Le Flou Givenchy en Vedette Haute Couture de l’Hiver 2018- 2019

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La maison Givenchy renoue avec l’essence couture et les techniques phares initiées par Hubert de Givenchy – une couture décontractée et enveloppante ; éminemment chic ! Baptisé ‘Caraman’, du nom de l’hôtel particulier qui abrite depuis toujours les ateliers au 3 Avenue George V, ce nouvel opus Haute Couture signé Clare Waight Keller est un hommage. « L’inspiration était Hubert de Givenchy, l’homme qui saisissait la beauté et la modernité. Je voulais célébrer cela [ …] Il m’a dit d’être forte. Il croyait à l’élégance, il croyait au chic. J’ai senti qu’il me fallait respecter sa vision de la femme dans cette collection. »

La semaine passée à Paris, les jardins des Archives Nationales résonnèrent ainsi aux notes de ‘Moon River’, interprétée par Audrey Hepburn. Le style Givenchy est si intrinsèquement lié à l’actrice que Clare Waight Keller a pioché dans cette sorte de raffinement désinvolte le mouvement de ses silhouettes. Il en résulte un dialogue inédit et contemporain entre flou et tailoring – une femme mi-romantique mi-guerrière subtilement incarnée par Kiki Willems. « Je me suis immergée dans les archives et j’ai réalisé qu’Hubert avait cette épaule fantastique, qui donne une touche masculine géniale à la silhouette. Ça fait partie du langage que je suis en train de développer » précise Clare Waight Keller.

La silhouette est audacieuse. Ainsi mêlées, teintes rouge et nacré, lignes structurées et vaporeuses viennent introduire la nouvelle femme Givenchy Haute Couture de l’hiver 2018 -2019– une femme sensuelle mais puissante ! Tout le défi fut, dit-elle, de créer « un sentiment d’harmonie – de crée quelque chose de flottant. Mais en utilisant des matières modernes qui n’étaient pas à la disposition d’Hubert. » Des soies riches, du velours Français, du cuir doux, des techniques d’assemblage Japonaises… Le look ici illustre à merveille le propos initié longtemps déjà par Hubert de Givenchy ; la véritable Haute Couture, celle qui parvient à lier les extrêmes dans une robe du soir fantaisiste et pourtant allurante. Une pièce pensée dans l’unique but de sublimer la femme ; dans un mouvement d’extrême fluidité !

Doria Arkoun

La Neo Petite Robe Noire Chanel Haute Couture Hiver 2018-2019

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Si Karl Lagerfeld n’a pas son pareil pour susciter l’émoi à chacune de ses collections, ce défilé Haute Couture Hiver 2018-2019 témoignait avant tout de son amour pour Paris. Dans un décor reconstituant les quais Parisiens, des silhouettes urbaines et justement Parisiennes conjuguaient, elles, des éléments pragmatiques à héritage de Chanel. Et si la Haute Couture est, comme le dit Karl Lagerfeld, « un ilot de rêve et d’évasion. C’est le luxe extrême qui transcende les modes et traverse le temps. » L’exercice fut une nouvelle fois maîtrisé. Parmi les 70 silhouettes éminemment exquises ayant défilées la semaine passée sous la coupole du Grand Palais, la néo petite robe noire retenait toute l’attention.

C’est que l’utilisation du zip brodé par la maison Lesage avait de quoi étonner – élément pragmatique né au tournant des années 50, le zip est bien plus connu pour sa tonalité disruptive que pour son utilisation en Haute Couture. Mais une fois passé entre les doigts de tels ateliers, le zip épouse l’icône de la maison Chanel avec un raffinement certain. Ainsi zippée le long d’une bordure brodées de paillettes et de pierreries, la petite robe de cocktails s’éprend de volumes inédits. Une pièce à la coupe épatante qui porte aux nues le flair et le savoir-faire Chanel.

