Jean Paul Gaultier Dit Au Revoir A La Couture

Le couturier le plus populaire de son temps ferme avec un défilé hautement inspiré près de 50 années de carrière dans la mode — une mode aux antipodes des us et coutumes du milieu.

La Dernière Collection Jean Paul Gaultier 2020

Pour sa dernière collection, Jean Paul Gaultier a une nouvelle fois fait tout différemment. Il est de coutume de réduire son défilé à l’essentiel — élaguer, encore et toujours, jusqu’à ne garder qu’une soixantaine de silhouettes. Maximum. Il a pourtant essayé de réduire, mais non: Jean Paul Gaultier n’a décidément rien fait comme les autres !

A l’heure où défilait son ultime collection Haute Couture, les thèmes initiés par Jean Paul Gaultier au cours de ses 50 années d’exercice virtuose, sont désormais les faits d’arme d’une génération entière. L’abolition des frontières du genre, le recyclage ou upcycling, une mode durable, inclusive, sans base ni sommet… Tout cela fut travaillé, stylisé et hautement déridé entre les doigts géniaux de Jean Paul Gaultier. D’ailleurs, n’est-pas auprès de lui que ce sont formés les Martin Margiela, Dries Van Noten, Nicolas Ghesquière, Isabel Marant, Christian Louboutin et Viktor&Rolf, pour ne citer qu’eux?

Sur le podium niché au coeur du Théâtre du Châtelet, c’est donc la grammaire Gaultier qui a une nouvelle fois éblouie, surpris, détonnée, enchantée, a fait se tordre de rire ou de larmes une assistance haute en couleurs. A l’instar de sa collection Haute Couture 2020, toute la mode Jean Paul Gautier est une ode à l’indivdualisme, fort et fier de sa différence. Et les vêtements alors?

Les Vêtements Jean Paul Gaultier

Tous les vêtements ayant fait la gloire et la réputation de sa maison étaient ravivés d’une haute dose de désirabilité. De l’up-cycling donc, Jean Paul Gaultier donnait une véritable leçon — cravates, gants et surtout le denim, sa matière de prédilection, servaient ici l’élaboration de ces pièces de haute voltige. On est roi de la couture, ou on ne l’est pas. Et on ne finit pas par habiller Madonna de son mythique corset conique pour rien.

Tout devient entre les mains de Gaultier le tissu idéal aux volumes imposants, finissant par faire des pièces grandiloquentes ! Il n’y a qu’à voir son interprétation Couture 2020 de la marinière. Portée par Gigi Hadid, elle distille toute l’espièglerie tintée d’érotisme propre à Jean Paul Gaultier.

Suivent ainsi le tailoring gender-fluid. Les trompe-l’oeil. Les inspirations Russes et punk. L’ode au piercing et aux vamps ! Boy George pour le grand final, ce défilé était une ode à la joie de vivre.

« Un joyeux bordel » des mots même du couturier qui ajoute dans le communiqué presse… « Rassurez-vous, la maison de Couture Gaultier Paris continue, avec un nouveau projet dont je suis l’instigateur et qui vous sera révélé prochainement. » Longue vie à l’espièglerie à la Gaultier !

Le Tailleur-Ballet Jean Paul Gaultier pour la Haute Couture 2018

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Cette collection Haute Couture Printemps/Eté 2018 fut l’occasion pour Jean Paul Gaultier de rendre hommage à celui qui l’a fait débuter dans la mode. Pierre Cardin et son immense création étaient en effet au cœur de cette collection – mêlant célébration des années 60, optique et l’ère Space Age de Cardin, les pièces mettaient en vedette le jeu sans fin qu’est l’exercice de la mode. En même temps que Jean Paul Gautier distillait çà et là les inspirations qui l’ont conduit à être, selon Pierre Cardin, son digne successeur, le plus drôle couturier revisite une nouvelle fois les pièces iconiques de son répertoire.

             Ingénieusement taillé, le tailleur-ballet réintroduisait la gimmick Gaultier qui brouille le genre masculin-féminin avec toujours autant de malice. Très graphique et piquée de quelques torsades de tissus, la pièce est un superbe ensemble veste et pantalon de smoking. Mais c’est pour une héroïne au chic jamais austère qu’elle se destine. Savamment déstructurée ; voici comment une pièce typique du vestiaire masculin prend des allures de vêtement de ballet.

