Le Cadenas Van Cleef & Arpels

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Si l’histoire de Van Cleef & Arpels s’écrit au début du siècle dernier, cette maison de Haute Joaillerie Parisienne jamais n’a cessé d’émerveiller le monde aux grés de compositions éminemment magnifiques, essentiellement somptueuses. L’un des premiers joailliers à s’être installé Place Vendôme en juin 1906 a ainsi très tôt su faire de son savoir-faire le support d‘une imagination hautement pertinente. Les années 1920-1940 marquent un tournant pour la maison — lorsque Renée Puissant, fille des fondateurs, en reprend la direction artistique, c’est à René Sim Lacaze, dessinateur, qu’elle lie l’esthétique Van Cleef & Arpels. 

L’une des pièces phares de ce répertoire — la montre-Cadenas, parfaite rencontre entre pragmatisme et magnificence. A l’époque où les femmes sont encore assujetties à des normes bien étranges, la maison Van Cleef & Arpels va parvenir à contourner avec une dextérité folle un usage interdit. Les femmes sont alors mal vues lorsqu’elles portent une montre, ou pire, lorsqu’en public, elles s’enquièrent de l’heure. Van Cleef & Arpels va alors mettre au monde une complication poétique — une pièce époustouflante; une montre-Cadenas audacieuse et astucieuse. Une pièce qui va faire s’évanouir les frontières entre joaillerie et horlogerie!

Conçue comme un bracelet, la montre Cadenas dissimule un cadran visible par la seule élégante qui la porte. En 1935, un grand classique est né! Symbole de l’union, le cadenas épouse ici les pierres les plus précieuses autour d’une composition raffinée — chef d’oeuvre absolu, le modèle original fut coulé en or pur. Les lignes rectilignes du boîtier équilibrent ici le baroque de sa double chaîne serpent servant de bracelet. L’attache, elle, décalque les arrondis d’un cadenas. Ainsi imaginée, cette montre Van Cleef & Arpels intègre un cadran qui, incliné, permet à la Belle de lire l’heure à la dérobé! Une merveille notamment vue au poignet de Catherine Deneuve dans le film ‘Le Dernier Metro’. Une icône toute en symboles…

Le Cadenas de Van Cleef & Arpels

2017 : La maison propose un modèle de la montre cadenas serti de rubis. 

2015 : Un nouveau modèle de la montre cadenasentièrement rose fait chavirer les cœurs pour la Saint Valentin.

2015 : La maison propose trois versionsde la montre cadenas serties de diamants.

2015 : La maison propose pour la nouvelle collection neuf nouveaux modèles.

2015 : Les clients peuvent faire graver un messagesur le dos de leur montre cadenas.

2015 : Pour le SIHH Le cadranet le fermoirde la Montre Cadenas est agrandi par souci de lisibilité. 

2011 : Le modèle de la Montre Cadenas offert à la Duchesse de Windsor par son mari, est adjugé pour 362 000 francsaux enchères à Genève.

1980 : La maison réalise neuf nouveaux modèles de montre cadenas.

1980 : Dans le film « Le dernier métro », Catherine Deneuve porte une montre cadenas.

1937 : Le nom de « Montre Cadenas » est donné au bijou.

1936 : La montre cadenas est d’abord nommée Agrafe.

1935 : Les premiers dessins de la Montre Cadenas 

Love De Cartier

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Le lancement du produit fut accompagné d’une politique spéciale : on ne pouvait acheter un bracelet LOVE pour soi-même ! Rapidement, de nombreuses célébrités comme Elizabeth Taylor et Richard Burton, Nancy et Frank Sinatra ou Mai Britt et Sammy Davis Jr. ont commencé à porter cette magnifique preuve d’amour. Aujourd’hui, la liste continue avec Barbara Streisand, Diana Ross, Jane Seymour, Lionel Ritchie, Elton John, Sofia Coppola et Eva Mendes.

Façonné tout en or jaune, rose et blanc, composant des joncs de différentes largeurs, ce classique est aussi serti de diamants blancs et s’entend à merveille avec n’importe quelle tenue. Pour compléter sa collection la plus romantique, la maison joaillière étend sa gamme à une série de bagues dans la même esthétique. La collection LOVE by Cartier fait partie des must-have de la maison Cartier qui, avec 165 ans d’expertise, se distingue parmi les grandes joailleries de luxe. Alors, jusqu’où iriez vous pour LOVE ?