La Dame aux Camélias avait en effet débarrassé la toilette féminine de tout le superflu, de façon à permettre au vêtement, à la coupe, à la robe en somme le soin d’allurer l’élégante qui l’enfile. Sans limite et sans contrainte. La neo-petite robe noire de Chanel reprend ainsi la vocation première de Coco – une pièce au raffinement dépouillé qui occulte à l’oeil toute la complexité de sa construction. Le basique des basiques imaginé pour une femme dynamique ; une Parisienne prenant le temps d’apprécier le charme fou de sa capitale.

 

Doria Arkoun

 

Le Tailleur Bar Dior se Teinte d’Or pour la Haute Couture Hiver 2018- 2019

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Rien ne sert de conter une nouvelle fois l’histoire du New Look et la révolution que Christian Dior initia en 1947. La maison qui porte son nom, ses ateliers et son savoir-faire sont là pour en témoigner. Et la semaine passée à Paris, au cœur des jardins du Musée Rodin, l’actuelle directrice artistique de la maison Dior a cherché à distiller l’essence, la nature même de la Haute Couture. Activité particulière et éminemment traditionnelle, la Haute Couture résonne tout particulièrement avec la grammaire Dior – il faut dire que Dior le couturier est parvenu à imposer une nouvelle vision de l’exercice sans en chercher la flamboyance.

Les ateliers, gardiens de la pensée Dior, ont ainsi assisté Maria Grazia Chiuri lorsque celle-ci a voulu revenir aux fondamentaux de l’Avenue Montaigne. Des fondamentaux qui passent inévitablement par l’interprétation de l’icône absolu de la maison – le tailleur-bar, pièce vedette de cette collection Haute Couture 2018-2019. Et la pièce cultive l’audace de ses débuts. Taillé dans sa forme originelle, le tailleur-bar s’accompagne ici d’un pantalon mais, façon or Dior. Oui, c’est bel et bien coulé dans cette teinte, dont Cocteau disait qu’elle faisait partie intégrante de l’univers Dior, que Maria Grazia Chuiri initie la combinaison la plus désirable de sa collection couture.

Cela, puisque le tailleur-bar a la force des intemporels – une pièce qui, fidèle aux gestes codifiés, se permet l’audace d’une telle teinte ! Ainsi twistée, l’icône Dior flirte avec le statut de pièce sacré ; une pièce comme hommage au passé de la maison, qui ouvre les nouvelles générations à la merveille qu’est l’exercice de la couture. Une élégance qui se murmure dans les détails plutôt qu’elle n’hurle sa singularité.

Doria Arkoun

Le Tailleur Chanel adopte le zip pour la Haute Couture Hiver 2018

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La coupole du Grand Palais a une nouvelle fois servi d’écrin aux fantaisies de Karl Lagerfeld – cette fois, la collection Haute Couture Hiver 2018-2019 défilait le long d’un quai de Seine avec, en vedette, les bouquinistes et l’Institut de France. Ancrant ainsi son propos dans la tradition Parisienne, le directeur artistique de Chanel est parvenu à actualiser comme jamais le mythique tailleur en tweed, imaginé au siècle dernier par Coco. Et cette fois, Karl Lagerfeld fait entrer le zip dans l’univers de la couture. « Dire que j’ai attendu 35 ans pour le faire. C’est formidable pour allonger la ligne. Je me demande même pourquoi je n’y ai pas pensé avant. »

Sur ces tailleurs pensés pour la femme d’aujourd’hui – plurielle et active – les ateliers Lesage ont ainsi brodé des zips qui, abaissés ou relevés, font naître un mouvement magique et hautement symbolique… Manches et jupes se dézippent ainsi au grès de fermetures à glissière bordées de cristaux. Des fermetures venant, d’un trait, découvrir les jambes et les fabuleuses doublures de soie de la petite veste Chanel. Mieux, une fois le zip de la jupe relevé, voilà que se révèle une mini assortie et parée d’une flamboyance haute couture ! Mais l’on parle de flamboyance Chanel ! Libéré de ses codes mais non de son caractère, le tailleur en tweed se permet la mini-jupe. « C’est le Chanel que Coco n’a pas connu » souligne Karl Lagerfeld.

