Le Sac Bamboo, Gucci

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Dans la maison Gucci, le sac Bamboo est emblématique. En voulant faire face à la pénurie de cuir en utilisant le bamboo, Guccio Gucci a réalisé un coup de génie à la fin des années quarante qui marquera à jamais l’histoire de la maison.

Le « sac Bamboo Gucci » a été créé en 1947 dans le secret des ateliers florentins de Gucci où des maroquiniers détournent des savoir-faire et des outils de carrossiers et avaient à cœur le respect des normes d’excellence et d’exclusivité propres à Gucci. Lancé à une époque de rationnement des matières premières, le sac originel Bamboo de Gucci était un petit sac à main structuré fabriqué en sanglier avec une anse en bambou incurvée, doublé de deux poches cachant un petit miroir. A l’extérieur, sa poignée et son fermoir en canne de bambou lui valurent son nom et une destinée de best-seller. Touches exotiques sur une forme plutôt classique, il n’en fallait pas plus pour séduire les élégantes des années 50 et 60, à l’image de Vanessa Redgrave dans le film Blow-up de Michelangelo Antonioni.

Au fil des décennies, l’anse bambou devint pour des générations de sac, un élément dont les formes furent sans cesse revisitées et qui évolua progressivement pour devenir une icône inaltérable de la marque Gucci.

 

Le sac Bambou de Gucci en Quelques Dates

2017 : Pour le défilé Pre-Fall 2017, deux nouvelles versions de l’iconique sac à main sortent : le Dionysus et le Queen Margaret. 

2016 – 2017 : Alessandro Michele donne un ton sophistiqué et contemporain au nouveau Bambou à travers plusieurs collections limitées et collections capsules, en ligne avec la révolution qu’il a initiée.

2016 : Le magazine Marie France publie une sélection d’“Objets de désir : les 30 it bags les plus iconiques de tous les temps” parmi lesquelles on retrouve le sac Bamboo de Gucci.

2016 : Le magazine Marie Claire publie un article sur le sac Bamboo de Gucci intitulé “Sucess story : le sac Bamboo de Gucci”.

2015 : Bamboo devient un parfum.

2015 : En mars, Gal Gadot devient l’égérie du parfum Gucci Bamboo.

2014 : La collection Automne/Hiver présente une version plus jeune, urbaine et agressive du sac Bamboo en peau de karung et python.

2014 : Le record de vente pour un Gucci Bamboo d’occasion s’élève à 4 903 euros en décembre à New York pour un New Bamboo en crocodile gris souris.

2014 : Gucci lance une ligne unique de sandales en Bambou avec talons hauts et de Nu-pieds.

2014 : Dans un nouveau film, Gucci met en scène le sac à bandoulière le Nouveau Fringe en bambou.

2013-2014 : Pour la collection Automne/Hiver, la maison réalise un mini-métrage Bamboo Confidential pour mettre en lumière le Bamboo Shopper et le Lady Lock.

2013 : La nouvelle ligne Bamboo « New Bamboo line » fait son apparition officielle pour la Pré-collection 2013. Pour la première fois le sac est réalisé en léopard imprimé. Le Bamboo shopper est aussi redessiné.

2013 : Le concept du Bamboo s’étend dans les secteurs de la lunetterie, avec les lunettes de soleil Bamboo, et la joaillerie.

2013 : Charlotte Casiraghi est protagoniste de la campagne mondiale “Forever Now”, visant à rajeunir la marque et attirer les nouvelles générations. Le Bamboo est encore sur scène.

2012 : Le concept du Bamboo s’étend dans le secteur des montres avec la collection Gucci Bamboo.

2012 : Ilaria Occhini porte le sac Bamboo de Gucci pour le Vogue Australie de Mai.

2011 : Le nouvelle directrice artistique Frida Giannini célèbre les 90 ans de Gucci en redessinant à travers une collection capsule nommée “Firenze 1921” toutes les pièces les plus emblématiques de la marque. Parmi elles, bien entendu, le nouveau sac Bamboo.

2010-2011 : Création d’une collection Bamboo bracelets en or et diamants.

2010 : Gucci célèbre le mythe du sac Bamboo à travers l’exposition “Bamboo forever” et une édition limitée.

2010s : Sac légendaire, nouvelles célébrités: le sac Bamboo jette un sort à Madonna, Beyonce, Jennifer Lopez, Penelope Cruz et plusieurs autres.

2010 : Apparition dans l’Officiel France en mars pour le numéro spécial “mode durable”.

2009 : La première dame française et modèle Carla Bruni est photographiée portant le sac Bamboo.

2006 : Apparition de clichés présentant le sac Bamboo dans le Vogue Japon.