Le savoir-faire et la créativité sans limite de la maison Cartier permet d’aboutir à des pièces modernes de couleurs vives aux formes stylisées et géométriques tel que les trois anneaux de Cartier symbole d’amour  ou encore la montre Cartier Panthère qui mélange féminité indépendante et élégance masculine. Le design audacieux la montre Crash est le reflet d’une maison qui a pour but de bousculer les codes de l’horlogerie en mêlant haute joaillerie et extravagance décalée.

 

Love de Cartier, Quelques Dates Clés

2017 : La maison Cartier propose une suite à la campagne publicitaire “How far would you go for love ?” par Irina Dakev avec la musique “Oh Jesus” by Felicity Groom, commencée en 2008 pour la collection Love.

2017 : Le bracelet Love sort en couleur Grey Golden.

2017 : Le bracelet Love sort en couleur Rose Gold.

2017 : Le bracelet Love sort en version Yellow Gold with Diamond.

2017 : La maison Cartier sort la version la plus chère du bracelet Love à 58 000€ en or gris pavé diamants et motifs vis diamants.

2017 : Le bracelet Love est le bijou le plus recherché sur Google d’après la société Karus Chain.

2017 : Cartier met en ligne plusieurs vidéos sur YouTube où l’on aperçoit le bracelet Love.

2017 : La maison Cartier propose une nouvelle édition du bracelet Love en version amincie.

2017 : Kanye West offre un bracelet Love à Kim Kardashian en or jaune.

2017 : Meghan Markle porte le bracelet Love offert par le prince Harry lors du mariage de l’un de ses amis en Jamaïque.

2016 : Kylie Jenner achète et porte huit bracelets Love et en portera un continuellement pendant quatre ans.

2016 : La maison Cartier lance la campagne digitale « Cartier Winter Tale » conçue par Publicis 133, réalisée par Akama (Alexandre Ada), où le bracelet LOVE apparait.

2016 : La maison Cartier sort une nouvelle version du bracelet LOVE pour Noël.

2015 : Selon The Real Real, le bracelet fait partie du Top 5 de vente de bijoux sur internet.

2014 : Lindsay Lohen et Katie Holmes portent toutes les deux le bracelet Love de Cartier en or jaune et diamants.

2014 : Jenifer Anniston porte le bracelet Love en or jaune.

2014 : Eric Dane offre le bracelet Love à Rebecca Gayheart sans occasion spéciale.

2014 : Nicole Richie porte des bracelets Love lors de la troisième édition du “Love Charity bracelet” ayant lieu dans une résidence privée en Californie.

2014 : Angelina Jolie porte le bracelet Love en or jaune pour une campagne publicitaire.

2013 : Les bijoux Cartier de la collection Love sont choisis pour Richard Burton et Elizabeth Taylor par la chaine télévisée BBC.

2013 : C’est à Londres, que Cartier se raconte en y exposant à Selfridges sept de ses “merveilles“ qui, au fil du temps, sont devenues des signatures : Juste un Clou, Trinity, Love, Panthère, Santos, Ballon Bleu.

2012 : La maison Cartier lance sa campagne publicitaire nommée l’Odyssée de Cartier, conçue par l’agence Marcel, réalisée par Bruno Aveillan où le bracelet Love apparait.

2012 : Olivia Palermo pose pour le Elle Ukraine et porte le bracelet Love en or jaune.

2011: La maison Cartier lance la campagne “Painted Love” en collaboration avec le groupe de musique Air pour mettre en avant le bracelet Love à travers l’art dont la musique et la peinture.

2010s : Kanye West achète et porte trois bracelets Love en même temps dans la rue.

2010s : Placement de produit de la bague Love portée par Leighton Meester aka Blair Waldorf dans la série américaine Gossip Girl.

2009 : Eva Mendes fait la promotion du Love Charity bracelet.

2009 : Cartier lance le bracelet Love en or rose pavé de diamants.

2009 : Deuxième édition du “Charity Love bracelet”.

2009 : La maison Cartier lance une campagne publicitaire où le bracelet Love apparait, celle-ci est nommée “le baiser”.

2007 : Organisation du LOVEDAY, Cartier s’engage à reverser 10% des ventes de la collection LOVE à des organisations humanitaires.

2007 : Olivier DAHAN réalise 12 courts métrages pour le lancement de la collection LOVE, les Love stories « How Far do you go for Love ? »

2007 : Rihanna illumine l’Empire State building en l’honneur du Cartier Love Day.

2006 : Sarah Jessica Parker porte le bracelet Love en or jaune.

2006 : Lancement du “Charity Love Bracelet”, les dons collectés de la vente de bracelets lors de cet évènement sont reversés à l’Unicef.

2006 : Scarlett Johansson se rend au Love Day de Cartier et porte un bracelet Love pour l’occasion.

