Chanel : la Montre Première

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Vivre vite, sans se préoccuper du temps. À bien y réfléchir, les heures contraignent, les minutes traînent quand les secondes pressent. Alors Gabrielle, elle, ne portait jamais de montre. Parfois elle enfilait autour de son petit poignet une montre d’homme, à gros boîtier ou à gousset. Comme ça, juste pour le style. Puis, vint sa mort et la relève. La maison aux deux C se dépatouille alors dans un univers loin de ses goûts. Vinrent Karl Lagerfeld et, plus tard, la propulsion de Chanel dans la sphère de l’horlogerie par l’émérite Jacques Helleu. 

Le directeur artistique de Chanel, pour les parfums et l’horlogerie, réalise un coup de maître en dessinant la montre Première. Dans cette époque pompeuse où la mode se charge. Lui la décharge par l’épure : un boîtier octogonal 18 carats surmonté d’un verre saphir à pans coupés, en or jaune ; deux aiguilles trottant sur un cadran laqué de noir ; un bracelet décalqué sur la chaîne du 2.55. Aucun chiffre, aucune trotteuse de seconde, il ne reste que le sigle Chanel. On y retrouve d’ailleurs l’essence de la Dame aux camélias. Le nom – Première – se donne et se prononce comme un matricule ; le verre saphir rappelle le miroir XVIIIè de sa salle à manger… Jacques Helleu imaginera d’autres garde-temps. C’est à la J12 qu’il restera fidèle, jusqu’à sa mort. 

Voici venue l’année 87. Pour annoncer l’entrée de ce nouveau-né dans l’espace public, le faire remarquer autant qu’il le méritait, la maison opte pour un baptême aussi racé que la montre. Pour cela, la rédaction du dossier de presse est confiée à Nicole Wisniak, femme-artiste qui ne vibre que pour le beau, l’élégant, le distingué, bref, l’exception. Conceptrice de la revue « spasmodique »  Egoïste, elle use du même esprit pour le réaliser. Collaborateurs tendances, doués dans leur domaine, elle laisse le soin au littérateur Sagan de signer un texte titré La Femelle du temps et charge François-Marie Banier de lui tirer le portrait. Mais la plus belle déclaration fut celle d’Inès de la Fressange, la parisienne par excellence. Au défilé de prêt-à-porter, en octobre de la même année, elle jette la sienne dans le public… Il n’en fallut pas plus pour créer la légende de la Première. Depuis le 27 Mars et jusqu’au 3 Avril, la montre est exposé avec prestige au Baselworld de Bâle, réinvestissant à cette occasion le pavillon, habillé de l’emblématique constraste entre le noir et le blanc, qu’avait imaginé Peter Marino pour les 10 ans de présence de la marque dans le prestigieux salon de l’horlogerie.

Un court-métrage des 100 ans de Chanel

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A l’occasion du centième anniversaire de la première boutique de Coco Chanel à Deauville, le créateur Karl Lagerfeld signe un court-métrage hommage, sobrement intitulé “Once Upon a Time”. 

Illustrant l’amour entre la célèbre créatrice couturière et Boy Capel, joueur de polo qui finança la boutique de Deauville, le film retrace un petit bout d’histoire, celui de la genèse de l’empire Chanel. C’est Keira Knightley, égérie de la maison depuis 2007, qui incarne Gabrielle Chanel, accompagnée de Clothilde Hesme dans le rôle de sa tante Adrienne. De nombreux mannequins et muses du Keiser, telles Stella Tennant, Tallulah Harlech et Caroline de Maigret, ont été également choisies pour jouer à leurs côtés. Magnifique retour vers le passé des années 1910, le court-métrage est un véritable hommage cinématographique et esthétique. 

Si le style et la personnalité de Mademoiselle Chanel ont marqué la mode du XXe siècle, de nombreux détails, coupes et matières sont devenus de véritables icônes de la maison, intemporelles et toujours réinterprétés de façon nouvelle. Goethe disait lui-même : «Faire un meilleur avenir avec les éléments élargis du passé». Le centenaire de la maison aux C entrelacés est l’occasion de faire revivre l’itinéraire de ces symboles légendaires. Le camélia, les souliers bicolores, le sac matelassé, le tailleur en tweed et les bijoux de diamants sont autant de codes qui, réinvestis chaque année entre tradition et modernité, arborent l’hégémonie de la maison. La nouvelle collection Croisière 2013-2014 lancée le 9 mai à Singapour, sur le site de Lowen Cluster sur une colline de Dempsey, en témoigne certainement. 