« Vous pouvez le porter zippé lorsque vous rendez visite à votre banquier, non? Puis le dézipper après lorsque vous voyez votre amant! » Karl Lagerfeld est parvenu à conjuguer l’icône absolu de la maison Chanel aux véritables besoins de l’élégante contemporaine. Un geste mode qui lie avec l’adresse qu’on lui connait le pragmatisme du zip à l’exquis raffinement des pièces Haute Couture. Une pièce reconnaissable entre mille aujourd’hui totalement nouvelle !

 

 

Le Jardin Dior Façon Haute Couture de l’Hiver 2018

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C’est dans les jardins du Musée Rodin que l’actuelle directrice artistique de la maison Dior a fait défiler sa collection Haute Couture Hiver 2018 – un set immaculé célébrant lui-même l’un des habillages de l’extraordinaire exposition « Christian Dior : couturier du rêve ». La collection même révérait tout le talent des ateliers de Monsieur, en même temps qu’elle chantait haut les valeurs et l’exquis raffinement de la Haute Couture. « Quand nous réalisons une robe haute couture, il n’y a pas de patron, pas de tailles différentes : elle est le reflet d’une morphologie unique. De nos jours, la mode ne parle que de collections capsules. Or, la haute couture est la plus limitée des éditions limitées, la plus exclusive des collaborations puisqu’elle a lieu avec les ateliers et qu’ils sont les seuls au monde à posséder ce savoir-faire » soulignait Maria Grazia Chuiri.

Dans le propos du vêtement, son analyse se traduisait dans des pièces-hommage cherchant à sublimer le travail des premières d’atelier. Mais la Haute Couture est avant tout une histoire de fantaisie alors, c’est dans la rêverie devenue la grammaire de Monsieur que Maria Grazia Chuiri pioche les éléments de ce nouveau vestiaire. Dans les jardins de sa maison d’enfance, la villa Les Rhumbs à Granville, Dior avait en effet capté tout de l’onirisme des fleurs… « Ayant hérité de ma mère la passion des fleurs, je me plaisais surtout dans la compagnie des plantes et des jardiniers. »

Les roses et le muguet, fleurs fétiches de Dior, se retrouvent ici magnifiquement brodées sur une robe bucolique au raffinement démesuré. Sculpté et plissé, le jardin Dior épouse une pièce à la sensualité affirmée, distillant dans une palette chromatique poudrée et délicieuse l’héritage stylistique d’une si grande maison… Une pièce aussi éminemment digne de la Haute Couture. « La couture parle de ce qui est caché. Si vous vous rendez à l’atelier, vous voulez prendre soin de vous et savoir que quelqu’un prendra soin de vous » précise la directrice artistique. Et il est certain qu’une fois glissée dans une robe si bien exécutée, c’est toute la magie et le romantisme de la maison Dior qui imprègnent l’aura de la Belle ainsi rêvée.

Doria Arkoun

La Robe-Tableau de Viktor & Rolf Haute Couture 2018

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Pour composer leur collection Haute Couture Printemps/Eté 2018, le duo de Viktor & Rolf s’est une nouvelle fois imposé une contrainte technique – c’est pour eux source d’une plus grande créativité. « Nous avons remarqué dans notre carrière que nous nous fixons souvent certaines restrictions, et cela génère de la créativité pour nous. » Après avoir exploré les possibilités infinies du recyclage, voici que cette saison c’est vers un tissu souple et soyeux que la maison s’est tournée. Le satin duchesse est en effet le fil rouge de leur collection couture ; entièrement réalisée à partir de ce seul et unique tissu, la gamme mettait aussi en vedette des femmes habitées des personnages de la Commedia dell’Arte.     

            Parmi eux, la femme au rameau introduit la pièce maîtresse de leur collection : une robe-tableau piquée de couleurs et de volants. À coup de motifs graphiques et de lignes sages, la pièce gagne en désirabilité tant elle semble aisément praticable – il s’agit de Haute Couture, certes, mais cela ne retire en rien la virtuosité de cet exercice. Mêlant savamment attitude théâtrale et élégance, la silhouette gagne aussi en caractère ! Conceptuelle et baroque, allurée et raffinée, la mini robe tableau signe l’icône Viktor & Rolf de la saison.