2006 : La maison Cartier crée le “Love Day” où les bracelets vendus sont donnés en profit à l’association Théodora.

2000s : Sofia Coppola et Eva Mendes portent le bracelet Love.

1998 : Sharon Stone porte le bracelet Love dans Sphere de Barry Levinson.

1983 : Tina Turner porte le bracelet Love lors de son come-back historique.

1980s : Elton John et Johnny Hallyday portent le bracelet Love lors de leurs concerts respectifs.

1980s : Barbara Streisand, Diana Ross, Jane Seymour, Lionel Ritchie, Elton John portent le bracelet Love.

1972 : Le bracelet Love est porté par Steve Mcqueen et Ali McGraw lors du tournage du film Getaway.

1972 : Elizabeth Taylor porte le bracelet Love dans la comédie Une belle tigresse.

1972 : Elizabeth Taylor porte le bracelet Love sur le tournage de Under Milk Wood.

1971 : Au Bal Proust, Elizabeth Taylor porte le bracelet Love et un ruban de soie avec le célèbre diamant acquis chez Cartier, le Burton-Taylor.

1970s : Frank Sinatra, Mai Britt, Sammy Davis Jr, Cary Grant, Dyan Cannon, Sophia Loren et Carlo Ponti portent le bracelet Love.

1970s : Lancement de la bague Love, du collier Love et des boucles d’oreilles Love.

1970 : Lancement sur le marché américain du bracelet Love de Cartier.

1969 : Le bracelet Love de Cartier a été dessiné par Aldo Cipullo, devenu célèbre créateur de bijoux.

La Malle Louis Vuitton

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Les grands voyageurs savaient que Louis Vuitton avait le pouvoir de réaliser un objet unique pour les accompagner dans leurs aventures. En 1905, la Maison crée une malle-lit pour l’expédition au Congo de Pierre Savorgnan de Brazza, en 1962, un tea-case pour le maharadjah de Baroda et en 1939, une malle-bureau pour le roi Farouk d’Égypte. Les malles Vuitton incarnent un style unique avec des couleurs neutres, un minimalisme sophistiqué et des matériaux naturels. Elles sont évocatrices et chargées d’émotions. Les plus grands noms de la mode collaborent encore avec la Maison pour réinventer cette malle intemporelle.

Cette année c’est au tour de la photographe américaine Cindy Sherman de célébrer le monogramme et de revisiter la malle d’origine. Cette édition limitée à 25 exemplaires est agrémentée d’un vanity case luxueux, d’un sac Messenger pour appareil photo et de 31 Aroirs dans lesquels elle glisse ses accessoires de travail : perruques, faux yeux, fausses dents et faux ongles. Elle s’est également inspirée du patchwork d’autocollants d’hôtels apposés sur les malles vintage Louis Vuitton que le fondateur collectionnait. Des centaines de milliers de malles ont été crée par les ateliers Louis Vuitton depuis plus d’un siècle et demi et se trouvent aux quatre coins du globe. Certaines dorment dans des greniers, d’autres sont entrées au musée et d’autres continuent de voyager. L’iconique malle Vuitton se réinvente chaque jour et donne à vivre des expériences où s’invitent imaginaire et émotion.

 

Louis Vuitton et l’art du voyage en quelques dates

Automne-Hiver 2018 : la maison collabore avec Supreme à l’occasion de son défilé Homme, et créent la malle Louis Vuitton coupée dans un cuir rouge vif.

2017 : Louis Vuitton crée une malle pour la coupe de Roland Garros.

2017 : l’exposition de New York sur l’histoire de Louis Vuitton présente des objets tels que des malles, nécessaires de voyage, vêtements, accessoires…

18 Mai 2016 : pour la première du film de Pedro Almodovar Julieta, Karlie Kloss a agrémentée sa tenue d’une Petite-Malle.

2016 : Pour la première du film de Sean Penn The Last Face, Adèle Exarchopoulos arborait une petite malle sur le tapis rouge.

2016 : Lors du célèbre Met Gala, Selena Gomez a accessoirisé sa robe d’une petite malle Louis Vuitton.

Entre 2011-2016 : Louis Vuitton lance l’emblématique capsule collection SC de sacs, dessinée avec Sofia Coppola.

2015 : Louis Vuitton dévoile la première vidéo de la campagne Automne/Hiver 2015-16 « Esprit de Voyage » avec Michelle Williams et Alicia Vikander qui traversent le désert ensemble.

2014 : afin de rendre hommage à l’esprit du voyage, Louis Vuitton crée le sac « Petite Malle ».

