Les Archlight de Louis Vuitton

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On devine déjà l’icône en devenir – introduites au cœur d’une collection Printemps/Été 2018 éminemment pertinente, les nouvelles sneakers Louis Vuitton surfent sur la tendance ‘ugly shoes’ avec l’audacieuse élégance de Nicolas Ghesquière. L’actuel directeur artistique de la maison signe en effet une sneakers des plus attirantes ! Composées autour d’une semelle arquée, les Archlight mêlent allure futuriste et coupe ergonomique dans une équation toute Ghesquièrienne.

Pensée pour femmes et adoptée par les hommes, la pièce est chaque jour un peu plus aperçue aux pieds des trendsetters du monde entier- Jaden Smith en tête. Les sneakers les plus désirées de la saison empruntent ainsi leurs lignes aux chaussures de basketball – des lignes fortes et énergiques, exagérées et étirées jusqu’à la cheville. Et c’est le modèle estampillé de l’emblématique monogramme qui retient toutes les attentions.

Les 5 modèles de la ligne Archlight mêlent couleurs et textures dans des pièces hautement stylisées. La pièce estampillée du monogramme LV, inventé au début du XIXe siècle, en est incontestablement le modèle phare – une pièce qui associe traditions et design ultra-futuriste avec toute l’adresse de la maison du 101 Avenue des Champs Elysées. Une basket quasi-architecturale qui promet de rester longtemps dans les radars les plus pointus de la mode !

Le Pop-Up du Faubourg Saint Honoré de Tod’s Honore Le Sac Sella

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Le Sella de Tod’s incarne à merveille la philosophie, l’ADN et l’esthétique tant adorés et défendus par la maison de Diego Della Valle : la distinction mesurée mais décomplexée. Lignes graphiques et tenue minimale, le voici tout droit produit pour une féminité active et sportive. Et le Sella a un secret ; son allure multiple et changeante – le Sella dans sa nouvelle version se pense comme l’élément clé d’une tenue. Mini, petit ou grand, la pièce Tod’s se décline dans une multitude de teintes, dans un cuir lisse avec double anse, charme anneaux et porte-clefs, fermeture à glissière, bords en cuir verni, bandoulière amovible, et poches plaquées ! Du Chic et de l’intemporel, le Sella est évidemment le fruit d’un savoir-faire 100% Made in Italy.

Le 2 octobre dernier, Tod’s inaugurait aussi son nouveau Pop-Up dédié au sac – dans sa boutique du Faubourg St Honoré, le must have de la saison se coulait d’ailleurs dans un set up à son image. Le sac en cuir effet poulain s’inspire en effet des techniques de fabrication des maîtres selliers ; et c’est tout naturellement que l’on retrouve la dynamique des montures ici exposée. Des chevaux au galop, interprètes du luxe et de la liberté, dénotent ainsi de la fougue stylistique du Tod’s Sella Bag.

En veau poney coloré ou en matelassé tricolore graphique, les lignes déjà distinctives du Sella ouvrent ici un chapitre de plus dans l’élégance intemporelle doucement bâtie par Tod’s. Et pour incarner le chic et la classe du Sella, la maison avait invité muses, égéries et célébrités pour un cocktails très exclusif. Naomi Campbell, Isabelle Adjani, Zanita Whittington, Chriselle Lim, Danielle Bernestein, Derek Blasberg, Giovanna Battaglia ou encore Inès de la Fressange – toutes les élégantes répondaient présentes, un Sella au bras !

Prada : Slippers, l’Elégance Stupéfiante à L’Italienne !

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Le « style Prada » est unique et original par les formes, couleurs et matières choisies. Sous l’impulsion de Miuccia Prada, la marque continue de nous surprendre à travers une originalité faite de perfection et d’élégance, dont elle seule a le secret.

Visant une clientèle aimant sortir des sentiers battus, et jouer avec la mode, chaque collection présentée est ponctuée de surprises et de pièces incontournables. Miuccia et Patrizio Bertelli (son mari) continuent ensemble de nous insuffler le chic à l’italienne, à travers cette nouvelle collection pétillante et inattendue, les Slippers du soir. Grande tendance de cette saison, qui constituent un bon compromis chic et original à la ballerine et à l’escarpin.  