            Et justement, cette saison la maison a introduit les tout premiers bijoux de son histoire. « Ce sont des bijoux alliant glamour et spiritualité. Ces bracelets offrent en guise de gourmette une plaque en cristal de roche incrustée de pierres, tel le saphir ou le diamant, qui libèrent directement leur énergie lorsqu’elles sont en contact avec la peau » explique les couturiers en coulisse de leur défilé. Une collection Haute Couture Printemps/Eté 2018 toute en texture et mysticisme donc.

Le Tailleur-Ballet Jean Paul Gaultier pour la Haute Couture 2018

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Cette collection Haute Couture Printemps/Eté 2018 fut l’occasion pour Jean Paul Gaultier de rendre hommage à celui qui l’a fait débuter dans la mode. Pierre Cardin et son immense création étaient en effet au cœur de cette collection – mêlant célébration des années 60, optique et l’ère Space Age de Cardin, les pièces mettaient en vedette le jeu sans fin qu’est l’exercice de la mode. En même temps que Jean Paul Gautier distillait çà et là les inspirations qui l’ont conduit à être, selon Pierre Cardin, son digne successeur, le plus drôle couturier revisite une nouvelle fois les pièces iconiques de son répertoire.

             Ingénieusement taillé, le tailleur-ballet réintroduisait la gimmick Gaultier qui brouille le genre masculin-féminin avec toujours autant de malice. Très graphique et piquée de quelques torsades de tissus, la pièce est un superbe ensemble veste et pantalon de smoking. Mais c’est pour une héroïne au chic jamais austère qu’elle se destine. Savamment déstructurée ; voici comment une pièce typique du vestiaire masculin prend des allures de vêtement de ballet.

            Et Jean Paul Gaultier est connu pour réinterpréter sans fin cette pièce légendaire. La couture, pour lui est un jeu infini où le passé ressurgit avec une espièglerie certaine. « C’est mon début. Pourquoi ne pas revenir à cette période drôle des années 1960 ? » déclare-t-il après le spectacle. Et il est vrai que la fraîcheur de ses créations interroge le climat actuel des collections.

 

Le Déshabillé Décortiqué de Maison Margiela Haute Couture 2018

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            Cette année, la collection Artisanal Maison Margiela était un brin spéciale. John Galliano a en effet injecté une bonne dose de futurisme dans une ligne qui joue avec les matières, Instagram et les flashs des appareils photos. L’idée est aussi simple que géniale : des tissus holographiques et des jeux de superposition savamment maîtrisés s’animent au contact d’un flash. L’audience ainsi invitée à l’utiliser plus que d’ordinaire ne pouvait découvrir qu’à travers l’écran de son téléphone l’impact du flash sur les créations qui défilaient devant elle. Ces robes furent ainsi transformées ; et John Galliano, lui, explorait un peu plus sa notion de glamour à la hâte. Son ambition était celle de « geler le glamour de l’accidentel, le moment magique » a-t-il précisé.

            Côté silhouette, on retient tout particulièrement l’association convaincante entre la tradition de la couture et la signature Margiela quant à l’innovation des matières. Concrètement, cela s’incarne dans cette toilette composée comme un déshabillé décortiqué mêlant tulle bleu marine et corset en plexi couleur vert acide. Galliano a ainsi joué des tissus qui ne sont pas communément associés à la Haute Couture.

            La note d’intention du défilé était limpide : « Lorsque les lignes entre les vêtements de jour et les vêtements de soirée sont floues, le glamour décontracté devient le code vestimentaire essentiel de notre vie quotidienne. » Et cette silhouette numéro 20 illustre parfaitement le propos. Un croisement entre les genres, les teintes et les lignes qui sied bien à la mondaine d’aujourd’hui. Un déshabillé décortiqué comme une ode au futur ; un délice pour l’œil et pour la mode.