            Et Jean Paul Gaultier est connu pour réinterpréter sans fin cette pièce légendaire. La couture, pour lui est un jeu infini où le passé ressurgit avec une espièglerie certaine. « C’est mon début. Pourquoi ne pas revenir à cette période drôle des années 1960 ? » déclare-t-il après le spectacle. Et il est vrai que la fraîcheur de ses créations interroge le climat actuel des collections.

 

La Robe Fourreau Jean-Paul Gaultier Haute Couture 2017

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Cheveux tressés, parsemés d’épis de blé – les Belles de Jean Paul Gaultier ont cela de libéré qu’elles ne veulent appartenir à aucun des codes guindés. Sur des sandales à plateformes aux couleurs vives, et du fard vert, jaune ou rouge sur les yeux, des fichus soyeux glissés dans les cheveux, les voici glissées dans d’élégantes tenues, tantôt surréelles tantôt inspirées des îles tantôt proche de collections passées – mais ici peut être un brin moins exaltées. Les classiques de Jean Paul Gaultier sont bel et bien là : la marinière se métamorphose en une blouse paysanne à dentelles des plus désirables.

Des extravagances empreintes de fougue et de liberté, maîtres-mots de la maison Gaultier, certes, mais la pièce maîtresse demeure cette robe fourreau qui, dans un rose tendre, reprend doucement les seins iconiques de la griffe. La femme Gaultier joue ainsi des codes pour trouver et exprimer une liberté certaine. Une liberté qu’elle chérit lorsqu’elle s’enveloppe volontiers de drapés tour à tour color-block ou irisés, voire parfois imprimées de coquelicots et de tournesols, qu’elle surmonte de fougue ! Tout l’univers Gaultier en somme.

Et Le Corset Conique Devint Iconique, Par Jean-Paul Gaultier

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Jean-Paul Gaultier, c’est avant ce garçon de Bagneux qui porte un regard généreux et visionnaire sur époque. Puis Jean-Paul devint Gaultier : un talentueux technicien de la coupe, un audacieux coloriste, capable de concevoir des pièces aussi insolentes que désirables. Il a crée ses classiques en partant d’un répertoire d’insolence. A travers ses personnages – gueules d’amour ou rastas – il fut l’un des rares à réifier l’esprit d’une France cosmopolite. « Ma grand-mère m’a raconté des tas d’histoires sur les corsets. Par exemple, comment, au début du siècle, les femmes retenaient leur souffle au moment du serrage en buvant du vinaigre. » Petit donc, il est déjà fasciné par le charme désuet du corset. Et c’est à l’hiver 1984, dans une collection baptisée Barbés, qu’apparaît son premier soutien-gorge conique. Une pièce comme un hommage, plutôt comme une référence à l’imaginaire de son enfance. Lorsqu’il dessine l’objet, peut-être Jean-Paul Gaultier se rappelle-t-il également de la poitrine en cônes de carton dont il avait doté son ours en peluche, Nana. Mais à ne pas s’y méprendre, Jean-Paul Gaultier révère la mode et, avec elle, son histoire : ce premier soutien-gorge conique fait aussi référence à la collection africaine d’Yves Saint Laurent, en 1967, où les seins coniques de certaines silhouettes se référaient à l’art Bambara. Puis vint Madonna.
Un soir, Jean-Paul Gaultier voit Madonna chanter Holiday sur le plateau de Top of the Pops en 1983 : c’est la révélation. La material girl devient la muse du couturier qui dès lors rêve d’habiller son idole. Sept ans plus tard, le fantasme devient réalité. En fait, le caractère iconique de ce modèle n’a pas échappé à Madonna, qui déjà le repère en 1984. 1990, la Madone ambitionne un gigantesque Blond Ambition Tour. Et cette même année justement, la Reine de la Pop fait tout naturellement appel à lui pour concevoir les costumes de sa tournée mondiale : alors elle lui commande une tenue de scène avec une poitrine identique. Erotiques et ésotériques, l’un se complète dans l’autre, l’autre se projette dans l’un. « J’adore Madonna. C’est la seule femme que j’ai demandée en mariage. Elle a dit non, bien sûr, mais à chaque fois qu’elle me demande de travailler sur ses spectacles, je ne peux lui refuser » d’ailleurs, Gaultier s’amuse toujours de l’anecdote. Dans le corset servant d’écrin pour seins-obus, le couturier y projette une féminité rincée d’une agressivité pleine d’humour. Quand le velours évoque le monde de la couture, la poitrine conique, elle, se charge du glamour des années 1950 poussé à un degré absurde et réjouissant. Les courbes sont soulignées, le dessous surpasse le dessus et, dans une séduction sophistiquée, les attributs féminins s’arrachent des carcans de l’esthétique bourgeoise. Dans ses corsets culottés, la femme se libère ; sensuelle, cool et sexy, là voilà qui se mut en une amazone dominatrice. Un effet provoquant assuré. C’est sans doute ce savant mélange de rétro et de contemporain qui en a fait la pièce iconique qu’il est aujourd’hui. Une silhouette reconnaissable entre toutes, devenue, sans cliché, l’emblème d’une époque.