Miuccia fidèle à une thématique kitch et baroque, nous propose des ornements précieux et de sublimes mélanges de matières. De quoi donner un coup de folie à son allure, et d’allier le psychédélique au raffiné. La créatrice se montre comme elle aime l’être, indomptable et imprévisible. « Tout le monde (ndlr : les créateurs) a une théorie sur ses propres collections de nos jours, j’en ai marre des théories. Cette collection parle du plaisir de la mode ».

Et ce génie de la mode nous fait plaisir en nous offrant l’occasion d’être chic et décalé, par un style déjà bien affiné du raffinement à l’italienne. On remarque le détails et la finesse des pièces, au lieu de simples chaussons de ville, elle nous présente les véritables souliers d’une cendrillon moderne, frappés par la ferveur italienne et l’extravagance juvénile. Impétueuse et ingénieuse elle se démarque, encore une fois là ou on ne l’attendait pas. La collection des chaussures Prada déjà vaste et variée vient d’accueillir une nouvelle collection appelée à devenir incontournable. Chaque pièce ornée de velours, écussons, paillettes, pierres ou bijoux, s’adoptera comme un accessoire  précieux, légèrement impétueux mais terriblement chic. 

Le style Prada avec ses contradictions, Miuccia a encore subvertit les codes et nous a séduit.

Le Rouge à Lèvres, Invention De La Maison Guerlain

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Les premières traces de rouge apparaissent dans l’Égypte des pharaons. Pour faire remarquer ses lèvres, Cléopâtre use du henné et du carmin écrasés. Dès le IXe siècle, les geishas, au Japon, redessinent leurs lèvres en rouge vif avec des pigments naturels issus d’une plante (beni-bana). Au XVIe siècle, la bouche se teinte d’un mélange à base de poudre d’insecte comme la cochenille. Durant tous ces siècles, le fard à lèvres liquide ou crémeux, se distribue en fiole ou pot et s’applique au doigt ou au pinceau.

La maison Guerlain, née en 1828, fondée par Pierre François Pascal Guerlain, ouvre sa première boutique rue de Rivoli. Le parfumeur créait alors des parfums uniques pour les plus grands. C’est à la même période qu’il rapporte d’Angleterre le « Liquid Bloom of Rose » un rouge à lèvres liquide. En 1840, la réputation de Guerlain est déjà faite. Le parfumeur déménage rue de la Paix. La maison propose désormais une gamme complète de senteurs et fournit pratiquement toutes les cours d’Europe. En 1870, c’est la révolution ! Guerlain signe le premier rouge à lèvres, l’invention originelle du bâton à lèvres dans son tube. L’idée est venue à Pierre François Pascal d’un cousin qui fabriquait des bougies. L’objet gracieux est élaboré à partir de cire rose à bougie parfumée. Présenté dans un étui avec poussette, rechargeable, »ne m’oubliez pas » fait de lui le premier rouge à lèvres moderne de l’histoire.

Consciente de son succès et certaine du futur triomphal de la nouveauté, l’entreprise propose en 1920 un nouveau modèle le « Rouge d’Enfer », qui s’ouvre et se ferme en tirant sur un pompon. Précurseur permanent, innovateur l’établissement conçoit en 1936, le « Rouge Automatique » véritable bouleversement , qui prend forme sous l’aspect d’un stick sans capot. Aujourd’hui, la maison met en évidence son patrimoine innovant, sa mission d’allier héritage et modernité en renouvelant le  »  Rouge Automatique » d’une gamme considérable de nuances contemporaines.