2013 : l’égérie de la campagne « L’invitation au Voyage » n’est personne d’autre que le célèbre David Bowie.

2007 : pour le film de Wes Anderson Darjeeling Limited, axé sur un voyage en Inde, Louis Vuitton crée une édition limitée de malles.

1996 : afin de célébrer ses 160 ans, Louis Vuitton demande à six créateurs (Frank Gehry, Karl Lagerfeld, Christian Louboutin, Rei Kawakubo, Cindy Sherman et Marc Newson) de réinventer certaines pièces cultes de la maison dont les malles qui sont un classique de la maison.

1962 :  la maison crée un tea-case pour le Maharadjah de Baroda.

1940 : Ernest Hemingway commande une malle avec une machine à écrire et d’autres accessoires.

1939 : la maison Louis Vuitton crée une malle-bureau pour le roi Farouk d’Égypte.

1950s-2000s : la malle Louis Vuitton devient un must pour les célébrités et est immortalisée au cinéma : de Ariane (1957) à Titanic (1997), Le talentueux Mr. Ripley (1999), Arrête-moi si tu peux (2002), Sex and the City (2008), Blue Jasmine (2012) et des centaines d’autres films.

1905 : la Maison Louis Vuitton crée une malle lit pour Pierre Savorgnan de Brazza et son expédition au Congo.

1888 : apparition des premières malles à damier avec inscrit « Marque L.Vuitton déposée ».

1879 : Guerlain commande la première malle de poupée à rayures marron pour la St Sylvestre.

1876 : la Maison Louis Vuitton crée le nouveau motif rayure Havane.

1872 : le sultan de de l’Empire Ottoman Abdulhamid II commande une malle à LV pour ses petits dessous.

1870 : les bagages de Louis Vuitton sont désormais totalement personnalisés et présentent les initiales des clients.

1869 : À l’occasion de l’ouverture du canal de Suez, la maison offre en cadeau une malle à rayures rouge au Khedive égyptien.

1858 : Louis Vuitton lance la première malle plate, ce qui facilite le stockage des bagages à bord de navires et trains, de plus celles-ci sont plus légères.

1858 : Louis Vuitton est nommé malletier fournisseur officiel de bagages pour la cour impériale par L’impératrice française Eugénie qui est une cliente de la Maison.

1854 : Louis Vuitton fonde sa maison comme malletier à Paris.

Le Tweed Chanel

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On l’a compris : chaque détail de la maison Chanel a été inspiré par les éléments marquants de la vie de Coco, et le tweed n’y a pas échappé. Ce tissu d’outre-manche, elle le doit à l’un des hommes qui a partagé sa vie : le Duc de Westminster. L’homme le plus riche d’Angleterre, doté d’une élégance britannique qui sut la séduire six ans durant. Leur relation permit à Gabrielle de découvrir la campagne anglaise et ses particularités, dont le tweed. Habituellement utilisé par les hommes en hiver, apprécié pour sa résistance, il faisait partie intégrante du vestiaire de son amant de l’époque. Célèbre pour avoir pris aux hommes tout ce qu’elle pouvait de leurs vêtements pour le confier aux femmes, Gabrielle Chanel a une nouvelle fois frappé. Elle remanie ainsi la garde-robe du Duc et de ses compatriotes pour la féminiser au possible ; imposant du même coup ce tissu si british comme l’un des codes d’une des griffes les plus parisiennes qui soit.

Le tweed, Chanel l’a présenté à sa façon, en 1954, des années après la fin de sa relation avec le Duc de Westminster. 1954 sonne en fait la réouverture de la maison de la rue Cambon, et pour l’occasion, elle fait fort : le tweed prend la forme de la petite veste à boutons dorés qui fait encore la réputation de la marque aujourd’hui. Mais, le tweed de Chanel n’est pas le tweed anglais : il est plus souple, moins lavé, plus féminin en somme, et sûrement plus libre. Après tout, la liberté de mouvement de la femme a toujours été l’effet recherché par la couturière, et elle y tenait ! Les Américaines ont été les pionnières, les premières à adopter le tweed à la Chanel. Les Françaises les ont suivies, et le reste du monde aussi. L’engouement pour le tweed n’a pas cessé depuis, qu’on le porte en veste, en jupe ou en tailleur complet. La maison Chanel ne l’a jamais abandonné et continue de le réinventer chaque saison. Si le plus emblématique reste le tweed noir et blanc, il se pare aujourd’hui de rose, de brun, de bleu, se métamorphosant au contact de couleurs phares, au fil collections et des saisons, sans jamais se dénaturer, surtout quand il s’essaie à la maroquinerie. Karl Lagerfeld a réussi à donner à ce tissu connoté vieux bourgeois, le côté séducteur, trendy et parfaitement contemporain, sans rien perdre de son essence toute d’élégance. Le tweed Chanel est de ceux qu’on hérite, de ceux que l’on garde, précieusement, jalousement, bref, il est celui que l’on transmet, puisqu’il est une valeur sûre.