Et le Corset Conique Devint Iconique, par Jean-Paul Gaultier

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Jean-Paul Gaultier, c’est avant ce garçon de Bagneux qui porte un regard généreux et visionnaire sur époque. Puis Jean-Paul devint Gaultier : un talentueux technicien de la coupe, un audacieux coloriste, capable de concevoir des pièces aussi insolentes que désirables. Il a crée ses classiques en partant d’un répertoire d’insolence. A travers ses personnages – gueules d’amour ou rastas – il fut l’un des rares à réifier l’esprit d’une France cosmopolite. « Ma grand-mère m’a raconté des tas d’histoires sur les corsets. Par exemple, comment, au début du siècle, les femmes retenaient leur souffle au moment du serrage en buvant du vinaigre. » Petit donc, il est déjà fasciné par le charme désuet du corset. Et c’est à l’hiver 1984, dans une collection baptisée Barbés, qu’apparaît son premier soutien-gorge conique. Une pièce comme un hommage, plutôt comme une référence à l’imaginaire de son enfance. Lorsqu’il dessine l’objet, peut-être Jean-Paul Gaultier se rappelle-t-il également de la poitrine en cônes de carton dont il avait doté son ours en peluche, Nana. Mais à ne pas s’y méprendre, Jean-Paul Gaultier révère la mode et, avec elle, son histoire : ce premier soutien-gorge conique fait aussi référence à la collection africaine d’Yves Saint Laurent, en 1967, où les seins coniques de certaines silhouettes se référaient à l’art Bambara. Puis vint Madonna.
Un soir, Jean-Paul Gaultier voit Madonna chanter Holiday sur le plateau de Top of the Pops en 1983 : c’est la révélation. La material girl devient la muse du couturier qui dès lors rêve d’habiller son idole. Sept ans plus tard, le fantasme devient réalité. En fait, le caractère iconique de ce modèle n’a pas échappé à Madonna, qui déjà le repère en 1984. 1990, la Madone ambitionne un gigantesque Blond Ambition Tour. Et cette même année justement, la Reine de la Pop fait tout naturellement appel à lui pour concevoir les costumes de sa tournée mondiale : alors elle lui commande une tenue de scène avec une poitrine identique. Erotiques et ésotériques, l’un se complète dans l’autre, l’autre se projette dans l’un. « J’adore Madonna. C’est la seule femme que j’ai demandée en mariage. Elle a dit non, bien sûr, mais à chaque fois qu’elle me demande de travailler sur ses spectacles, je ne peux lui refuser » d’ailleurs, Gaultier s’amuse toujours de l’anecdote. Dans le corset servant d’écrin pour seins-obus, le couturier y projette une féminité rincée d’une agressivité pleine d’humour. Quand le velours évoque le monde de la couture, la poitrine conique, elle, se charge du glamour des années 1950 poussé à un degré absurde et réjouissant. Les courbes sont soulignées, le dessous surpasse le dessus et, dans une séduction sophistiquée, les attributs féminins s’arrachent des carcans de l’esthétique bourgeoise. Dans ses corsets culottés, la femme se libère ; sensuelle, cool et sexy, là voilà qui se mut en une amazone dominatrice. Un effet provoquant assuré. C’est sans doute ce savant mélange de rétro et de contemporain qui en a fait la pièce iconique qu’il est aujourd’hui. Une silhouette reconnaissable entre toutes, devenue, sans cliché, l’emblème d’une époque.