2004-2005 : Création d’une collection pour la maison en bambou.

2002 : Le Bamboo apparait en couverture du Vogue Espagne en avril.

1999 : Tom Ford revisite radicalement le design traditionnel et les matériaux du sac Bamboo, en introduisant le concept de sac avec une chaîne de bambou.

1991 : La princesse Diana porte le sac Gucci Bamboo pendant une visite à Rome.

1980 : Le bambou figure en guise de finition sur des portes monnaie ou des manches de parapluie et ornent les talons aiguilles des sandales en cuir puis satin des collections Printemps-Eté 2002-2004.

1971 : Création d’une ligne de montres pour femme en acier avec le cadran en bambou.

1970s : Le bambou habille les ceintures Gucci.

1966 : Vanessa Redgrave porte le sac Bamboo pendant le tournage du révolutionnaire film de Michelangelo Antonioni Blow up.

1964 : La future reine de Belgique Paola de Liège est photographiée portant le sac Bamboo.

1958 : Le sac Bamboo devient un succès international grâce au film La Chatte sur un toit brûlant, avec Liz Taylor et Paul Newman. Liz Taylor est photographiée portant le sac Bamboo de Gucci.

1954 : Le sac Bamboo fait sa première apparition dans le cinéma grâce au  film de Roberto Rossellini film Voyage en Italie, où Ingrid Bergman est immortalisée avec le sac à main Gucci dans les ruines de Pompéi. L’année précédente elle avait été photographiée portant le sac Bamboo à Naples.

1947 : La pénurie de matières premières après la Deuxième Guerre Mondiale oblige l’atelier Gucci à expérimenter de nouvelles compositions. Grâce à une technique brevetée, Gucci peut travailler le bambou importé du Japon pour produire les anses de ses sacs. La légende du Sac Bamboo est née.

La Petite Veste Noire de Chanel

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L’unique but de Coco était d’habiller la femme le mieux possible : dessiner le buste, allonger la taille, dégager les bras. Sous le tissu, les coutures de la petite veste noire témoignent de cette histoire. 

A Salzbourg, la dame aux camélias croise, dans un hôtel, un liftier dont l’uniforme appelle à elle l’image d’une veste à quatre poches. On raconte que son amant de l’époque, le duc de Westminster, lui lègue ce goût proprement british pour le tweed. Sans surprise, la couturière opte pour cette chair : une laine moins lavée afin d’y garder souplesse et moelleux. La peau est invitée  à côtoyer la veste à travers la soie, le taffetas et le jersey. Le perfectionnisme qui meut l’avant-gardisme de la demoiselle la conduit à ouvrir le monde de la Mode à une petite veste aux lignes nettes.

Coupée droite, la jaquette est articulée de manière à donner une aisance aux mouvements : Chanel veut des femmes gracieuses, de celles dont les pas glissent. Le devant du vêtement est monté en fil droit, sans pince poitrine, faisant de ce tissu un tout. Le dos en est séparé par une simple colonne de coutures. Le secret de ce tombé parfait : une chaînette dorée ourle la doublure. Devenue depuis signature de la maison, seule à employer cette technique servant l’impeccable verticalité. 

Pour Gabrielle Chanel, tout devait avoir une fonction et, elle se devait d’être pratique. Son esprit se distille dans chacune des parties de son chef d’oeuvre. Les quatre poches devaient être en mesure d’abriter un mouchoir, un bout de papier ou, un briquet. Quant aux manches montées au sommet de l’épaule, l’aspect étriqué n’est illusoire : grâce à une pièce de tissu placée juste sous l’aisselle, le mouvement du bras se libère du carcan du vêtement.

Des galons enserrés de cordons y sont apposés : libre et inventive, ils sont la matérialisation de l’imaginaire Chanel. Chacun d’eux était singulier, car « par principe, j’invente toujours, je ne fais rien qui existe déjà. Je me consacre à l’unique » disait Gabrielle Chanel. D’or, de soie, ou d’argent, ils sont néanmoins toujours en complexion avec les boutons. Traitées comme de précieux bijoux, les attaches ont pris vie sous différents traits, dont les plus aimés par la créatrice étaient ceux à tête de lion. 

La petite veste continue d’enchanter. Déjà un an que l’exposition qui lui était consacré posait ses valises au Grand Palais à Paris. Karl Lagerfeld a su maintenir encore cette année dans sa collection Printemps-Eté 2014, cet héritage tout en y posant sa patte : les motifs de boutons s’agrandissent avec le double C, le trèfle à quatre feuilles ou le Camélia ; se colorant de différentes teintes selon les saisons. Finalement, c’est une sorte d’éternelle jeunesse que véhicule cette pièce qui, par ailleurs, est la plus copiée au monde.