auprès de lui que ce sont formés les Martin Margiela, Dries Van Noten, Nicolas Ghesquière, Isabel Marant, Christian Louboutin et Viktor&Rolf, pour ne citer qu’eux?

Sur le podium niché au coeur du Théâtre du Châtelet, c’est donc la grammaire Gaultier qui a une nouvelle fois éblouie, surpris, détonnée, enchantée, a fait se tordre de rire ou de larmes une assistance haute en couleurs. A l’instar de sa collection Haute Couture 2020, toute la mode Jean Paul Gautier est une ode à l’indivdualisme, fort et fier de sa différence. Et les vêtements alors?

Les Vêtements Jean Paul Gaultier

Tous les vêtements ayant fait la gloire et la réputation de sa maison étaient ravivés d’une haute dose de désirabilité. De l’up-cycling donc, Jean Paul Gaultier donnait une véritable leçon — cravates, gants et surtout le denim, sa matière de prédilection, servaient ici l’élaboration de ces pièces de haute voltige. On est roi de la couture, ou on ne l’est pas. Et on ne finit pas par habiller Madonna de son mythique corset conique pour rien.

Tout devient entre les mains de Gaultier le tissu idéal aux volumes imposants, finissant par faire des pièces grandiloquentes ! Il n’y a qu’à voir son interprétation Couture 2020 de la marinière. Portée par Gigi Hadid, elle distille toute l’espièglerie tintée d’érotisme propre à Jean Paul Gaultier.

Suivent ainsi le tailoring gender-fluid. Les trompe-l’oeil. Les inspirations Russes et punk. L’ode au piercing et aux vamps ! Boy George pour le grand final, ce défilé était une ode à la joie de vivre.

« Un joyeux bordel » des mots même du couturier qui ajoute dans le communiqué presse… « Rassurez-vous, la maison de Couture Gaultier Paris continue, avec un nouveau projet dont je suis l’instigateur et qui vous sera révélé prochainement. » Longue vie à l’espièglerie à la Gaultier !

Le Tailleur-Ballet Jean Paul Gaultier pour la Haute Couture 2018

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Cette collection Haute Couture Printemps/Eté 2018 fut l’occasion pour Jean Paul Gaultier de rendre hommage à celui qui l’a fait débuter dans la mode. Pierre Cardin et son immense création étaient en effet au cœur de cette collection – mêlant célébration des années 60, optique et l’ère Space Age de Cardin, les pièces mettaient en vedette le jeu sans fin qu’est l’exercice de la mode. En même temps que Jean Paul Gautier distillait çà et là les inspirations qui l’ont conduit à être, selon Pierre Cardin, son digne successeur, le plus drôle couturier revisite une nouvelle fois les pièces iconiques de son répertoire.

             Ingénieusement taillé, le tailleur-ballet réintroduisait la gimmick Gaultier qui brouille le genre masculin-féminin avec toujours autant de malice. Très graphique et piquée de quelques torsades de tissus, la pièce est un superbe ensemble veste et pantalon de smoking. Mais c’est pour une héroïne au chic jamais austère qu’elle se destine. Savamment déstructurée ; voici comment une pièce typique du vestiaire masculin prend des allures de vêtement de ballet.

            Et Jean Paul Gaultier est connu pour réinterpréter sans fin cette pièce légendaire. La couture, pour lui est un jeu infini où le passé ressurgit avec une espièglerie certaine. « C’est mon début. Pourquoi ne pas revenir à cette période drôle des années 1960 ? » déclare-t-il après le spectacle. Et il est vrai que la fraîcheur de ses créations interroge le climat actuel des collections.

 

La Robe Fourreau Jean-Paul Gaultier Haute Couture 2017

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Cheveux tressés, parsemés d’épis de blé – les Belles de Jean Paul Gaultier ont cela de libéré qu’elles ne veulent appartenir à aucun des codes guindés. Sur des sandales à plateformes aux couleurs vives, et du fard vert, jaune ou rouge sur les yeux, des fichus soyeux glissés dans les cheveux, les voici glissées dans d’élégantes tenues, tantôt surréelles tantôt inspirées des îles tantôt proche de collections passées – mais ici peut être un brin moins exaltées. Les classiques de Jean Paul Gaultier sont bel et bien là : la marinière se métamorphose en une blouse paysanne à dentelles des plus désirables.

Des extravagances empreintes de fougue et de liberté, maîtres-mots de la maison Gaultier, certes, mais la pièce maîtresse demeure cette robe fourreau qui, dans un rose tendre, reprend doucement les seins iconiques de la griffe. La femme Gaultier joue ainsi des codes pour trouver et exprimer une liberté certaine. Une liberté qu’elle chérit lorsqu’elle s’enveloppe volontiers de drapés tour à tour color-block ou irisés, voire parfois imprimées de coquelicots et de tournesols, qu’elle surmonte de fougue ! Tout l’univers Gaultier en somme.