La Vespa, un Livre pour le Symbole de la Dolce Vita

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Princesse soumise à un étouffant protocole, Audrey Hepburn, pendant ses Vacances Romaines, n’a pas une minute de liberté. Sous le charme d’un jeune journaliste, elle profite enfin d’un moment d’évasion, parcourant la ville sur une petite Vespa, avant que sa condition ne la rattrape… Née après les tragiques années 1940, la Vespa incarne le renouveau de l’Italie, patrie des arts et des belles mécaniques. Dès que l’on pense à l’Italie et à son soleil, on a cette image en tête : dans un tumulte indescriptible, un Italien élégant se faufile entre les voitures, klaxon bloqué et casque négligemment accroché au coude. La Vespa est devenue un mythe, un phénomène et une manière de vivre intimement liée au monde urbain.

La « Guêpe » marque alors un véritable tournant dans l’histoire du deux-roues, de par son confort, son design moderne mais surtout son aspect glamour et rétro. Elle est une véritable icône de mode, doublée d’un outil de mobilité, où se mêlent les sixties londoniennes, un petit air de Saint Germain, la chaleur d’Ibiza et une nonchalante Dolce Vita. Intemporelle, elle est adoptée par chaque génération comme symbole de liberté et d’émancipation.
 Devenu l’emblème d’une époque heureuse, ce motocycle unique en son genre incarne le symbole de l’amitié et de la liberté.

Valerio Boni, journaliste sportif spécialiste en motos et deux-roues, et Azzura Della Penna, journaliste mode, coutume et société italienne, se sont associés pour composer un livre inédit, rendant hommage à l’objet iconique. 

Ambre Sultan par Serge Lutens

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Son Ambre sultan, «arabe et non pas oriental» pour reprendre les termes de son créateur, marque ce baptême. Iconoclaste et rêveur, c’est en marge de tout et à travers son parfum que Lutens se positionne : «Vous sentiez un parfum, c’était une soupe. On sentait la femme sexy ou bien la femme qui tient des dossiers. Pour l’homme, c’était la panoplie de Zorro. Avec Ambre sultan, je voulais sortir des Adam et Ève du marketing». Une nouvelle genèse de l’humanité, incarnée par un sillage envoûtant, où l’antiquité et la sensualité s’entremêlent, exacerbées. 

L’ambre classique s’enrichit des notes poudrées et vanillées du benjoin des petits arbres de Siam. Le ciste apporte une chaleur sensuelle. La coriandre, l’origan et la myrte s’arrondissent autour d’une note de patchouli et de bois de santal. Autant d’ingrédients qui s’accordent parfaitement, telle une symphonie odoriférante et maîtrisée. Mais la sophistication n’est qu’une évidence, une simple immanence pour Serge Lutens. Il ne cherche rien, si ce n’est qu’à s’exprimer. Selon lui, Ambre sultan unit «le goudron épais, austère, mystérieux du ciste qui colle les doigts, et le goudron accueillant, réconfortant de la vanille, elle aussi adhérente et que sa mémoire retenait». Le parfum reflète une certaine dichotomie, une sensible ambivalence humaine et personnelle, perçue avec justesse par cet homme d’une extrême finesse. Une émotion saisissante nous frappe alors, issue de la force d’un récit et d’un mythe personnel. Le voyage est fantasmé, la spontanéité sublimée et le sentiment témoigné par cette fragrance princière.

C’est ainsi que, luxueux et intime à la fois, Ambre sultan règne sur le Palais-Royal, à Paris. La boutique est singulière et préservée de tout, un bel escalier forgé s’érige au centre de la pièce mystérieuse. Au somptueux décor XIXe, celle-ci est habillée de marbre et de marqueterie. Les joyaux fugaces et éphémères, parfums de l’instant, sont exposés sobrement et sans caprice. Ils sont contenus dans des flacons aux lignes claires et cristallines. S’opère alors une magie des sens chez Serge Lutens, cet alchimiste baudelairien qui transforme les sentiments et les souvenirs en sensations olfactives, et inversement. 