On a Vu l’Exposition n°5 Culture Chanel au Palais de Tokyo !

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Cette semaine, nous sommes allés au Palais de Tokyo où l’exposition la plus Haute Couture du moment a lieu du  5 mai au 5 juin 2013 autour du  célèbrissime parfum n°5 de Chanel. L’occasion de ravir notre odorat du raffinement même qu’est le premier parfum de Gabrielle Chanel et de connaître sa véritable histoire.

Un véritable appel au sens au palais de Tokyo, on s’en prend plein la  vue dès notre arrivée par le jardin du danois Piet Oudolf , horticulteur  de la nouvelle vague Naturaliste, qui exprime une véritable évocation poétique. L’âme de Gabrielle Chanel se ressent en ce lieu plein d’histoires. L’épopée  de ce parfum démarre dès la mort d’ Arthur « Boy » Capel ,  le plus grand chagrin d’amour de Gabrielle Chanel. Boy est sans aucun doute, celui qui a fait d’elle une femme moderne et curieuse de tout. Il lui transmet une véritable passion pour la littérature et l’ésotérisme. Ce parfum, il est pour lui. L’amour dont Gabrielle ne se remettra jamais, va la plonger dans un mutisme certain et va transformer son chagrin en véritable volonté d’ « hommage ». Elle va chercher à l’honorer et se concentrer sur la création de l’odeur exacte qui représentera son amour pour lui. Voilà comment le n°5, tout premier parfum de la maison, nait.

Une fois le jardin traversé, l’impression d’entrer dans la sphère intime de celle qui est le symbole de l’élégance française nous envahit. De la mort de Boy aux différentes représentations d’elle, par ses amis surréalistes, l’envers du décor nous est dévoilé. En effet, on découvre le lien privé qu’avait Gabrielle Chanel avec certains artistes du mouvement Dada et du  surréalisme qui l’ont, de nombreuses fois, représentée par des calligrammes ou autres créations artistiques. L’Art a eu un impact dans ses créations, notamment dans la présentation du flacon : l’étiquette tend a rappeler les papillons Dada, très courts textes imprimés sur un papier blanc. La sobriété même qui deviendra bien des années plus tard, le chic du minimalisme. Ce tout premier parfum qui n’est autre qu’une réminiscence d’un amour perdu porte le chiffre 5. Chiffre qui inspire les artistes, chiffre porte bonheur qui marquera la vie de Gabrielle car il apparaitra même sur sa tombe. Poursuivons notre visite a l’étage où nos sens sont mis en éveil. Un immense flacon gouverne au milieu de la pièce entouré de petites boites en plexiglas laissant l’odeur inimitable du n°5 régner dans toute la pièce. 

A ne surtout pas manquer : une quantité de livres sont disposés afin d’en apprendre plus sur cette grande dame de la mode ainsi que ce parfum devenu emblème de la maison Chanel. Un livre retient néanmoins notre attention. La graphiste Irma Boom sa vision moderne de l’univers de Gabrielle Chanel par la technique d’embossage, sembable a du braille, propre a la graphiste. Tout au long de cette exposition, on en apprend plus sur la façon artistique dont le parfum a été porté au nu que sur  l’intention première. En effet, personne ne l’avait  prédestiné   à  devenir une véritable oeuvre d’art. Il est devenu ce qu’il est par les rencontres et affinités de Gabrielle Chanel avec le monde artistique des surréalistes et ce qu’ils en ont fait par la suite. « Le temps travaille pour moi. » Par cette phrase, Gabrielle  Chanel démontre la pérénité du sacre n°5. D’un souvenir amoureux, n°5 n’est pas qu’un simple parfum, c’est une œuvre d’art qui a marqué l’histoire Chanel et qui continue, aujourd’hui encore a faire parler de lui et déplacer la foule « Pour être irremplaçable, il faut être différente. ». Belle leçon de vie et de mode que Coco nous donne. 

 Exposition à voir de toute urgence ! 

N°5 Culture Chanel

Du 5 mai au 5 juin 2013

 PALAIS DE TOKYO 
 

13, avenue du Président Wilson 

75 116 Paris

 

Les Lunettes Glamour de Chanel

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Chez Chanel, les lunettes sont une religion, que l’on adopte en même temps que les codes chics et intemporels de la maison. « Les lunettes de soleil, c’est comme le fard à paupière : avec elles, tout parait plus jeune et plus beau. » C’est ce que répéte souvent Karl Lagerfeld, le directeur artistique de la maison de couture parisienne.  