La Collection Serpenti De Bulgari

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Avant d’être catapultés au rang d’ultimes must-have par le mythique film Cléopâtre, les bijoux à l’allure serpentine de Bulgari s’affichent dans les vitrines de la place Vendôme en 1932 déjà. La ligne s’appelle “Tubogas“, et fait référence à l’esthétique industrielle de rigueur à l’époque. Le squelette donne à ses bracelets-montres un rendu d’une souplesse reptilienne ; pareil au corps du  serpent, le voilà qui s’enroule aux poignets grâce à des charnières en or flexibles, elles, par le biais d’un ressort caché. Mais la popularité du joaillier romain n’est pas encore totalement faite. En 1962, c’est à Hollywood que la passion pour Bulgari s’amorce. Hors-plateau, Elizabeth Taylor porte à son poignet une montre particulière ; en or, on y distingue la queue et la tête d’un serpent clairsemées de diamants et d’émeraudes.

L’adoration de l’actrice pour les perles rares et chères l’a tout naturellement menée à la boutique Bulgari, située à deux pas des studios de tournage – Cinecitta, à Rome. Elle n’échappe pas à l’objectif du photographe de plateau qui immortalise l’actrice, dans la fougue impériale d’une beauté des plus sensuelles. Il n’en fallut pas plus pour que le joaillier romain bascule dans la postérité. D’autant que sur ce même plateau, deux monstres du cinéma s’éprennent l’un de l’autre : Richard Burton, alias Marc-Antoine, épousera Liz Taylor. Leur romance publique le mènera à avouer, non sans dérision, que « le seul mot qu’elle connaisse en italien, c’est Bulgari ». Il confirme la dévotion de Miss Taylor pour les précieux. La maison romaine lui signera d’ailleurs une collection exceptionnelle. Cinquante années plus tard, il ne reste de la légende, que les bijoux qui l’ont accompagnée.

En 1975, Bulgari met à l’honneur d’une campagne de publicité, des bracelets aux écailles d’émail coloré. Ses interprétations contemporaines d’un des emblèmes antédiluviens de l’art, symbole de sagesse, d’éternité et de vie, semblent travailler avec toute l’application et la grâce des statues antiques ; synthèse parfaite entre rigueur géométrique et onirisme des formes. Diana Vreeland, rédactrice en chef du Vogue US, est conquise par ce réalisme ; elle écrira : « le serpent est le motif dans le vent dans l’univers de la joaillerie… On ne s’en lasse jamais ». Aujourd’hui, la collection Serpenti ne cesse d’être actualisée ; comptant en son sein des montres, des bijoux précieux, des lunettes, et des sacs à main d’un raffinement rare. En 2013, elle entre définitivement dans l’histoire de l’art joaillier avec l’édition d’un livre consacrant le style Serpenti. Bulgari, Serpenti Collection abrite près de 80 photographies et esquisses originales des ouvrages les plus iconiques d’une ligne qui vogue sur les siècles.

Le Borsalino

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Alors que la mode française du Second Empire triomphe et que les chapeaux haut-de-forme règnent en maître, un chapelier crée une petite révolution depuis l’Italie. Après avoir travaillé dans la chapellerie Camagna puis fait ses armes à Paris, Giuseppe Borsalino fonde en 1857 son propre atelier à Alessandria, au sud de Turin. Il y conçoit un chapeau dont le feutre est constitué de poils de lapin ou de castor. De par ces nouvelles matières, le couvre-chef gagne en finesse et souplesse et par là même en allure, notamment grâce au creux sur le haut de sa couronne. Ce coup de génie vaudra au Borsalino d’être consacré « Grand Prix » à l’exposition universelle de Paris en 1900, à Bruxelles en 1910, à Turin en 1911 et encore une fois à Paris en 1931. Lorsque son fondateur meurt en 1900, la maison Borsalino produit près 750 000 chapeaux par an.