La Tour Eiffel : Une Icône Inimitable

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C’est à l’occasion de l’Exposition Universelle de 1889 qu’un grand concours est lancé dans le Journal officiel. Cette année-là marque le centenaire de la Révolution française. Le pari : « Étudier la possibilité d’élever sur le Champ-de-Mars une tour de fer, à base carrée, de 125 mètres de côté et de 300 mètres de hauteur », destinée à être le « clou de l’Exposition de 1889 se tenant à Paris. » 1887 : Gustave Eiffel et ses collaborateurs sont choisis pour relever le défi : débutent alors les travaux de celle que l’on nomma initialement la « tour de 300 mètres ». En deux ans, deux mois et cinq jours, voilà que se plante sur cette place de la rive gauche le symbole du progrès à la Française ; un « A » pour incarner l’immensité babylonienne de la ville lumière. Un symbole de Paris et de la France qui rencontre un succès que personne n’aurait imaginé au moment de sa construction en 1889 tant les critiques se faisaient véhémentes. Comme beaucoup d’artistes, Guy de Maupassant s’opposa à sa construction. Après son ouverture, on raconte qu’il déjeunait souvent dans l’un des restaurants du premier étage. Et un jour qu’un journaliste l’interrogeait sur ce revirement, l’écrivain eut cette formule légendaire : « c’est le seul endroit de la ville où je ne la vois pas. » Pourtant, si à ses débuts la Tour était une attraction, elle devient dans les années 1920 une allégorie de modernité et d’avant-garde. Petit à petit, son image a été associée à Paris jusqu’à en devenir un totem national. Puis, par un juste retour des choses, la muse de fer et ses fameux rivets se sont mis à inspirer poètes, peintres, chanteurs, cinéastes et photographes, couturiers et créateurs.

Un totem architectural devenu légendaire ; incontournable quand il s’agit d’évoquer le chic parisien. C’est aux créateurs et aux artistes que l’on doit ce tour de passe-passe qui, d’objet-souvenir, a fait de la tour Eiffel un objet élégant, décalé et ludique à même de se métamorphoser. De la maison Vuitton en passant par Chanel, Hermès et Dior, les grandes maisons de mode ont su s’en inspirer pour créer une esthétique à part entière. Sur les atours, les chaussures ou plus largement dans les campagnes publicitaires, la Dame de fer transpose à elle seule toute l’émotion de Paris. Et, lorsqu’elle apparaît dans l’imaginaire d’un couturier qui cherche son inspiration depuis le pavé parisien jusqu’à l’univers de la science-fiction, le résultat ne peut qu’agiter la sensibilité. Pour son défilé automne-hiver 2011, Jean-Paul Gaultier s’est ainsi amusé à orner des bas résilles d’un motif Eiffel. Mieux, en 2004, il signe pour Yvette Horner une robe Tour Eiffel. Et, comment ne pas citer la Parisienne, ce jus d’Yves Saint Laurent lui-même décalqué de l’aura d’un Paris endolori à l’aube – tout un symbole.

Le Stetson Fête son Centenaire en Europe

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L’histoire d’un chapeau iconique de l’Ouest américain et pourtant plus jeune qu’on ne le croit, débute en 1865 dans les plaines du Far West. John B. Stetson, fils de chapelier, poursuit l’entreprise de son père jusqu’à créer le chapeau le plus connu de l’histoire. D’abord considéré de façon négative, le métier de chapelier alors marginalisé, adopte ses lettres de noblesse grâce à la réussite de ce projet audacieux. À la vue des cow-boys soumis aux intempéries et au soleil de plomb, l’ingénieux crée le stetson, ce chapeau de feutre imperméable légèrement haut de forme et aux bords larges qui se destinent à les protéger tout en leur donnant cette allure si caractéristique.
Popularisé par Buffalo Bill et surnommé « the Boss of the Plains », il chevauche les étendues sauvages à la recherche d’aventures. James Dean, acteur à l’image subversive pour son temps, s’empare de l’emblématique couvre-chef et relève les bords d’une façon particulièrement provocante pour l’époque. Il donne une fois de plus à cette icône, cette idée de liberté et d’indépendance. Symbole de l’identité américaine, il incarne un pan de l’histoire du pays, jusqu’à intégrer un patrimoine culturel mondialement connu. Plus tard, les créateurs s’emparent de la légende et la détourne afin de l’ouvrir à un public plus large et lui enlever en partie la connotation virile trop prononcée qui s’en dégage. En 2009, Jean Paul Gaultier réussit ce périlleux exercice pour Hermès, bientôt suivi de Dior et Armani. Pour le centenaire de son distributeur européen, Stetson Fedora offre une collection inspirée des premiers modèles de la marque. Sont rajeunis le Crosset, décliné en différents coloris, le Cayce Top Hat et le Corinth. Chacun porte une doublure de soie ornée des armoiries de la maison, pour donner à son propriétaire l’ampleur d’une histoire récente et pourtant si riche, celle de la conquête des États à travers une mode emblème d’un pays tout entier.