Le Clicq’call de Veuve Clicquot pour la Saint-Valentin

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Si le design Veuve Clicquot trône, reconnaissable parmi les grands crus, cela est bel et bien dû à l’audace d’une maison bouillante d’ingéniosité. Connue et admirée pour son caractère innovant, voici qu’elle met au service de Cupidon toute l’attention nécessaire au messager des cœurs. Un seau à champagne en forme de mégaphone qui sert d’écrin au Rosé Non Vintage, l’intention est certes amusante et avec un message écris sur-mesure, voilà qu’elle relève du génie !
La maison Veuve Clicquot transforme en effet le champagne en cadeau personnel et très, très attentionné. Avec un message sur-mesure, la Saint-Valentin prend des allures ! Sans la bousculer mais la fêter, le coffret Clicq’call permet d’enregistrer son propre message, tout en offrant au destinataire la possibilité de répondre en enregistrant un tout autre. Oui, les occasions d’offrir sont sans fin. Et puis, rien de plus personnel que de le dire soi-même après tout…

La Robe Chemise d’Opening Ceremony Automne-Hiver 2015-2016

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Opening Ceremony tire son nom de la légendaire cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques. Nom emprunté à la métaphore même de l’ouverture sur le monde, Opening Ceremony part à la conquête de nouvelles cultures, s’attachant à mêler l’art à la mode, dans une modernité absolue. La créativité bicéphale de la maison new-yorkaise s’énamoure ainsi du travail photographique de Spike Jonze, réalisé de 1985 à 2005, et en vient à réifier dans des vêtements fonctionnels tout l’art du Kodak et des couleurs surannées, ou surexposées, on ne sait plus trop.

Parmi les 28 pièces ayant défilé, la robe chemise d’Opening Ceremony renferme et expose l’inattendu de la collection. Une robe chemise donc, à la coupe minimaliste qui, avec son allure de shirt jacket, capture le regard par son teint orange pastel. Mieux, moucheté par la trempe du tissu d’un matériau inattendu, la robe définit une silhouette détendue et habillée. En somme, un beau formalisme des années yé-yé !

La Montre Tank De Cartier

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Dans le domaine de l’horlogerie, il est une question qui taraude l’esprit des plus grands, et ce dès les premières années du XXe siècle : comment faire entrer le rond des heures dans la ligne d’un bracelet qui, épuré, se devra d’intégrer le dessin des attaches au boîtier, le tout dans le prolongement du même bracelet ? Après moult essais, Cartier parvient finalement à mettre au point un garde-temps combinant toutes les exigences de la modernité : nous sommes en 1917, la Tank vient de naître, œuvrant par là même à l’ouverture d’une nouvelle ère horlogère. D’elle on dira qu’ « un tank est entré chez Cartier. » Tank puisque sa silhouette, la montre la doit au char Renault : vu de haut, les brancards pour les chenilles, le boîtier comme l’habitacle du véhicule. Si l’on voit là avant tout l’apparition d’un garde-temps, en réalité la Tank érige une forme, un style, une élégance, une trajectoire sans pareil bref, la Tank va faire entrer au monde une manière de vire, résolument moderne. Un instrument à mesurer le temps s’ébrouant ainsi de toutes les traditions en vient à faire le pont entre des époques – et cela ne pouvait en être autrement. L’esthétique Tank relève de l’équation du style Cartier : cadran guilloché, chemin de fer graphique et chiffres romains noirs gravés sur blanc ou blanc sur noir, et la Tank devient une référence en horlogerie. C’est donc en 1917 que la manufacture joaillière esquisse le premier prototype de la montre ; en temps de paix, le prototype est offert au général John Pershing, commandant du corps expéditionnaire américain en Europe. Son succès est immédiat.