Borsalino donna son nom à sa création, pourtant l’histoire de son chapeau de feutre est telle qu’il arbore plusieurs noms. À partir de 1882, on l’appelle aussi Fedora d’après une pièce de théâtre dans laquelle joua « La Divine » Sarah Bernhardt. Depuis toujours, le Borsalino a habillé les plus grandes têtes d’Hollywood et de la culture. Indiana Jones, malgré ses aventures rocambolesques, ne le perd jamais et Hemingway en était fan. Alors qu’Al Capone et ses acolytes en font leur signature dans les années 30, Humphrey Bogart ne le quittait jamais, à tel point que le feutre est également surnommé le Bogart. Tombé quelque temps dans l’oubli à partir des années 1960, le Borsalino voit sa notoriété exploser avec le film éponyme de Jacques Deray en 1970 où Alain Delon et Jean-Paul Belmondo se déchirent sous le soleil de Marseille. Le grand public souhaite alors s’identifier aux deux monstres sacrés du cinéma français, tandis que les plus grandes stars continuent de l’affectionner. Qui ne se souvient pas en effet du King of the Pop, Michael Jackson, faire ses premiers pas de Moonwalk sur Billie Jean, coiffé d’un Borsalino en 1983 ?

Âgée de 158 ans, la chapellerie Borsalino poursuit toujours la fabrication de ses chapeaux dont le plus connu reste son fedora, selon les mêmes procédés artisanaux qu’en 1857. Entre soufflage, faufilage, refoulage, mouillage, foulage, un feutre Borsalino passe par près de 70 étapes de fabrication et la plupart des machines datent de la création de la maison. En 2006, le musée Borsalino a ouvert ses portes au sein de l’usine d’Alessandria, dévoilant le savoir-faire et l’histoire de la marque au public. D’autres maisons ont repris à leur compte le borsalino comme Tommy Hilfiger ou Maison Michel dont les fedoras, souvent oniriques, confèrent une certaine fraîcheur à une tenue. Enfin pour ceux qui rechigneraient à porter du lapin ou du castor, le Borsalino se décline en paille, laissant de côté son allure gangster pour un style fleurant bon l’été.

Le Richelieu Zizi de Repetto

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Paris, 1947: l’histoire de la maison Repetto voit le jour. Rose Repetto, mère du chorégraphe et danseur Roland Petit, conçoit ses premières pointes et demi-pointes sur les conseils de son fils. Grâce à la technique du cousu retourné, elle fabrique des chaussons au confort sans égal, idéaux pour l’exécution de pas-de-bourrée, arabesques et autres entrechats. Des chaussons qui ne tardent pas à séduire les étoiles du monde entier. Rudolf Noureev, Maurice Béjart, Mikhaïl Barychnikov ou encore Carolyn Carlson, tous se hâtent dans l’atelier de la couturière situé non loin de l’Opéra National de Paris.

En 1956, Brigitte Bardot fait ses premiers pas au cinéma dans le film « Et Dieu créa la femme » de Roger Vadim. Pour le tournage de la scène du mambo, l’actrice fait alors appel au talent de la créatrice. Elle lui demande de confectionner une paire de souliers légers, souples, dénudés… qui laissent entrevoir la naissance des orteils. Rose Repetto signe alors un modèle en cuir rouge carmin : les ballerines Cendrillon, rebaptisées plus tard B.B. Le succès est au rendez-vous. La première boutique de la maison ouvre ses portes rue de la paix à Paris en 1959. Désormais mythiques, les ballerines de ville Repetto foulent le pavé des rues de la capitale, accessoires indispensables aux pieds de toutes les demoiselles en mini-jupe, chemise vichy nouée à la taille.

C´est un peu plus tard, dans les années 70 que le modèle Zizi voit le jour. Inspiré des chaussons pour danseurs de Jazz, ce modèle est fait d’un cuir doux et fin qui suit les mouvements du pied à la perfection. C’est au tour de Serge Gainsbourg de tomber sous le charme de la Maison et il adopte alors les richelieux blanc à lacets, ces fameuses Zizi, créé par Rose pour sa belle-fille, la meneuse de revue Zizi Jeanmaire. Dégotées au début des années 1970 par Jane, celle-ci explique: « Serge cherchait des gants pour ses pieds, car il avait horreur de marcher. » C’est en glissant son pied nu dans le chausson de jazz blanc au cuir très agréable qu’une autre légende fut née.

« Repetto à perpet’ », se plaira-t-il à dire, lui qui en achetait plus d’une trentaine de paires par an. En effet, on a du mal à imaginer Gainsbourg sans ses Repetto, c’est dans l’imagerie populaire de Gainsbourg, et pourtant il y a bien eu une première fois. Après cette fameuse fois, il ne les a plus quittées. Il a fait école, d’ailleurs: une bonne partie de la jeune scène française marche toujours sur ses pas en Zizi, de Mathieu Chedid à Bénabar en passant par Thomas Dutronc. Aujourd’hui, ce modèle phare reste un must-have pour les hommes comme pour les femmes. Naissance d’une icône, réinventée à chaque saison dans de nombreux coloris – souvent acidulés.