Chanel a été l’une des première marques de prêt à porter de luxe à se lancer dans le eyewear et en est aujourd’hui une référence. Coco Chanel considérait ses vêtements comme des oeuvres d’art, et ses accessoires comme des cadres qui servent à les sublimer : bijoux, sacs, chaussures, et surtout lunettes, de vue ou de soleil – qu’elle ne quitte jamais – sont imaginés par ses soins. Le style unique de Gabrielle Chanel continue d’inspirer le créateur de la maison, qui lui rend hommage saison aprés saison.

 Cette saison, Laetitia Casta, cheveux plaqués en arrière et coiffée d’une raie sur le côté, des colliers en cuir et en chaines à son cou, alterne lunettes de vue et lunettes de soleil d’inspiration 60’s pour la nouvelle campagne eyewear. Couvertes d’ornements, tout en gardant un style simple et élégant, ces lunettes sont de véritables bijoux : si le cadre est relativement sobre, Karl Lagerfeld sait, saison après saison, donner un côté impertinent et un aspect inédit et chic à cet accessoire aussi emblèmatique qu’indispensable… sans jamais s’éloigner de la ligne directrice de la légendaire Mademoiselle : élégance, simplicité, et audace. 

La Petite Veste Noire de Chanel

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L’unique but de Coco était d’habiller la femme le mieux possible : dessiner le buste, allonger la taille, dégager les bras. Sous le tissu, les coutures de la petite veste noire témoignent de cette histoire. 

A Salzbourg, la dame aux camélias croise, dans un hôtel, un liftier dont l’uniforme appelle à elle l’image d’une veste à quatre poches. On raconte que son amant de l’époque, le duc de Westminster, lui lègue ce goût proprement british pour le tweed. Sans surprise, la couturière opte pour cette chair : une laine moins lavée afin d’y garder souplesse et moelleux. La peau est invitée  à côtoyer la veste à travers la soie, le taffetas et le jersey. Le perfectionnisme qui meut l’avant-gardisme de la demoiselle la conduit à ouvrir le monde de la Mode à une petite veste aux lignes nettes.

Coupée droite, la jaquette est articulée de manière à donner une aisance aux mouvements : Chanel veut des femmes gracieuses, de celles dont les pas glissent. Le devant du vêtement est monté en fil droit, sans pince poitrine, faisant de ce tissu un tout. Le dos en est séparé par une simple colonne de coutures. Le secret de ce tombé parfait : une chaînette dorée ourle la doublure. Devenue depuis signature de la maison, seule à employer cette technique servant l’impeccable verticalité. 

Pour Gabrielle Chanel, tout devait avoir une fonction et, elle se devait d’être pratique. Son esprit se distille dans chacune des parties de son chef d’oeuvre. Les quatre poches devaient être en mesure d’abriter un mouchoir, un bout de papier ou, un briquet. Quant aux manches montées au sommet de l’épaule, l’aspect étriqué n’est illusoire : grâce à une pièce de tissu placée juste sous l’aisselle, le mouvement du bras se libère du carcan du vêtement.

Des galons enserrés de cordons y sont apposés : libre et inventive, ils sont la matérialisation de l’imaginaire Chanel. Chacun d’eux était singulier, car « par principe, j’invente toujours, je ne fais rien qui existe déjà. Je me consacre à l’unique » disait Gabrielle Chanel. D’or, de soie, ou d’argent, ils sont néanmoins toujours en complexion avec les boutons. Traitées comme de précieux bijoux, les attaches ont pris vie sous différents traits, dont les plus aimés par la créatrice étaient ceux à tête de lion. 

La petite veste continue d’enchanter. Déjà un an que l’exposition qui lui était consacré posait ses valises au Grand Palais à Paris. Karl Lagerfeld a su maintenir encore cette année dans sa collection Printemps-Eté 2014, cet héritage tout en y posant sa patte : les motifs de boutons s’agrandissent avec le double C, le trèfle à quatre feuilles ou le Camélia ; se colorant de différentes teintes selon les saisons. Finalement, c’est une sorte d’éternelle jeunesse que véhicule cette pièce qui, par ailleurs, est la plus copiée au monde.