Figure de proue avant l’heure d’une tendance acclamant la pureté des lignes et la recherche des formes, la Tank s’élève pourtant rapidement dans une version joaillière, s’amusant à brouiller les frontières du masculin et du féminin. Oui, la liberté et l’élégance n’ont pas de genre. Dans les années 1940, la montre Tank se montre sur la scène internationale : aux poignets d’acteurs, d’écrivains et d’artistes, on l’affiche comme une démonstration de parfaite élégance. Quelle que soit l’époque qui la réhabilite chaque fois, sa force est de rompre d’un coup net avec un certain goût la rigueur formelle. En 1987 justement, Cartier dessine la Tank Américaine – une forme rectangulaire devenue plus compacte, arrondissant par la même la cambrure des brancards. Merveille d’horlogerie et de style qui joue avec la géométrie, alternant le tranchant et le doux, les droites et les courbes, les arrondis et les angles, la Tank Américaine est aussi la première montre Cartier avec boîtier cambré et étanche. La Tank Américaine peut se lire comme le manifeste d’un classicisme assumé : une puissance conjuguée à la discrétion de sa forme étirée et légèrement bombée font d’elle un grand classique. Mais si elle est une montre habillée, sa force ne s’en déclare pas moins – généreuse et massive, d’aucuns y lise un hommage rendu à la montre Tank offerte au général Pershing… Finalement, la Tank est cet éloge de l’horlogerie Cartier au dandysme et, comme l’écrit Jean-Charles de Castelbajac en 1994 : « Si tous les tanks étaient fabriqués par Cartier, nous aurions le temps de vivre en paix ! »

Venise Et Chanel : Une Histoire Et Un Lion A Protéger

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Il règne depuis près deux siècles sur la façade de la basilique Saint-Marc : juste au-dessus de chevaux byzantins, le Lion, symbole céleste, trône parmi les siens. Mais voilà que l’or qui l’habille a perdu de son scintillement suprême… Gabrielle Chanel avait fait de Venise sa ville et, c’est en ce sens qu’aujourd’hui, la maison qui porte son nom a décidé d’insuffler une force nouvelle au symbole de la ville de Venise. C’est dans cette ville irréelle, poétique et salvatrice qu’elle fit sa rencontre : Chanel et le lion de Saint-Marc devinrent inséparables. C’était une ville hors du temps qui semblait flotter entre ciel et mer. Une ville envoûtante qui procurait un sentiment d’oubli et de rêve. Surtout le soir lorsque la lumière déclinante la couvrait d’or… Son grand amour, Boy Capel, était mort dans un accident, deux jours avant les fêtes de Noël en 1919. Leur histoire d’amour avait duré dix ans. En lui avançant les fonds nécessaires à l’ouverture de sa première boutique à Deauville, Boy enseignait à Gabrielle la véritable manière d’aimer, sans emprise, sans contrôle ; elle conquit l’indépendance. 

Dans cette ville parsemée de pourpre, Gabrielle a fait le choix de se réfugier dans le silence imposant des églises… elle avait progressivement trouvé le réconfort. Pourtant, elle s’était méfiée, méfiée de cette éternelle référence au passé, de la décrépitude que l’on devinait à l’arrière des façades des palais du Grand Canal ! Et peu à peu, elle s’était prise au jeu, suivant José-Maria Sert dans les musées, les palais, les ruelles. « Il savait tout, racontera-t-elle plus tard. Les itinéraires d’Antonello de Messine, la vie des Saints, ce que Dürer avait gravé à quatorze ans, (…) quels vernis employait Annibal Carrache… ». Immergée dans l’univers du beau, Coco retrouvait enfin le goût de vivre. Tout devenait alors irréel, les façades des Palais, les canaux, les ruelles, et Gabrielle aimait flâner et se perdre, parfois, jusqu’à la nuit tombée ! Gabrielle Chanel avait fait de Venise sa ville. 

Près d’un siècle plus tard, le Lion Saint-Marc a perdu de sa superbe. C’est pourquoi la maison Chanel s’est aujourd’hui inscrite dans le vaste programme du Comité français pour la sauvegarde de Venise : d’une part, celui-ci restaure depuis 16 ans le Palais-Royal de Venise et la place Saint-Marc ; d’autre part, le Comité français vient de financer la restauration de l’iconique sculpture de la Sérénissime: le Lion d’Or . Durant plusieurs mois, deux équipes se sont ainsi attelées à insuffler toute la magie à la mosaïque et à l’or du gardien éternel du cœur de Chanel. Grace aux équipes et au mécénat de la maison de la rue Cambon, ces chefs d’œuvre de l’art vénitien peuvent de nouveau briller d’une puissance toute esthétique, chére à Mademoiselle Chanel.