Les Indémodables Tropéziennes

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L’idée vint à l’imagination de Domique Rondini, bottier toscan venu ouvrir un atelier de cordonnerie dans la cité du bailli de Suffren, dans le village de Saint-Tropez. Nous sommes en 1927 et au début de la décennie, un homme – Monsieur Robert, a remis à la mode la spartiate, cette « sandale grecque » dont il a copié l’allure et les mesures sur une antique statue. Il la nommeTropézienne. Entièrement plate, toute de cuir, sobre, souple et robuste, la sandale est faite pour résister à l’eau et au sel. Ainsi en 1927, Rondini ouvrit son atelier et une boutique de sandales pour y fabriquer pièce par pièce sa tropézienne – c’est aujourd’hui toujours la seule boutique.

Aujourd’hui tout se passe encore comme hier : c’est dans l’atelier, situé dans l’arrière boutique, que la famille Rondini pense et produit ses tropéziennes. La sandale originelle n’a pas de boucle sur l’arrière, et ce afin de ne pas « gâcher la ligne ». Au fil des générations, la maison Rondini a élargi son offre à une trentaine de modèles. Ils restent des artisans, loin du tumulte créatif des businessmen. Dans les premiers temps, Domique Rondini ne présente à la vente qu’un unique modèle, fait à la main. Il attire l’oeil de Colette et celui de Marlène Dietrich. De ce cuir naturel se dégage comme un chic décontracté et libre. Une french touch, faite à partir de cuirs français tannés à l’écorce de chêne.

En 1933, une autre marque prend ses marques à Saint-Tropez et tombe sous le charme de la tropézienne : K. Jacques stylise alors la sandale. Les deux maisons ne sont pas pour autant rivales : la famille Keklikian collabore avec Karl Lagerfeld, Isabel Marant ou encore Vanessa Bruno, parfois avec réticence, optant pour un ancrage mode et tendance, tandis que la famille Rondini préfère s’inscrire dans la tradition. Il faut d’ailleurs attendre le fils de Dominique Rondini – Serge – pour voir s’agrandir la gamme : les lignes se travaillent alors à mesure que les Indes, l’Egypte, le Sahara et Capri les inspirent. Tandis que K. Jacques est plébiscité dans les années 30 par des artistes, des personnalités et des politiques, pour ces 20 à 30 modèles annuels, la famille Keklikian poursuit sa découverte de nouvelles couleurs, l’usage d’autres matières comme le veau ou le python ; tout en même temps qu’elle prend soin de garder l’essence fonctionnelle de la sandale. Et c’est dans ce style épuré où l’on trouve le secret de longévité de la simplissime chaussure. Vues aux pieds de Kate Moss ou d’Inès de la Fressange, une chose est certaine : il y aura toujours des tropéziennes.

Coca-Cola : un Goût de Légende

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C’est la première formule de composition du Coca Cola qui lui donna son nom. Faite à partir de feuille de coca et de noix de kola, la boisson est d’abord présentée comme un remède. La légende laisse alors au hasard le soin d’expliquer la rencontre entre une eau gazeuse, un sirop à base de caféine, du jus de citron ainsi qu’un extrait de plante de coca. On raconte que c’est en effet le fait d’une étourderie – par erreur, le pharmacien John Pemberton crée ce qu’il nomme alors le French Wine Coca, une boisson alcoolisée. Nous sommes en 1885 et la même année la prohibition fut votée à Atlanta, chef-lieu de la Coca-Cola Company qui n’existe pas encore. A l’époque, l’enjeu pour la toute jeune entreprise est de proposer une boisson sans alcool. Celle-ci doit tout de même procurer les effets du bourbon tout en tranchant avec les autres désaltérants. C’est ainsi qu’en ayant conservé son principal ingrédient actif – la coca – le Coca-Cola est présenté comme « stimulant du système nerveux et du tonus ». Deux ans plus tard, Pemberton s’associe à Frank Robinson. Lui est un comptable ambitieux et audacieux ; chargé de trouver un nom et une identité visuelle : ce sera Coca-Cola, et la signature sera rouge. C’est ici que la marque prend forme. Les décennies suivantes, le breuvage se propage au sein de la population américaine tout en entretenant le mystère autour de sa formule. Chaque ingrédient est identifié par un numéro dont seuls les dirigeants ont connaissance, comme le fameux ingrédient secret « 7x ».