 

Le Tailleur Rose Dragée Chanel Haute Couture Printemps/Eté 2018

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Pour le défilé Chanel Haute Couture Printemps/Eté 2018, Karl Lagerfeld transforme le Grand Palais en jardin versaillais. Dans un décor de bosquet très Le Nôtre, entouré d’une galerie en treillage sur lequel grimpent mille et une roses, Chanel distille une allure sophistiquée et incroyablement douce et romanesque. « C’est une ambiance romantique, pas seulement basée sur des volants », a déclaré le directeur artistique. « C’est une romance moderne. Je n’ai jamais pensé que je voulais faire une collection romantique – ça a juste fini comme ça. » Et dans un tel étourdissement de tulle, de plumes, de tweed et de roses, on ne peut que tomber en pâmoison devant tant de beauté.

            Dans cette collection Haute Couture Printemps/Eté 2018 donc, le tailleur iconique se réinvente ainsi en s’amusant d’une teinte dragée. Le tweed, léger et veiné de lurex, passe du rose pâle au blanc avec la versatilité si raffinée qu’on lui connait. Sa veste ici est droite autour d’un col dégagé – épaules accentuées et un dos légèrement bombé… Juste sous la poitrine viennent se glisser deux poches fendues. Et on y glisse les mains dans ce que Karl Lagerfeld veut pour être « la nouvelle attitude ». La jupe, elle, s’entrouvre sur un satin uni et coloré qui vient joliment contraster avec la douceur du tweed tissé.

            Dans cet élégant jeu de matières, le mythique tailleur en tweed démontre une nouvelle fois sa capacité à se réinventer. Une silhouette poudrée qui gagne aussi en prestance aérienne et royale, quand la collection s’amuse finalement des volumes. L’élégante Chanel, elle, semble renouer avec la dimension toute aristocratique de ses débuts coutures. Le « tweed de Coco » se fait ici juvénile et effronté ! 

Le Retour de la Petite Robe Noire Givenchy Haute Couture 2018

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La nouvelle directrice artistique de la maison de Hubert de Givenchy présentait cette semaine à Paris une collection Haute Couture placée sous le thème du « Mystère d’un Jardin de Nuit ». « Je me suis imprégnée de l’histoire et des codes de la maison en me plongeant dans les archives, mais je voulais en donner une nouvelle incarnation. Ces six derniers mois ont été intenses, j’ai pu œuvrer dans le meilleur laboratoire créatif qui soit : les ateliers Givenchy. L’exercice de la Couture permet toutes les libertés. J’ai travaillé un vocabulaire radicalement différent de matières, de textures, de techniques, de teintures que je n’avais jamais exploré auparavant. Tout ici est fait à la main. Cela ouvre le champ des possibles et stimule la créativité » confiait backstage Clare Waight Keller.

            Et il est vrai que sa première collection Haute Couture pour la maison renoue avec la superbe du fondateur – la structure et le graphisme, la sensualité et le jeu des matières… Les 40 pièces intronisaient ici des femmes à l’allure gracile et puissante. Le look N°41 retient particulièrement l’attention en ce qu’il rappelle les mythiques robes créées à l’époque pour Audrey Hepburn. Une robe à la profondeur irisée et à la fausse simplicité – cette pièce amène avec elle une grâce que l’on croyait révolue. La petite robe noire Givenchy se galbe ainsi d’un volume impressionnant, dans une texture subtilement chatoyante.

            C’est que, présentée dans le décor d’un jardin éclairé par la lune, cette collection Couture introduit des éléments de surprise quelque peu changeant au gré de la lumière. Un exercice hautement réussi par Clare Waight Keller qui compose ici des pièces tantôt rigoureuses, tantôt graphiques, mais toujours aussi éprises de chic et de fantaisie légère.  « Pour moi, c’était la liberté totale qu’offre la Couture. Il n’y a même pas une saison à laquelle réfléchir. Vous créez juste une poésie de beauté. C’est un livre ouvert. »