Et Le Corset Conique Devint Iconique, Par Jean-Paul Gaultier

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Jean-Paul Gaultier, c’est avant ce garçon de Bagneux qui porte un regard généreux et visionnaire sur époque. Puis Jean-Paul devint Gaultier : un talentueux technicien de la coupe, un audacieux coloriste, capable de concevoir des pièces aussi insolentes que désirables. Il a crée ses classiques en partant d’un répertoire d’insolence. A travers ses personnages – gueules d’amour ou rastas – il fut l’un des rares à réifier l’esprit d’une France cosmopolite. « Ma grand-mère m’a raconté des tas d’histoires sur les corsets. Par exemple, comment, au début du siècle, les femmes retenaient leur souffle au moment du serrage en buvant du vinaigre. » Petit donc, il est déjà fasciné par le charme désuet du corset. Et c’est à l’hiver 1984, dans une collection baptisée Barbés, qu’apparaît son premier soutien-gorge conique. Une pièce comme un hommage, plutôt comme une référence à l’imaginaire de son enfance. Lorsqu’il dessine l’objet, peut-être Jean-Paul Gaultier se rappelle-t-il également de la poitrine en cônes de carton dont il avait doté son ours en peluche, Nana. Mais à ne pas s’y méprendre, Jean-Paul Gaultier révère la mode et, avec elle, son histoire : ce premier soutien-gorge conique fait aussi référence à la collection africaine d’Yves Saint Laurent, en 1967, où les seins coniques de certaines silhouettes se référaient à l’art Bambara. Puis vint Madonna.
Un soir, Jean-Paul Gaultier voit Madonna chanter Holiday sur le plateau de Top of the Pops en 1983 : c’est la révélation. La material girl devient la muse du couturier qui dès lors rêve d’habiller son idole. Sept ans plus tard, le fantasme devient réalité. En fait, le caractère iconique de ce modèle n’a pas échappé à Madonna, qui déjà le repère en 1984. 1990, la Madone ambitionne un gigantesque Blond Ambition Tour. Et cette même année justement, la Reine de la Pop fait tout naturellement appel à lui pour concevoir les costumes de sa tournée mondiale : alors elle lui commande une tenue de scène avec une poitrine identique. Erotiques et ésotériques, l’un se complète dans l’autre, l’autre se projette dans l’un. « J’adore Madonna. C’est la seule femme que j’ai demandée en mariage. Elle a dit non, bien sûr, mais à chaque fois qu’elle me demande de travailler sur ses spectacles, je ne peux lui refuser » d’ailleurs, Gaultier s’amuse toujours de l’anecdote. Dans le corset servant d’écrin pour seins-obus, le couturier y projette une féminité rincée d’une agressivité pleine d’humour. Quand le velours évoque le monde de la couture, la poitrine conique, elle, se charge du glamour des années 1950 poussé à un degré absurde et réjouissant. Les courbes sont soulignées, le dessous surpasse le dessus et, dans une séduction sophistiquée, les attributs féminins s’arrachent des carcans de l’esthétique bourgeoise. Dans ses corsets culottés, la femme se libère ; sensuelle, cool et sexy, là voilà qui se mut en une amazone dominatrice. Un effet provoquant assuré. C’est sans doute ce savant mélange de rétro et de contemporain qui en a fait la pièce iconique qu’il est aujourd’hui. Une silhouette reconnaissable entre toutes, devenue, sans cliché, l’emblème d’une époque.