La légende Coca-Cola est aussi et surtout une histoire de publicité et de packaging. Il a fallu attendre 1960 pour voir la boisson commercialisée dans la célèbre bouteille de verre. Jusque-là, ses adeptes ont vu passer les gobelets des fontaines à soda, la petite bouteille de 19,2 cl, la bouteille d’un litre avec bouchon à vis ; plus tard, la bouteille de plastique en PVC puis finalement la canette, imaginée en 1977 à l’intention des Français. Tout au long de ces transformations, le remontant n’a pas manqué de marquer la culture tout en renversant les traditions. En s’associant très vite à l’univers du cinéma, Coca-Cola envahit l’écran ; parfois comme simple figurant, la compagnie initie le placement de produit. La compagnie use aussi de l’image des vedettes pour raconter son histoire en un visage. La première d’entre elles fut l’actrice et la chanteuse Hilda Clark qui, en 1901, accepte de poser pour la marque. Suivront les vedettes du cinéma muet, telles que Pearl White et Marion Davies. Les publicités Coca-Cola font plus qu’inciter à en boire : elle change les croyances. Lorsqu’en 1931, l’une d’elles met en avant les traits d’un Père Noël joyeux, joufflu, flanqué d’une longue barbe blanche, ceinturé dans un costume rouge et blanc, c’est tout un pan de l’imaginaire catholique qui disparaît. Dessinée par Haddon Sundblom, l’affiche publicitaire ouvre la voie aux personnages Coca : l’elfe, la pin-up, et l’ours polaire en 1993.

Plus récemment, Coca-Cola fait appel aux personnalités de la musique et du monde de la mode. Sonia Rykiel, Kenzo, Manolo Blahnik, plus récemment Karl Lagerfeld, Jean Paul Gaultier et Marc Jacobs, tous ont re-pensé les petites bouteilles ou les cannettes. Et aujourd’hui, le Coca-Cola se fait inspirateur d’amitié…

Le Bikini, Une Histoire de Femme et de Morale

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Le bikini est apparu pour la première fois à l’époque romaine, il y a plus de 1500 ans. Institué en 1946 par Louis Réart, son parcours n’a été que tensions, amour et désamour. Le créateur de maillot de bain, Louis Réart donc, conçoit le bikini en finalisant le travail de Jacques Heim, l’inventeur du plus petit maillot de bain au monde : l’atome. La légende veut que l’idée lui soit parvenue en regardant les femmes retrousser leurs vêtements de plage dans le but d’obtenir un meilleur bronzage. Il en réduit alors un peu plus les dimensions et, conscient du caractère explosif de ce deux pièces, ne trouvant aucun mannequin prêt à le porter, engage la strip-teaseuse du Casino de Paris, Micheline Bernardini. Il baptise sa création bikini, du nom de l’atoll de Bikini près des îles Marshall.

Dès que le seuil du quotidien fut franchit par ce tissu découpé en quatre triangles reliés par des cordes, il s’attira les foudres de l’Eglise et des bien-pensants. En Espagne, en Belgique, en Italie, le bikini fut immédiatement interdit sur les plages ! Affolés par cet outil de perversion qui normalise le dévêtu, il a fallu au bikini le vecteur du septième art pour sortir de cette catégorisation. En 1956, Brigitte Bardot s’affiche en bikini vichy dans le film « Et Dieu créa la femme ». La course au bikini est lancée : Marilyn, Rita Hayworth, Jayne Mansfield, toutes l’arborent, toutes le rendent raisonnable autant que désirable.

Mais c’est sur les épaules des James Bond girls que le bikini endosse ses lettres de noblesse. En 1962, Ursula Andress, la première James Bond girl, dans 007 contre Dr. No, s’extirpe en fredonnant d’une eau onirique dans un bikini blanc, ceinturé. De la fameuse scène du bikini elle affirme aujourd’hui : « c’est ce bikini qui a fait de moi une star ». Si l’affirmation ne semble pas tenir compte du sex-appeal de Miss Andress, ce qui est certain c’est qu’elle a contribué à faire de lui, l’icône de la pop culture américaine. Dans ces années là, l’engouement populaire pour les surf movies parvient à contenter l’opinion quant au caractère sensuel et non sexuel du bikini. L’année 2002, c’est Halle Berry qui incarne l’idéal de la femme fatale et, comme Ursula quarante ans plus tôt, c’est dans un modèle quasi-similaire de bikini, teint cette fois en orange, qu’elle ancre définitivement le bikini au rang des indispensables. Finalement, plus que l’histoire d’un vêtement, c’est le récit du cheminement d’une morale que conte le bikini.