Et le Corset Conique Devint Iconique, par Jean-Paul Gaultier

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Jean-Paul Gaultier, c’est avant ce garçon de Bagneux qui porte un regard généreux et visionnaire sur époque. Puis Jean-Paul devint Gaultier : un talentueux technicien de la coupe, un audacieux coloriste, capable de concevoir des pièces aussi insolentes que désirables. Il a crée ses classiques en partant d’un répertoire d’insolence. A travers ses personnages – gueules d’amour ou rastas – il fut l’un des rares à réifier l’esprit d’une France cosmopolite. « Ma grand-mère m’a raconté des tas d’histoires sur les corsets. Par exemple, comment, au début du siècle, les femmes retenaient leur souffle au moment du serrage en buvant du vinaigre. » Petit donc, il est déjà fasciné par le charme désuet du corset. Et c’est à l’hiver 1984, dans une collection baptisée Barbés, qu’apparaît son premier soutien-gorge conique. Une pièce comme un hommage, plutôt comme une référence à l’imaginaire de son enfance. Lorsqu’il dessine l’objet, peut-être Jean-Paul Gaultier se rappelle-t-il également de la poitrine en cônes de carton dont il avait doté son ours en peluche, Nana. Mais à ne pas s’y méprendre, Jean-Paul Gaultier révère la mode et, avec elle, son histoire : ce premier soutien-gorge conique fait aussi référence à la collection africaine d’Yves Saint Laurent, en 1967, où les seins coniques de certaines silhouettes se référaient à l’art Bambara. Puis vint Madonna.
Un soir, Jean-Paul Gaultier voit Madonna chanter Holiday sur le plateau de Top of the Pops en 1983 : c’est la révélation. La material girl devient la muse du couturier qui dès lors rêve d’habiller son idole. Sept ans plus tard, le fantasme devient réalité. En fait, le caractère iconique de ce modèle n’a pas échappé à Madonna, qui déjà le repère en 1984. 1990, la Madone ambitionne un gigantesque Blond Ambition Tour. Et cette même année justement, la Reine de la Pop fait tout naturellement appel à lui pour concevoir les costumes de sa tournée mondiale : alors elle lui commande une tenue de scène avec une poitrine identique. Erotiques et ésotériques, l’un se complète dans l’autre, l’autre se projette dans l’un. « J’adore Madonna. C’est la seule femme que j’ai demandée en mariage. Elle a dit non, bien sûr, mais à chaque fois qu’elle me demande de travailler sur ses spectacles, je ne peux lui refuser » d’ailleurs, Gaultier s’amuse toujours de l’anecdote. Dans le corset servant d’écrin pour seins-obus, le couturier y projette une féminité rincée d’une agressivité pleine d’humour. Quand le velours évoque le monde de la couture, la poitrine conique, elle, se charge du glamour des années 1950 poussé à un degré absurde et réjouissant. Les courbes sont soulignées, le dessous surpasse le dessus et, dans une séduction sophistiquée, les attributs féminins s’arrachent des carcans de l’esthétique bourgeoise. Dans ses corsets culottés, la femme se libère ; sensuelle, cool et sexy, là voilà qui se mut en une amazone dominatrice. Un effet provoquant assuré. C’est sans doute ce savant mélange de rétro et de contemporain qui en a fait la pièce iconique qu’il est aujourd’hui. Une silhouette reconnaissable entre toutes, devenue, sans cliché, l’emblème d’une époque.

La Tour Eiffel : Une Icône Inimitable

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C’est à l’occasion de l’Exposition Universelle de 1889 qu’un grand concours est lancé dans le Journal officiel. Cette année-là marque le centenaire de la Révolution française. Le pari : « Étudier la possibilité d’élever sur le Champ-de-Mars une tour de fer, à base carrée, de 125 mètres de côté et de 300 mètres de hauteur », destinée à être le « clou de l’Exposition de 1889 se tenant à Paris. » 1887 : Gustave Eiffel et ses collaborateurs sont choisis pour relever le défi : débutent alors les travaux de celle que l’on nomma initialement la « tour de 300 mètres ». En deux ans, deux mois et cinq jours, voilà que se plante sur cette place de la rive gauche le symbole du progrès à la Française ; un « A » pour incarner l’immensité babylonienne de la ville lumière. Un symbole de Paris et de la France qui rencontre un succès que personne n’aurait imaginé au moment de sa construction en 1889 tant les critiques se faisaient véhémentes. Comme beaucoup d’artistes, Guy de Maupassant s’opposa à sa construction. Après son ouverture, on raconte qu’il déjeunait souvent dans l’un des restaurants du premier étage. Et un jour qu’un journaliste l’interrogeait sur ce revirement, l’écrivain eut cette formule légendaire : « c’est le seul endroit de la ville où je ne la vois pas. » Pourtant, si à ses débuts la Tour était une attraction, elle devient dans les années 1920 une allégorie de modernité et d’avant-garde. Petit à petit, son image a été associée à Paris jusqu’à en devenir un totem national. Puis, par un juste retour des choses, la muse de fer et ses fameux rivets se sont mis à inspirer poètes, peintres, chanteurs, cinéastes et photographes, couturiers et créateurs.

Un totem architectural devenu légendaire ; incontournable quand il s’agit d’évoquer le chic parisien. C’est aux créateurs et aux artistes que l’on doit ce tour de passe-passe qui, d’objet-souvenir, a fait de la tour Eiffel un objet élégant, décalé et ludique à même de se métamorphoser. De la maison Vuitton en passant par Chanel, Hermès et Dior, les grandes maisons de mode ont su s’en inspirer pour créer une esthétique à part entière. Sur les atours, les chaussures ou plus largement dans les campagnes publicitaires, la Dame de fer transpose à elle seule toute l’émotion de Paris. Et, lorsqu’elle apparaît dans l’imaginaire d’un couturier qui cherche son inspiration depuis le pavé parisien jusqu’à l’univers de la science-fiction, le résultat ne peut qu’agiter la sensibilité. Pour son défilé automne-hiver 2011, Jean-Paul Gaultier s’est ainsi amusé à orner des bas résilles d’un motif Eiffel. Mieux, en 2004, il signe pour Yvette Horner une robe Tour Eiffel. Et, comment ne pas citer la Parisienne, ce jus d’Yves Saint Laurent lui-même décalqué de l’aura d’un Paris endolori à l’aube – tout un symbole.